‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 365 sur 527 · BOURGOIN — BOURGS-POURRIS · texte numérisé non relu

BOURGOIN — BOURGS-POURRIS

| de la Basse-Saxe en 1787, et passa en Espagne en 1792, pour y exercer les mêmes fonctions. La connaissance qu’il avait des affaires du pays retarda pendant un an la guerre qui était imminente entre cet État et la république. Revenu à Nevers, par suite de la loi qui bannissait tous les nobles de la capitale, ses concitoyens le nommèrent membre du conseil municipal. La réaction de thermidor eut pour effet de le tirer de sa retraite ; il fut chargé de négocier à Figuières le traité de paix avec l'Espagne. La marche des choses ayant enfin été régularisée par l'événement du 18 brumaire, il recouvra ses fonctions de ministre plénipotentiaire.

Du Danemark, où il fut envoyé d’abord, il passa l’année suivante à Stockholm (1801); toutefois, de retour à Paris, en 1803, il reçut des reproches très-vifs du premier consul pour avoir prononcé à Stockholm, à son audience de réception, un discours qui semblait annoncer la restauration du régime monarchique en France. Bonaparte, qui ne voulait pas encore heurter les idées républicaines, le priva de ses fonctions; mais il fit cesser plus tard cette disgrâce pour récompenser la bravoure du jeune de Bourgoing fils, alors à l'armée. Envoyé comme ministre plénipotentiaire en Saxe, Bourgoing éprouva de nouvelles contrariétés de la part de l’empereur et en conçut un chagrin qui le conduisit au tombeau, en 1811. 11 laissait un grand nombre d’écrits et de traductions, parmi lesquels il faut surtout distinguer son Tableau de l'Espagne moderne.

Ses trois fils, Armand, Paul et Honoré ne Bourconc, ont suivi la carrière militaire, et se sont distingués dans les guerres de l’Empire. Le second entra dans la diplomatie en 1816, et devint après 1830 chargé d'affaires en Russie, puis ministre plénipotentiaire en Saxe ct en Bavière. II occupa de 1849 à 1851 l'ambassade d'Espagne. Pair de France sous Louis-Philippe, sénateur sous le second empire, ilest mort en 1864. On a de lui quelques ouvrages.

BOURGS-POURRIS (en anglais rotten boroughs), expression énergique par laquelle, avant la grande révolution législative accomplie en.1832 dans la Grande-Bretagne, le peuple anglais flétrissait l’odieuse fiction légale qui mettait à la disposition de l'aristocratie et du ministère une grande partie des voix dans la chambre basse.

On appelait borough (bourg) toute localité ayant le droit d'envoyer des représentants à la chambre des communes, qui fut séparée de celle des barons vers le milieu du quatorzième siècle; et les circonscriptions électorales fixées à cette époque si reculée ne furent changées qu’à l’époque où l'administration libérale de lord Grey réussit à faire adopter par le parlement un bill qui faisait enfin droit aux si justes réclamations de la nation et réalisait la réforme électorale vainement attendue depuis si longtemps. Avec les progrès de la civilisation et de l’industrie, avec les changements successifs qu’ils opèrent dans l’ordre social, on avait vu un grand nombre de localités, importantes au quatorzième siècle par leur population et leurs richesses, dégénérer insensiblement, et finir par ne plus former que de misérables bameaux comptant à peine quelques familles, et souvent même n'appartenant qu’à un seul individu. Par contre, à quelque distance de ces mêmes localités, s'étaient insensiblement formés, dans des lieux auparavant déserts, de vastes rassemblements d'hommes attirés là par les avantages d’un sol plus fertile ou d’une situation plus favorable au commerce. Ainsi s’élevèrent Manchester, Leeds, Birmingbam, Sheffield , Salisbury, ete., etc., où aujourd'hui la population se compte par centaines de milliers d’âmes, et où au quatorzième siècle on ne trouvait que des champs où des grèves incultes. Ces cités populeuses, théâtre le plus actif des prodiges de l’industrie moderne, étaient jusqu’en 1832 restées comme étrangères à la vie politique du pays, et voyaient leurs intérêts les plus chers commis aux mains d'individus élus par un petit nombre de privilégiés, souvent | même ayant fait à beaux deniers comptants l'acquisition de

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