BOURBONNAIS — BOURBONNE-LES-BAINS
la mort tragique du fameux duc Waifre (768), ce pays, qui jusque alors n'avait été qu’une annexe partagée entre différents États, devint une division politique spéciale, qui dès ce moment eut ses chefs distincts et son histoire particulière. On prétend que ce fut Charlemagne qui érigea le Bourbonnais en baronnie dès l’année 770. Des Ormeaux assure qu’elle était la première baronnie de France, et que ce ne fut qu'après son érection en duché (1327) que les Montmorency ont pris le titre de premiers barons chrétiens (c'est-à-dire du roi frès-chrélien ).
Ce duché fut séquestré en 1523, lors de la disgrâce du connétable de Bourbon, et réuni à la couronne en 1527. Enfin, en 1651, il fut donné par Louis XIV, au prince de Condé en échange du duché d’Albret et de quelques autres domaines, et depuis lors le titre de duc de Bourbon s’est continué dans cette branche jusqu’au dernier prince de Condé. LAINÉ.
BOURBONNAISE , nom vulgaire de la Zychnis vis caria. Voyez LYCANIDE.
BOURBONNE-LES-BAINS (aguæ Borvonis), ville célèbre pour ses eaux salines et thermales; elle est située dans le département de la Haute-Marne, à 308 kilomètres de Paris. Bourbonne est une cité de 4,053 habitants, d'environ 820 maisons , et pouvant recevoir 1,000 à 1,200 étrangers, sans compter les militaires, Bâtie à la fois sur le plateau d’une colline el dans les deux vallons adjacents, elle occupe la partie sud-est du Bassigny, pays beaucoup plus exhaussé que son nom ne le ferait penser. Le vallon du sud contient les sources thermales. On trouve à Bourbonne un hôtel de ville, une vieille église, qui menace ruine depuis les ravages de l'incendie de 1717 ; un hospice civil, un hôpital militaire contenant cinq cent cinquante lits, et quatre promenades publiques assez belles , surtout les promenades de Mon{morency, d’Orfeuille et de la Place. Le territoire de Bourbonne ma pas moins de 22 kilomètres de circonférence , dont environ les deux tiers sont en bois communaux et autres, le quart en terres à labour, le reste en vignes et prairies. Bourbonne, avec ses dépendances et ses alentours, forme comme un vaste bassin borné circulairement par un amphithéâtre de monts et de plateaux, donnant à son enceinte un aspect pittoresque, qui ne guérit point l'ennui , maïs qui le dissipe. Le pays n’est ni beau ni riche; les productions cependant en sont diversifiées et assez abondantes.
On remarque que la température de Bourbonne est trèsvariable. Toutefois, elle est ordinairement de 14° R., terme moyen, pendant la saison des eaux, c’est-à-dire depuis le {°° juin jusqu'au 1°" octobre. L’atmosphère de Bourbonne est donc moins chaude que celle de Paris. Cette particularité dépend de l'élévation de Bourbonne au-dessus du niveau de la mer, exhaussement tel que le mercure y descend quelquefois, dans le tube d’un baromètre, jusqu’à 27 pouces et même au-dessous. Celle situation de Bourbonne y rend les pluies fréquentes, les orages et les ouragans redoutables , et cependant les montagnes environnantes, très-élevées, le préservent de beaucoup d’orages, qu’elles lui soutirent. Quand je dis que Bourbonne est un lieu élevé, je parle dans le sens absolu; car, relativement aux montagnes qui l’entourent de toutes parts, cette ville est dans un fond ; elle forme comme le centre d’un entonnoir dont les bords, très-proéminents, seraient représentés par des montset des plateaux. Lorsqu'on arrive de Paris, on n’aperçoit de Bourbonne que son clocher, qui passe au-dessus des montagnes, et qui trompe le voyageur sur la distance qu’il lui reste à franchir,
Il existe à Bourbonne trois sources thermales distinctes : 1° la fontaine Chaude, ou de la Place, ou Matrelle, dont la température est de 57° cent., et la source abondante, C’est à cette fontaine que se rendent les buveurs. On boit de cette eau sans la laisser refroidir, et cependant elle ne cause pas ordinairement de vive cuisson à l'intérieur. 11 faut remarquer néanmoins que l'on ne se plongerait pas