BOULANGER
bre et mélancolique, Boulanger ne voyait dans l’Écriture Sainte que des symboles astronomiques. L'histoire elle-même n’échappait pas à cette manière de tout réduire au symbole, Il avait une grande puissance de volonté pour l'étude, si bien qu’il apprit le grec, l’hébreu, le syriaque, dans le seul but de rechercher l'étymologie de certains mots, de certains noms qui lui donnaient, à tort ou à raison , l'explication d’un grand nombre de faits. Mais, chose étrange, Boulanger n'avait pas terminé un seul de ses ouvrages quand la mort le surprit, à l’âge de trente-sept ans, le 16 septembre 1759. On peut dire hardiment que deux parts doivent être failes de ses œuvres , l’une qui est de lui en partie, l’autre qui ne lui appartient en aucune manière.
L'Antiquilé dévoilée, publiée après sa mort sur ses notes nombreuses, rentre évideriment dans la première catégorie ; elle est de lui, sauf quelques points de rédaction ; un y retrouve l’empreinte d’une imagination forte et sombre. Il trouve dans les usages de l'antiquité, dans les religions, les traces du terrible souvenir, de la grandiose terreur du déluge ; il recherche les liaisons qui existent entre ce phénomène immense et les périodes astronomiques. Rien dans cet ouvrage n’accuse la tendance de l’époque qui visait à détruire la religion du Christ ; il est enthousiaste, mais modéré. Il n’en est pas de même des Recherches sur l’origine du despotisme oriental ; là se montre à nu l’irréligion la plus encyclopédique (qu’on nous pardonne le mot). L'auteur veut y démontrer comme quoi les gouvernements de l'Orient n'ont €à leur puissance absolue et despotique qu'aux terreurs qu'inspiraientles terribies souvenirs du déluge. Quant aux autres ouvrages attribués à Boulanger, ils ne sont plus que l’œuvre des encyclopédistes, et surtout du baron d’Holbach. Boulanger en avait sans doute conçu la pensée; mais l’exécution est due à des metteurs en œuvre imbus du philosophisme de l’époque. C’est une Dissertation sur Élie et sur Enoch , une Dissertation sur saint Pierre, une Dissertation sur Ésope, et une pauvre Histoire d'Alexandre. Mais les articles Corvée, Guèbres, Déluge, Langue hébraïque, Économie politique, dans l'Encyclopédie, sont de jui. Les ouvrages de ce génie bizarre, mais honnête, ont été publiés en huit vol. in-8° ou dix vol. in-12. Dans le commerce ordinaire de la vie, Boulanger était affable et bon ; fort tolérant à l'endroit de ses théories, il ne les imposait pas avec despotisme : il les proposait, et comprenait parfaitement qu’on ne les adoptât pas, parce que, disait-il, elles sont difficiles à prouver. Jules PAUTET.
BOULANGER (Manie-Jocie HALIGUER, connue sous le nom de M"), naquit à Paris, le 29 janvier 1786. Elle fut, dès ses premières années, emmenée en province par son père, qui y remplissait un modeste emploi. Reçue le 20 mars 1806 au Conservatoire de musique eomme pensionnaire, elle eut d’abord Plantade pour maître de chant, devint élève de Garat en 1807, et fut formée à la déclamation dramatique par Baptiste aîné. Elle débuta, le 16 mars 1811, à l'Opéra-Comique dans l’Ami de la maison et Le Concert interrompa, et elle y obtint un succès tel, qu’après la représentation elle dut être ramenée sur la scène par Elleviou.
Ce succès ne fit que s’accroitre à chaque nouveau rôle abordé par elle, mais surtout dans celui de Colombine du Tableau parlant. Son jeu naturel et animé lui faisait avoir surtout la palme dans les rôles de soubretle qui demandent dela finesse et de la gaieté. Sentant ses moyens s’affaiblir, elle eut le courage de quitter le théâtre en 1835.
Elle eut un courage plus grand encore, celui d’y rentrer quelques années plus tard après avoir éprouvé de fortes pertes, et de s’y résigner aux rôles de mères. Elle reparut au nouvel Opéra-Comique: dans le mois de mai 1846 elle prit sa retraite définitive dans le rôle de Ma tante Aurore. M°° Boulanger est morte à Paris, le 23 juillet 1850,
Son fils, £rnest BouLanGen, né le 16 décembre 1815, à
Paris, a remporté en 1845 le premier grand prix de compo- |