‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 319 sur 527 · BOUFFISSURE — BOUFLERS · texte numérisé non relu

BOUFFISSURE — BOUFLERS

De la cour et du théâtre la bouffonnerie se glissa partout; elle pénétra jusque dans la chaire évangélique : combien n'a | t-on pas vu de curés de village, de capucins, de mission-w naires, débiter dans leurs sermons les platitudes les plus triviales et quelquefois les plus indécentes! C’étaient de vrai bouffons, qui auraient fait rire s’ils n’eussent fait pitié,

C’est dans la société que les bouffons ont surtout étend et perpétué leur empire : nous ne parlerons ici de quelqu hommes qui, joignant le goût à l'esprit, se sont fait une répu-« tation par leurs reparties et leurs bons mots, tels que Pi ron, Chamfort,Rivarol, etc., que pour déplorer qu’ils. aient eu tant de froids et ennuyeux imitateurs! Entre autres, ce marquis de Biè v re, qui inventa ou ressuscita les ç al e m bours. Mais de tous les bouffons, les plus insupportables, ce sont les bouffons de société, soit qu’ils exercent gratuitement le métier d’amuser une assemblée, soit qu'ils en fas-. sent un objet de spéculation; homunes presque toujours. sans opinion, sans caractère, sans dignité, et dont la pro. fession est inséparable des rôles honteux de complaisants,. de flatteurs et de parasites, L

A Paris, où les grands repas, les sociétés nombreuses, réunissent souvent des gens quine se sont jamais vus, entre, lesquels il y a peu ou point de contact, et qui, se communiquant réciproquement leur froideur et leur ennui, les répandent dans le salon où ils se trouvent, l'usage s'était introduit avant 1789 chez les grands seigneurs et les fermiers généraux , et depuis dans les maisons des parvenus et des fournisseurs, d’avoir des bouffons à gages pour divertir la compagnie. C’étaient des mimes, des mystificateurs, des ventriloques. L'un imitait le bruit d’une mouche qui vole et bourdonne, d’un pot qui se casse, d’une clef qui tombe, d’une porte qui se ferme , le cliquet d’un moulin, le claque. ment d’un fouet ; l’autre, les cris de divers animaux, les voix. de plusieurs personnages, filles, femmes, enfants et vieillards, les accents allemand, anglais, italien, gascon, etc.; un troisième savait à volonté pleurer, rire, sanglotter, éternuer, tousser ; un quatrième avait l’art de décomposer ses traits et de contrefaire les figures de tous les âges, la maigreur, lembonpoint, l'expression de toutes les physionomies; d’autres faisaient l’ivrogne, le sourd, l’aveugle, le goutteux, le moribond , et imitaient les discussions d’une assemblée tumultueuse, d’un comité révolutionnaire, une procession, un enterrement, etc.

Dans les villes de province, et à Paris dans la petite bour- | geoisie, il n’y a guère de société ou de coterie qui n’ait son bouffon spécial et privilégié : c’est ordinairement un neveu, un petit cousin, un ami, un voisin de la maison. Il se met fout de suite à l'aise; il se croit tout permis ; il persifle, il plaisante à tort et à travers ; et Dieu sait de quel genre sont ses plaisanteries! Plats calembours, contes saugrenus, grimaces , travestissements, gestes familiers et indécenis, tout cela est de son ressort, et il va toujours jusqu’à la bêtise ou à l’impertinence.

Servir de bouffon signifie servir de risée, être un sujet de moquerie : c’est un affront qu’on ne saurait tolérer. Qui conque se voit baffoué dans une société doit se retirer aussitôt. S'il ne s'aperçoit pas qu’on le berne, c’est un sot; s'il s’en aperçoit et qu’il reste, c’est un homme sans dignité,

BOUFLERS ( Famille de ). C’est une des plus nobles et des plus anciennes de Picardie. Son origine se perd dans la nuit des temps, Son premier nom était Morlaix. Celui de Bouflers lui fut donné, dit-on, à cause d’un buffle terrassé dans des temps reculés par Bowflers le Robuste qui en reçut son nom et son surnom. Longtemps après, ses descendants se signalèrent dans les cruisades, En 1133 nous trouvons Bernard ve BourLens. En 1256 Guillaume ne BourLers accompagne le comte d'Anjou, frère de saint Louis, à la conquête de Naples. Alleaume ps BourLens était en 1304, avec Philippe le Bel, à la bataille de Mons en Puelle, D’autres Bouflers soutinrent la cause du roi de France on

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