‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 38 sur 527 · BEROSE — BERR · texte numérisé non relu

BEROSE — BERR

fà une question au sujet de laquelle les savants ne sont pas d'accord et qui a été longtemps controversée, Au rapport de Vitruve, Bérose l’astronome aurait quitté son pays pour venir à Cos, dans la patrie d'Hippocrate, ouvrir une école ; mais il ne nous apprend pas à quelle époque il vivait, On lui attribue l'invention d’une nouvelle espèce de cadran solaire, à pivot, et de forme demi-circulaire, pour marquer la position convenable aux diverses latitudes. Suivant Justin le martyr, ce même Bérose l’astronome aurait eu une fille , désignée sous le nom de la Sibylle babylonienne ; et ce serait elle qui aurait offert à Tarquin les fameux livres sibyllins.

BERQUEN, BERGHEN, BERGHEM, ou encore BER- KEN (Louis pe), lapidaire flamand , qui découvrit, vers le milieu du quinzième siècle, l’art de tailler le diamant. Avant lui on n’employait le diamant que dans l’état où la nature le produit quelquefois, soit roulé dans les eaux , où il a acquis un certain poli, soit en petiles pyramides, qui semblent être le résultat de la cristallisation. Mais alors le diamant, quoique dépouillé de la croûte obscure qui l’enveloppe ordinairement, n'avait que très-peu de feu, ou d’éclat. Berquen ayant remarqué que deux diamants s’entamaient quand on les frottait l’un contre l’autre, en prit deux bruts et réussit par des frottements prolongés à les couper en facettes assez régulières. Ce n’est pas tout ; il eut encore l’idée de les soumettre à l’action d’une roue de son invention, et avec la poussière résultant du frottement des diamants mêmes il acheva de leur donner le poli le plus parfait. La taille du diamant a sans doute fait depuis bien des progrès; mais au nom de Berquen n’en reste pas moins attaché le souvenir d’une invention qui fait époque dans l’histoire d’une indus- {rie restée jusqu’à ce jour à peu près spéciale à la ville d'Amsterdam.

BERQUIN (ArnauLp), né à Bordeaux, vers 1749, mort à Paris, le 21 décembre 1791. C’est à lui qu’est due l’importation en France des livres destinés à l'enfance par l’Angleterre calviniste et par lPAllemagne luthérienne , livres qui jusqu’à cette époque étaient restés étrangers à notre patrie. Sous ce point de vue, que personne n’a remarqué, il mérite une place dans l’histoire littéraire de son temps. Il ne manquait ni de talent, ni de grâce, ni de sensibilité ; et dans un siècle de destruction, où l’orgueil des doctrines et Pemphase des paroles accompagnaient le mouvement violent par lequel la société était entraînée, il n’est pas étonnant que ses qualités simples et ingénues aient disparu, éclipsées par les prétentions furieuses et les passions enflammées qui l’entouraient. Il faut demander à d’autres les grandes parties du talent , l'invention, l’énergie, te coloris, la profondeur ; mais c’était une âme tendre, un esprit gracieux, une intelligence souple. Il apprit de bonne heure l'anglais, l’allemand et l'italien; et, voyant le cours orageux et ardent que prenaient les choses publiques, il abandonna toute prétention politique etmême littéraire, et consacra ses veilles et ses connaissances variées à l'éducation morale de l'enfance. La tâche particulière qu’il s’imposa s’accordait très-bien avec les tendances et les goûts de ses contemporains. Le protestantisme anglais et allemard, dont le but spécial est de réformer l'individu par l'examen attentif de lui-même , avait depuis longtemps fourni de livres intéressants la bibliothèque du premier âge. En effet, si l’homme doit s’examiner, se juger et se réformer lui-méme , Comme le protestantisme l’établit, de telles œuvres lui deviennent indispensables dès l'adolescence, comme guides et comme instructeurs.

Les ouvrages de ce genre par Weiss, mistress Trimmer, John Day, Hannah Moore, mistress Barbauld et plusieurs autres avaient acquis en Allemagne et en Angleterre une grande vogue populaire, lorsque Berquin, leur empruntant ce qui lui paraissait le plus conforme au mouvement intellectuel de son pays, et faisant disparaitre de ses emprunts la teinte religieuse, sévère en Angleterre, mystique en

Alleinagne, qui eût contrarié les goûts philosophiques de ses concitoyens, composa une série de petits livres ingéuieux et ingénus, qui plurent infiniment, On y retrouvait [a morale de Jean-Jacques et de Locke, les idées de Saint- Lambert et de Hume, les espoirs et les désirs du temps ; toute trace de catholicisme enseignant et de morale sacerdotale en était effacée. A tout prendre, cette introduction de la moralité protestante dans un pays et à une époque où toutes les bases sociales de l’ancienne moralité catholique s’écroulaient, fut utile à la génération qui s'élevait, et Berquin a droit à la reconnaissance du pays,

La modestie de sa vie répondait à la candeur agréable de ses ouvrages. Collaborateur de La Feuille villageoise avec Ginguené et Grouvelle, rédacteur du Moniteur pendant quelque temps, il avait obtenu, en 1784, le prix d'utilité morale que l’Académie Française décerna à juste titre à son Ami des Enfants.N fut en 1791 un des candidats proposés pour être le précepteur du prince royal, fils de Louis XVI. Il mourut quelques jours après. On ne sait que trop à qui cette place fut donnée.

La verve poétique de Berquin était réelle, tendre et pure, bien que timide et peu profonde; dans d’autres circonsfances, nous ne doutons pas qu’il n’eût accompli une des. tinée supérieure, La place de celui qui a écrit le délicieux et simple chant d’une mère :

Dors, mon enfant, clos ta paupière !

était marquée parmi les poëtes élégiaques ; et cette perle de pure et transparente poésie , jointe à une autre ballade charmante : Geneviève de Brabant, à quelques idylles délicieuses , et à une imitation délicate de l’Orgoglivso Flumicello de Métastase, composent un trésor poétique peu considérable, mais plus précieux que les hexamètres tendus de Roucher , les diffuses fatuités de Dorat et l’épopée prosaïique et emphatique de Thomas. Il n’y avait pas de place à cette époque pour un poëte naïf; Berquin se fit l’ami, le poète, leromancier et l'historien des enfants. On ne peut lui reprocher ui la sentimentale diffusion de Bouill y, ni la corruption secrète et élégante de M de Genlis, ni la puérile parure etla fausse poésie de F1 orian. Enfin, il nous paraît juste de rendre à cet aimable esprit, à ce poëête ingénu , et la place qu’il mérite, et le regret de celle qu'il eût conquise sans peine, si la fleur de son doux génie avail pu se développer dans un temps calme etsous un ciel serein qui eût protégé sa grâce el sa timidité. Philarète CHaASLes.

BERQUEN (Louis be), gentilhorame de l’Artois, né en 1489, fut brûlé à Paris, en place de Grève, le 22 avril 1529, pour cause d’hérésie. Ami particulier d’Érasme et bien à la cour en vertu deson mérite, c'était un homme religieux, mais qui détestait les moines à raison de leur ignorance etde leur superstition. Il ne voulait pas qu’on rendit à la Vierge les mêmes honneurs qu’à Jésus-Christ, sans pour cela partager les opinions des luthériens. Les écrits qu’il publia à ce sujet lui attirèrent un premier procès devant le parlement de Paris, en 1523 : cette fois, il en fut quitte pour une adimonestation et l’injonction d’avoir à abjurer certaines propositions hérétiques; ce qu'il fit. Sa condamnation ne le rendit pas plus prudent dans ses propos; et trois ans après il fut arrêté comme hérétique relaps et enfermé à la Conciergerie. Heureusement François 1°", de retour à ce moment de sa captivité d'Espagne, infervint pour qu'on le remit en liberté. En 1528 de nouvelles dénonciations amenèrent encore une fois l'arrestation de Berquin, qui refusa de se rétracter et fut condamné à périr par le feu. Le seul adoucissement apporté à cette sentence, ce fut d'élrangler le libre penseur avant de le brûler.

BERR (Micusz), né à Nancy, en 1780, mort à Paris, en 1837, était fils d’Isaac Berr de Turique, israélite célèbre par le zèle actif qu’il déploya au commencement de la révolution, et plus tard encere, pour assurer à ses coreli-

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