BOUQUET
rent ce travail, que poursuit l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Auguste SAYAGNER.
BOUQUETIN, BOUCTAIN, ou BOUC-ESTAIN. Ce nom appartient à trois espèces du genre bouc : la plus connucestle bouquetin des Alpes (l'ibex de Pline), qui se distingue de ses congénères principalement par la disposition de ses cornes.
Chez les mâles, les cornes sont comprimées latéralement, et presque deux fois moins épaisses de dedans en dehors que d'avant en arrière. Leurs deux faces latérales, à peu près planes et parallèles entre elles, sont, ainsi que la face postérieure qui est arrondie, marquées de stries ondulées ; la face antérieure, plane transversalement, est séparée de la face externe par une vive arête, et de l’interne par un filet saillant : elle présente d’espace en espace des bourrelets très-épais, qui se terminent en dehors d’une manière abrupte, et en dedans par un gros nœud lié au filet longitudinal. Ces bourrelets, au nombre de vingt à trente chez les individus un peu âgés, sont mieux marqués et plus gros à la partie moyenne que vers la base. Les cornes d’un vieux mâle, mesurées en suivant leur courbure, ont quelquefois plus d’un mètre de longueur, tandis que les cornes de l'éfagne (c’est ainsi qu'on nomme la femelle) atteignent à peine quatorze à quinze centimètres.
Sous le rapport de la taille, il y a aussi entre le mâle et la femelle une différence très-notable, et beaucoup plus grande que celle qui existe entre nos boucs et nos chèvres domestiques. Une autre différence entre les sexes consiste dans l'absence de barbe chez les femelles.
Cette espèce, qui semble aujourd'hui confinée dans un petit canton des Alpes piémontaises, se trouvait autrefois dans toutes les parties élevées de la chaine comprise entre le mont Blanc et le mont Eisenhut, en Styrie; quelques naturalistes pensent même qu’à une époque plus ancienne elle habitait aussi une partie de la chaîne des Apennins.
Les deux autres espèces sont le bouquetin de Sibérie et le bouquelin du Caucase.
Les anciens regardaient le sang des bouquetins comme astringent et diurétique. Le peuple croyait encore naguère qu'il favorisait l’expectoration, aidait à la résolution de la pleurésie, etc. :
BOUQUIN, BOUQUINEUR, BOUQUINISTE (de l’allemand Buch, livre). Il y a d’abord les vrais bouquins, qui sont de vieux livres poussiéreux à la vieille couverture, aux ornements rococos, au papier jauni, aux vieux caractères; mais il y a aussi des livres neufs qui passent à l'état de bouquins en voyant le jour, et cela malgré leur riche encolure. 11 en est des livres comme des hommes, il ne faut point les juger sur l'apparence, Malgré les belles gravures dont elles sont ornées, les œuvres de Dorat se vendent depuis longtemps comme des bouquins. Malgré leurs élégantes reliures en veau, en maroquin, en cuir de Russie, malgré les fers dorés et à froid qui les décorent, les œuvres de MM. tel et tel sont mises prématurément et avec juste raison au rang des bouquins. Tout au contraire, sous leurs modestes couvertures de veau fauve ou de parchemin jaunâtre et enfumé, les éditions de Virgile, d’Ho-
race, de Plutarque, de Cicéron, publiées il y a deux, trois et quatre siècles par les Étiennes, les Elzevirs et les Aldes, loin d’être regardées comme des bouquins, sont toujours recherchées et chèrement payées par les bibliophiles, par les véritables connaisseurs. En revanche, beaucoup de grands seigneurs, de belles dames et d’épiciers enrichis, n'ayant une bibliothèque que par ton, regardent les livres uniquement comme des meubles, et ne s’attachent point au contenu, mais à la couverture. Les leurs, en rayons bien alignés (les gros livres en bas, les petits en haut), magnifiquement reliés en maroquin bleu, rouge, jaune ou vert, armoriés, dorés sur tranche, etc., ne tentent pas le moins du monde les libraires, ni même les bouquinistes ; ils passent DICT. DE LA CONVERS. — T ill.