E. MERLIEUX
BOUHIER (Jean), naquit à Dijon, le 17 mars 1673. 1ssu d’une ancienne famille de robe, il fût destiné à remplir dans sa patrie la charge de président au parlement, que son père et son aïeul avaient occupée, et ses études furent dirigées vers ce but. Doué d’une grande aptitude au travail, et capable de cette application soutenue sans laquelle la facilité n’est souvent qu’un vain mérite, il s’attacha à la connaissance des langues, et il possédait tout à la fois le grec, le latin, l’hébreu, l'italien et l’espagnol. En même temps, il se livra à l'étude de la jurisprudence; il médita profondément sur les coutumes de sa province, sur les arrêts du parlement, et ce travail pénible produisit les vastes recueils qui furent imprimés par la suite. On ne compte pas moins de cinquante ouvrages livrés par lui à l'impression ; et si tous ne sont pas d’une égale importance, il n’en est aucun qui n’atteste l’érudition, la sagacité et le talent de l’auteur. A la vue de ces immenses travaux, on est pénétré d’admiration pour ces savants magistrats qui, placés dans une situation élevée, comblés des dons de la fortune et pouvant se livrer à quelque repos sans négliger leurs devoirs, ne prenaient de distraction qu’en variant leursétudes, et ne connaissaient de plaisir que celui de transmettre à la jeunesse le produit de leurs veilles.
A l’âge de trente ans Bouhier fut reçu consciller au parlement de Bourgogne, et onze ans plus tard, en 1704, il fut pourvu de la charge de président à mortier. C’est à la même