BOULLANGER — BOULOGNE
16 mai 1717, laissant un grand nombred'élèves qui occupèrent presque tous un rang distingué dans l’école française. Ayant commencé l'étude de l’art sous la direction de son père, il fut envoyé à Rome par Colbert, comme pensionnaire du roi. Pendant son séjour en Italie, il étudia le Corrège, les Carraches, et s’inspira principalement du Guide et du Dominiquin. De retour en France, il exécuta son tableau d’Hereule combattant les Centaures, auquel il dut sa réception à l’Académie, en 1677. Louis XIV l’employa ensuite à décorer plusieurs de ses palais. En 1702 Bon Boullongne peignit aux Invalides les fresques des chapelles de Saint-Jérôme et de Saint-Ambroise. Dans toutes les œuvres de ce peintre, qui excella en même temps dans la peinture historique et dans le portrait, on rencontre un dessin correct et un coloris vigoureux,
Son frère, Louis BouLLONGKE, né en 1654, mort, premier peintre du roi, le 21 novembre 1733, n’atteignit pas à Ja même hauteur, mais compte cependant parmi les bons artistes de l’école française. On regarde comme ses plus beaux tableaux ceux qu’il a faits pour la chapelle de Versailles, surtout l’Annoncialion et l’Assomption. On cite aussi avec éloges sa Présentation de Jésus-Christ au temple, faite pour l'église Notre-Dame,
Genevièveet Madeleine BouLLONGNE, sœurs des deux précédents, se livrèrent aussi à la peinture.
BOULOGNE ou BOULOGNE-SUR-MER, villede France, chef-lieu d'arrondissement, dans le département du Pas-de- Calais, situéesur la Manche, à l'embouchure de la Liane, où elleaun port d’un accès difficile, formé de trois larges bassins. Siége d’un tribunal de première instance, et d’un tribunal de commerce, Boulogne possède avec une population de 40,251 habitants, un collége communal, une bibl'othèque de 32,000 volumes, un musée, un jardin botaniqne trèsriche, une société d’agriculture, sciences et arts, une direction de douanes, un théâtre, un magnifique établissement de bains de mer, un entrepôt réel; des fabriques de grès et de faïence , des raffineries de sel et de sucre, des verreries, tuileries , briqueteries, des métiers à tulle et des fabriques de filets pour la pêche. On arme à Boulogne pour les voyages de long cours, le grand et le petit cabotage, et pour la pêche de la morue d'Islande et de Terre-Neuve, du hareng'et du maquereau. Son commerce consiste en genièvre, thé, vins, eaux-de-vie, dentelles, toiles fines, bois et chanvre du Nord, etc. U esi une sialion du chemin de ter du Nord.
Boulogne est divisée en deux parties : la basse et la naute ville. Celle-ci, qui est jolie et très-propre, est environnée d'une muraille flanquée de tours rondes, et renferme un château-fort La ville basse, qui comprend le port, est la partie la plus commerçante et la plus peuplée; elle renferme à elle seule les trois quarts de la population totale. Boulogne est après Calais le passage le plus favorable et le plus court de France en Angleterre ; aussi un service de paquebots réguliers y est-il organisé pour les ports anglaïs. Le port, quise remplit et redevient à sec deux fois par jour, est vaste, Il communique avec la mer par deux longues jetées du haut desquelles on aperçoit en mer les forts de Crèche et de l'Heurt, construits sous Napoléon en 1803. Par un temps clair on distingue aisément de là les côtes d'Angleterre. A droite se dresse une falaise dont le sommet est couronné par les ruines du phare de Culigula, tour que, selon la tradition, Caius éleva sur cette côte en commémoration de la victoire qu'il prétendait avoir remportée sur la mer.
Boulogne est surtout fréquentée par les Anglais ; toutes les enseignes , toutes les flatteries, sont à leur adresse exclusive, On ne peut méconnaitre, au reste, que Boulogne doit le développement croissant de sa prospérité à l'invasion des citoyens de la Grande-Bretagne. C’est aujourd'hui une grande et très-jolie ville, où le comtort, le bien-être, et la richesse territoriale font chaque jour d'immenses progrès. Plusieurs de ses rues rivalisent pour le mouvement, la beauté des.
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maisons, et la splendeur des étalages, avec celles des quartiers élégants de Paris. Les hôtels sont remarquables par leur luxe. Boulogne possédait avant la révolution une image miraculeuse de la Vierge, à qui Louis XI fit hommage du Boulonnais;cetteimage fut brûlée solennellement en 1793, ce qui ne l’a pas empêchée de reprendre depuis sa place dans son antique chapelle.
L'origine de Boulogne est fort ancienne. Caligula ayant fait construire un phare dans le fort Bononia situé sur cette côte, l'établissement de ce phare attira les marins de ce côté de l’Ælna (aujourd'hui la Liane). La population de Gesoriacum , bourg qui existait alors non loin de là, les y suivit insensiblement, et c’est ainsi que se fonda aux pieds du fort Bononia la ville de Boulogne.
Cette cité, devenue plus tard la capitale du Boulonnais ou comté de Boulogne, fut assiégée et détruite à diverses reprises. à
Constance Chlore la prit en 292 sur Carausius, dont les troupes s’en étaient emparées. Les Normands lPayant emportée d’assaut, en 888, passèrent tous les habitants au fil de l'épée, et démolirent les édifices et les murailles. Cette œuvre de destruction ne fut réparée qu'en 912, époque à laquelle la ville fut rebâtie. Henri VIII, roi d'Angleterre, s’en empara en 1544, après un siége de six semaines; mais Henri Il, fils de François 1**, la rachetäa moyennant quatre cent mille écus d’or. Charles-Quint la réduisit aussi en 1553, après un siége assez long.
On trouve encore là beaucoup d’autres souvenirs , comme une aïguille indiquant l'endroit où périrent les aéronautes Pilastre de Rosier et Romain. Ville très-ancienne, César, Charlemagne, Godefroi de Bouillon, et Philippe-Auguste ont habité Boulogne. Notre Lesage, l’auteur de Gil-Blas, y a terminé sa carrière. C’est à Boulogne que César prépara son embarquement pour la Grande-Bretagne, et que Napoléon avait projeté le sien. .
C’est à une petite lieue de Boulogne, à Vimereux, que Napoléon avait formé, au commencement de ce siècle, le fameux camp de Boulogne (voyez plus loin), où eut lieu la distribution des premières décorations de la Légion d'Honneur, que rappelle encore aujourd’hui une magnifique colonne.
En 1840, débarquait sur ce même rivage le prince Louis, Bonaparte, suivi seulement de quelques hommes, tentative qu'il expia comme on sait, sous les verrous du fort de Ham.
Les édifices de Boulogne sont presque tous de création moderne. Sur l'emplacement de la cathédrale, démolie en 1798, s'élève Notre-Dame, consacrée en {857 et bâtie Sans goût dans le style gréco-romain par les soins de l'abbé Haffreingue ; le dôme , d’une grande hauteur, est surmonté d’une statue colossale de la Vierge, par Bonassieux; le maïitre-autel, formé de marbres et de mosaiques les plus rares, est un don du prince Torlonia. Nous citerons ensuite Saint-Pierre des Marins, terminé en 1850; Saint-François de Sales, qui date de 1859; Notre-Dame de Saint-Sang (1862), petit chef-d'œuvre de style ogival; Saint-Vincentde-Paul, avec une flèche en charpente, haute de 50 mètres ; et la chapelle de Saint-Michel (1864). L'hôtel de ville, en briques , flanqué d’un beffroi très-élevé, occupe l’emplacement du palais où naquit, dit-on, Godefroi de Bouillon. L'ancien évêché, édifice du dix-septième siècle, renferme de » beaux salons et les portraits des évêques de Boulogne. Le musée, un des plus riches de la province, a de nombreuses salles consacrées à la peinture, à l'histoire naturelle et à une magnifique collection d’antiquités romaines. On ne voit dans la ville qu'une seule statue, celle de Jenner, l’inventeur dela vaccine.
Le nouvel établissement des bains de mer de Boulogne a été inauguré en 1863. C’est un vaste édifice qui borde la mer du côlé du port; on y trouve des salles de bains froids et de bains chauds, un salon d’assemhlée, un aquarium, une galerie vitrée, etc. De là vous découvrez outre le
port, les sites d'Outreau et de Capéeure, les falaises soutenant les plateaux où campa la grande armée, les ruines du phare de Caligula, la partie basse ou neuve de la ville , une grande étendue de mer, et même, quand le temps est beau, les côtes d'Angleterre, distantes de Boulogne d'environ neuf lieues.
La situation de Boulogne est on ne peut plus convenable. pour les bains de mer : la côte est plate, la plage unie, sablonneuse, et la mer, par conséquent, peu profonde. Il n'y a là aucune embouchure de fleuve ou de rivière, de sorte que l'eau reste pleinement saturée de tout son sel. Les sables de la plage, échauffés par le soleil, donnent à l’eau, quand elle revient les couvrir, une température assez douce pour qu’elle ne cause aucun frisson, L'air est pur, l’eau de la ville est de bonne qualité, les environs sont agréables à voir, faciles à fréquenter; les remparts assez beaux.
Outre son grand établissement pour les bains de mer, Boulogne possède deux sources ferrugineuses froides : l'une est à quelques pas de la ville, sur la route de Calais; l'autre jaillit à Wières-aux-Bois. D' Isid. Bourpon.
BOULOGNE (Camp de). A peine parvenu au consulat, Bonaparte, convaincu que les plus grands obstacles à la prospérité de la France lui venaient de la jalousie du gouvernement anglais, reprit le projet de descente dans les îles Britanniques que le Directoire avait déjà eu après la paix de Campo-Formio. Cette idée devint le but constant de ses efforts jusqu’au jour où il en fut détourné par la guerre que lui suscita l’Autriche vers la fin de 1805.
A cette époque, les baïonnettes françaises paraissaient suffi santes pour faire justice des ennemis de l’État. Malheureusement, notre marine, dont les restes avaient péri à Quiberon, était moins que jamais en état de soutenir une lutte avec celle de la Grande-Bretagne. Et pourtant Bonaparte ne demandait à notre marine que les moyens de toucher le sol ennemi. Dès lors toutes ses pensées se tournèrent vers la construction d’un nombre considérable d’embarcations assez légères, et s’élevant assez peu sur la mer pour ne pas donner prise à l'artillerie des gros vaisseaux ; elles devaient être appropriées enfin à leur principale destination, c’est-à-dire au transport des troupes, et, avec un vent favorable et pendant les grandes marées, trois heures. espérait-il, suffraient pour conduire cette flotte de Boulogne à Douvres. Mille chaloupes canonnières, bricks, goëlettes, chasse-marées, bateaux plats, — dons patriotiques, en grande partie des villes el des corps de l’État, — sortirent ainsi, à sa voix, des chantiers et de toutes les rivières affluentes des côtes septentrionales de la France, de la Belgique et de la Hollande, et leur réunion se fit dans la rade de Boulogne. Une grande partie des troupes nombreuses qui revenaient victorieuses d'Allemagne et d’Italie formèrent bientôt un camp retranché sur les côtes de France en vue des rivages de l'Angleterre. Elles s'élevaient à un effectif de plus de 150,000 hommes, distribués par corps et logés dans des baraques disposées par rangées, entre lesquelles s’étendaient des rues appelées des noms de nos guerriers les plus célèbres. Dans cette cité militaire on voyait des places embellies de statues, d’obélisques, de pyramides; il y avait aussi des jardins, des allées d’arbres et des fontaines.
L’Angleterre ne pouvait rester spectatrice indifférente de tous ces préparatifs, qu’elle feignait de tourner en dérision, et qu’elle vouait au crayon satirique de ses caricaturistes, mais dans lesquels le génie opiniâtre de Bonaparte lui faisait entrevoir des suites sérieuses pour elle. Elle ne tarda pas en effet à montrer à quel point ces tentatives l’alarmaient : le 9 sep tembre {801 l'amiral Nelson se présenta devant Boulogne avec une flotte composée de trente vaisseaux de toutes grandeurs. Une division de la flottille légère française était mouillée à un kilomètre de l’entrée du port; elle fit si bonne contenance, qu’au bout de quelques heures l'ennemi, n'ayant pu forcer cette avant-garde à rentrer dans le port, prit le parti
de se retirer, après avoir jeté inutilement huît à neuf cents bombes , qui tombèrent toutes dans l’eau sans atteindre personne. Mais elle ne fit que s'éloigner pour chercher du renfort et des munitions, et cinq jours après (le 14 septembre) on la vit reparaître plus nombreuse et accompagnée d’une quantité de frégates, de péniches, de bricks et de chaloupes caronnières. Elle vint mouiller à six kilomètres de l’avantgarde de la flottille française. L'attaque commença après minuit; une chaloupe française d'observation l’annonça: Le æ+ombat s’engagea par un feu d'artillerie et de mousqueterie bien nourri des deux parts; les batteries françaises de terre ne purent jouer , crainte de frapper leurs propres chaloupes, qui se trouvaient dans la direction de leur volée. L’Etna, chaloupe canonnière française, fut attaqué par six péniches anglaises, et presqu’aui même instant les autres bâtiments des deux pavillons se trouvèrent aux prises. Dans ce combat à outrance les Anglais eurent partout le dessous, et se virent contraints à reprendre le large, après avoir vu couler bas quatre de leurs péniches sous le feu de la chaloupe française la Surprise.
Lors de la rupture de la paix d'Amiens, en 1804, Bonaparte reprit avecune nouvelle ardeur les projets dont il avait été détourné une première fois. Bientôt les hostilités recommencèrent. Les Anglais, tenus en observation par les chaloupes françaises, s’indignaient de voir arriver chaque jour à leur destination des embarcations venant des côtes de la Belgique, de la Hollande, de Dieppe et du Hävre. Le 13 août, l'amiral Verhuel, commandant une division partie d’Ostende, ayant rencontré une escadre anglaise composée de vaisseaux de ligne, de frégates et corvettes, reçut un feu terrible, qui n’arrêta point sa marche, et qui ne l’empêcha point, en louvoyant le long des côtes, de gagner le port, sans avoir éprouvé aucune perte. On devait donc s'attendre à de nouvelles et sérieuses tentatives de la part des Anglais. Le 3 octobre, en effet, l’amiral Keith se montra en vue de Boulogne, à la tête d’une flotte de cinquante-deux bâtiments, dont vingt-cinq bricks; mais, au faible échantillon de ces bricks, l’amiral français Bruix jugea que ce devaient être des brûlots. Les Anglais, en effet, avaient bien choisi leur temps, et toutes les circonstances tendaient à les favoriser : il leur était facile
de diriger leurs machines incendiaires vers la côte, où la‘
marée et les vents les poussaient à la fois. Mais, par une manœuvre habile, qui consistait à ouvrir passage à ces brûlots aussitôt qu’ils étaient reconnus, l’amiral français sut éviter le danger; presque tous allèrent aborder la terre, auprès de laquelle ils firent explosion, tout à fait dans l’intérieur de la ligne des Français : on en compta onze qui sautèrent ainsi de dix heures et demie du soir à quatre heures du matin. Le canon et la mitraillade, quine cessèrent de se faire entendre durant cette nuit terrible, du 4 au 5 octobre, enlevèrent beaucoup de monde aux Anglais, qui perdirent ainsi tout l'effet d’une machination infernale, méditée de longue main,
Napoléon se rendit tros fois au camp de Boulogne : deux fois en 1803 pour hâter les préparatifs de l'expédition , une fois en 1804 pour distribuer en grande solennité, en présence des dignitaires de l'Empire récemment nommés, les aigles anx régiments et les croix de la Légion d'Honneur aux officiers, sous-officiers et soldats à la place des armes d'honneur qu’ils avaient reçues sous le gouvernement républicain. On crut alors que le moment de l’embarquement était venu et que le projet de Napoléon, si longtemps médité et pour lequel on avait fait de si vastes préparatifs, allait recevoir son exécution. Mais les tempôtes qui s'élevèrent convaînquirent l’empereur de la difficulté de faire réussir une expédition maritime avec une armée aussi nombreuse; et dès 1805, soit que l'Angleterre, pour détourner le péril, lui eût suscité des ennemis au delà du Rhin, soit que Napoléon n’eût pas été fäché de trouver un prétexte pour lever le camp, les troupes se mirent en route pour l'Allemagne.
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A peu de distance de Boulogne, et près du rivage de la mer, une colonne en pierre, construite de 1803 à 1823, sur le modèle de la colonne trajane, et couronnée, en 1841, 4e la statue impériale en bronze, par Bosio, rappelle seule aujourd’hui le souvenir de ce camp célèbre.
BOULOGNE (Comté de). Voyez BouLonnais.
BOULOGNE-=sur-Sene, ville du département de la Seine, à 9 kilom. ouest de Paris, séparée de Saint-Cloud par la Seine, comptait, en 1866, 17, 343 4mes. Sous les premiers Capétiens c'était un hameau appelé Menus-lès- St=Zloud. Quelques-uns de ses habitants , revenant d’un pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer, obtinrent de Philippe V, en 1319, la permission de bâtir chez eux une éilise sur le modèle de celle qu’ils avaient visitée. L'église fut appelée Notre-Dame de Boulogne-sur-Seine, et le nom de Zoulogne resta depuis au village. Cet édifice gothique, terminé en 1343, agrandi dans le siècle suivant, devint pour les dévots parisiens un lieu de pèlerinage ; ila& : été restauré en 1863 et augmenté d’une flèche élégante. Boulogne n'avait il y a trente ans que 5,000 âmes; c'était un beau village, formé principalement de villas et maisons de plaisance et dont les nombreuses blanchisseries faisaient toute Pindustrie, En 1860 on y a réuni Billancourt et le parc aux Princes.
BOULOGNE {Bois de). Qui n’a connu l’ancien bois de Boulogne, rendez-vous d’amour et surtout d’affaires d'honneur, rendez-vous enfin äe promenades à pied, à cheval, à âne, en voiture à deux et à quatre roues? Ce bo's, dont la contenance, en 1850, était de 765 hectares, s'appelait jadis bois de Rouverai, nom sous lequel il'est désigné pour la dernière fois dans une ordonnance de 1577. Les Parisiens, obligés de le traverser pour aller à Boulogne, s’habituèrent à lui donner ce dernier nom qui, ui est resté. Aujourd'hui le monde élégant l’appelle tout simplement le bois. Percé d’une infinité de routes, et de ronds points il n'était planté qu’en taillis, sauf les arbres qui bordaient les allées. En 1815 les alliés y campèrent et lui firent subir de nombreuses dévastations. Les fortifications de Paris, en 1840, diminuèrent le bois de plusieurs hectares; l'enceinte continue emporta tous les arbres de l’est au nord, du Point du jour à l'avenue de Neuilly et isola complétement le château de la Muette. L
Une loi du 24 juin 1852, en le distrayant du régime forestier, le concéda à titre de propriété à la ville de Paris, avec l'obligation de l’embellir et de le transformer en jardin anglais. Les travaux d'aménagement durèrent deux ans, et coûtèrent environ 6 millions de francs. Clos à l’est par l’enceinte continue, borné par ‘la Seine à l’ouest, le nouveau bois est entouré au nord et au midi d'un saut de loup et. fermé par des grilles à différentes issues. On y compte 14 portes, dont 6 au nord, les portes Maillot, des Sablons, de Neuilly, de Saint-James, de Madrid, de Bagatelle et de la Seine; 4 au sud, celles de Saint-Cloud, de l’Hippodrome, de Boulogne et des Princes; 4 à l'est, celles d'Auteuil, de Passy, de la Muette et Dauphine; et 1 à l’ouest, celle de Suresnes. À l'est le bois a perdu le château de la Muette, et le Ranelagh, qui a été démoli; au nord il s'est agrandi de la plaine de Longchamp, qui a été disposée en champ de courses. Percé d’avenues nouvelles, dont plusieurs sont éclairées au gaz, il fut orné d'une rivière et de deux lacs, alimentés par le puits artésien de Passy, d’une cascade artificielle, et en 1860, d’un jardin zoologique. Il renferme en outre le pré Catelan, où l'on donne des concerts et des fêtes en plein air, des restaurants,
. des cafés, des kiosques où l’on peut se mettre à couvert, la
butte Mortemart formée de terres rapportées, la mare d'Auteuil, le moulin de Longchamp, etc. La ville de Paris dépensait 350,000 fr. par an pour l'entretien de cette merveilleuse promenade; cependant, malgré l’arrosement quotidien , l'ombre y est rare.