‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 325 sur 527 · BOUGUER — BOUHOURS · texte numérisé non relu

BOUGUER — BOUHOURS

époque qu'il essuya les premières atteintes de la goutte, maladie qui depuis ne cessa de le tourmenter, et qui le conduisit au tombeau, mais quine put cependant l'empêcher de remplir les devoirs de sa charge ni de se livrer aux délassements qu’il cherchait dans la culture des lettres. Sa réputation sous ce dernier rapport était si bien établie qu'en 1727 l'Académie Française élut le président Bouhier au nombre de ses membres : il fut reçu par un autre magistrat, le président Hénault, et il eut pour successeur Voltaire, qui prononça son éloge, et qui ne manqua pas de relever le mérite littéraire de son prédécesseur : « Il faisait ressouvenir la France, dit le grand écrivain, de ces temps où les plus austères magistrats, consommés, comme lui, dans l'étude des lois, se délassaient des fatigues de leur état dans les travaux de la littérature. » L'abbé d’Olivet, répondant à Voltaire, ajouta encore à cet éloge, en disant : « Pendant que je parle” de talents universels et de connaissances sans bornes, il est difficile qu’on ne se rappelle pas l’idée de votre prédécesseur. Ce fut un savant du premier ordre, mais un savant poli, modeste, utile à ses amis, à sa patrie, à lui-même, » Tel est, en effet, le portrait que tous les contemporains nous ont laissé du président Bouhier ; et telle est l'impression que l’on reçoit à la lecture de ses nombreux ouvrages. Parmi ceux-ci, il en est un surtout qui jouit chez les jurisconsultes d’une grande célébrité, c’est le Commentaire sur La Coutume de Bourgogne , en deux volumes in-fol., commen faire qui au mérite du fond joint celui d’une élégance et d’une clarté de style qu'on ne rencontre guère dans les traités . de ce genre.

Le président Bouhier avait travaillé toute sa vie à augmenter la riche bibliothèque qu’il avait trouvée dans la succession de son père. Aucun soin, aucune dépense, n'avaient été épargnés par le magistrat pour atteindre ce but ; et telle était sa passion pour l’étude et son désir de rendre utiles les collections qu’il avait rassemblées à grands frais, qu’il en dressa lui-même le catalogue dans les moments qu’il ne consacrait pas aux affaires : ce travail dura trois ane, Ce long espace de temps indique l'importance de cette bibliothèque, qui était, en effet, l’une des plus belles et des plus précieuses qu’un particulier pût composer. Après Boubhier, elle passa en la possession du président de Bourbonne, sun pelit-fils; puis, à la mort de celui-ci, elle fut vendue à l’abbaye de Clairvaux. Nous ignorons ce qu’elle est devenue. Telle était, au surplus, la grande réputation dont jouissait la bibliothèque du président Bouhier, que le roi, par une ordonnance rendue en 1722, avait ordonné que tous les livres sortant de l'imprimerie royale du Louvre seraient envoyés au président pour être ajoutés à sa collection.

Bouhier, philosophe chrétien, mourut en l’année 1746. Après avoir édifié ses concitoyens par la régularité de ses mœurs et la sagesse de sa conduite, il leur donna l'exemple d’une mort courageuse, et termina sa vie dans les sentiments d’une piété véritable, que, malgré l'esprit du temps, il n’eut pas honte de rendre publique. Et telle était encore alors la liberté de son esprit, qu’il composa lui-même son épitaphe peu d’instants avant sa dernière heure :

Qui tristem coluit Themidem facilesque Camœnas Conditur hoc Janus marmore Buherius,

Il y a eu deux autres Bouuier, parents du président, qui furent successivement évêques de Dijon.

Duganp, ancien procureur général.

BOUHOURS (Doinique), naquit à Paris, en 1698, et entra chez les jésuites à l’âge de seize ans. Après avoir pro= fessé les humanités dans cette capitale et la rhétorique à Tours, il fut chargé de l’éducation des jeunes princes de Longueville, puis de celle du marquis de Seignelai, fils de Colbert, 11 mourut au collége Louis le Grand, à Paris, en 1702, Doué d’une physionomie spirituelle et d'une grande finesse, poli, affable, sachant garder les convenances de

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son état, et mettre de son côlé les procédés dans les querelles littéraires, il s’attira néanmoins des ennemis. Nicole, dans un passage de ses Essais de Morale, peint un religieux bel esprit, qui fait un recueil de mots qui se disent dans les ruelles et dans les lieux qu'il ne doit pas fréquenter, et qui paraît plein d'estime pour la galanterie. Bouhours crut s'y reconnaitre, et de là vint, dit-on, son animosité contre Port-Royal. On lui reproche une critique minutieuse, une recherche excessive dans son style, un purisme exagéré. Voltaire, dans le Temple du Gout, le place derrière Pascal et Bourdaloue, qui s’entretiennent du grand art de joindre l’éloquence au raisonnement ; et il le peint marquant sur ses tablettes les fautes de langage, les négligences qui leur échappent. On ne peut, malgré ses défauts, lui contester le mérite d’avoir servi utilement la langue et le goût.

Les Entretiens d'Ariste et d' Eugène, qui eurent en peu de temps plusieurs éditions, se font remarquer par le clinquant du style, par l'agrément et la variété des matières : cet ouvrage valut à l’auteur beaucoup d'’éloges et des critiques qui n'étaient pas sans fondement; il fit dire qu’il ne manquait à l’auteur, pour écrire parfaitement, que de savoir penser. Dans! £ntretien sur le Bel Esprit, Bouhours met en question si un Allemand peut avoir de l'esprit, ce qui fit demander par un Allemand si un Français peut avoir du jugement. Dans sa Vie de Saint Ignace, Bouhours raconte sérieusement que lorsque son héros vint suivre à Paris les cours de l’université, et pendant qu'il assistait aux leçons, son esprit entrait en communication directe avec le ciel et en recevait les inspirations. La Hanière de bien penser dans les ouvrages d'esprit et les Pensees ingénieuses des Anciens el des Modernes ont les mêmes qualités et les mêmes défauts que les autres écrits de l’auteur. Nous n'avons parlé ni des ouvrages de piété ni des ouvrages historiques du même écrivain; ils sont assez médiocres. Nous ne citons pas non plus sa Traduction du Nouveau Testament, parce qu’elle n’est pas estimée.

BOUIDES ou BOWAÏDES (cest-à-dire enfants de Bouiah ou de Bowaih). C'est le nom d’une des premières et des plus puissantes dynasties indépendantes qui se soient élevées en Perse, à l’époque de Ja décadence du khalifat, et c’est celle qui a le plus avili et tyrannisé les khalifes. Sa domination s’étendit sur toute la P erse, depuis la mer Caspienne jusqu'à l'entrée du golfe Persique; et si elle ne posséda pas les deux provinces orientales de cet empire, le Khoraçän et le Séistän, elle en fut amplement dédommagée par l'acquisition de Bagdad, de Bassora et de l'Irak, qui lui donnait la plus grande influence non-seulement sur l'Arabie, mais sur plusieurs autres parties de l'empire musulman.

L'origine de la famille Bouïah est obscure et fabuleuse. Mais comme il est convenu, en Asie aussi bien qu’en Europe, que les rois doivent toujours être du sang le plus illustre, les ambitieux, soit en Orient, soit en Occident, saxent fort bien se donner de nobles ancêtres; et s'ils n’ont pas, comme chez nous, la ressource des généalogistes à gages, ils ont pour eux, ce qui vaut mieux encore, le secours des astrologues et la crédulité des peuples. Un pauvre pècheur, nommé Bouïah, hahitaitun village sur les bords de la mer Caspienne. Il s'imagina qu’il descendait du fameux Kosroès, roi de Perse, et rêva que ses trois fils Ali, Haçan et Ahmed parviendraient un jour au trône. L'imagination enflamimnée d’espérances chimériques, ces jeunes gens entrèrent au service de Makan, l’un des ambitieux qui avaient enlevé aux khalifes les provinces du nord de la Perse. L'an 316 de l’hégire (928 de J.-C. ), un autre ambifieux, Mardawidj, s'étant révolté conte Makan, et li ayant enlevé le Ghilän et le Mazanderän, les trois fils s’atlachèrent au parti de leur nouveau souverain, et l’aidèrent avec {ant de zèle et de courage à poursuivre ses Conquêtes

51% dans l'intérieur de la Perse, qu’Ali, l'aîné de ces braves, parvint aux premiers emplois militaires.

L'exemple des deux princes pour lesquels il avait combattu était séduisant et contagieux. Ali devint ingrat et ambitieux à son tour : secondé par ses frères, il fit Ja guerre pour son propre comple. L'an 320 (932), il hattit, avec des forces très-inférieures, le gouverneur d’Ispahan, et livra au pillage cette ville, qui appartenait au khalife Caher. Forcé de l’évacuer à l'approche de l’armée de Mardawidj, il s'avança dans la Perse méridionale, et ayant vaincu le gouverneur de Chiraz, qui venait d’être défait par Marda- Widj, il s'empara de cette place et de tout le Farsistâän, que: ce prince lui abandonna, en 322 (934). Rien ne manquait au bonheur d’Ali : une armée envoyée contre lui par le khalife retourna brusquement à Bagdad, sur la nouvelle de la déposition de Caher; et Radhy, successeur de ce dernier, s'empressa de faire la paix avec le prince Bouïde. Il lui conféra le titre d’Imad-Eddaulah (le soutien de l'État), et lui envoya un vêtement d'honneur avec un diplôme qui lui accordait tous les droits de souveraineté dans les pays qu’il avait conquis. La mort de Mardawidj, assassiné l’année suivante, et les troubles auquels elle donna lieu, fournirent à Imad-Eddaulah l’occasion de s'emparer d’Ispahan sans coup férir. Mais, renonçant alors.à toute idée d’agrandissement, il mit son unique ambition à faire le bonheur des peuples dont il se réserva le gouvernement. Il ne garda que le Farsistâän, qui, avec ses annexes, avait des limites plus étendues qu'aujourd'hui, cédant à son frère Haçan ( Rokn-Eddaulah, la colonne de l'Etat), Ispahan, l’Irak- Adjemi et le Djebal, et à son frère Ahmed ( Moër-Eddaulah, l'honneur de l'empire), le Kermän et les provinces les plus méridionales de la Perse ; ou plutôt il leur fournit des troupes à {ous deux pour les conquérir et les garder.

Ces princes furent très-puissants. La province de Farz, (la Perse proprement dite), celles d’Irak, de Khouzistân, de Kermân, d’Ahvas, le Ghitän, le Mazenderän, le Taberistän, le Djordjàn et les pays qui s'étendent jnsqu’à la mer Caspienne, plus tard même le Khoraçân, furent soumis à leur domination. Cette dynastie se divisait en trois hranches : la première, fondée par Ahmed, troisième fils de Bouïah, s'éteignit en 367 ( an de J.-C. 977 ), dans la personne de Isz- Eddaulah, fils d’'Ahmed, qui fut chassé et tué par son cousin Adad-Eddaulah, prince dont le règne fut long et glorieux. La seconde branche eut pour chef Haçan, prince guerrier, qui étendit au loin ses conquêtes. Son vizir Amed- Aboul-Fasi-Mohammed-Ben-Husséin-Ben-Amid perfectionna les caractères arabes. Ses successeurs régnèrent quatrevingt-seize ans, jusqu’au moment où Mahmoud le Gaznévide s’empara des États de Medjed-Eddaulah, petit-fils de Rokn- Eddaulah (de l’hégire 420 , après J.-C. 1029 ). Enfin la troisième branche, qui eut Ali pour chef, régna près d’un siècle et demi, d’abord à Chir4z, ensuite à Bagdad. L’an de l'hégire 447 (après J.-C. 1055), Thogrul-Beg, le Seldjoukide, qui avait déjà conquis la Perse, s'empara de la ville du khalifat, et fit prisonnier El-Malek-Errakhim, qui mourut de faim , de chagrin et de misère, au château de Rhéi.

Tous les États des Bouïdes étaient successivement tombés au pouvoir des Seldjoukides, à l'exception du Farsistän, dont Fadhlouiah s'était emparé. Abou-Ali-Kai-Khosrou, le plus jeune des frères de Malek-Errakhim, ayant rassemblé tous ses partisans, reconquit ce lambeau de la puissance de sa famille, et s'étant rendu maître de l’usurpateur, il lui fit metre sur la tête une couronne de fer rouge, et le laissa expirer dans les tourments. Ce prince régna sept ans à Chiraz; mais ne pouvant lutter contre les Seldjoukides du Kermân, et dégouté d’une royauté qui ne lui œfrait que des épines sans roses, il se soumit volontairement en 455 (1063) au sulthan Alp-Arslan, neveu ct successeur de Thogrul. Ainsi, la dynastie des Bouïdes, qui avait commencé à Chiraz, y finit, au hont de cent vingt-neuf ans. Ce dernier prince

vécut encore plus de trente ans; le sulthan Jui avait laissé ia jouissance d’une ville et l’honneur de se faire précéder d’un étendard et de timbales, vain dédommagement, triste simulacre d’une royauté déchue!

BOUILLAUD (JEan-Baprisre). Né en 1795, dans l’Angoumois, M. Bouillaud est depuis quelques années un des professeurs les plus distingués de la Faculté de Médecine de Paris. Ses études fürent marquées par un grand zèle et des succès. Un de ses oncles (Jean Bouillaud), chirurgienmajor des armées, qui avait blanchi au service de l'Empire, éloïgna de sa jeunesse, par la plus admirable sollicitude et de grands sacrifices, les privations et les soucis. Cet oncle si dévoué recommença ses études afin de provoquer l'émulation de son neveu et d’être l'instrument et le témoin de ses progrès. ]1 l’accompagnait partout, partageait sa modeste chambre et sa vie sobreet studieuse ; enfin, il le conseillait et l'encourageait sans cesse, et lui conciliait des protecteurs £t jusqu’à des amis. Jamais an ne vit de parent accomplir plus généreusement les devoirs d’un père : aussine vit-on jamais de vieillard plus respecté que ne le fut durant huit à dix ans Jean Bouïllaud par tout ce que l’École de Médecine de ce temps-là renfermaïit de cœurs nobles et solidairement reconnaissan{s. N

Les succès du jeune Bouillaud répondirent à des soins si ‘touchants et à une protection si sainte. Son noviciat dans les hôpitaux fut marqué par une rare application; ses premiers efforts lui valurent des couronnes, et un zèle plus mûr des titres, des places, des récompenses et des honneurs.

Reçu médecin le 23 août 1823, alors que l’École de Paris venait d’être regrettablement réorganisée par M. Frayssinous, i! laissa paraître pour Broussais une admiration si démonstrative, qu’elle ressembla souvent à de l'enthousiasme, En toutes choses son adhésion à la nouvelle doctrine était si entière, si passionnée , qu’auprès de lui MM. Boisseau et ‘Bégin paraissaient des disciples frondeurs, des prosélytes équivoques. Cependant ayant déjà fait une étude approfondie des affections du cœur, M. Bouillaud s’associa avec Bertin , un des nouveaux professeurs, pour composer sur les maladies du cœur un traité plus scientifique que celui de Corvisart. Bertin apportait à l’œuvre commune d'anciennes et solides observations qu’il avait à diverses reprises présentées à l’Institut, et M. Bouillaud, pour prix de son zèle, se réserva de rajeunir au moyen des doctrines nouvelles des faits déjà anciens et des préceptes éprouvés.

Cet ouvrage obtint assez de succès pour qu’on ait pu en publier une nouvelle édition quinze ans après, en 1841. A cette époque Bertin était mort, ce qui donna à M. Bouillaud, alors plus expérimenté, la liberté plus entière de modifier le plan de l'ouvrage primitif et surtout les doctrines. Il y ajouta naturellement beaucoup de faits nouveaux, en sorte que cette 2° édition eut deux volumes, au lieu d’un seul, auquel se bornait la première; alors aussi la part de M. Bouillaud devint plus grande, de sorte que ce médecin honorable , sans doute par des suggestions étrangères , laissa mettre de côté le nom de Bertin, et selon nous ce fut un tort, Assurément d’autres ont eu des torts semblables, mais c'est à un homme de la loyauté et du mérite de M. Bouillaud à donner de bons exemples à la postérité.

M. Bouillaud, excellent professeur, médecin profond et laborieux,a pubiie seul beaucoup d’autres ouvrages: 1° :n Traité Clinique de l'Encéphalite el de ses suites, ete. (1825); 2°un Traité clinique et expérimental des Fièvres (1826 ); 3° un Rapport académique sur l'introduction de l'air dans les veines. (in-8°, 1838); 4° une Clinique médicale de l'hôpital de la Charité (3 vol. in-8°, 1837); 5° un vo-

lume Sur La coincidence du rhhumatisme aigu avec l'endo-cardite (1840); 6° un Essai de Philosophie médicale , ete. (1836); 7° un Traité Clinique et Statistique du Choléra (1832): 8° son traité de Nosographie médicale, qui est son principal ouvrage (5 vol, in-8°, 1846); 9° des Recher-

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ches pour démontrer que lesens du langage articulé, de même que le principe de la parole, réside dans les lobes antérieurs du cerveau (1839 et 1848). À Maître d’une clinique fort suivie, où le paradoxe tient 2 jourd’hui moins de place qu’autrefois, M. Bouillaud occupe de plus en plus un rang distingué parmi les meilleurs praficiens de Paris, surtout depuis qu’il discute, écrit et saigne moins. Nous n’en sommes plas au témps où M. Bouillaud saignait un malade plus de fois dans un seul jour qu'un aut médecin n’eût osé le faire dans toute une semaine, Député d’Angoulème de 1842 à 1846, conseiller de l’'Universilé sous Louis-Philippe, M. Boüillaud , homme sûr et ferme, succéda à M. Orfila comme doyen, eu février 1848. Il eût conservé plus longtemps ces graves fonctions de doyen, et sans doute il les aurait encore, s’il avait pu consentir à apposer sa signature aux comptes peu réguliers de son prédécesseur. Isidore Bourpon. 1 Cet éminent praticien, né le 10 septembre 1796, à Angoulème, a été élu en 1868 membre de l’Académie des sciences. Aux ouvrages déjà cités il faut ajouter : des Maladies du cœur el des gros vaisseaux (1853, in-8°), du Cancer (1854), « de l'Influence des doctrines sur la thérapeutique (1859), « Discours sur le vilalisme et l'organisme (1860), de la | Congestion cérébrale (1861), de l’Organologie phréno- « logique (1865), etc.

BOUILLE, en termes de pêche, longue perche, grosse par

l’eau, afin que le poisson entre plus facilement dans les filets. M BOUILLE (Famille de). Originaire du Maïne, où elle a. possédé des terres considérables et contracté de grandes alliances, elle est aussi regardée comme une des premières de la province d’Auvergne , où l’on retrouve ses traces dès le dixième siècle, et où une de ses branches fut effectivement établie depuis le onzième. Elle a donné des chevaliers de l’ordre du roi sous Louis XI et François 1°", de l’ordre du Saint-Esprit sous Henri IL et Louis XVI, des prélats, des chanoines comtes de Lyon et de Brioude, des commandeurs de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, un général en chef, des lieutenants généraux, commandants de provinces, des maréchaux de camp et un pair de France. sous Charles X. ( Voyez les articles suivants.) |

René de Bouuzé, issu de la branche du Maine, commandait en Bretagne à l’époque de la Saint-Barthélemy , et, « par une sage résistance aux ordres de la cour, préserva cette M province des horreurs du massacre, !

René de Bouié, comte de Créance, fils du précédent, | chevalier des ordres du roi et gouverneur de Périgueux, s'était acquis l'estime de Henri IV, qui écrivait au prince de Conti en parlant d’un avantage que Bouillé avait remporté sur Comnène, un des chefs de la Ligue : « Le Manceau a donc été plus fin que le Grec; je l’ai toujours connu pour aussi advisé que valeureux ; je suis bien aïse que vous L: l’'aimiez et que vous le reteniez avec vous; il peut bien conseiller et bien agir. »

BOUILLÉ (FRANÇoIs-CLAUDE-AMOUR , marquis DE), ne- * veu de Nicolas de Bouillé, ancien doyen des comtes de Lyon, évêque d’Autun et premier aumônier de Louis XV, naquit au château de Cluzel en Auvergne, le 19 novembre 1739, et mourut à Londres, le 14 novembre 1800, à l’âge de soixante et un ans. Ayant perdu fort jeune encore ses parents, il fut élevé au collége de Louis-le-Grand, à Paris, dont la direction était alors confiée aux jésuites. Après avoir terminé ses M études à l’âge de quatorze ans, il entra d’abord dans le régiment de Rochefurt, puis dans les mousquetaires noirs, et obtint, à l’Agc de seize ans, une compagnie dans le régiment de dragons de La Ferronais, avec lequel il partit en 1758 pour rejoindre l’armée un Allemagne. 1 se distingua dans plusieurs affaires de la guerre de Sept ans, principa= lement au combat de Grunberg (1761), où, à la tête de ses dragons, il chargea avec tant d'impétuosité la colonne

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