BOURREAU — BOURRELET
la cour. Elles commencèrent à prendre faveur lors des fêtes qui eurent lieu à Bayonne, en 1565, à l’occasion de l’entrevue de Catherine de Médicis avec sa fille aînée Marguerite de France. La bourrée , restée à la mode depuis le règne de Charles IX jusqu’à celui de Louis XIII, était encore en grande faveur sous la régence. Cependant son allure un peu vive ne lui permit pas de s’acclimater à l'Opéra, où le genre noble garda toujours droit de préséance. Maintenant la bourrée ne se danse plus que dans les villages de certaines provinces , et si on la rencontre à Paris, ce n’est guère que le dimanche et le lundi, dans les cabarets où se réunissent les porteurs d’eau, charbonniers et autres industriels venus du pays natal de cet exercice chorégraphique.
L’air sur lequel se danse la bourrée porte le même nom. Il est à deux temps gais, et commence par une noire avant le frappé. Dans ce caractère d’air, on lie assez fréquemment la seconde moitié du premier temps et la première du second par une blanche syncopée.
BOURRELET.,. Ce mot désignait autrefois une partie de l’habillement ou du vêtement de tête, qui servait communément à la coiffure des deux sexes. Plus tard, les magistrats et les docteurs des universités conservèrent à leur chaperon un petit tour rond qui représentait l’ancien bourrelet, et les femmes se servirent également de bourrelets pour soutenir et arranger leurs cheveux. Longtemps après que le bourrelet avait totalement disparu de la coiffure des hommes et des femmes en Europe, il était encore resté exclusivement celle du jeune âge. Ces bandeaux rembourrés et épais dont on ceignait la tête et le front des enfants avaient le désavantage de provoquer dans ces parties une transpiration abondante, qui, ne pouvant s'échapper, se concréfait et donnait naissance à ces croûtes appelées improprement croûtes de lait, ou à d’autres éruptions du cuir chevelu difficiles à guérir. On a enfin compris le vice de cette coiffure, et on l’a généralement remplacée par des bourrelets fort légers, composés de baleines, de branches d’osier ou de pailles réunies simplement par des rubans, et dégagés de tout l'attirail dont on les chargeait autrefois pour préserver, disait-on, du froid, ou prévenir les coups résultant des chutes de l'enfant. On sait d’ailleurs aujourd’hui que la tête des enfants est douée d'une sorte d’élasticité qui rend ces chutes b'en moins dangereuses qu’on ne le croyait.
Bourrelet, en termes de botanique et de jardinage, est cette excroissance que l’on remarque sur certaines parties des arbres, surtout aux greffes et aux boutures , et sur le bord des plaies faites aux arbres, qui après s’être refermées s’en recouvrent insensiblement. Dans l’arbre , comme dans l’homme , il n’y a point de régénération autre que celle de l'écorce et de la peau : le muscle emporté, détruit, etc., ne se régénère pas, la peau seule s'étend, ses bords se rapprochent, et la cicatrice se forme; le bois entaillé, coupé, mutilé, ne végète plus, l’écorce seule recouvre la plaie, C’est pourquoi on trouve souvent dans le tronc d’arbres frès-sains d’ailleurs des parties de bois desséchées et ensevelies sous le bourrelet.
En anatomie, on donne le nom de bourrelets à certains cartilages fibreux qui entourent les cavités articulaires, dont ils augmentent la profondeur. Quelques anatomistes ont aussi appelé bourrelet la corne d'Ammon.
Bourrelet, en termes de blason, est un tour de livrée, rempli de bourre et tourné comme une corde, que les anciens chevaliers portaient dans les tournois ; il était de la couleur des émaux de l'écu ou des couleurs ordinaires des chevaliers ; ceux que les simples gentils-hommes mettaientsur leurs casques portaient le nom de tresque, torque et tortile.
En termes de marine, on appelle bourrelels de grosses cordes que l'on entrelace autour du mât de misaine, du mât d'artimon et du grand mât pour tenir la vergue dans un combat et suppléer aux manœuvres si elles venaient à être coupées.