‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 345 sur 527 · BOULEVARD · texte numérisé non relu

BOULEVARD

par l'ordonnance du 21 février 1816. Le minimum de la durée du boulet est de dix ans; cette peine est susceptible d’être prolongée suivant certains cas ou d’être aggravée par le double boulet, châtiment infligé pour punir qe tentatives d'évasion, et qui consiste à traîner deux boulets. La décision du 18 février 1817 veut qu’il y ait dans chaque garnison où réside un conseil de guerre permanent un boulet garni de ses accessoires; il est conservé au magasin d'artillerie

La peine du boulet a disparu en 1857 du code militaire et en 1858 du code maritime,

BOULET (Art vélérinaire). On appelle ainsi l’artieulation ou jointure inférieure de la jambe du cheval, située entre le canon et le pâturon. Un cheval est bien planté quand la face antérieure du boulet se trouve environ deux ou trois doigts plus en arrière que la couronne ; s’il avance autant que cette dernière partie, s’il est sur une ligne perpendiculaire au genou et au canon, le cheval est droit sur ses jambes, et cette situation défectueuse annonce qu’il est ruiné; dans le cas enfin où le boulet est sur une ligne perpendiculaire à la pince, on dit que que le cheval est bouté ou bouleté. Dans ces deux derniers cas, qui sont des vices. de conformation, la marche de l'animal est presque toujours défectueuse : tantôt les pieds de derrière arrivent en marchant sur la partie postérieure des pieds de devant et y font des meurtrissures qu’on nomme afteintes ; tantôt ce sont les pieds de derrière ou même ceux de devant qui se touchent, se frottent et se meurtrissent, et dans ce cas l’on dit que l'animal s’enfre-laille ou se coupe, circonstance qui peut quelquefois aussi être produite par d’autres causes.

BOULEVARD, rempart, forteresse, promenade. On a fait dériver ce nom, mais peut-être gratuitement, de ce que les remparts étant couverts de gazon, les habitants des villes fortifiées allaient y jouer à la boule. Comme terme de tactique militaire, ce mot ne s'emploie guère qu’au figuré : Luxembourg est le boulevard de la Belgique, Berg-op-Zoom de la Hollande, Mayence de l'Allemagne; la grande muraille de la Chine n’a pu servir de boulevard à cet empire contre l'invasion des Tatars; les Alpes, les Pyrénées, sont des boulevards naturels; à deux reprises, en 1529 et en 1683, Vienne fut le boulevard de la chrétienté, etc. Mais le boulevard , qu’il ait été ou qu’il soit encore sur le rempart, n’est plus aujourd’hui qu’une promenade.

De tous les boulevards, ceux de Paris sont les plus beaux, les plus étendus, forment la promenade la plus longue et la plus variée qu’il y ait au monde, l'enceinte la plus digne d’une grande capitale. Le plus célèbre est l’ancien boulevard du Nord, où comme on l'appelle Le boulevard, qui sous des noms différents, s'étend de la Bastille à la Madeleine : sa longueur est de 4 kilomètres et-demi. L'ancien boulevard intérieur au midi, compris entre le pont d’Austerlitz et les Invalides (7 kilomètres), forme de longues avcnues bien ombragées. L'ancien boulevard extérieur, qui suivait le mur d'octroi, offre un développement de 25 ki. om: environ de promenades. Depuis 1854 de nouveaux et magnifiques boulevards ont été ouverts dans toutes les directions. Nous mentionnerons le boulevard de Strasbourg, continué àtravers Paris par ceux de Sébastopol de la Cité et de St-Michel (3,700 m.) ; le boulevard Malesherbes (2, 700 m y, qui conduit de la Madeleine à la porte d’Asnières; le boulevard Haussmann , le boulevard Saint-Germain, qui devait aller du quai St-Bernard à la place de la Concorde, mais dont le milieu n'a pas été encore percé; les trois boulevards qui partent du Château d'Eau, ceux de Magenta (2 kilom.), des Amandiers et du Prince Eugène, aujourd'hui avenue de Belfort (3 kilom.), qui aboutit à la place du Trône; le boulevard Richard Lenoir, établi sur le canal Saint Martin. Enfin la place de l'Étoile est le point de départ de douze boulevards ou avenues, dont plusieurs sont à peine terminés.

En attendant, revenons au vieux boulevard du nord, bou.

levard classique, historique et monumental, moins champêtre, moins aéré, moins régulier que les autres dans sa largeur, dans ses alignements. Ses arbres, à quelques exceptions près, nesont pas aussi beaux, parceque les plus vieux, les plus gros, exposés aux révolutions atmosphériques et politiques, périssent chaque jour par la faulx du temps, par la hache des hommes ou par les mauvais traitements des riverains ; et puis les nouvelles plantations, fatiguées par la foule des passants, obstruées, étoutfées par la hauteur des maisons, ne peuvent plus prendre un aussi prompt, un aussi bel accroissement que les arbres plantés à une époque où ce boulevard, formant la clôture extérieure de la ville, était bordé de l’autre côté par des marais et des champs. Mais s’il est privé de ces avantages, par combien d’autres n'est-il pas dédommagé!

Ayant 1789 ce boulevard ne commençait qu’à l'entrée de la rue Saint-Antoine, et les premiers objets qui frappaient les étrangers quand ils arrivaient à Paris par le faubourg de ce nom, c’étaient la Bastille et la belle maison de Beaumarchais avec son vaste jardin. Depuis la destruction de cette lugubre forteresse, et de l’Arsenal, qui lui était contigu, le boulevard a été continué jusqu’à la rivière. A l'inutile arsenal ont succédé de vasies greniers d'abondance, dont la construction fut décrétée en 1807. Sur l'immense place où était la Bastille, on a élevé, en commémoration de la révo lution deJuillet,unecolonnesurmontée du Génie de la Liberté. La maison et le jardin de Beaumarchais ont disparu, pour faire place à une des branches du canal de l'Ourcq, et à un grenier à sel, récemment démoli pour faire place, à son tour, à de jolies maisons.

Les boulevards Beaumarchais et des Filles du Calvaire sont moins {umultueux que les autres, bien que des constructions nouvelles y apportent la vie. On y trouve deux théâtres et un cirque d'hiver, PRE E

Le boulevard du Temple était avant 1860 le plus bruyant, le plus joyeux, le plus populaire de Paris. On n’y voyait que cafés, restaurants et spectacles. On y était ébloui par des flots de lumière, Là se trouve encore le café Turc, dont le jardin, de plus en plus resserré par des constructions, n’est plus que l'ombre de ce qu’il était il y a quarante ans. Plus loin le passage Vendôme, triste et désert; puis les maisons el les boutiques bâties sur l'emplacement du jardin des Princes, qui, sous son nom précédent de jardin de Paphos, avait rivalisé par ses illuminations, ses concerts d’harmonie, ses bals et ses feux d'artifice, avec Idalie, Tivoli, l'Élysée, etc., dans un temps où les jardins publics et les fêtes champêtres étaient à la mode. De l’autre côté, on trouvait une énorme accumulation de spectacles. C'était d'abord la salle Lazary, puis celles des Délassements Comiques, l'ancien théâtre de madame Saqui, puis le théatre des Funambules. Venaient ensuite le théâtre de La Gatté et celui des Folies- Dramatiques , construit sur l'emplacement de la salle incendiée de l’Ambigu, Le Cirque- Olympique de Franconi avail été bâti sur un terrain où il yravait des fanloccini chinois, une ménagerie d’animaux et unthéâtre de Petits Comédiens Français. On y jouait des pièces militaires ; mais il avait perdn son manége. Le Théâtre historique, bâti pour l'exploitation de l'histoire par Alexandre Dumas et compagnie, était devenn -en 1850 l'Opéra national, troisième théâtre lyrique. C'est sur ces boulevards que Fiesc hi fif partir sa machine infernale en 1835. Aucun boulevard n’était plus joyeux , plus animé que celui du Temple, auquel les scènes de mélodrame, qu'il avait longtemps réunies avaient fait donner le surnom de boulevard du Crime. Tous les théâtres que nous venons de passer en revue ont été démolis de 1860 à 1862 pour faire place an boulevard du Prince-Eusène; on n’y voit plus aujourd’hui que la petite salle des Folies-Nouvelles

En entrant sur le boulevard Saint-Martin, on trouve le Chdteau d'Eau, la caserne du Prince-Eugène et le théâtre des Folies-Dramatiques, Au coin des rues de Bondy st de

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