BOULET
dans des fourneaux à reverbère, des boulets en fonte de fer, et ces boulets rouges, lancés par les canons qu’on en charge à l'aide de carques ou cuillères, pénètrent dans les charpentes des maisons, ou dans les flancs des vaisseaux, qu'ils embrasent rapidement , si l’on ne s'empresse d'éteindre le feu. Ces projectiles rappellent un usage de l'antiquité. Les Tyriens, suivant Diodore, jetaient sur les travaux d'Alexandre du fer ardent. On trouve dans Nicétas le récit d’une défense pareille de la part des Arméniens contre l’empereur grec. César (51 ans avant J.-C.) parle des globes d'argile rougis au feu que les Gaulois lançaient contre ses troupes à l’aide de frondes à culot de métal, Mézerai, dans la description quil fait du siége de Mézières, défendue par Bayard, en 1521, dit : « Ce n’étaient que canonnades, que boulets enflammés, » S'agit-il ici de boulets rouges ou de grenades? Les Polonais assiégeant Dantzig en font usage en 1577 ; ils y ont recours à Polotsk, en 1580. Dans la même année, le maréchal de Matignon s’en sert contre La Fère. I} parait constant qu'en 1611 les canons de Parmée commandée par Mathian incendièrent Moscou au moyen de boulets rouges. Cependant Feuquières et la plupart des auteurs prétendent que l'invention du tir des boulets rouges vient de Prusse , que le premier essai en fut fait en Poméranie, et que le marquis de Brandebourg y assiégea et y brûla de boalets rouges, en 1675, la ville de Stralsund, D’autres écrivains attribuent à l’évêque Bernard de Galen l'affreux moyen de réduire par l'incendie les places fortifiées ; ainsi fut traité Bonn en 1689.
En 1694 douze mille boulets rouges furent lancés contre Bruxelles par l’ordre de Louis XIV. La guerre à coups de boulets rouges, tombée quelque temps en discrédits, reprit faveur au siége d’Ostende, en 1706. Les Autrichiens s’en servirent contre Lille en 1792. Dans nos premiers siéges du grand mouvement de 1792, cet exemple nécessita malheureusement plus d’une fois de funestes représailles. Les nations civilisées y renoncent, grâce au ciel, de plus en pius.
Ga! Barnin.
On a longtemps employé dans la marine des boulets ramés et des boulets enchaïnés. Ces projectiles étaient destinés à couper le gréement de l’ennemi quand les navires combattaient à une petite distance. Mais l'expérience a fait renoncer totalement à ce genre de boulets, dont les résulfats étaient loin de répondre aux calculs de la théorie qui en avait créé l'usage,
On appelait boulet ramé une espèce particulière de projectile composé de deux demi-boulets renversés joints entre eux par une barre de quelques centimètres de longueur. Ces boulets se plaçaient longitudinalement, et leur portée, contrariée par l’air que leur volume trop développé avait à refouler, n’était pas assez grande pour qu’on püût les employer à une certaine distance. Les boulels enchaïnés étaient deux boulets liés entre eux par une chaîne de 50 centimètres de longueur. Ce projectile composé s’introduisait dans le canon pour en sortir avec un grand bruit sans produire un effet qui répondit à tout l’attirail du système. L'usage des boulets enchaînés a été abandonné bien avant £selui des boulets ramés. Quant aux boulets rouges, depuis plus de quarante ans, on ne s’en sert plus à bord de nos vaisseaux. Édouard CoRBIÈRE.
L'usage des canons rayés a fait changer en 1858 la forme des boulets, qui presque tous à présent sont creux, coniques et à ailettes. Les Prussiens ont fait usage dans la guerre de 1870 de boulets à pétrole.
BOULET (Peine du). C’est une peine iniligée aux déserteuxs à l’intérieur, quand à leur crime il se joint des circonstances aggravantes. Cette peine consiste à porter un boulet du poids de 8 attaché à une chaine de fer qui tient à une ceinture, laquelle fait partie obligée du costume. Cette peine rappelle les anciennes galères de terre; elle a été insfituée par l'arrêté du 19 vendémiaire an xu, et confirmée