‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 315 sur 527 · BOUCLIER — BOUDERIE · texte numérisé non relu

BOUCLIER — BOUDERIE

ainsi que la plupart des dieux de l'Inde, sans leur accorder loutefois beaucoup de respect; ils n’ont pas rejeté, entre autres, les incarnations de Vischnou, et ont adopté beaucoup de cérémonies des brahmanes; mais ils n’ont admis aucune des prescriptions des Védas. Ils adressent de préférence leurs prières au fondateur de leur religion, le Sramana ou l’ermite Gautama, et à d’autres illustres docteurs de leur secte qui ont obtenu la dignité de bouddhas. Comme les brahmanes, ils tiennent pour sainte la syllabe mystique om, et ne mangent pas de chair. Ils sacrifient des fleurs et des fruits à leurs saints et à leurs demi-dieux, rejettent les sacrifices sanglants ainsi que le culte impur du phallus, ne reconnaissent pas de castes, et ne regardent pas le sacerdoce comme indélébile. Les prêtres bouddhistes se rasent la tête, vivant dans le célibat et souvent en communautés dans des couvents, en quoi ils se distinguent essentiellement des Brahmanes pour qui le mariage est un devoir.

Répandu d’abord dans l'Inde, où il a des temples célèbres à Salsette, à Pandj-Pandou, à Adschanka, etc., le bouddhisme s’introduisit , dès le troisième siècle avant notre ère, dans le Tibet, à Ceylan et à Java. Vers le temps de la naïssance de J.-C., les brahmanes excitèrent une violente persécution contre les bouddhistes, qu’ils chassèrent peu à peu de toute l’Inde en deçà du Gange; par contre, le bouddhisme devint la religion dominante dans l'Inde au delà du Gange, à Siam, dans le Pégu, l’Ava et le Tonkin, C’est à cette époque qu’il pénétra dans la Chine, où Bouddha devint Fo, puis dans le Japon, chez les Mongols, les Kalmouks et plusieurs tribus de la Sibérie. Les livres bouddhiques furent alors traduits du sanscrit en pali, en tibétain, en chinois, en mongol, etservirent de textes à d'innombrables commentaires.

La littérature sacrée des bouddhistes est extraordinairement riche en traités cosmogoniques, dogmatiques, moraux, ascétiques, liturgiques. Le canon des livres saints qui existe en langue tibétaine ne forme pas moins de 108 gros volumes. Le trente-troisième-patriarche des bouddhistes et

le dernier mourut en Chine, l'an 713. Ses successeurs, qui |

séjournèrent également en Chine, prirent le titre de princes de la doctrine ; mais ils en furent dépouillés par Gengiskhan et ses successeurs. Dans le quatorzième siècle, le chef de la religion houddhique transporta sa résidence de la Chine dans le Tibet, et au lieu de gautama, il se fit appeler Zama, c’est-à-dire en tibétain prêtre. Depuis le seizième siècle il porte le titre de dalai-lam a, ou prêtre de la mer. Chez les Mongols, les prêtres bouddhistes s’appellent Zama; au Japon, bonzes; chez les Birmans, rahänen, et à Siam {alapoins. Malgré le grand nombre de livres écrits par des Européens sur Bouddha et sa religion, ce point historique si important était resté obscur jusqu'à nos jours, parce que les sources originales, écrites en sanscrit, n'avaient point encore été rendues accessibles, et qu'on se conténtait de puiser à des sources secondaires. Les ouvrages qui l'ont le mieux élucidé sont : l’Zntroduction à l'histoire du Bouddhisme Indien, par Burnouf(Paris, 1844), et les Antiquités Indiennes, de Lassen. Hodgson, Wilson, Colebrooke et Roth, puisant aux sources sanscrites, Turnour dans les livres pali, G. de Humboldt dans les livres javanais, San-Germano et Buchanan aux sources birmanes,

Kæmpfer dans les ouvrages japonais, Abel de Rémusat, Kla- »

proth et Schott dans les livres chinois, Csoma, Kæræsi, J.-J. Schmidt, Kowalewski et Foucaux dans les écrits tibéfains et mongols, ont fourni aussi beaucoup de renseignements précieux sur Bouddha et sa doctrine. n BOUDERIE , défaut de caractère, qui, sans troubler violemment les rapports quotidiens, les rend désagréables

et pénibles. On est heureux de vivre ensemble lorsqu'on

s'aime, parce qu'à chaque minute on peut épancher ses seu= timents et ses idées. L'effet de la bouderie, c’est d'arrêter lout à coup cette communication si douce; c'est de sus» pendre ce qu'il y a de plus delicieux dans l'intimité; c’est,

Page 1