BERNSTORFF — BÉROSE
les personnages le moins faits pour se rencontrer ensemble devisent gaiement autour d’une table chargée de vins. Zoroastre , Calvin, Jules César, l’Autre, Sapho, Monsieur, Alcibiade, Érasme, Pierre l’Ermite, Quelqu'un, Hermès, Marie-Madeleine, Lucrèce et bien d’autres narrent des contes plus que grivois, et font assaut de cogs-à-l’âne, Nulle suite, nul plan; ce sont entretiens de buveurs un jour de mardi gras, toute retenue étant bannie. Mais dans cette longue facétie il y a beaucoup de verve, d’entrain et d'originalité : aussi depuis près de deux siècles et demi n’a-t-elle pas manqué de lecteurs.
Divers savants ont cherché à montrer que Béroalde était en effet le père de cet écrit; mais depuis quelque temps la critique combat cette opinion. M. Paul Lacroix veut faire remonter Le Moyen de parvenir à Rabelais ; M. Péricaud, de . Lyon, penche pour Théodore d’Aubigné, l’auteur du Baron de Fœneste; Nodier inclinait pour Henri Estienne, et repoussait entièrement les prétentions émises pour Béroalde, se contentant, dit-il, d’un seul raisonnement, qui en vaut mille : l'auteur du Moyen de parvenir est un des écrivains les plus vifs, les plus variés, les plus originaux, les plus piquants de notre vieille langue, un des hommes qui en ont le mieux connu l'esprit et les ressources, et par-dessus tout un conteur inimitable ; Béroalde de Verville est le plus lourd, le plus diffus, le plus ennuyeux, le plus languissant des
| prosateurs de son époque, même dans quelques sujets heu-
reux, où son imagination paraît être à l'aise. Remarqnons en outre que Béroalde de Vervil'e était chanoine de Tours; et bien que dans quelques-uns de ses écrils avoués il ait montré peu de respect pour les lois de la décence, on aurait droit d’être surpris qu’un ecclésiastique eût eu l’idée d’écrire pareil ouvrage, et la hardiesse de le livrer à l’impression, même sous le masque d’un anonyme, qui pouvait être dévoilé,
La première édition connue et datée du Moyen de parvenir est de 1610; elle fut suivie de plusieurs autres, là plupart sans date, ou avec des dates bizarres : Zmprimé cette année; nulle part; lannée pantagruéline 1800070032, 00070057. Une de ces éditions s'annonce comme étant corrigée de diverses fautes qui n'y étoient point, et augmentée de plusieurs autres. Parfois le titre ordinaire a été échangé pour celui du Salmigondis, ou de Vénus en belle humeur. C’est vers 1780 qu'avait été mis souspresse pour la dernière fois Le Moyen de parvenir, lorsqu’en 1841 il reparut à Paris, en un volume in-12 de plus de cinq cents pages, avec une notice et un commentaire étendu du bibliophile Jacob, fort utile pour l'explication de bien des mots vieillis et de bien des allusions, bien des circonstances, ignorés aujourd’hui du public. G. BRüNET.
BÉROSE, savant prôtre babylonien, qui avait acquis la connaissance de la langue et de la science des Grecs, el qui semble avoir vécu vers l'an 260 avant J.-C., com posa en langue grecque trois livres relatifs à l’histoire de la Babylonie et de la Chaldée, pour lesquels il utilisa surtout, dit-on, les antiques archives du temple de Babylone. Cet ouvrage était fort estimé par les historiens grecs et romains. Malheureusement nous n’en possédons plus aujourd’hui que quelques fragments cités par Josèphe, Eusèbe, Syncelle, ete, Mais ils n’en sont pas moins d’une haute importance, parce qu’ils donnent de précieux renseignements sur les parties les. plus obscures de l'antique histoire de l'Asie. Ces fragments ont été réunis par Richter sous le titre de Berosi !haldæorum Historiæ quæ supersunt (Leipzig, 1825), Les Antiquitatum Libri quinque, cum commentariis Joannis Annii, publiés pour la première fois à Rome, en 1498, par Eucharius Silber, et attribués à Bérose, ne sont qu'une invention pseudonyme du dominicain Giovanni Nauni de Viterbe.
L'historien Bérose est-il le même que l'astronome Bérose,
i Chaldéen comine lui et prêtre de Bélus à Babylone? C'est