‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 343 sur 527 · BOULEN — BOULET · texte numérisé non relu

BOULEN — BOULET

supplice d’Anne Boulen a fourni à Chénier le sujet d’une de ses meilleures tragédies, qui est restée au théâtre sous le titre de Henri VIII. J. Nonvixs.

BOULET ( Artillerie ), globe ou projectile sphérique, le plus ordinairement en fonte de fer, dont on charge les canons. Il y en a de diverses formes, de différents calibres, et l’on en varie l'emploi d’après les circonstances, Le poids d’un boulet détermine d’une manière nominale l’espèce et la force de ce projectile. Dans l’armée de terre on emploie des boulets de 4, 8, 12, 16, 24; dans la marine des boulets de 4,8, 12, 18, 24, 36, suivant la grandeur des bâtiments. qu’on veut atteindre. Quand on parle d’un boulet de 36, on entend un boulet du poids de 56 livres ; il en est de même pour les boulets de 24, 18, 12, etc. Le poids du boulet indique aussi la force du calibre de la pièce à laquelle il convient. Un canon de 36 est destiné à recevoir un boulet de 36 livres, un canon de 24, un boulet de 24 livres; ainsi de suite.

On se sert pour la défense des côtes, ou pour détruire les revêtements des remparts, de boulets creux, que l’on nomme aussi obus. On employait autrefois de ces boulets creux, doublés en plomb, qu’on appelait boulets messagers, pour donner des ordres ou des nouvelles dans une place assiégée ou dans un camp.

Outre les boulets en fonte de fer, il y a eu jadis des boulets en pierre ou pierres à canon , qu’on appela d’abord bedaines ou molières. C’élaient des blocs de pierre, de grès, de marbre, taillés sphériquement; ïls étaient lancés au moyen d'engins à poudre ou de machines névrobalistiques, nommées acquéraux , bombardes, mangonneaux , pierrières , ribodequins; sarres, spiroles. Les ouvriers qui taillaient ces pierres se nommaient ar£illers, comme le témoigne Monteil. Les globes de pierre étaient des projectiles défectueux , parce qu’on les façonnait sur place et à la hâte, sans être sûr de la coïncidence de leur centre de gravité avec leur centre de figure, et que par conséquent on n’en pouvait calculer avec précision ni la portée ni le coup ; aussi les tirait-on à une grande élévation. On confectionnait cependant d'avance des boulets dans les carrières, mais ils s’endommageaient par le transport.

Ce sont les Français qui, suivant Daru , ont substitué les premiers des boulets de fer aux projectiles de pierre. Cette innovation eut lieu vers le commencement du quinzième siècle, ou sous le règne de Louis XI. Des écrivains rapportent positivement la date de l'invention des globes en fer à l’année 1470. En 1478 les Bourguignons se servaient encore de boulets de pierre, à ce que dit M. de Barante: ils les taillaient dans les carrières de Péronne. En 1514 il em était encore fait emploi dans plusieurs places de guerre. On montrait à Orléans quatre boulets de pierre qui dataïent du siége de 1428 ; la circonférence de deux de ces boulets était de 1", 40, et leur poids excédait 100 kilogrammes. Les deux autres pierres à canon pesaient de 75 à 90 kilogrammes,

La milice turque a conservé la dernière l’usage des boulets de pierre; elle a eu des pierriers lançant des boulets dont le poids variait depuis 250 jusqu'à 450 kilogrammes ; on cite même une pièce, nommée canon à vis, qui en lançait de 550 kilogrammes. Le baron de Tott dit avoir vu, en 1770, cette pièce tirer des boulets de marbre avec 150 kilogrammes de poudre. Un boulet de 400 kilogrammes, lancé sur le vaisseau amiral le Standard, quand la flotte anglaise força le passage des Dardanelles , tua et blessa plus de cent hommes, démonta le pont, abattit le grand mât, et mit le bâtiment en danger d’être submergé. L'usage des boulets en pierre a laissé des vestiges en Allemagne , où l'on ne désigne généralement le calibre des projectiles creux que par le poids qui serait celui des projectiles en pierre d’un diamètre égal : ainsi l'ébus dit de 7 livressen pèse réellement 13 ou 14.

Si l'on veut incendier des édifices ou des vaisseaux en= nemis, on fait chauffer jusqu'au rouge clair, sur des grils et

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