‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 370 sur 527 · BOURMONT — BOURRACHE · texte numérisé non relu

BOURMONT — BOURRACHE

soumission du bey de Titteri, tandis que l'un des trois fils qui lui restaient, Aimé de Bourmont, allait recevoir celle du bey d'Oran, et lui conférer le caftan d'honneur, signe d’invéstiture, au nom de la France. A son retour, avec quelques dizaines d'hommes il s’empara du fort de Mersel-Kébir, entra le premier dans cette petite place, et arracha le pavillon mahométan , qui fut remplacé par le drapeau français. Cette petite conquête assurait la communttation de l’armée avec Oran. Bourmont avait reçu le 22 juillet une lettre du dauphin, qui lui annonçait qu'il était élevé à la dignité de maréchal. Cette récompense excita de vives réclamations de la part de la presse libérale; la marine d’ailleurs voyait avec mécontentement que l’amiral Duperré n'avait été nommé que pair de France. La joie du général en chef fut, du reste, contrariée par la lenteur que l’on mettait à accorder les récompenses demandées pour l’armée placée sous ses ordres.

Le nouveau maréchal poursuivait avec ardeur le cours de ses succès contre les Arabes ; déjà il avait poussé ses reconnaissances dans les gorges du petit Atlas, lorsqu’à Paris {rois jours d’émeute renversèrent le gouvernement qui avait compté sur l’expédition d’Alger pour acquérir une force inattaquable. Quelques vagues rumeurs s'étaient répandues dans l’armée; mais on ne savait rien encore de positif. Bourmont crut devoir publier, le 11 août, l’ordre du jour suivant : « Des bruits étranges circulent dans l’armée. Le maréchal commandant en chef n’a reçu aucun avis officiel qui puisse les accréditer. Dans tous les cas, la ligne des devoirs de l’armée sera tracée par ses sermen{s et par la loi fondamentale de l'État. » Le 16 août, dans un autre ordre du jour, en conséquence de la nomination par Charles X du due d’Orléans à la lieutenance général du royaume , il ordonna que la cocarde et le drapeau tricolore fussent arborés. Enfin, le 2 septembre, ordre du jour pour informer l’armée que le lieutenant général Clausel venait prendre le commandement de l’armée Afrique. Si pendant ses succès les bulletins de Bourmont avaient été fort modestes, le {on simple et digne de ses dernières publications officielles en font des pièces véritablement historiques.

11 quitta l'Afrique après avoir doté son pays d’une belle conquête. Que lui restait-il après tant d’efforts? Un titre de maréchal dont le parti vainqueur devait le dépouiller : il laissait sur la plage algérienne les ossements de son fils! Après cela, je ne me sens pas le courage de suivre Bourmont en Vendée, où le chouan, soufilant une guerre civile insoutenable, ressemblait si peu au vainqueur de l'Afrique. Le suivrai-je encore en Portugal, où, avec des titres bien sonores, mais de fort mauvais soldats, il s’est, au nom de la légitimité , fait le champion de dom Miguel? Là Bourmont n'avait aucun élément de succès. Aussi, malgré sa haute capacité, ne fit-il que compromettre saréputation militaire. Trop éclairé pour ne pas sentir toute la fausseté de sa position, ils’en démit et quitta le Portugal, où, toujours malheureux père, il laissait encore le cercueil d’un fils ! Ch. pu Rozom.

En prenant parti dans les bandes de dom Miguel, Bourmont avait autorisé 18 gouvernement de Louis-Philippe à lui appliquer les dispositions du Code concernant les Français qui servent à l'étranger sans permission. F1 cessa d'être Français, ettelle devait être la fin de l’homme qui avait abandonné la Vendée pour la république, Napoléon pour les Bourbons, les Bourbons pour Napoléon, et qui enfin, n'avait pas craint de déserter les rangs de ses compatriotes à l’heure d’une sanglante bataille, Aussi Napoléon disait-il à Sainte- Hélène ;: Bourmont est une de mes erreurs.

Autorisé plus tard à rentrer en France, Bourmont vint ha biter le château qui l'avait vu naître en Anjou :il y mourut, le 29 octobre 1846, à l'âge de soixante-treizé ans. Quelques jours après, l'amiral Du perré le suivait dans la tombe.

BOURRACIHE,. Genre de plantes appartenant à la pentandrie monogyme de Linné, à la famille des Lorragi-

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