‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 351 sur 527 · BOUQUET · texte numérisé non relu

BOUQUET

société frivole, mais sensible par dessus tout à la finesse des idées et aux grâces du langage, nous citerons celle-ci, de Chaulieu, dans le goût marotique :

Ces fleurs s’en vont trouver l’objet charmant Sur qui d'amour tout le bonheur je fonde :

Si ce bouquet donné d'amour profonde C’est te donner toute la terre ronde, Comme l’a dit très-bien maître Clément, Jouis, Iris, de l'empire du monde

Dont tu faisais déjà tout l’ornement;

Car bouquet once plus amoureusement

Ne fut donné depuis ce doux moment Qu'on vit sortir l'autre Vénus de l’onde,

Voici un bouquet à Philis de Montreuil :

Pourquoi me demandez-vous tant

Si mes feux dureront, si je serai constant,

Jusques à quand mon cœur vivra sous votre empire? Ah! Philis, vous avez grand torsi Comment pourrais-je vous le dire?

Rien v’est plus incertain que l’heure de la mort,

Le mot bouquet a encore différentes acceptions.

En terme d’artificier, on appelle bouquet d'artifice, bouquet de fusées, un paquet de différentes pièces d'artifice qui partent ensemble. La gerbe de fusées ou de girandoles, la réunion de toutes les pièces, disposées à cet effet, que l'on garde pour la fin d’un feu d’artrfice, s’appelle par excellence le bouquet. Cette expression est passée de là dans le langage figuré.

Le botaniste Richard a appliqué le nom de bouquet à une assemblage de fleurs (de même nature et placées sur la même tige), dont les pédoncules uniflores partent tous d’un même point, telles que la primevère officinale. Dans l'application générale, il est presque synonyme de éAyrse, et indique la disposition de certaines fleurs, telles que le lilas, qui sont un composé de grappes pyramidales.

Par extension, on a dit d’abord un bouquet de cerises, de poires ou d’autres fruits analogues; puis un bouquet de plumes, de cheveux, de diamants, de pierreries, de perles, d'émail, etc., de tous les objets et de toutes les matières que l’art a employés pour imiter les fleurs naturelles et leur assemblage. à

Enfin on qualifie de bouquet l’agréable parfum d’un vin de bonne qualité.

BOUQUET (Dom Marti), né à Amiens, en 1685, entra fort jeune dans l’ordre de Saint-Benoît, I] se démit de la charge de bibliothécaire de l’abbaye de Saint-Germaindes-Prés pour se livrer entièrement au travail, concourut à l'impression de plusieurs ouvrages de son collègue Montfaucon, et s’occupa d’une nouvelle édition de Flavius Josèphe. Déjà son ouvrage était fort avancé, lorsque ayant appris que Havercamp s'occupait du même travail, il lui envoya tous ses matériaux. En 1676 Colbert avait projeté une nouvelle collection des historiens des Gaules et de la France. Lorsque ce ministre fut mort, Le Tellier, archevéque de Reims, pria Mabillon de se charger de l'exécution de ce plan, mais celui-ci refusa ce fardeau, qu'il croyait trop lourd pour lui. Plus tard, d'Aguesseau confia cette entreprise à l’oratorien Lelong, dont la mort, arrivée en 1721, suspendit encore une fois ce projet. Alors Dom Denis de Sainte-Marthe, supérieur général de la congrégation de Saint-Maur, demanda que ses religieux fussent chargés d’une entrepnise qu’il regardait, comme abandonnée, et proposa Dom Bouquet pour l’accomplir. Bouquet fit paraître en 1738 les deux premiers volumes, de cette belle collection sous le titre de Rerum Gallicarum et Francicarum Scriptores (Recueil des Historiens des Gaules et de la France). 1 avait déjà publié huit volumes, lorsqu'il mourut à Paris, en 1754. Dom Maur d’Antine, J.-B. Haudiquier et son frère Charles Haud'quier, Dom Poirier, Dom Précieux, Étienne Housscau, Dom Clément et Dom Brial continuè-

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