‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 36 sur 527 · BERNOULLI — BERNSTORFF · texte numérisé non relu

BERNOULLI — BERNSTORFF

le 3 juillet 1789, il périt frappé d’apoplexie en se baignant dans la Néva. A peine âgé detrente ans, il était déjà membre des Académies de Bâle, de Turin et de Saint-Pétersbourg, et s'était récemment marié à une petite-fille d'Euler,

BERNOULLI ( DanieL), frère du précédent et troisième fils de Jean, naquit à Bâle, où il professa l’éloquence ; il fut ensuite suppléant de son oncle Daniel.

BERNOULLI (Curisropne), fils du précédent, né à Bâle, le 15 mai 1782, entra en 1799 dans les bureaux du ministre Stapfer à Lucerne. Au mois d'octobre 1801, il se rendit à Gœttingue, où il se livra presque exclusivement à l'étude des sciences naturelles; puis en 1802 à Halle, où il fut nommé professeur au Pedagogium. Deux ans plus lard, ayant renoncé volontairement à ces fonctions, il se rendit à Berlin, et de là à Paris; puis, après un court séjour à l’école d’Aarau, il s’en revint dans sa ville natale, où, en 1806, mettant enfin à exécution un projet qu'il avait formé depuis longtemps , il ouvrit une maison d'éducation, qu’il laissa périr en 1817. A peu de temps de là il fut appelé à professer l’histoire naturelle à l’université de Bâle.

Christophe Bernoulli appartient aux plus laborieux écriyains qui se soient occupés de technologie rationnelle. Nous citerons ici sa Dissertation sur la Lumière de la Mer (Gœttingue, 1802); son Anthropologie physique (2 vol., Halle, 1804); ses Guides pour l'étude de la Physique et de la Minéralogie (Halle, 1811); De l’Influence pernicieuse des Corporations et des Maïtrises sur l'industrie (Bâle, 1822); Eléments de la Théorie des Machines à Vapeur (Bâle, 1824); Considérations sur la Fabrication du Coton (Bêle, 1829); Manuel de Technologie (1833, 2° édit., 1840), ouvrage dans lequel tout le domaine de la technologie se trouve rationnellement passé en revue; Manuel de la Théorie des Machines à Vapeur (Stuttgard, 1833; 3° édit., 1847); Manuel de Physique, de Mécanique et d'Hudraulique rationelle (2 vol., 1835); une tradaciion de l'ouvrage de Baines, l'Histoire de la Fabrication anglaise du Coton (1836); Théorie des mouvements de la population ( Populationistique; Ulm, 1840); enfin l'Encyclopédie Technologique; { Stuttgard, 1850). Il a publié aussi une Feuille du Citoyen,

qui se fusionna plus tard avec les Archives Suisses, — 1] est mort à la fin de février 1863, à Bâle.

BERNOULLI (JEAN-Gustave), fils du précédent, né à Bâle, en 1811, s’est fait connaltre par sa publication du Vade-mecum du Mécanicien (7° édit., Stuttgard, 1851).

BERNSTOREFF ( Famille ). C’est une ancienne maison de la noblesse allemande, vraisemblablement originaire de la Bavière, mais dont il est question dès le douzième siècle comme seigneurs héréditaires des domaines de Bernstorff et de Teschaw, dans le Mecklenbourg. Divers membres remarquables de cette famille appartiennent à l’histoire du Danemark.

André-Gottlieb bE BERNSTORFF, qui avait contribué à faire obtenir à Georges I°* la dignité d’électeur pour le Hanovre, et plus tard à lui assurer le trône d’Angleterre, fut élevé en 1715 au titre de baron du Saint-Empire , et mourut en 1726, remplissant les fonctions de ministre d’État hanorien. — Son frère, Joachim-Engelke be Berxstorrr, fut le père du ministre d'État danois Jean-Harlwig-Ernest pe Berwsronre, auquel nous consacrons plus loin un article particulier.

André-Gottheb ne Berxsrorrr, fils du ministre hanovrien dont il vient d’être fait mention, eut deux fils, Joachim Berchtold ve Benxsrorrr, né en 1734, mort en 1807, et André-Pierre DE BerNsrorrr, célèbre également comme ministre d'État danois (voyez ci-après), qui fondèrent les deux lignes de la maison de Bernstorff encore existantes. — La ligne aînée a aujourd'hui pour chef le comte Berchtold ne Benxnstorrr, né le 25 octobre 1803. — André- Pierre pe Beunsrorrr, fondateur de la ligne cadette, né

n 1735, mort en 1797, avait épousé en 1763 Henriette-

DICT. DE LA CONVERS. =— T. Ji:

Frédérique, comtesse de Stolberg, sœur du célèbre poëte allemand de ce nom. Après la mort de sa première femme, arrivée en 1781, il se remaria en secondes noces, en 1783, avec Augusta de Stolberg, sa belle-sœur, De son premier mariage il avait eu six fils et trois filles. Un fils fut le seul fruit de sa seconde union. La plupart de ces enfants obtinrent de grands emplois à la cour de Copenhague, et formèrent des établissements en Danemark.

Nous nementionnerons ici que l'aîné, Christion-Gunther, comte pe Bernsrorrr, né à Copenhague, le 3 avril 1769. 11 fut attaché, dès qu'il eut achevé ses études, à la légation de Danemark à Berlin. Plus tard il alla à Stockholm en qualité de plénipotentiaire, puis vécut pendant quelque temps sans emploi à Copenhague. A la mort de son père, en 1797, il le remplaça dans ses fonctions de ministre des affaires étrangères, mais sans parvenir au glorieux renom de son prédécesseur, C’est en grande partie aux fausses mesures politiques qu'il adopta qu’on doit attribuer les calamités et les désastres qui accablèrent le Danemark vers cette époque, En 1810 il abandonna son portefeuille pour aller remplir les fonctions d’envoyé danois à Vienne, où il prit part aussi en 1814 aux délibérations du congrès. En 1818 il abandonna le service danois pour entrer à celui du roi de Prusse, qui le nomma son ministre des affaires étrangères , et il assista en cette qualité aux congrès d’Aix-la-Chapelle, de Carlsbad , de Vienne, de Troppau, de Laybach et de Vérone. Cet homme d’État se signala dans toutes les circonstances par ses tendances réactionnaires ; et il lui arriva un jour de déclarer positivement que les puissances ne devaient pas souffrir que le régime constitutionnel s'établit au midi de Allemagne. Mis à la retraite, sur sa demande, en 1831, il est mort le 28 mars 1835.

BERNSTORFE (JEan-HARTWIG-ERNEST, comte DE), lOracledu Danemark, comme l’appelait Frédéric le Grand, naquit à Hanovre le 13 mai 1712. Entré de bonne heure au service du Danemark, il remplit dès l’année 1737 les fonotions d’envoyé à la diète de Ratisbonne, et en 1744 à Paris. En 1750 il fut nommé secrétaire d’État et conseiller intime, puis, l’année suivante, membre du conseil privé. Ce fut à l’habileté de ses négociations que le roi de Danemark fut redevable de pouvoir incorporer à ses États les possessions des ducs de Holstein-Plæn, quand cette maison vint à s’éteindre. La prudence , l’habileté et la fermeté dont il fit preuve dans les discussions qui pendant et après la guerre de Sept-Ans surgirent au sujet de Holstein-Gottorp entre la Russie et le Danemark furent récompensées par le titre de comte, que lui accorda le roi Chrétien VII. Bernstorff jouit en effet sous le règne de ce prince de tout autant de crédit que sous celui de Frédéric V, jusqu’au moment où Struensée, le nouveau favori de ce prince, réussit en 1770 à lui faire retirer ses emplois; et alors il alla vivre pendant quelque temps à Hambourg. Après la chute de Struensée, on s’empressa en Danemark de le rappeler de la façon la plus honorable; mais la mort le surprit le 19 février 1772, pendant qu’il se rendait à Copenhague.

Bernstorff est un des ministres qui ont le plus puissamment contribué au développement de la prospérité matérielle du Danemark. Il réussit à donner une vie nouvelle à l’industrie manufacturière et au commerce. Avant lui c'est à peine si le pavillon danoïs était connu dans les eaux de la Méditerranée; tandis qu’à la mort de Frédéric V on comptait dans les différents ports du royaume plus de deux cents gros navires naviguant habituellement dans cette mer, ernstorff aimait et protégeait les sciences, les lettres et les arts. I] fit obtenir des fonds à la Société des Belles-Lettres. Il fonda aussi une Société royale d’Agriculture; et en même temps qu'il faisait voyager en Orient une compagnie de savants, dont on trouvera les travaux consignés Jans la Descriplion de l'Arabie par Niebubr, il attiraiten Danemark beaucoup de littéreteurs allemands, Klopstock entre au«

tres, qui trouva chez lui l'accueil le plus hospitalier, Bernstorff apportait une ardeur sans égale dans ses efforts pour venir au secours de l'humanité souffrante. Ce fut sur ses plans qu’on fonda la maison de secours de Copenhague, et il posa la première pierre du grand hôpital de cette ville, qui lui est en outre redevable de la première école d'accouchement qu'ait eue le Danemark. Tous les ans il distribuait le quart de ses revenus aux pauvres; et alors même qu'il fut obligé de s'éloigner du royaume, il consacra 3,000 florins à cette dépense. Le premier en Danemark, il affranchit les paysans de ses domaines, Une colonne de granit, élevée en 1783 à peu de distance de Copenhague, rappelle le souvenir de ce bienfait.

BERNSTORFF (AnDRé-Pierrs, comte De), cousin du précédent, et qui dans ses fonctions de ministre d'Etat rendit au Danemark des services encore plus réels et plus distingués, naquit le 28 août 1735, à Gartow, dans le duché de Brunswick-Lunebourg. Après avoir terminé sesétudes à Gættingue et à Leipzig, il alla voyager en Angleterre, en Suisse, en France et en Italie, et entra au service du roi de Danemark en 1755, comme gentilhomme de sa chambre. En 1767 il fut, en même temps que son cousin, promu à la dignité de comte, et en 1769 nommé ministre d'État; mais lui aussi il dut donner sa démission quand Struensée devint le ministre tout-puissant de Chrétien VIL Rappelé également après la chute de ce favori, il fut bientôt nommé ministre.

En 1780, à la suite de la mésintelligence survenue entre lui et la reine douairière, Juliane-Marie, et le ministre Guldberg, il donna sa démission; mais dès 1784 il était remis en possession de son portefeuille. Il seconda alors l'introduction d’un nouveau système financier, et prépara l'abolition du servage en Schleswig et en Holstein, mesure qui fut mise à exécution après sa mort, Il se montra aussi le constant défenseur de la liberté civile et de la L:berté de la presse, Ce grand ministre, protecteur éclairé de l’industrie, du cominerce, de la navigation et de l'agriculture mourut le 21 juin 1797.

BERNSTORFF (Azverr, comte ne), pelit-fils du précédent, né le 22 mars 1809, entra de bonne heure dans la carrière dipiomatique. Après avoir representé la Prusse à Munich, à Vienne, à Napies et à Londres, il fut appelé au ministère des affaires étrangères (août 1861); il se montra patisan d’une réforme de la Conféderation germanique, surtout au double point dé vue de l'action militaire et de la représentation diplomatique. C'est lui qui eut un jour la singulière idée de substituer l'allemand au français pour loutes les communications faites aux puissances étrangères par le cabinet, Ayant pris le parti de la cour dans les discussions relatives au budget de l'armée, il se relira devaut l'attitude hostile de la chambre des députés (9 octobre 1862), et fut remplacé par M. de Bismark. Quel-

‘ques jours après il reçut l'ambassade de Londres, qu'il occupe encore. Pendant la guerre de France il adressa à plusieurs reprises de vives plaintes au gouvernement anglais au sujet de l’exportalion des armes, s'occupa du projet d’armistice ainsi que des navires anglais coulés dans la basse Seine, et assista à la conférence qui examina les réclama tions de la Russie sur le traité de 1856.

BÉROALDE DE VERVILLE, né à Paris, en 1558, mort vers 1612, Cet écrivain, doit l'espèce de renommée qui s’est attachée à son nom à un ou/rage dont il n’est probablement point l'auteur. Il publia divers poëmes, tels que Les Appréhensions spirituelles, L'Idée de la République, La Sérodokimasie, ou Histoire des Vers qui filent la Soie ; il mit au jour, entre autres romans, Les Aventures de Floride, le Voyaye des Princes fortunés, l'Histoire d'Hérodias ; il s'occupa beaucoup d’alchimie, Tout cela l’aurait laissé dans le néant; mais on a mis sur son compte un bizarre recueil de dialogues intitulé, Le Moyen de parvenir, etle voilà devenu presque célèbre. Dans ces dialogues

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