BOURGEON — BOURGES
Non-seulement Bourgery retrace dans son livre des muscles etdes ligaments récemment découverts ouretrouvés, mais il montre avec talent comment les organes s’unissent et s’isolent par des gaines; ce que les opérateurs doivent craindre et éviter ; et enfin, les formes vraies que les peintres ont à représenter quand ils restent fidèles à la nature. L'auteur expose en outre la texture intime des membranes, les rapports des vaisseaux sanguins et des nerfs, et il insiste beaucoup sur la structure des poumons, qui selon lui ne renferment aucune cellule, mais sont composés de canaux partout continus, dont les fines ramifications s’anastomosent en formant d’inextricables labyrinthes.
Cet ouvrage, qui a paru par livraisons depuis 1830 jusqu’en 1849, époque où l’auteur mourut du choléra, se composait alors de 80 livraisons in-folio. Il devait en avoir 90. Le même auteur avait interrompu son grand travail pour en publier un abrégé en 20 livraisons et de demi-grandeur, sous le titre d’Analomie élémentaire ( Paris, 1834-1842 ).
Bourgery était chevalier de la Légion d'Honneur et on l'avait inscrit candidat à l’Institut pour le remplacement du Baron Larrey. Il avait, quelque temps avant de mourir, épousé la veuve du docteur Félix Thibert, dont il dirigeait le remarquable musée d’anatomie imitative. Isid. Bourpon.
BOURGES, ville de France, chef-lieu du département du Cher, située sur le penchant d’un coteau entouré d’une vaste plaine, au confluent de l’Auron et de l’Yèvre, à 232 kilomètres de Paris. Le chemin de fer du centre la met en relation avec la capitale. Siége d’un archevéché qui a pour suffragants les diocèses de Clermont, Limoges, le Puy, Tulle et Saint-Flour, d’une cour d'appel, d’un tribunal de première instance, d’un tribunal decommerce, de la 19° division militaire, d’une direction d'artillerie, d’un arrondissement forestier, Bourges possède, en outre , un lycée, un musée de peinture et d’antiquités, une bibliothèque de 20,000 volumes, un théâtre brûlé en 1856 et rebâti, une société d’antiquités, et un séminaire diocésain, Son académie relève aujourd’hui de celle de Paris. Il avait une université fondée par Louis XI en 1463, laquelle dut longtemps sa grande célébrité au mérite de ses professeurs, et surtout à celui de l’illustre Cujas. Sa populalion s'élève à 31,312 habitants (1872).
La stagnation de son industrie manufacturière est principalement attribuée à plusieurs incendies qui l’ont ravagée à diverses époques, à celui de 1487, entre autres, qui détruisit plus de trois mille maisons et porta à son commerce, alors très-florissant, un coup dont il ne s’est pas relevé, Les fabricants de drap qui y étaient établis en grand nombre émigrèrent ailleurs, particulièrement à Lyon. On y trouve cependantencore quelques fabriques de drap, de couvertures de laine, et de coutellerie estimée. I s’y tient, en outre, des foires importantes, où les moutons, les laines, les peaux, les vins et les chanvres deviennent l’objet de transactions considérables.
Bourges, qui se divise en vieille et nouvelle ville, était autrefois entourée d’une épaisse muraille, flanquée de quatrevingts tours. Parmi ses édifices, trois seulement offrent de l'intérêt : l’archevêché, la cathédrale et l'hôtel de J. Cœur, L'archevêché date du dix-septième siècle; il a été incendié en août 1871. La cathédrale, commencée au neuvième siècle, peut être citée parmi les plus beaux monuments gothiques de l'Europe; elle est parfaitement conservée, et l’on admire surtout la richesse des sculptures qui ornent son portail. L'hôtel de ville occupait l’ancienne maison de Jacques Cœur, argentier de Charles VII, que Colbert céda, en 1679, au maire et aux échevins de Bourges. Les cheminées représentent des tours et des portes de villes, gardées par des guerriers, et les murs sont couverts de coquilles et de cœurs sculptés avec une délicatesse merveilleuse. En 1858 cet hôtel fut acquis par l'État, restauré à grands frais et affecté à la cour d'appel et aux autres services judiciaires.