BOUCLES D'OREILLES — BOUCLIER
par d’autres soldats appelées pavescheurs, les arche s’abritaient les jours de combat ; ce moyen était surtout e 1 ployé à l'attaque ou à la défense des places, et l'on mon
un de ces pavois au Musée d’Artillerie de Paris. Les Fran < à leur arrivée dans la Gaule, armaient leur infanterie
larges en bois léger, garnis de cuir bouilli. Leur cavaleri avait adopté le bouclier romain. Vers la fin du onzièm siècle, à l'époque de l’invasion de l’Angleterre par les Nor mands, nous voyons la forme de ce bouclier changer com plétement. 11 s’allonge en pointe vers le bas, tandis que partie supérieure s’arrondit sensiblement. L'ombilic ou umb est très-souvent armé d’une pointe comme les boucliers an tiques. Au temps des croisades, cette arme défensive , T4 menée à de plus étroites proportions, se couvre d’armoiries ; elle change alors son nom contre celui d'écu, dérivé de scutum , et qu’on donne plus tard aux pièces de monnai
sur lesquelles il est représenté. 11 tient aussi une place importante parmi les armes de la chevalerie; et le blason lui. doit le champ où se dessinent ses accessoires. À
Puis, cette forme éprouve encore un nouveau change ment : on ne voit plus aux hommes d’armes du scizième siècle que de très-petits boucliers ronds appelés rondelles, et de plus grands, également ronds, nommés rondaches 4 dernière transformation, qui ne disparaîtra qu'avec l'usage de l’armure elle-même. Les boucliers sont enfin remplacés par la cuirasse, et ne se montrent plus que dans les trophées d'armes. ;
C’était un grand déshonneur chez les Grecs que de perdre son bouclier dans les combats. Aussi les mères des Spar- 4 tiates recommandaient-elles à leurs enfants de revenir avec“ leur bouclier ou sur leur bouclier. C'était également une grande ignominie chez les Germains de perdre ou de se laisser enlever son bouclier dans les combats, comme par la suite chez les nations modernes de ne pouvoir conserver son drapeau.
On appelait boucliers votifs , chez les anciens , ceux que l’on consacrait aux dieux après quelque victoire. Cet usage passa de la Grèce en Italie. Lorsque Titus Quintus eut vaincu Philippe, roi de Macédoine et père de Démétrius, on déposa dans le Capitole dix boucliers d'argent et un d’or massif, qu’on avait trouvés parmi les dépouilles. La coutume vint ensuite de consacrer des boucliers aux grands hommes de la république. Le consul Appius Claudius Sabinus fut le premier (l’an de Rome 209) qui en fit placer dans le temple de Bellone plusieurs, sur lesquels il avait fait représenter les belles actions de ses ancêtres. Cet usage, inventé pour flat-. ter la vanité, se soutint, et ces sortes de monuments devinrent si communs, que les murailles de tous les temples en étaient chargées.
A Rome, les anciles étaient, comme on sait, des bouclierssacrés, confiés aux prêtressaliens. Edme HÉREA,
Les poëtes anciens se sont plu à décrire les emblèmes qui ornaïent les boucliers äe leurs héros. Les plus fameuses descriptions de ce genre sontcelles : 1° du bouclier d'Achille, par Homère; 2° du bouclier d'Hercule, qui est le sujet d’un poëme d'Hésiode parvenu jusqu’à nous ; 3° du bouclier d'Enée, par Virgile; enfin nous savons par"Eschyle quels | emblèmes ornaïent les boucliers des sept chefs devant Thèbes. “
Le bouclier d'Achille, décrit par Homère, était rond comme un globe. Vulcain lui donna pour ceinture les flots de l'Océan, y traça les mers intérieures , et l’environna du ciel étoilé, à l’aide de la fusion des métaux alors connus, lairain , l’étain, l'argent et l'or. Les connaissances astronomiques de cette époque y sont aussi parfaitement expliquées, : « Dans le milieu du bouclier, dit Homire, le dieu figura la terre, le ciek la mer, le soleil infatigable, la lune en son plein et tous les astres dont les cieux sont couronnés, les Pléiades, les Hyades, le géant Orion, l’Ourse, qu'on nomme aussi le Chariot, et qui tourne loujours aux inèes lieux en regardant Orion, la seule des constellations