BOUGAINVILLE — BOUGIE
aimait, et il avait embrassé la carrière militaire. Il servit d’abord comme secrétaire d’ambassade à Londres, ensuite comme aide de camp du maréchal de Montcalm. 11 passa au Canada, où il acquit la réputation de brave officier ; et à la paix de 162 ses services furent récompensés par le grade de colonel et le don de deux pièces de canon. Dès l'année 1752 il avait publié un Traité du Calcul intégral, qui l'avait fait connaître parmi les savants ; mais c’est le voyage qu’il exécuta autour du globe pendant les années 1766, 1767, 1768 et 1769, et l’excellente relation qu’il en donna, qui ont rendu son nom illustre. .
La géographie du Nouveau Monde était alors un tissu d’erreurs : immense océan Pacifique n'avait encore été traversé que par un petit nombre de navires, et les premiers navigateurs avaient fait des récits fahuleux sur les terres qu’ils avaient découvertes ; quelques-uns plaçaient des îles, de grandes terres, des continents là où la mer seule couvrele globe; on devait être continuellement en garde contre les rapports précédents pour en corriger les fautes. Certes, il ne fallait pas être animé d’une résolution médiocre pour braver les mor-
le.lés tHiquiétudes d’une navigation dans des mers inconnues, |
où l’on était menacé de toutes parts de la rencontre inopinée de terres et d’écueils, surtout pendant les longues nuits de la zone torride : c'était à tâtons qu’il fallait cheminer sans cesse; on tremblait toute la nuit si le soir l’horizon nuageux avait semblé annoncer le voisinage de quelque terre; et la disette d’eau et le défaut de vivres auxquels on était alors exposé dans l’état peu avancé de la marine étaient encore de nouvelles causes d'alarme. Sans doute on doit de la reconnaissance à l’homme qui dans le but d'être utile à son pays brava tous ces dangers.
Ea relation de son voyage fut accueillie avec une sorte d'enthousiasme ; elle fut traduite dans presque toutes les langues : le mérite transcendant de cet ouvrage ei les circonstances dans lesquelles il parut devaient en effet lui assurer ce succès. Tous les esprits étaient alors fournés vers ces pays inconnus qui jusque là semblaient encore un peu imaginaires. Bougainville en rapportait des détails neufs, précis, £urieux, et il les présentait d’une manière claire, avec l’accent de la vérité, et un style qui charmait. À chaque instant on est frappé du tact particulier qu’il avait pour l’observation. Dès qu’il arrive dans un pays, il l’envisage sous tous les aspects : le climat, le sol, ses productions, ses habitants, le caractère de la société, tout est peint avec tant de vérité, en traits si saillants, qu’on s’en fait sur-le-champ une représentation vivante. Aujourd’hui même nous lisons avec
* autant de profit que de plaisir ses descriptions des pays qu'il a parcourus ; alors chacune de ses paroles était un éclair au milieu des ténèbres. .
Il fit la géographie du détroit de Magellan aussi exactement que le lui permirent les moyens astronomiques qu'il avait à sa disposition ; il découvrit Otaïti ; et les détails qu’il donne sur cette île sont du plus haut intérêt. Nous ne ferons pas l’énumération de toutes les terres qu’il découvrit ou visita; nous dirons seulement qu’il traversa les nombreux archipels de la mer du Sud, qu’il jeta une grande lumière sur cette partie de la géographie, et qu’il rapporta de toutes ces contrées des documents précieux pour les sciences.
En 1770 il fut nommé chef d’escadre et maréchal de camp des armées de terre. En 1790, appelé à commander l’armée aavale à Brest, il fit de vains efforts pour rétablir l’ordre au milieu de l'agitation extrême qui régnait alors dans tous les esprits : le peu de succès qu’il obtint le détermina à prendre sa retraite, après quarante ans de service. L’empereur le fit asseoir au banc des sénateurs, et l’Institut le compta parmi ses membres. L'année 1811 termina sa longue carrière : il était né à Paris, en 1729. Théogène Pace.
- BOUGE,, que Ducange dérive de bugia, synonyme de
maison fort petite, et que d’autres font venir de l'allemand
bogen, signifie, dans son acception la plus ordinaire, une DT, DE LA CONVERS, — T, Ill.
vetite pièce, ou un petit cabinet, dans lequel il n’y a place que pour un lit; il s'entend aussi d’un réduit pauvre, obscur el modeste, ou malpropre. On donne enfin ce nom à de petits cabinets, ordinairement au nombre de deux, placés de chaque côté d'une cheminée, et où l’on serre divers objets usuels.
Bouge, en termes de tonnelier, désigne le milieu d’une futaille, dans sa partie la plus bombée,
En termes de charpenterie, la bouge est une pièce de bois qui a du bombement ; en termes de charronage, c’est la partie ia plus élevée du moyeu d’une roue; en termes de potie d’étain, c'est le demi-cercle qui règne autour du fond de l’as-
siette, ou la partie qui sépare celui-ci de l’arête; en termes de marine, on appelle ainsi la rondeur des baux et des tillacs d’un navire.
Villon s’est servi du mot bouges dans le sens de hautde-chausses, et Pasquier témoigne, dans ses Recherches, qu’on l’a employé aussiautrefois, ainsi que celui de bougelte, dans le.sens de petit sac, poche ou bourse. On disait alor d’un homme qui avait fait un gros gain, qu'il availbies rempli ses bouges.
BOUGILE { Arts cconomiques). Si l'on en croit Biubazan, ce mot n’est usité en France que depuis le dix-seplième siècle. En 1599 on désignait encore la bougie sous le nom de chandelle de cire. Celui de bougie, qui a été adopté depuis, est venu de la ville de même nom, située sur la côte d'Afrique, d’où l’on tirait autrefois beaucoup de cire, et où elle était si commune, qne les habitants ne connaissaient, diton, d’autre éclairage que celui des chandelles qu’ils en fabriquaient.
Il y a deux sortes principales de bougies : la bougie filée, qui consiste en une mèche revêtue d’une légère couche de cire, et roulée sur elle-même, et la bougie de table, Nous parlerons plus loin des chandelles revétues de cire.
On se sert ordinairement de la bougie filée pour s’éclairer en rentrant chez soi ou lorsqu'on descend dans les lieux bas et obscurs pendant le jour : d’où est venu le nom de rat-decave, donné au rouleau de cette bougie qu’on destine à cet usage.
Quand le filage du coton en général n'avait lieu qu’à la main , la fabrication de la bougie filée offrait beaucoup de difficulté et d’irrégularité ; car l'inégalité du fil ne permettait guère que la mêche conservât la même grosseur sur toute sa longueur. Cette difficulté alors insurmontable ; a disparu depuis que les mécaniques ont été appliquées à la filature. La longueur de :a bougie filée est pour ainsi dire indéterminée. On prend autant d’écheveaux qu’on veut donner de fils d'épaisseur à la mèche. On met ces écheveaux sur un dévidoir et tous se dévidentensemble sur une bobine. On procède ensuite au filage de la bougie. Il se pratique sur une espèce de tour, composé de deux cylindres ou fambours, montés sur un pied en charpente, qui est suffisamment lourd pour qu’il ne bouge pas pendant le travail. Chaque tambour est traversé d’un axe portant une manivelle. Entre les deux tambours, et à égale distance de chacun, on place une forte table appelée chaise, surmonite d’une espèce de vase en cuivre étamé, dans le milieu duquel on met la cire dans un enfoncement
qui sert comme de chaudière; ce vase s'appelle le péreau. La mèche passe sous un crochet fixé au fond de ce vase, afin que cette mèche trempe constamment dans la cire fondue et qu’elle en reste recouverte. On place sous le péreau unréchaud plein de braise allumée; la cireentreen fusion, mais il faut veiller à ce que le feu ne soit jamais assez grand pour faire subir à Ja cire un commencement de décomposition qui la charbonne et la roussisse. 11 y a une filière circtlaire, percée de trous, qui vont toujours en augmentant graduelle ment de diamètre. Cette tlière doit être maintenue très-fixe et invaniable &Gans sa position. Tout étant ainsi disposé, un ouvrier prend un des bouts de la mèche, Pimbibe de eire sur une longueur de 12 à 15 centimètres, et la colle, pendant que cette cireestencoretoute molle, sur l’un des tambours : elle s’y
fige et s’y attache; alors il enroule èn entier la mèche sur ce tambour ; il passe ensuite l’autre extrémité dans le plus petit trou de la filière, où étant encore sans cire, elle peut entrer très-facilement : l’ouvrier pose la filière entre les tenons du péreau, du côté du second tambour , de manière que le trou reste en bas; il engage la mèche sous le crochet, et la tire à la main jusqu’à ce qu’elle puisse atteindre au moins la partie supérieure de ce tambour. Comme la cire est encore molle, il la colle sur ce tambour, et l’y maintient jusqu’à ce qu'il ait achevé à peu près un tour de manivelle, Ensuite il ne tourne plus que lentement, afin de donner le temps à la cire de se figer, et il entretient toujours la cire Gans le bassin du péreau à une hauteur telle que le crochet, sous lequel passe la mèche ne reste jamais à découvert. Quand toute la mèche a été ainsi transportée sur le second tambour, il change la filière à l’autre bec du péreau , passe la bougie ébauchée dans le trou qui vient immédiatement après pour la grandeur du diamètre, et recommence sur le premier tambour la même opération qu’il a achevée sur le second, et ainsi successivement, d’un tambour à l’autre, et en passant d’un trou moins grand à un autre qui le soit davantage, jusqu’à ce que la bougie ainsi /ilée ait atteint la grosseur requise. Cette mé- {hode est la même absolument pour toute bougie filée, pour la jaune comme pour la blanche. Quelquefois pour économiser sur l'emploi dela cire blanche, on forme d’abord la bougie filée sur cire jaune, et ce n’est que lors du passage au dernier trou de la filière qu’on substitue dans le bassin du péreau la cire blanche à la jaune.
Quant à la bougie de table, on en fait de deux sortes : Pune est la bougie coulée ou moulée; l’autre est la bougie dite à la cuiller.
La bougie moulée se coule dans des moules de verre en général, et se fabrique absolument comme la chandelle, Les mèches sont en coton, un peu plus tordu que celui des chandelles, On commence par les cirer, pour les égaliser sur toute leur longueur et ne laisser déborder aucun poil, qui, sans celte précaution, pénétrerait dans le corps de la bougie, et nuiraïit beaucoup à l’usage. Le cirier se sert, pour couper toutes les mèches d'une longueur égale, de linstrument appelé coupoir ou faille-mèche. 11 est composé d’une forte table , dont le dessus est formé de deux pièces de bois, qui laissent entreelles une ouverture en forme de rainure dans laquelle on met le fort tenon d’un plateau de bois, qui peut ainsi rouler dans toute l'étendue de la rainure, comme dans une coulisse, ainsi que la poupée d’un tour. Sur la pièce mobile s'élève une tige de fer ronde, et à l’autre bout de la rainure est une pièce fixe, sur laquelle est assujettie une lame de couteau, placée verticalement, C’est la distance qui se trouve entre la tige de fer mobile et la lame de couteau fixe qui détermine la longueur des mèches, On place dans une boîte ou sur un tamis, à côté du taille-mèche, les pelotons de coton, on rassemble tous les bouts des fils roulés dessus, on en entoure la tige de fer, on les ramène vers le couteau et l’on coupe. On jette ensuite la mèche coupée sur le côté de la table.
On a fait depuis peu, ou plutôt on a renouvelé la fabrication de bougies diaphanes, auxquelles les fabricants ont été chercher de grands noms, tirés du grec, tels que scléra- Phyle, ete., ete. Ce n’est autre chose qu’un mélange de belle cire blanche et de blanc de baleine (voyez CÉTINE) épuré, A parties égales des deux ingrédients, la bougie est très-belle et a le degré de diaphanéité convenable : il convient de faire le mélange à très-petit feu, dans une bassine de cuivre forterhent étamée. On y fait d’abord fondre le blanc de baleine , et on y projette ensuite la cire par petites parties : il faut remuer constamment le mélange avec une spatule,
On a beaucoup parlé aussi de l'introduction dans la bougie de table d'une certaine quantité de marrons d'Inde, Cette absurdité a passé avec bien d'autres; on a conseillé d’essayer un mélange de deux parties de marrons d'Inde, une
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partie d'huile d'olives, trois parties de blanc de baleine, et. six parties de cire : les marrons figureraient donc dans la proportion d’un sixième de la masse. Or, nous pouvons assurer qu’un tel mélange serait peu combustible, et ne brülerait qu’en se boursouflant et en répandant une épaisse fumée. Nous avons essayé l'emploi de l'amidon avec la cire, dans la proportion d’un quarantième seulement, et. les inconvénients que nous venons de signaler se sont manifestés avec beaucoup d'intensité. Toutefois, nous ne disons pas que l’eau dans laquelle on aurait fait bouillir des mar: rons d’Inde ne püût être utile dans la fabrication des bougies ; car il est certain que ce procédé est mis en usage par « quelques fabricants de chandelles, qui paraissent s’en bien trouver.
La bougie à la cuillère et les cierges se fabriquent de même, et notre description pourra être commune aux deux fabrications. On se sert d’un fourneau en tôle, appelé caque, dans lequel on place une cassolette en fonte de fer remplie de braise, La caque est surmontée d’une bassine en cuivre solidement étamée , sur laquelle porte un rebord en fer blanc, « muni d’un goulot, et d’une autre entaille qui permet l'entrée et la sortie libre des bougies. On place un cerceau*suspendu par une corde à une hauteur convenable. Ce cerceau peut recevoir sur son pourtour jusqu'à cinquante bougies ou cierges. Il faut que la suspension de ce cerccau soit faite à une hauteur telle que les bougies ou cierges ne touchent pas à la bassine de cuivre. On donne à ce simple appareil le nom de romaine. Il faut aussi une cuiller d’une forme particulière, dont l’ouvrier se sert pour coulér ses bougies. Enfin, il y a une plaque de fer percée de trous, qu'on place sur la cassolette qui est sous la bassine, afin de pouvoir, par ce moyen, modérer l'action de la chauffe à volonté. Tout étant ainsi disposé, l’ouvrier accroche les mèches au cerceau, après avoir placé au bas de chacune un Jorret : c’est un petit tuyau de fer-blanc, dans lequel on introduit la tête d’une mèche de bougie, pour l’empécher de prendre de la cire, ce quila rendrait difficile à allumer. Alors, « à l’aide de la cuiller de fer remplie de cire fondue, que l’ouvrier puise dans la bassine, il verse doucement cette cire « le long des mèches, en commençant un peu au-dessous de leur extrémité supérieure, et les accroche ainsi l’une après l’autre au cerceau; de sorte que la cire coulant de haut en bas sur ces mèches, elles s’en recouvrent entièrement ; le surplus de la cire retombe dans la bassine. IL faut arroser ainsi les mèches dix et même douze fois de suite, c’est-àdire jusqu’à ce que les bougies aient le diamètre requis. Le premier arrosement ne fait que {remper ou imbiber la mèche; le second commence à la couvrir, et les autres achèvent successivement la bougie. Pour les cierges, auxquels on veut conserver la forme un peu conique, il faut avoir soin que les arrosements successifs se fassent toujours en commençant de plus bas en plus bas. Quand les cierges sont fort longs, il faut au cirier un gradin pour pouvoir s'élever et avoir du champ pour son opération. Les bougies ou les cierges ayant ainsi atteint la grosseur convenable, on les place encore chauds sous un lit de plumes ou des couvertures de laine épaisses, pour les tenir longtemps mous. On les retire l’un après l’autre pour les rouler sur une table longue et unie, à l’aide d’un polissoir. Quand les objets ont été ainsi roulés et polis, il reste à façonner la tête, à l’aide d'un couteau de bois, après quoi on les suspend sur le pourtour de cerceaux pour les laisser sécher et prendre de la dureté.
Les bougies peuvent être parfumées à volonté par l'ad= dition d’une huile essentielle quelconque, en très-peti quantité, dans la cire fondue. Elles reçoivent aussi les couleurs que la fantaisie peut désirer de leur donner, On so: sert pour cela d’une teinture à l'esprit de vin, également introduite daus la cire en fusion.
On a fait des bougies économiques en mélangeant des
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graisses, du suif et de la cire. Nous parlerons plus loin des bougies stéariques. Mais il est encore un procédé adopté pour imiter la vraie bougie, et dont nous devons nous occuper ici, Ce procédé consiste à mouler une chandelle recouverte d’une espèce d'étui de cire pure, qui lui donne toute l'apparence, la propreté et l'absence de mauvaise odeur dont jouit la bougie véritable, mais pas la durée. Quand le suif qu’on emploie dans cette fabrication est bien épuré, il brûle dans le bassin où il se trouve contenu par la croûte de cire qui le revêt, sans percer cette enveloppe, et, à la durée près du luminaire, il serait difficile de s’apercevoir de sa nature, Voici le procédé de cette fabrication : on peut y employer toute espèce de moule, comme pour la bougie véritable; mais ce sont ceux de verre qui réussissent le mieux, tout comme dans le moulage de celle-ci. Les bougies un peu fortes sont aussi celles qui viennent le mieux; et cela se conçoit, puisqu'une même quantité de cire fera, relativement à la masse de suif, une croûte d’autant plus épaisse qu’elle sera répartie sur un moindre nombre decylindres. Ce sont donc ordinairement des bougies de huit au kilogramme qui se fabriquent de cette manière. On ferme d’abord l'ouverture inférieure du moule avec un bouchon trempé dans de l'huile; on y coule la cire, qui ne doit être que médiocrement chaude. Le refroidissement se faisant de la circonférence au centre, il doit, sur les parois intérieures du moule, se former une croûte en forme d’étui, dont l'épaisseur sera proportionnée au temps donné pour ce refroidissement. Aussitôt qu’il y a une croûte d'environ un millimètre, plus ou moins suivant la valeur qu’on veut donner à cette bougie, on renverse subitement le moule; toute la cire restée encore liquide s'écoule et est reçue dans un vase, après quoi on déhouche le fond du moule; on y place la mèche comme à l'ordinaire; on laisse un peu refroidir, puis on coule dans la cavité du suif bien épuré. Rien de plus facile ni d’une réussite plus assurée. L'emploi de cette espèce de hougie est toujours avantageux, si la grosseur de la mèche a été rigoureusement proportionnée à la combustion du suif contenu dans le bassin; car si cette mèche
Wétait pas d'une grosseur suffisante pour pomper à mesure.
le suif fondu, celui-ci se ferait issue en s’échauffant et en pressant contre l'enveloppe de cire; il coulerait et on perdrait tout l'avantage de propreté qu’on attend de ce mode de fabrication.
Toute combustion est due à une décomposition qui, dans le plus grand nombre des cas, est accompagnée d’un dégagement de lumière : c’est le cas de la combustion des bougies. Il n’y a de flamme produite qu’autant que la matière combustible est réduite à l’état de gaz. Quand celui-ci est de l'hydrogène pur, la combustion ne produit qu’une faible lumière, d’un bleu pâle : c’est à la dissolution ou même au simple mélange d’un autre corps combustible dans hydrogène, que la combustion doit son éclat et sa blancheur. C’est un fait dont on peut s'assurer évidemment en introduisant dans l’hydrogène en combustion de la poussière de charbon, tout autre combustible, et même des limailles des métaux qui brûülent facilement ; l’ignition de ces sub- Stances procure dans ce cas beaucoup de lumière blanche; mais le charbon ainsi ajouté à l'hydrogène a besoin pour brûler d’un plus grand afflux d'oxygène qu’il n’en faut pour l'hydrogène pur. Ces considérations doivent régir la fabrication des mèches pour les bougies.
La combustion complète des corps contenus dans le gaz hydrogène qui produit la flamme est absolument nécessaire pour que cette flamme soit acromique ( sans couleur ) : le problème se réduit à chercher les moyens de produire le plus de lumière blanche aux moindres frais possibles. Il serait à souhaiter, pour obienir constamment cet effet, qu’on pût ne présenter à la fois à l’air ambiant tout juste que la quantité de combustible qu'il peut brûler complétement ; car si on souffre que la vapeur combustible se déploie en volume
trop considérable pour la quantité d’air qui l'enveloppe, une partie échappera à la combustion ; et non-seulement ce sera du combustible consommé en pure perte, mais la flamme sera colorée et fuligineuse; d’un autre côté , il ne faut pas que cette vapeur combustible soit maintenue à une trop basse température : dans ce cas, la combustion serait imparfaite et peu nette. Voilà donc deux données contradictoires qu’il faut tâcher de concilier en gardant un juste milieu, Si la mèche est par trop grosse ou trop peu tordue, dernière condition qui ajoutera à la capillarité des filaments dont elle sera composée, il y aura une absorption superflue de la cire fondue, refroidissement de la vapeur, défaut de combustion par conséquent, et volatilisation de cire sans effet d'éclairage : aussi peut-on observer, surtout quand on écrit à la lumière des chandelles, qu’une petite flamme est toujours plus nette et plus vive qu’une plus grande : voilà pourquoi il devient si souvent nécessaire de moucher les chandelles de suif pour diminuer l’absorption du combustible. Mais ne tombez pas dans l’excès contraire à l’effet que vous voulez éviter : que votre mèche ne soit pas non plus tordue outre mesure ni assez petite pour que la quantité d’air ambiant soit susceptible de la refroidir complétement; car il suffit d’un grand abaissement de la température pour ralentir et finalement pour éteindre la combustion, puisque aucun corps ne brûle qu’à un certain degré de chaleur. 11 y a d’ailleurs un autre inconvénient grave à ne pas proportionner la mèche au volume de cire. Si l’absorption capillaire est trop inférieure à la fusion de la cire, cette partie fondue forme ce qu’on appelle une fontaine trop considérable, qui pèse sur les parois solides de la bougie, les crève, et la bougie coule, PELOUZE père.
Bougies stéariques. L'importance commerciale de ces bougies est aujourd’hui considérable. Leur fabrication a commencé à Paris, et est due à MM. Gay-Lussac et Chevreul, qui dès le mois de juin 1825 prirent aussi un brevet en Angleterre. La bougie stéarique a presque entièrement détrôné la bougie de cire. La modicité de son prix en a répandu l’usage dans toutes les classes de la société. La première opération qu’exige la fabrication des bougies stéariques consiste à combiner les acides gras contenus dans le suif avec de la chaux, afin d'éliminer la glycérine. Cette saponification s’exécute dans une cuve en bois légèrement conique, que l'on chauffe au moyen d’un tube annulaire placé dans le fond de la cuve, et qui lance de la vapeur par une multitude d’orifices. La cuve est recouverte d'un couvercle fermant hermétiquement et munie d’un agifateur qui obéit à un moteur quelconque. On y introduit d’abord le suif déjà purifié par une première fusion ; puis, l’agitateur étant mis en mouvement, on ajoute, peu à peu, pour 100 parties pondérables de suif fondu un lait de chaux formé de 12 parties de chaux vive éteinte dans 100 parties d’eau. Au bout de deux heures, l’eau commence à se séparer du savon calcaire, qui possède la consistance dune pâte molle et graisseuse, et renferme encore une quantité fort notable de chaux libre et de suif non décomposé. On arrête alors ordinairement l’agitateur, mais on n’en continue pas moins l’ébullition. Le savon calcaire devient de plus en plus dur, et finit par acquérir une cassure tout à fait terreuse. C’est à ce moment qu'il faut arrêter le courant de vapeur, pour laisser reposer pendant quelques heures, la cuve étant aussi bien fermée que possible. On soutire ensuite le liquide surnageant qui entraine en dissolution la glycérine, et on extrait de la cuve les stéarate, margarate et oléate de chaux sousla formede savons très-durs, Après avoir pulvérisé entre des cylindres broyeurs ou sous une meule verticale , les savons calcaires obtenus, on procède à leur décomposition par l'acide sulfurique. On se sert pour cette opération de cuves doublées en plomb et ayant les mêmes dimensions que les cuves à saponification. On y agite les savons pulvérisés avec de l’eau froide, de manière
à en former une bouillie claire; puis, pour une quantité de savon calcaire provenant de la saponification de 100 kilogrammes de suif, on ajoute 25 kilogrammes d’acide sulfurique étendu préalablement de 100 litres d’eau. On laisse ensuite reposer le tout : l'acide sulfurique s’empare de la chaux pour former du sulfate de chaux, et met en liberté les acides gras. En faisant ensuite arriver dans la cuve un courant de vapeur d’eau, le sulfate de chaux se sépare et se précipite au fond, tandis que les acides gras se fondent, et viennent surnager le liquide. Au moyen d’un robinet placé au-dessus du dépôt, on soutire ces acides dans une cuve de bois doublée en plomb et chauffée à la vapeur, où les dernières traces de chaux sont enlevées dans une solution très-étendue d'acide sulfurique. Une seconde chaudière, en tout semblable à la première, est destinée à opérer un deuxième lavage à l’eau pure. Enfin, les trois acides gras, privés autant que possible de chaux et d’acide sulfurique, sont soutirés dans des moules en fer blanc, de la contenance de trente litres à peu près, et légèrement évasés, afin que le pain d'acide solidifié en sorte plus facilement.
« Ces pains, dont le poids est d'environ vingt-cinq kilogrammes , présentent à l'œil une teinte jaune, quelquefois assez intense, et ont encore une apparence désagréable ; cela tient à l’interposition d'acide oléique liquide entre les lames cristallines des acides stéarique et margarique ; on l’en sépare au moyen de la presse hydraulique. L’acide stéarique ainsi obtenu est ensuite fondu au bain-marie, puis filtré dans une chausse en laine; il ne forme plus que les 0,45 du suif employé. On le porte dans les cuves d'épuration, chauffées à la vapeur, où on le lave d’abord avec de l'acide sulfurique très-étendu pour séparer les dernières traces de chaux, puis à l’eau pure pour enlever tout l’acide sulfurique. Il est alors propre à la fabrication des bougies, 3
I1 faut régler avec soin la température à laquelle doit s’effectuer le moulage des bougies stéariques : si elle est trop basse, le refroidissement dans les moules est trop rapide et les bougies se fissurent aisément ; si elle est trop élevée, les bougies acquièrent une texture cristalline, un aspect désagréable et beaucoup de fragilité. Pour éviter ces inconvénients, on échauffe d’abord modérément les moules, un peu au-dessous du point de fusion de l’acide stéarique ; avant de couler ce dernier, on le laisse refroidir jusqu’à ce qu’il ait acquis une consistance pâteuse; on obfient ainsi des bougies tout à fait exemptes de défaut. V4
Les mèches de la bougie stéarique charbonnent au moins autant que celles des chandelles, et on serait obligé de les moucher continuellement, si on n’employait pas des mèches tressées, Par suite du tressage, la mèche, au fur et à mesure que la bougie brûle, se détourne et se recourbe légèrement, de sorte que son extrémité va se consumer dans le blanc de la flamme. Cette précaution de tresser les mèches ne suffit pas; car la faible quantité de chaux que retient toujours l'acide gras engorgerait les mèches et diminuerait leur capillarité, si on oubliait de les plonger dans une dissolution d’acide borique; cet acide forme avec la chaux un borate qui se fixe dans la mèche, et dont provient cette perle fusible qu'on voit briller à l'extrémité de celle-ci après sa complète combustion.
On blanchit ces bougies par l’exposition à la lumière. On les polit en les frottant vivement avec un morceau de drap bumecté d’alcool ou d’ammoniaque, soit à la main, soit au moyen d’une machine très-simple. Enfin, on réunit les bougies en paquets d’un demi-kilogramme, qu’on livre au commerce.
Tels sont les procédés généraux de fabrication de la bougie stéarique. Plusieurs industriels y ont introduit des modifications partielles, dans le détail desquelles nous ne nous engagerons pas. Mais nous ne pouvons nous dispenser de citer le mode de fabrication par distillation employé depuis quelques années. Il en est résulté une nouvelle industrie qui
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graissages et dégraissages des laines, les graisses d'os, l'huile de foie de morue, l'huile de palme, etc., qu’on ne pouvait traiter avantageusement par les procédés précédemment décrits.
Les substances que nous venons d’énumérer sont d’abord traitées à l'acide sulfurique, qui produit un dédoublement analogue à celui obtenu à l’aide de la saponification à la Chaux. La décomposition s'effectue dans une chaudière chauffée par la vapeur, et dans laquelle les matières sont mélangées par une agitation mécanique. L'opération dure douze à dix-huit heures. Après un refroïdissement partiel, on place le mélange dans un récipient rempli d'eau qu'on porte à l’ébullition par un bain de vapeur. Les acides gras viennent surnager, et ce sont ces acides que l’on soumet à la distillation. La chaudière contenant les acides gras est entourée d’une espèce de bain de sable, ou mieux plongée dans un bain de plomb fondu. Quand la température approche de 300°, on fait arriver un courant de vapeur qui entraine les acide$ gras, et ceux-ci viennent se déposer dans un serpentin adapté à la chaudière. Ils sont enfin versés dans des cristallisoirs, pour être épurés.
On fait aussides bougies avec la pa ra ffine.
BOUGIE (Chirurgie), petit cylindre mince, lisse et flexible, dont la préparation varie suivant l'usage auquel il est destiné, et que l’on introduit dans le canal de l’urètre, dans le rectum ou dans l’æsophage, pour ouvrir ou dilater l’un de ces organes, en cas de rétrécissement ou d'autre 4 maladie. Quand il s’agit seulement d’obtenir une dilatation on emploie des bougies simples, faites de cire, de gomme élastique, ou de cordes de boyau ; mais s’il y a oblitération, et qu’il faille détruire des obstacles qui s’opposent à la sortie de l'urine, on rend les bougies plus ou moins actives en ajoutant à l’un de leurs points, ou dans toute leur longueur, des matières suppuratives, escharotiques ou autres.
On se sert encore de bougies emplastiques dites armées pour détruire les rétrécissements de l’urètre : ces bougies sont munies d’un morceau de nitrate d'argent, soit à l’une de leurs extrémités, soit dans une excavation latérale; mais cet instrument, dont l'emploi occasionne quelquefois de graves accidents par l’impossibilité où se trouve l'opérateur de limiter l’action du caustique aux seules parties malades ,. peut être remplacé avec avantage par le porte-caustique de Lallemand. os
Les bougies diffèrent des sondes en ce qu’elles sont s0lides , tandis que ces dernières sont creuses. Cependant on a fait des bougies creuses, mais sans ouverture à leur petite extrémité.
L'invention des bougies a été réclamée par Aldereto , médecin portugais; mais c’est son élève Amatus qui, en 1554, décrivit pour la première fois la forme et les usages de ces instruments. Quant aux bougies emplastiques, ce fut un chirurgien français, Daran, qui commença à s’en servir vers
BOUGIE ( en arabe Boudjaiah), ville de la province de Constantine, bâtie en amphithéâtre, dans un golfe de la Méditerranée sur le flanc méridional du mont Gouraya, à 45 myriamètres d'Alger. Une inscription qu’on y a trouvée, portant le nom de l’ancienne Sa/dæ des Romains, est le seul témoignage épigraphique de l'existence de cette ville, limite orientale de la Mauritanie Césarienne, sur l'emplacement actuel de Bougie. La ville moderne occupe à peu près le terrain enfermé dans l'enceinte romaine, dont on retrouve encore des débris. Elle descend jusqu’à la mer, qu’elle borde de très-près, du fort Abd-el-Kader à l’est, au fort de la Casbah à l'ouest, séparés d'environ 2,000 mètres et proté= geant la plage de débarquement.
Situé à une égale distance de Bone et d’Alger, cette ville offre aux navires que les vents du nord poussent à la côte
extrait aujourd’hui les acides gras de matières impures, telles que les graisses des eaux savonneuses, les résidus des