‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 35 sur 527 · BERNOULLI · texte numérisé non relu

BERNOULLI

richissant chaque jour de quelque emprunt fait au dehors et perdant par compensation une portion de leur substance. Les théologiens attaquèrent ces résultats, comme contraires au dogme de la résurrection. Comment, en effet, concevoir qu'au moment où tous les hommes devront reprendre leur enveloppe terrestre pour comparaître devant le souverain juge, comment concevoir qu’ils puissent -donner place dans la reconstruction de leur corps à toutes es molécules qui y auront successivement fait séjour, comme en un chemin où chaque passant apporte de la poussière, d’où chaque passant en emporte? Ces débats avec les théoogiens , quoique laissant suspendue sur la tête de Jean Bernoulli l'accusation d’impiété, ne le détournèrent pas des études physiologiques. 11 fit encore des recherches sur le mouvement des muscles , et essaya d’employer les mathétiques à l'évaluation des forces musculaires de l’homme.

Jean Bernoulli mourut le 1°" janvier 1748. Lui et son frère Jacques étaient associés des Académies des Sciences de Paris et de Berlin.

BERNOULLI (Nicoras), fils d'un frère des deux précédents, sans s'élever au même rang qu'eux, fut cependant un mäthématicien distingué. Après avoir édité l’Ars Conjectandi de son oncle Jacques , il fit en 1709 une importante application des principes de cet ouvrage à la durée de la vie humaine. Il résolut aussi plusieurs des problèmes proposés aux géomètres par Jean Bernoulli : la solution d’un de ces problèmes contient le germe de la théorie des conditions d’intégrabilité des fonctions différentielles.

Nicolas Bernoulli professa successivement les mathématiques et la logique à Padoue, puis la science du droit à Bâle. Il était membre de l’Académie de Berlin, de la Société royale de Londres et de l’Institut de Bologne. On trouve quelques morceaux de lui dans les œuvres de Jean Bernoulli, dans les Acta Eruditorum de Leipzig, et dans le Giornale de Letterati d'Italia.

BERNOULLI (Nicouas ), fils aîné de Jean Bernoulli, naquit à Bâle, le 27 janvier 1695. Dès sa plus tendre enfance, à se montra rempli des plus heureuses dispositions, et à l’âge de seize ans il put aider son père dans sa correspondance avec les savants.

Nicolas Bernoulli était déjà professeur de droit à Berne et membre de l’Institut de Bologne, lorsqu'en 1725 il fut appelé à Saint-Pétersbourg, avec son jeune frère Daniel, pour y professer les mathématiques. C’est dans cette ville qu’une maladie cruelle l’enleva tout à coup à la science, le 26 juillet 1726. Quelques-uns de ses mémoires sur diverses branches des sciences mathématiques se trouvent dans les œuvres de son père et dans les Acéa Eruditorum de Leipzig.

BERNOULLI (DANIEL), né à Groningue, le 9 février 1700, frère du précédent, fut, commeson père et son oncle, un grand mathématicien malgré la volonté de ses parents. Son père le destinait au commerce; mais, passionné pour les sciences, il préféra la carrière de la médecine, et alla en Italie étudier à fond l’art de guérir, sous d’illustres maîtres, Michelotti et Morgagni. Ce fut là qu'il fit ses premières armes comme géomètre. Michelotti, homme profondément versé dans les mathématiques, ayant eu quelques discussions avec d’autres savants, Daniel prit la défense de son maître, et en sortit à son honneur, Appelé à professer les mathématiques à Saint-Pétersbourg, il y demeura jusqu’en 1733. Il vint alors occuper à Bâle une chaire de philosophie spéculative et de physique. Le nombre de ses travaux est immense. Dix fois il remporta ou partagea les prix de l’Académie des Sciences, dont il fut nommé associé étranger en 1748, en remplacement de son père. Lui aussi embrassa des sujets très-divers dans ses recherches, et, plus qu'aucun autre des Bernoulli, il s’est fait remarquer par l'alliance de la finesse et de la grandeur dans les vues, par la sagacité avec laquelle il saisissait le point fondamental de la question, par l'adresse qu'il mettait à choisirles hypothèses les plus pro-

pres à simplifier le problème. Pour lui le calcul n’était pas le but, mais seulement le moyen, et il semblait ne conidérer les mathématiques que comme un instrument dont la valeur devait se mesurer à son usage.

Les immenses progrès que venaient de faire les mathématiques depuis un siècle avaient surtout servi le développement de la physique céleste; maïs les sciences spécialement applicables aux besoins de la vie sociale en avaient reçu peu de leçons : Daniel porta ses regards sur la mécanique, et ouvrit une ère nouvelle pour cette science par la publication de son Traité d’Hydrodynamique , le premier ouvrage qui ait paru sur cette matière. L'art de la navigation, qui avait fourni à son père l’un de ses plus beaux ouvrages, dut à Daniel d'importants résultats. L’arithmé- tique sociale, où Pascal et Jacques Bernoulli avaient fait les premiers pas, ne pouvait manquer d’inspirer un esprit si curieux d'applications. Aussi fit-il servir le calcul des probabilités à démontrer les avantages de l’inoculation pour les États en général, à connaître le nombre des mariages, à déterminer l'inégalité numérique des naissances dans les deux sexes.

En physique, il est connu pour avoir, le premier, observé la vaporisation des liquides dans le vide à une température qui les laisse fixes dans l’air libre. Il s’occupa plusieurs fois de la théorie du son , et eut avec Euler une discussion célèbre sur les cordes vibrantes. En physiologie, il a évalué la quantité d’air qui pénètre dans les poumons à chaque inspiration, recherché l'usage des feuilles dans l’économie végétale, et combattu l'existence des vaisseaux aériens dans les plantes. Physicien autant que géomètre, il avait dès sa jeunesse adopté la théorie newtonienne. Philosophe autant que savant, il n’avait rien accepté des préjugés religieux de son époque, et, après une vie cage et heureuse, il mourut paisiblement, le 17 mars 1782.

BERNOULLI (JEAN), frère du précédent, né le 18 mai 1710, à Bâle, succéda en 1748 à son père Jean, dans la chaire de mathématiques de l’université de Bâle. Ce fut aussi un profond géomètre et un physicien habile. L'Académie des Sciences couronna trois de ses mémoires sur le cabestan, sur la propagation de la lumière et sur l’aimant. Il succéda à son frère Daniel comme associé de cette Académie, Nommé également membre de l’Académie de Bern, il mourut à Bâle, le 17 juillet 1790.

BERNOULLI (JEAN), fils du précédent, né à Bâle, le 4 novembre 1744, mort à Berlin, le 13 juillet 1807, acquit de bonne heure une grande réputation comme géomètre et comme astronome. À treize ans il était reçu docteur en philosophie, en prononçant son discours De historia inoculationis variolarum , qui se trouve dans le tome IV des Épttres latines écrites à Haller , et il n’était âgé que de dix-neuf ans quand l’Académie de Berlin l’appela dans son sein comme astronome. Après avoir parcouru une grande partie de l’Europe, il revint en 1779 se fixer à Berlin, où il fut nommé directeur de la classe des mathématiques de l’Académie et honoré du titre d’astronome royal, Il était aussi membre des Académies de Saint-Pétersbourget de Stockholm et de la Société royale de Londres. Parmi les nombreux ouvrages qu’il a publiés, ceux qui ont pour objet les mathématiques sont : 1° Recueil pour les Astronomes ; 2° Lettres Astronomiques ; 3° une traduction des Éléments d’Algèbre d’Euler; 4° des travaux insérés dans les Mémoires de l'Académie de Berlin et dans les Éphémérides Astronomiques de cette ville,

BERNOULLI (Jacques), frère du précédent , né à Bâle, le 17 octobre 1759, se fit d’abord recevoir licencié en droit, Disciple de son oncle Daniel, il le suppléa dans sa chaire de physique. 11 vint ensuite se fixer à Saint-Pétersbourg, où l'attendait une chaire de mathématiques. $es premiers travaux , insérés dans les Nova Acta Academiæ Petropolilanæ, donnaient déjà les plus hautes espérances, lorsque,

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