‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 377 sur 527 · BOURSAULT-MALHERBE — BOURSE · texte numérisé non relu

BOURSAULT-MALHERBE — BOURSE

venu du grec Bupsæ, qui signifie cuir, est celle qui s'ap« plique à ces petits sacs dans lesquels on met l'argent dont on a besoin pour ses emplettes journalières. On en fait en peau, en toile, en tricot, en crochet, en soie, en cheveux ou en matières d'or, d'argent, etc. On les ferme d'ordinaire soit avec des cordons, soit avec un jermoir en acier poli, qui s'ouvre en poussant un bouton ; quand Ja bourse est double, c’est-à-dire en forme de bissac, on la ferme avec des anneaux.

Par analogie, on a donné aussi autrefois le nom de bourse à cheveux à un petit sac de taffetas, dans lequel les hommes portaient leurs cheveux.

Le mot Bourse, dans un sens plus étendu, se prend pour tout l'argent dont un homme peut disposer. On dit, au figuré, qu’un homme a une bonne bourse, pour dire qu'il est fort riche. Avoir La bourse, tenir la bourse, c’est être chargé de la dépense commune dans un ménage ou dans une association, On dit que les voleurs de grands chemins demandent Za bourse ou la vie à ceux qu'ils attaquent. C’est ainsi du moins qu’on les fait parler au théâtre. On appelle coupeurs de bourse ceux qui l’attrapent subtilement, sans user de violence. On dit aussi se procurer quelque chose sans bourse délier, c’est-à-dire sans être obligé de débourser de l'argent. Vivre selon sa bourse , c'est ne pas dépenser plus que son revenu; vivre sur la bourse d'autrui, c’est vivre aux dépens d’autrui; avoir la bourse bien ferrée, c’est l'avoir bien garnie ; avoir /a bourse plate, c’est, au contraire, n'avoir point ou n’avoir que fort peu d’argent ; avoir le diable dans sa bourse, ou, selon La Fontaine, Loger le diable en sa bourse, c’est être absolument dépourvu d'argent. On dit encore qu’un homme fuit bon marché de sa bourse, lorsqu'il dit qu’une chose lui coûte moins qu'il ne l’a payée réellement.

Bourse est aussi une manière de compter dans le Levant. Elle vaut aujourd’hui 500 piastres , en Turquie.

Bourse, en termes de collége, est une somme annuelle assignée par le gouvernement, ou par quelque fondateur, pour l'entretien gratuit d’un étudiant. II y a aussi des demibourses, dont les titulaires ne payent que la moitié du prix exigible pour la pension. Ceux qui obtiennent et qui possèdent ces bourses ou demi-bourses sont appelés boursiers.

C’est aussi le nom de l'artisan qui fabrique les bourses, et c'était encore autrefois le nom de ceux qui les vendaient. Les boursiers, avant la révolution, vendaient, en outre, des parapluies, des ombrelles, des fallots, des gants, des culottes de peau, etc. Aujourd'hui, ce sont les gantiers, les merciers et les marchands de nouveautés qui vendent les bourses,

Les agents de change, les avoués, les commissaires priseurs, les huissiers et les notaires ont des bourses communes, c’est-à-dire une mise en commun d’une partie de leurs droits ou vacations, pour subvenir à des dépenses communes, ou à leur existence en cas d’infirmité,.

BOURSE (| Histoire naturelle). Dans les sciences qui ont pour objet l'étude des corps naturels, on a donné ce nom tantôt à des parties de ces corps, tantôt à des individus de diverses espèces qui ressemblent à un sac, à ouverture unique.

En botanique, on nomme bourse une espèce de poche adhérente à la base du pédicule des champignons et entourant toutes les autres parties avant leur développement. Cette bourse se déchire par le haut et laisse passer le pédicule et le chapeau du champignon, qui en emporte quelquefois des débris à sa surface.

Dans les maramifères, le sac cutané qui enveloppe l’organe sécréteur du sperme, est appelé bourse scrotale ou scrotum. Le repli de la peau du ventre destiné à recueillir le produit de la génération dans les didelphes est encore une bourse abdominale, d'où le nom de mammifères à bourse ou marsupiaux,

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On appelle vulgairement bourse ou gibecière une espèce d'huître (ostrea radula )et un peigne (pecten radula ).Certains poissons (diodons, tétrodons, quelques espèces de balistes ), qui sont remarquables par la faculté de se gonfler comme des ballons, en introduisant une grande quantité d’air dans leur estomac ou plutôt dans l’espèce de jabot extensible situé dans l'abdomen, ont été nommés boursouflus ou bourses. Ainsi gonflés, ils flottent à la surface de l'eau, le ventre en l'air; les piquants de leur peau sont alors hérissés et les défendent contre leurs ennemis. L, LAURENT.

BOURSE ( Commerce). C'est la réunion qui a lieu, sous l'autorité du gouvernement, des commerçants, capitaines de navire, agents de change et courtiers ; cette réunion a

our objet la vente de toutes marchandises et des matières

étalliques, l’affrétement des navires, les assurances contre certains risques, les transports par terre et par eau, la vente des rentes sur l’État , la négociation des effets publics et de tous ceux dont le cours est susceptible d’être coté, celle des billets et papiers commerçables.

Les bourses de commerce ont été instituées pour faciliter des opérations importantes, qui ne pourraient s’effectuer que par la voie lente des annonces, des journaux et autres moyens semblables ; elles mettent en présence et en rapport direct, immédiat, les acheteurs et les vendeurs, placent sous la surveillance de l’autorité des opérations qui se rattachent à l'intérêt général, servent à constater régulièrement le cours des marchandises et des effets publics, et permettent enfin aux négociants de connaître la mesure de crédit que méritené la plupart des maisons de commerce par la nature même des opérations auxquelles elles se livrent.

Dans tous les pays civilisés on a senti le besoin de consacrer un lieu à la réunion des commerçants, pour rendre plus faciles leurs transactions.

Les négociants d'Athènes se réunissaient au port du Pirée. Tite-Live nous apprend que la première assemblée régulière de commerçants eut lieu à Rome sous le consultat d’Appius Claudius et de Publius Servilius, 259 ans après la fondation de cette ville, et 493 ans avant l'ère chrétienne ; elle se nommait le collége des marchands.

Si l’on en croit une vieille tradition, c’est à Bruges, en Flandre, qu’au seizième siècle on s’est servi pour la première fois du mot bourse pour désigner le lieu où les marchands tenaient leurs assemblées, lequel n’était autre que la maison d’une famille de gentils-hommes appelée Van der Beurse. Suivant d’autres, il proviendrait de ce que la première réunion de ce genre tenue à Amsterdam avait lieu dans une maison au-dessus de la porte d'entrée de laquelle étaient gravées dans la pierre trois bourses, en manière d’enseigne.

Une ordonnance de la reine Élisabeth donne à la Bourse de Londres la dénomination de Royal-Exchange ; et les bourses qui existent aujourd’hui dans les différentes villes d’Angleterre n’y sont encore désignées que sous le nom d’exchanges. En France, une bourse fut instituée à Toulouse, en 1549; une autre à Rouen, en 1559; cette dernière était désignée sous le nom de Convention de Rouen. A Paris et à Lyon en donna le nom de place du change aux assemblées de négociants.

C’est dans la grande cour du palais de Justice, au-dessous de la galerie Dauphine, près de la Conciergerie, que se rassemblaient les commerçants de Paris; ce n’est que le 24 septembre 1724 qu'un arrêt du conseil créa-la première bourse que la capitale ait possédée; le siége en fut aussitôt transféré à l’hôtel de Nevers, rue Vivienne. La révolution de 1789 brisa les entraves qui avaient enchaîné jusque alors je commerce et l’industrie. Les bourses , et surtout celle de Paris , eurent dès ce moment une grande influence sur les affaires publiques; on peut même dire que la situation de la bourse de Paris est aujourd’hui le thermomètre du crédit public. A la suite des grandes agitations et des événements désastreux de 1793, les différentes bourses de France

UICT, DE LA CONYERS, — FT li,

furent momentanément fermées. Un décret du 6 floréal an III ordonna qu’elles seraient partout rouvertes, Le consulat, qui s’appliquait à tout reconstruire, ne négligea pas l'institution des bourses de commerce; une réorganisation générale eut lieu. Des arrêtés spéciaux ordonnèrent en outre qu'un grand nombre de bourses seraient établies là où il n’en existait pas encore. Un décret du 16 avril 1852 en a établi une à Alger.

Sous l’Empire la bourse ne put que souffrir du système militaire qui se développait avec tant d'énergie; aussi fit-elle sourdement obstacle à la mission régénératrice dont l'empereur se regardait comme l'instrument providentiel. Elle ne manqua pas de se dédommager sous la Restauration d’embarras et d’entraves que les revers de 1813 étaient venus accroître. Sous le gouvernement qui succéda à la Restauration, l’agiotage, objet des plus scandaleuses faveurs de la part d’un pouvoir corrompu et corrupteur, eut la Bourse pour temple.

Les bourses ont toujours été placées sous la dépendance du gouvernement; c’est lui qui les ouvre, lui qui veille à leur police intérieure, lui enfin qui les ferme : c’est donc au gouvernement que pourraient remonter les reproches que l’on a adressés à ces institutions, si les abus que l'opinion publique ne cesse de signaler n'étaient pas réprimés. Comme à l’origine, toutes les précautions nécessaires pour préserver les bourses des excès de l’agiotage ont été prises par la loi, c’est sur le pouvoir chargé de l’appliquer que retombe en définitive la responsabilité des infractions à la loi qui y sont commises.

Le préfet de police à Paris, les maires et officiers de police des villes de département sont chargés de l’exécution des règlements qui concernent la bourse.

L'entrée de la Bourse est interdite aux faillis qui n’auraient pas obtenu leur réhabilitation, à ceux qui se seraient immiscés dans les fonctions d'agents de change et de courtiers, à ceux, enfin, qui auraient été condamnés à des peines afflictives ou infamantes. Ces individus exceptés, les bourses sont ouvertes à tout le monde, aux étrangers comme aux nationaux.

Par une mesure de prudence et de sagesse, qu’on ne saurait trop approuver, la loi n’a pas permis aux femmes de se montrer dans les bourses.

En résumé, les bourses sont des établissements fort utiles, lorsqu’elles sont maintenues dans les limites que la loi leur a sagement fixées. Lorsqu'elles en sont sorties, des catastrophes terribles, suites inévitables du trafic effréné qui s’y fai. sait sur des valeurs fictives, ont prouvé jusqu’à quel point les désordres qui peuvent résulter de ces réunions de commerçants et de spéculateurs sont de nature à atteindre et compromettre le crédit général.

Il nous reste à dire un mot des monuments remarquables qui servent de bourse en différents pays.

La Bourse de Londres, ou Royal-Exchange, reconstruite après le terrible incendie qui ravagea cette capitale en 1666, passe pour avoir été élevée sur les dessins d’Inigo Jones. Elle a 67 mètres de long, sur 58 de large. L’édifice est divisé en deux parties distinctes : l’une, plus particulièrement désignée sous le nom de Royal-Exchange, est consacrée à la vente des marchandises et des lettres de change; l’autre, appelée S{ock-Exchange, est le marché des fonds publics et des actions. Il existe en outre à Londres des exchanges pour la vente de différentes matières, par exemple le Corn-Exchange, bourse aux grains, le Coal- Exchange, bourse aux charbons, elc.

La Bourse d'Amsterdam, bâtie par Dankers, commencée en 1608 et finie en 1613, est également remarquable. Cet édifice a 81 mètres de long sur 45 de large. Il est souenu par trois grandes arcades sous lesquelles passent des canaux. On trouve au rez-de-chaussée un portique qui environne la grande cour et au-dessus duquel sont des salles soutenues par quarante-six piliers tous numérotés, et assi-

gnés chacun soft à une nation, soit à des marchandises de même genre.

La Bourse de Saint-Pétersbourg, terminée en 1811, d’après les plans donnés par un architecte français, M. Tomon, et qui ne fut ouverte au commerce que le 15 juin 1816, a la forme d’un parallélogramme. Sa longueur est de 107 mètres sur 80 de largeur et 29 de hauteur ; un rang de 44 colonnes d'ordre dorique, dont 10 à chaque face et 12 sur chaque partie latérale, forme une galerie ouverte autour du bâtiment. La grande salle intérieure a 41 mètres de long sur 21 de large ; elle est ornée de sculptures emblématiques, et reçoit la lumière d'en haut; on y entre par quatre côtés, où sont disposées huit chambres couvertes d’écriteaux, d'avis, d'annonces et de règlements. Les marchands russes et les étrangers s’y réunissent chaque jour, à trois heures après mici. La bourse de Saint-Pétersbourg est isolée de toutes parts ; au devant de la façade principale, du côté de la Néva, s'étend une belle place en forme de demi-lune, dont les revêtements, les trottoirs et les parapets sont en granit. Les vaisseaux qui ne tirent pas plus de 5,50 d’eau arrivent des pays les plus lointains devant la bourse même; et, pour faciliter le débarquement des marchandises, deux rampes circulaires conduisent* au niveau de la rivière. Sur cette place, aux deux extrémités du port, s'élèvent deux colonnes rostrales, ornées de statues, d’ancres et de proues de vaisseaux, et surmontées de demi-sphères concaves supportées par un groupe composé de trois Atlas, et destinées à recevoir des feux aux jours d’illuminations.

Le plan de la Bourse de Paris, le plus grand, et certes le plus magnifique édifice de ce genre, est celui d’un temple antique périptère, d'ordre corinthien, ayant 20 colonnes à chacun de ses flancs et 14 colonnes à chaque face, en comptant deux fois celles des angles ( elles sont élevées sur un soubassement de 2",60 environ, et ont 1 mètre de diamètre et 10 de hauteur). La largeur de l'édifice est de 50 mètres et sa longueur de 72. Ces colonnades procurent un promenoir ( ou péridrome ) autour des murs, qui sont percés d’arcades, ce qui, avec l’absence de frontons, distingue cet édifice des temples anciens périptères. Son élévation se termine en avant et en arrière par un simple entablemept, et présente un péristyle parfait, auquel on arrive par un perron qui occupe toute la largeur de la face occidentale, et qui est composé de 16 marches. Un autre escalier décore le perron de la face orientale. Deux statues colossales vrnent maintenant chacun de ces escaliers. Un grand vestibule communique à droite aux salles particulières des agents de change et des courtiers de commerce, et à gauche au tribunal de commerce, dont les bureaux sont à l'étage supérieur, auquel on arrive par un escalier intérieur.

La salle de la Bourse est au rez-de-chaussée et au centre de l'édifice. Sa longueur est de 32 mètres et sa largeur de 18. Elle reçoit la lumière d’en haut, et peut contenir 2,000 personnes. À l’entour règne une galerie de 3 mètres de large, sur Jaquelle s’ouvrent d’autres salles, consacrées à différents services. Cette vaste salle se fait, en outré, remarquer par une décoration du meilleur goût, et sa voûte est ornée de peintures en grisailles, de Meynier et d’Abel de Pujol, qui représentent à l'œil, avec une illusion parfaite, des bas-reliefs réels d'une grande saillie.

On ne peut pas dire que cet édifice ait le caractère précis d’une bourse; il faut l'avouer, ce n’est pas là le type d’un pareil monument, tel qu’on peut le concevoir dans un port de mer ou dans une grande ville commerçante ; mais aussi ce west pas la bourse de Bordeaux, du Hâvre ou de Lyon que l'on a voulu faire, c’est celle de la France, et en quelque sorte de l'Europe. La première pensée de ce monument naquit à une époque où l'on voulait justifier par des résullats surprenants uo grand mouvement imprimé à l'univers entier, Tout ce qui appartenait à la capitale du monde devait porter l'empreinte da la puissance, du savoir et du goût,

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afin de recueillir, au profit du peuple conquérant, l’obéissance, le respect et l'admiration. Tel était le but qu’il fallait atteindre avant tout, et Brongniart, bien pénétré de cette idée, s’attacha d’abord à donner un grand caractère à l’édifice qui lui était confié. Personne n’osera nier qu’il ait parfaitement réussi.

La Bourse de Paris avait d’abord été établie dans une partie de l’ancien palais Mazarin, puis dans l'édifice qui fut ensuite occupé par le Trésor; pendant la révolution, elle fut transférée dans celui des Petits-Pères, et de là au Palais- Royal, dans la galerie de Virginie. C’est le 24 mars 1808 que la première pierre de l'édifice actuel fut posée sur l’emplacement de l’ancien couvent des Filles-Saint-Thomas, situé rue Vivienne, entre les rues des Filles-Saint- Thomas et Feydeau. Les travaux, qui commencèrent dès cette époque, avaient été suspendus en 1814, par suite des événements politiques; ils ont été repris depuis, la Bourse se tenant provisoirement sous un hangar voisin, rue Feydeau, et l’inauguration du monument eut lieu en septembre 1824. Brongniart étant mort le 8 juin 1813, M. Labare avait été chargé de l'achèvement des constructions et des détails de l'intérieur, En 1852 les deux perrons ont été ornés de statues allégoriques, et en 1858 on a replanté les promenades,

BOURSE ( Opérations de). Outre les opérations de commerce qui s'y font, la Bourse représente un véritable marché où chaque rentier peut chaque jour vendre son titre de rente ou en acheter un nouveau. Les opérations de la Bourse s'effectuent par l'intermédiaire d’agents de change, au nombre de soixante, de soixante courtiers de commerce et de huit courtiers d’assurance. Un grand nombre d'opérations sont faites aussi par des courtiers qui n’ont aucun caractère légal, etque l’on appellecourtiers marrons. Beaucoup d’entre eux jouissent d’un crédit qu'ils ne doivent qu’à leur moralité. Les agents de change et les courtiers reconnus par la loi fournissent un cautionnement pour la garantie des condamnations qui pourraient être prononcées contre eux, dans le cas où ils transgresseraient les règlements en exerçant leurs fonctions.

Les agents de change furent institués primitivement pour négocier des lettres de change que les négociants tirent les uns sur les autres; dans toutes les bourses de France, hormis celle de Paris, ils ont conservé cette fonction d’intermédiaires entre les négociants pour le commerce des lettres de change. A Paris seulement, depuis quelecrédit public a pris un grand développement, les agents de change ont obtenu d’ajouter à leur privilége celui d’être les seuls intermédiaires pour la vente ou l'achat des effets publics : leur signature est indispensable dans ces transactions-là pour valider les opérations. Elles sont si considérables aujourd’hui, que les agents de change de Paris ont totalement renoncé à la négociation des effets de commerce; ils l’ent abandonnée aux courtiers marrons.

Tous les jours, à une heure, la Bourse de Paris est ouverte, Aune heure etdemie préciseune cloche annonce l’arrivée des agents de change, qui entrent au parquet de la Bourse ; ilss’y placent autour d’une espèce de balustrade creulaire : aussitôt les affaires commencent, et un crieur annonce le prix de chaque vente faite au comptant. Ces prix forment les cours de la Bourse. Les opérations au comptant ou réelles ne peuvent se faire qu’au parquet des agents dechange, d’une heure à trois heures. Les opérations de vente à terme se font partout et à toute heure : elles sont fictives pour la plupart; ce sont des paris sur la hausse ou sur la baisse des fonds publics jusqu’à une époque déterminée, Ces opérations sont frès-nombreuses : nous allons les parcourir succinclement, en commençant par les marchés au comptant,

Un particulier fait un achat au comptant lorsqu'il place ses capitaux sur l'État, moyennant une rente que ce dernier lui paye par semestre, d'une manière fixe. L'achat des rentes ne peut se faire que par l'intermédiaire d'un agent de change,

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auquel on remet son capital contre les inscriptions ou cerüficats de rentes qu’il donne à la place ; le droit de courtage est d’un huitième de frane pour cent, ce qui fait 12 centimes et demi par 100 francs. Losqu'une vente est terminée, il faut opérer le transfert des inscriptions des rentes au bureau des transferts dans le palais même de la Bourse; l'agent de change vient faire une déclaration à cet effet ; elle est transcrite sur des registres où le propriétaire vendeur appose sa signature.

Supposons maintenant qu'un particulier, voyant les fonds 4 à pour 100 à 97, pense qu’à la fin du mois il y aura baisse, par suite de circonstances politiques qu’il croit prévoir; dans l'espérance que sa prévision sera réalisée, il vend 4,500 francs de rente Jin courant, c’est-à-dire pour la fin du mois, au taux de 97 pour 100. Ilest clair que si le cours de la rente tombe à 95, par exenple, il aura un grand profit, puisqu'il vendra 97 ce qu’il pourra acheter 95 au moment où il devra livrer. Il est donc intéressé à ce que la rente baisse. La plupart de ces marchés à terme sont fivtifs, c’est-à-dire que les spéculateurs qui s’y livrent ne possèdent pas les sommes qu’ils vendent ou qu'ils achètent Jin courant : ils opèrent alors à découvert, et ne s'occupent que des différences. C’est ainsi que dans le cas où la rente que ce particulier a vendue 97 tombe à 95, il réalise une différence de 2,000 francs, qui lui est livrée par le spéculateur qui avait compté sur la hausse à la fin du mois; et, au contraire, il fait la perte de 2,000 francs si le spéculateur à Ja hausse a eu l'avantage sur lui par une hausse de 2 fr.

Les spéculateurs qui jouent à la baisse s’appeilent les baissiers ; ceux qui jouent à la hausse s’appellent les Aaussiers. Quand arrive le terme fixé par les uns et par les autres (et c'est ordinairement la fin du mois), toutes les manœuvres possibles sont employées par les baissiers pour effrayer les rentiers, et faire ainsi baisser la rente : tantôt ce sont de fausses nouvelles politiques extérieures tendant à faire croire à la guerre; tantôt ils supposent et répandent un changement de ministère en qui les capitalistes ont peu de confiance; ou-bien c’est une émeute qui a éclaté, et qui peut entraîner une guerre civile; ce sont des bruits de banqueroute de la part del’ Etat, etc. Les haussiers, au contraire, cherchent à mettre à profit teut ce qu'ils savent ou peuvent inventer de probable qui consolide le crédit de V'État, anime la confiance des rentiers et fasse monter la rente par de nombreux achats effectués. Tantôt ce sont les manœuvres des baissiers qui réussissent : la rente baisse, et plusieurs d’entre eux réalisent des bénéfices immenses, tandis que les haussiers font des pertes considérables, et même se voient ruinés dans l’espace de deux heures. Tantôt le contraire arrive, et ce sont les haussiers qui s’enrichissent aux dépens des baissiers.

Le marché fin prochain ne diffère du marché Jin courant qu'en ce que ce dernier a pour terme la fin du mois courant, et le premier la fin du mois prochain. Le droit de courtage que l’on paye à l’agent de change dans les marchés à terme n’est que de { seizième de franc pour 100, <e qui fait 6 centimes un quart par 100 francs.

Toutes les négociations pour Jin courant se règlent généralement à la quatrième bourse du mois suivant ; c’est ce qu’en appelle la liquidation , et, pour en faciliter la marche, on est convenu de n’opérer que sur des multiples de certaines sommes rondes.

En parlant des marchés à terme, nous n’avons indiqué que ceux où le vendeur et l'acheteur sont irrévocablement tenus de faire face à leurs engagements réciproques. Ces marchés-là s'appellent marchés fermes, par opposition à d’autres appelés marchés libres ou à prime, faits aussi pour fin courant ou fin prochain, et qui sont obligatoires pour le vendeur seulement. Voici en quoi ils consistent : un agent de change vous offre 2,250 fr. de rente fin courant à raison de 97 portant 4 : d'intérêt : l'intérêt de l’agent de change est

que le cours 97 baisse, tandis que votre intérêt, à vous, est que le cours s'élève ; vous ne voulez pas perdre plus de { fr. par 97 fr., c'est-à-dire plus de 500 fr. sur l'opération totale, Vous donnez alors 500 fr. de prime à l'agent de change, qui s'engage à livrer fin courant ou fin prochain 2,250 fr. de rente au cours de 97. Si à la fin du terme le cours baisse à 95, vous abandonnez votre prime, et vous ne perdez que 500 fr., tandis que vous en auriez perdu 1,000 à marché ferme ; si, au contraire, le cours s'élève à 100, par exemple, c'est-à-dire au pair, vous faites un bénéfice de 1,500 fr., que vous paye l'agent de change.

Le cours de la rente à prime est toujours plus élevé que celui de la rente ferme; en effet, l'acheteur court moins de dangers dans les opérations à prime que dans les opérations fermes. Le vendeur n'a d'avantage qu’autant qu'il est possesseur d'effets publics et qu’il n’opère point à découvert. Dans ce dernier cas, il est clair qu’il a une forte chance contre lui.

Le premier marché à prime fut fait par Law : quelque temps après la création de la Compagnie des Indes occidentales , les actions en étaient à 300 livres; pour élever ce prix, Law engagea les nombreux seigneurs qu’il avait pour amis à acheter des actions, leur affirmant que c’était pour eux une bonne affaire ; car, suivant lui, elles ne devaient pas tarder à atteindre le pair, qui était de 500 livres. Afin de donner plus de poids à ses paroles, il en acheta luimême, pour un termerapproché, deux cents au pair, en promettant de payer la différence entre le pair et le taux actuel s’il ne tenait pas son marché au terme convenu. Cette différence, montant à 40,000 livres, fut livrée d’avance comme prime. Elle éveilla lattention des spéculateurs, qui achetèrent des actions et déterminèrent une hausse rapide.

Les marchés à prime, aussi bien que les marchés fermes, se font par engagements réciproques entre les agents de change et leurs chents, et sous seing privé. Les agents de change gardent toujours le plus inviolable secret à ceux de leurs clients qui ne veulent pas être connus. La chambre syndicale des agents de change, composée d’un syndic et de six adjoints, surveille avec la plus sévère attention la manière dont chacun d’eux exerce ses fonctions.

A la dernière bourse de chaque mois, les acheteurs donnent aux agents de change /a réponse des primes : si les marchés sont réalisés, ils rentrent dans la classe des négociations fermes. Le premier du mois suivant, on règle les opérations faites sur les quatre et demi et les trois pour cent; le 2 on règle toutes les opérations faites sur les actions de la Banque et sur d’autres papiers publics. Le 3 les agents de change s’accordent sur les différences qu’ils ont à se payer et sur les effets qu’ils doivent se livrer, et le 4 toute liquidation se termine. Les opérations sur actions de chemins de fer se liquident deux fois par mois.

Après chaque bourse, les agents de change et les courtiers se réunissent pour arrêter les différents cours des négociations relatives aux actions des diverses sogiétés, aux lettres de change , en un mot, à tout ce qui concerne leur ministère. Ces différents cours sont portés sur un registre par un commissaire de police. Les agents de change et les courtiers doivent consigner sur des carnets les ventes et les achats qu’ils ont consommés ; ils sont tenus, en outre, d’en transcrire les conditions sur un livre coté et paraphé comme ceux des commerçants, et de livrer à tout intéressé, au plus tard le lendemain de l'opération , un extrait de leur journal, relativement à leurs négociations. Ils font, en même temps, signer aux parties des actes constatant le marché conclu par leur entremise.

Les opérations de la Bourse reviennent, en définitive, à ce que nous venons de dire sur les marchés au comptant et les marchés à terme fermes et libres; mais om conçoit qu’elles doivent offrir une complication plus grande que les marchés dont nous avons parlé, En effet, si un spéculateur fait une

vente ou un achat fin courant, les fluctuations continuelles de hausse et de baisse qui ont lieu chaque jour à la Bourse le tiennent continuellement tantôt dans l’espérance de voir des bénéfices se réaliser pour lui, tantôt dans la crainte de faire des pertes qui amèneraient sa ruine. Aussi, lorsqu'un marché est conclu fin courant par un spéculateur, il ne se borne pas à attendre avec anxiété le dernier jour du mois pour savoir le résultat de cette espèce de loterie, il fait durant tout le mois des achats ou des ventes au moyen desquelles il cherche à contrebalancer les pertes qui peuvent lui survenir, ou à grossir ses bénéfices. Ainsi, après avoir vendu une première fois4,500 fr. derente, supposons à 95 fr., si le cours vient à hausser, il vendra 4,500 -autres fr. de rente à 96, pour améliorer sa position, qui en effet est celle d’un vendeur de 9,000 fr. de rente à 95 fr. 50 cent. Le mouvement de hausse continuant, il vendra encore 9,000 fr. de rente à 97, et se trouvera alors en définitive vendeur de 18,000 fr. de rente aux prix moyens de 96 fr. 25 cent. Il r’aura plus besoin que d’une réaction de 75 centimes sur le prix imprévu de 97 fr. pour être indemne, ou d’une réaction d’un franc pour être en bénéfice,

Le joueur à la hausse qui s’est d’abord trompé agit de Ja même manière pour échapper aux suites de son erreur; il fait des achats successifs afin de réduire le prix de ses marchés. Ce mode tout naturel d'agir s'appelle faire une commune, et on doit dire que c’est le plus rationnel et le plus eertain de tous.

Souvent les spéculateurs désirent prolonger leurs opérations au delà du terme indiqué ; alors les agents de change ou les courtiers-marrons, qui s'occupent spécialement de ces affaires, les renouvellent moyennant une différence qu’on appelle report.

Le report du comptant à la fin du mois est la différence entre le taux actuel de la rente au comptant et le taux de la rente fin courant; le report d’un mois à l’autre est la différence de prix entre la rente fin courant et la rente fin prochain.

Supposons que je spécule à la hausse, j'achète des rentes à 96 fr. fin courant ; le cours baisse, et se maintient en baisse, au cours de 95, par exemple; mais j'ai de fortes raisons de croire à la hausse prochaine; je revends à 95 en payant la différence, et je rachète sur-le-champ à 95 fr. 25 cent., en supposant que le report d’un mois à l’autre soit 25 cent.

Le report est encore une manière d’emprunter sur ses rentes, Un particulier a 4,500 francs de rente; il a besoin d'argent tout de suite : il vend ses rentes au comptant, au cours de 96, par exemple, mais il les rachète fin courant à 96 f. 40 c. Au moyen d’un report de 40 c., il peut garder ses rentes , sauf à restituer le prix convenu à la fin du mois, ou fin prochain, s’il reporte fin prochain. Enfin, le report présente au capitaliste un moyen de faire d’utiles placements de son argent. Ainsi, je suppose que le cours de la rente 3 pour 100 soit à 69 fr. : un capitaliste achète au comptant 3,000 F. de rente pour 69,000 fr., et il les revend tout de suite à 69 f, 45 c. fin courant; il touchera donc à la fin du mois une différence de 450 fr. à son avantage. Il est facile de comprendre que le report est la représentation

€ la portion de coupon ou d’intérêt dont la rente s'accroît chaque mois et que le trésor paye chaque semestre. Sur le 3 pour 100 il est de 25 cent., et de 37 c. '/; sur le 4 '/ pour 100. Mais par l'effet du jeu le report s'élève ou s’abaisse à la Bourse en raison de l’abondance ou de Ja rareté de l'argent,

La plus grande partie des opérations qui se font à la Bourse de Paris reposent sur des marchés à terme, La moindre somme de rentes sur laquelle on puisse speculer est de 1,500 fr., encore lorsqu'il s’agit du 3 p. 100, Mais si les opérations à lerme se bornaient à des sommes semblables, il serait difficile que le jeu de la Bourse pût ren-

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verser dans quelques jours, dans quelques heures, des fortunes à millions. On joue plus souvent sur des 60,000 ow 100,000 fr. de rente. Les opérations ordinaires , celles qui peuvent arrêter un regard des grands habitués, s'effectuent sur 600,000 fr. ou À million de rente. Alors les petites variations du cours peuvent entraîner des différences de quelque valeur, puisque les variations de 5 centimes entraînent des différences de 10,000 fr., et les variations de 1 franc, des différences de 200,000 fr. Enfin les opérations qui excitent l'attention générale ne portent que sur des millions de rente ou sur des millions d’actions de toutes sortes. Nous avons vu de nos jours se renouveler presque la fièvre du jeu qui s’empara des esprits lors de la création de la banque de Law.

Pour donner une idée plus complète des transactions journalières de la Bourse, transactions qui valent moyennement à chacun des soixante agents de change un revenu annuel

de 120,000 francs, citons un passage d’une brochure de :

M. Émile Péreire, intitulée : £xamen de budget de 1832.

« La chambre syndicale des agents de change, dit-il, per-

çoit un droit de cinq francs sur chaque vente ou achat dont le capital nominal est de cent mille francs : ce droit prélevé seulement sur les opérations qui s’effectuent d’agent de change à agent de change, c’est-à-dire dans le parquet de la Bourse, produit année moyenne environ douze cent mille francs, ce qui porte la totalité des négociations ainsi faites à un capital nominal de vingt-quatre milliards. Mais, la même opération donnant lieu à une vente et à un achat, pour obtenir le chiffre de l’opération réelle, il faut prendre la moitié de cette somme, et dès lors on trouve que l’ensemble des opérations de l’année s’élève en capital à douze milliards. Ces sommes réparties sur les trois cents jours pendant lesquels la Bourse est annuellement ouverte, on trouve que le chiffre moyen des opérations à terme s'élève chaque jour en capital à quarante millions. Si l’on ajoute maintenant à cette somme les opérations que chaque agent de change traite directement de client à client sans l'intermédiaire de ses collègues, opérations qui, quoïque très-nombreuses, ne sont point soumises au droit prélevé par la chambre syndicale, et qui dès lors ne peuvent être évaluées ; si l’on ajoute également les rentes vendues au comptant , ainsi que celles qui sont vendues en de-

hors du parquet, on aura au moins une somme égale à celle

que nous venons d'indiquer. » |

Toutes les affaires de fonds, ainsi que la vente des lettres de change, se traitent généralement à la Bourse entre une heure et trois heures. La vente des lettres de change se fait par les courtiers marrons; ils sont les seuls qui fassent des affaires réelles; aussi servent-ils d’intermédiaires très-utiles au commerce, tandis que les agents de change ne sont plus en quelque sorte que des croupiers de jeu : mais il faut dire qu'ils y sont forcés, quelque honorable que soit leur caractère privé, par le prix énorme de leurs charges, et par les frais considérables que nécessite leur clientelle.

D’apres la loi, un agent de change ne peut faire pour lui aucune opération à la Bourse; il doit même rester purement et simplement intermédiaire entre les particuliers ; mais les agents de change ont été forcés de ne pas se borner à ce rôle passif dans les marchés à terme, et il y a ainsi contradiction entre la loi et ce qui se passe chaque jour à la Bourse Ils sont obligés de répondre vis-à-vis de leurs clients des opérations dont ils se chargent; les clients ne connaissent que les agents de change, c’est avec eux seulement qu’ils traitent : aussi, lorsqu'il y a eu de grandes variations dans la hausse et dans la baisse, il n’est pas sans exemple de voir un agent de change ruiné prendre la fuite pour échapper à ses créanciers et à la loi, qui, refusant de lui recon: naître aucun caractère actif, déclare par cela seul qu’il est en dehors de toute chance personnelle, qu'il ne peut faillir. Nous ajouterons, à propos des ventes à terme, que la loi ne

Rae.

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les reconnaissant pas, les tribunaux ne peuvent s'interposer dans les contestations auxquelles elles donnent lieu; par suite, le créancier d’un agent de change, ou de tout autre, pour ce genre d'opération, n’a aucun moyen légal de se faire payer. ‘

Les agents de change ne s'occupent pas seuls des opérations à terme. 11 y a des courtiers marrons qui s'en chargent aussi; on les appelle coulissiers, à raison de la place qu'ils occupent à la Bourse près de l'entrée du parquet. Ils traitent les mêmes opérations que les agents de change moyennant un courtage moins élevé ; mais ils ne présentent pas une garantie aussi solide que les agents de change; néanmoins, il font des négociations très-nombreuses, et qui influent beaucoup sur le cours des effets publics; plusieurs d’entre eux jouissent d’un grand crédit. Si un coulissier manque, on n’a aucune prise contre lui : en effet, il ne se charge que d'opérations à terme, et la loi, comme je lai déjà dit, ne les reconnait pas.

A trois heures la cloche sonne à la Bourse; les agents de change quittent le parquet; alors commence une nouvelle série d’affaires, cesont les affaires de marchandises. Les négociants arrivent, et remplacent les capitalistes et les banquiers qui jouaient à la rente; les courtiers de commerce proposent les affaires de leurs clients, et servent ainsi d’intermédiaires utiles aux transactions de commerce. Le droit exclusif d’exercer leurs fonctions leur est accordé par la loi ; ils forment une corporation comme les agents de change. Cette nouvelle bourse dure jusque vers cinq heures.

Les opérations de marchandises sont à peu près les seules dont on s'occupe dans les autres bourses de France; cependant, depuis 1819 le baron Louis a créé dans chaque département un livre auxiliaire du grand-livre de la dette publique. Là où ilse trouve de ces petits grands-livres, les agents de change ont aussi le droit exclusif d'opérer les ventes ou achats des rentes. Les inscriptions sont contrôlées et visées par les préfets, et signées par les receveurs généraux; ceux-ci sont chargés de payer les intérêts. Généralement les opérations de ce genre sont assez minimes dans chaque département, parce que le grand marché est à Paris ; c’est là que se font presque tous les achats ou ventes pour toute la France,

Après ce qu’on vient de lire sur la Bourse de Paris, il est facile de comprendre ce qui se passe à la Bourse de Londres, car les opérations sont à peu près les mêmes dans toutes les Bourses du monde. Elles diffèrent seulement par quelques traits originaux tenant au caractère propre de la nation.

Les affaires qui se traitent à la Bourse de Londres sont immenses ; elles surpassent de beaucoup toutes celles qui se traitent ailleurs, soit en Europe, soit en Amérique. On cote journellement à cette Bourse non-seulement le cours des fonds publics anglais, des actions des différents canaux, docks, travaux hydrauliques, compagnies des mines, du gaz, d'assurances, et autres entreprises particulières, mais encore tous les effets publics étrangers, car la plupart des États de PEurope et de l'Amérique contractent leurs emprunts à Londres.

Les fonds publics de l'Angleterre consistent principalement en inscriptions de rentes transférables sur les livres de la Banque. Les rentes à termes ou annuités temporaires, qui font partie de la dette fondée de la Grande-Bretagne, se divisent en /ongues annuités et annuités courtes. Les premières ont été créées à des époques diverses pour finir toutes ensemble; les secondes sont créées pour dix, quinze, ou trente ans, et n’ont pas de terme commun. Ces diverses annuités se cotent journellement à la Bourse de Londres.

Lorsque le gouvernement fait un emprunt, il traite pour la totalité avec un petit nombre de banquiers, lesquels s’engent à verser le montant à la Banque, par portions, dans

espace de huit ou neuf mois, contre une certaine quantité d’effets publics, de différentes natures, évalués à des prix dé-

terminés par la souscription. Le tout ensemble des trois ou quatre espèces de fonds qui entrent dans la composition de l'emprunt s'appelle omnium, étant négocié sur place indivisément; mais s’il ne s’agit que du placement de tel article de la souscription, alors on se sert du mot scrip, avec la désignation de l'espèce particulière de fonds à prendre sur la souscription. L'omnium et le scrip ont un prix courant à la Bourse de Londres. L'acheteur de ces effets acquiert le droit de se faire mettre, par la Banque, à la place du souscripteur primitif, lequel reçoit de son acheteur le remboursement des payements déjà effectués au compte de sa souscription, et de plus un boni ou bénéfice convenu.

Les divers fonds dont il a été parlé constituent la dette fondée, parce que les intérêts en sont garantis et payés sur des impositions votées par le parlement. La defle flottante se compose d’efféts à terme, émis par le gouvernement ; ils portent intérêt et sont payables au porteur : ce sont des navy-bills (billets de la marine), portant intérêt après six mois de leur date, et les billets de l'échiquier, portant intérêt depuis le jour de leur création jusqu’au jour du payement par l’État. Ces effets se vendent et s’achètent chaque jour à la Bourse de Londres.

Le jeu est incomparablement plus effréné à la Bourse de Londres que dans les autres Bourses du continent. La vente et l’achat réel des fonds ne sont relativement que peu de chose. Le local de la Bourse est un vaste édifice, consistant en trois grandes salles et autres pièces accessoires; là se rassemblent chaque jour de mille à douze cents individus cherchant à faire fortune, les uns au moyen de la hausse, les autres au moyen dela baisse. Le haussier reçoit le nom de taureau (bull), et le baïissier celui d’ours (bear); tout spéculateur qui veut entrer au jeu ne peut le faire que par l'intermédiaire des agents de change (brokers), en leur payant une commission. La vue intérieure de la Bourse offre un caractère d'originalité tout particulier : c’est à dix heures du matin que les portes en sont ouvertes; le signal est donné par le plus ancien concierge, qui à dix heures précises agite une grosse crécelle de walchmann. Aussitôt la foule se précipite dans l'immense maison de jeu; c’est à qui arrivera le plus vite pour proposer le cours le plus favorable à ses spéculations ; les uns offrent à vendre, les autres à acheter ; rien r’égale le tumulte , l'agitation que produisent les partis opposés ; les émotions les plus violentes de joie ou de désespoir selisentsur les visages altérés des joueurs lorsqu'une nouvelle importante circule dans la Bourse et cause la hausse ou la baisse d’une manière rapide : ceux-ci voient en quelques minutes toute leur fortune disparaître comme dans un gouffre ; ceux-là dans le même temps voient des richesses considérables entrer en leur possession.

Les acteurs du drame quotidien de la Bourse ne pourraient le continuer toute la journée sans reprendre haleine ; aussi de temps à autre le jeu s’arrête comme si tous ceux qui y prennent part s’entendaient , et alors c’est le délire, c’est la gaieté la plus extravagante qu’ils offrent au spectateur. Chacun fait. sauter en l’air le chapeau de son voisin, relève les basques de son habit sur sa tête et ses épaules, ou lui jette des bombes de papier ; c’est une cohue où tous se poussent et se boxent les uns les autres; enfin ce sabbat diabolique se termine ordinatrement par une chanson populaire entonnée en chœur par la foule entière des Joueurs. Tous y prennent part, même ceux dont la rume vent d'être consommée ; ils dissimulent ains1 leur malheur, afin de pouvoir courir une dernière chance désespérée. Bientôt après le jeu recommence avec plus de fureur : les uns veulent réparer leur perte, les autres augmenter leur gam; ils y emploient toutes les ressources de la ruse et du mensonge, ct toute la vigueur de leurs poumons.

Le chant qui sert à la récréation des joueurs leur sert aussi pour punir les infractions à l'étiquette du lieu. Le coupable est environné par une multitude de chanteurs aui l’assour-

dissent du God save the king, ou de tout autre refrain.

Les jours où l’agitation est la plus grande sont les jours de liquidation, c’est-à-dire ceux où les marchés à terme se règlent ; alors le cours des rentes est modifié presque exclu- Sivement par le combat à outrance que se livrent les ours et les {aureaur. Les premiers ont vendu à terme au faux de 82, par exemple : ils sont donc intéressés à la baisse, car si les fonds descendent à 81, ils auront le gain de { pour 100 du capital nominal; au contraire, les taureaux ont acheté à 83 : ils sont donc intéressés à la hausse, car si les fonds remontent à 84, ils gagneront, en revendant, 1 pour 100 du capital nominal. Aussi les ours n’épargnent-ils rien pour amener la baisse, tandis que, de leur côté, les taureaux ont recours à toutes les ressources de l'éloquence persuasive pour amener la hausse; si l'ours semble fléchir et paraît disposé à arrêter le cours en proposant l'achat des rentes qu’il a vendues et qu’il doit livrer, le taureau devient plus difficile encore : il élève son prix; si, au contraire, le taureau faiblit le premier, l’ours en profite pour lui offrir un prix plus bas; et lorsque après une série de manœuvres extrémement multipliées de part et d'autre, manœuvres qui durent quelquefois jusqu’au lendemain, il est prouvé, je suppose, que les ours ont à livrer plus de rentes que les taureaux n’en ont à recevoir, ou, en d’autres termes, que les ours ont vendu dans le courant du mois plus de rentes à terme que les taureaux n’en ont acheté, ceux-ci font la loi , et, sans pitié pour les malheureux ours, ils les ruinent autant qu’ils peuvent; dans la supposition contraire, les taureaux ne seraient pas traités avec plus de ménagement. Lorsque le taureau ou l’ours, après avoir été vaincu, ne peut pas ou né veut pas payer la différence qu’il doit, il est déclaré lame duck, canard boîteux , et exclu dela Bourse.

Les hommes qui jouent un rôle actif à la Bourse de Londres se divisent en trois grandes classes : les agents de change (brokers), les agioteurs (jobbers) et les spéculateurs (speculalors). Les agents de change de la Bourse de Londres opèrent comme ceux de la Bourse de Paris, pour les particuliers, moyennant un huitième pour cent sur les transactions d'argent.

Les agioteurs (jobbers) portent un nom pris en mauvaise part, et qui est quelquefois synonyme de voleur : ils sont censés acheter ou vendre des rentes ; mais, par le fait, ils ne font que parier qu’elles seront à tel ou tel prix le jour où il leur faudra les livrer, n’ayant ni la rente qu'ils vendent,

ni les fonds pour retirer celles qu’ils achètent; leur gain

ou leur perte réside dans la différence de prix entre le taux de la rente pariée et son cours au terme, différence qu'ils recevront ou qu’ils payeront. Beaucoup d’entre eux sont riches et honnêtes. Les jobbers ont la plus grande analogie avec les courtiers marrons de la Bourse de Paris; comme eux, ils sont d’une grande utilité, et facilitent beaucoup les opérations. Par exemple, je suppose qu’un agent de change soit chargé par un de ses clients d’acheter des rentes pour une somme déterminée : sans le jobber l'agent de change serait forcé d'attendre qu’un de ses collègues lui offrit de vendre la même somme ; maïs le jobber lève loute difficulté : il est toujours disposé à acheter et à vendre : pour l'achat il offre, je suppose 83 1/8, et pour la vente il demande un prix de 1/8 en sus, c’est-à-dire 83 2/8; il accepte la somme de l'agent de change à 83 1/8, et la vend le plus tôt possible à 83 2/8. Le 1/8 de différence forme son bénéfice; ceci explique pourquoi dans les cotes d’une même bourse on aperçoit toujours une différence entre les cours d'achat et les cours de vente.

Les spéculateurs (speculators) sont ceux qui cherchent à profiter des fluctuations de la bourse pour leur propre compte, Les trois rôles de broker, de jobber et de speculator sont quelquefois rempiis par le même individu ; d’autres fois, il n'en remplit que deux ou même un seul,

Auguste CHEVALIER,

BOURSE — BOUSAGE

Depuis le mois d'avril 1859 l'ouverture de la Bourse de Paris a lieu à midi. D:

Un décret du 17 décembre 1856 autorisa la ville de Pan ris à percevoir un droit d'entrée, fixé à 1 fr. par personne pour la bourse des effets publics et à 50 c. pour celle des marchandises, Ce droit, qui rapportait plus d'un million par an, fut supprimé, sans aucun motif, le 22 novembre 1861,

BOURSE A BERGER, BOURSE A PASTEUR ( Bolanique ). Voyez TuLaspt.

BOURSE DE MER, nom vulgaire d’un corps qu Pallas à rangé parmi les alcyons dans la classe des zoophytes ou animaux plantes, sous le nom de alcyonium bursa, et qui est considéré par Lamouroux comme une plante cryp-" togame aquatique, qu’il a nommée spongodium bursa.

BOURSETTE ( Botanique), nom vulgaire de la bourse à berger ou thlaspi et de la mâche commune,

BOURSETTE (Zoologie). Voyez BOURSE À BERGER. M

BOURSOUFLE. Composé du substantif bourse et du. verbe souffler, le mot boursoufler, qui exprime l’action de faire enfler, comme lorsqu'on souffle dans une bourse ou dans une vessie, s'emploie au propre, pour indiquer le gonflement des parties molles du corps par suite de quelque cause morbifique. En général, on entend par boursouflé tout ce qui est enflé de vent ou d'humidité.

En littérature, toutes les fois qu'on manque d'énergie, de talent ou d'inspiration, ct qu’on veut frapper fort, on devient boursouflé : c’est une détresse de nature que gonfle le vent des mots. En général, il ne faut que du bruit pour attirer l'attention ; en retour, tout ce qui est boursouflé ne supporte pas l'examen. Revenu d’une première surprise, on « siffle le lendemain ce qu'on a admiré la veille. Les poëtes dépourvus de sensibilité pour peindre les passions, ou d’imagination pour inventer des événements, sont boursouflés. Il en est de même de certains orateurs qui, impuissants à ren- … contrer de véritables effets, tombent dans lexagération : a: n’est plus le génie de la parole, c’est l'exploitation du mifier,

Les classes qui n’ont reçu aucune espèce d'instruction , comme celles qui n’en possèdent qu’une demie, se laissent séduire par tout ce qui est boursouflé : elles n’ont pas assez de discernement pour choisir entre la vérité et la charge; elles penchent d’instinct vers cette dernière, parce que dans l’ampleur de ses formes éclate une sorte de fausse grandeur, qui saisit et étonne. Les femmes , lorsqu'elles vivent dans la solitude, se passionnent pour ce qui est boursouflé, soit dans les productions de l'esprit, soit dans les sentiments du cœur : alors elles sentent , mais ne réfléchissent pas. Plus tard, si elles rentrent dans la société, elles re- viennent à ce qui est naturel et vrai, surtout dans les rap ports ordinaires de la vie; elles acquièrent à cet égard une expérience de tous les jours, qu’éclaire encore le tact dont elles sont douées. Relativement au goût dans la littérature et les arts, il leur faut des efforts, des conseils , et jusqu'à des études; c’est qu’il y a dans le goût, cet ennemi déclaré de tout ce qui est boursouflé, un fonds de connaissances à acquérir. Dans ce genre, sentir est peu; c'est sentir juste qui est tout.

BOURSOUFLU ou BOURSOUFLÉ, Voyez Dionons et Bourse ( Histoire naturelle ).

BOUSAGE. Cette importante opération de la fabrication desindiennes succède au mordançage, Elle a pour but de fixer complétement le mordant, d'enlever une partie des matières employées pour lépaissir, et de dissoudre le mordant non combiné, qui n'étant que mécaniquement appliqué sur les fibres du tissu, coulerait lors de la teinture, et donnerait lieu à des taches,

Le bousage est-ainsi nommé, parce qu'il s'opère par l'emploi de la bouse de vache, dont la matière albumineuse fixe le mordant en formant avec lui une combinaison inso- luble, 11 s'effectue ordinairement dans une caisse de 2 à 3mè-

BOUSAGE — BOUSINGOT

tres de profondeur, {",50 de large et 4 mètres de longueur, dans laquelle on verse un bain composé de 30 kilogrammes de bouse de vache et de 1,200 à 1,500 litres d’eau, bain pouvant servir pour le bousage de 20 à 60 pièces d’indiennes. On place près du fond de la caisse une suite de rouleaux autour desquels le calicot serpente en passant d’abord sur l’un, puis sous le suivant, et ainsi de suite, pour arrivar enfin entre deux rouleaux de pression, placés à l’un2 des extrémités et qui lui communiquent le mouvement.

Penot et M. Camille Kæchlin ont publié des notices intéressantes sur le bousage. Depuis ; MM. Mercer et Blyte, de Manchester, ont trouvé le moyen de fabriquer économiquement un sel propre au bousage. Enfin, pour des nuances très-délicates, on emploie du son au lieu de bouse de vache, qui leur communiquerait une teinte verdâtre,

BOUSE, mot dérivé du grec Bods, bœuf, et par lequel on désigne les excréments du bœuf et de la vache. Les gens de la campagae emploient quelquefois la bouse pour guérir les piqûres de mouches à miel, ou pour résoudre les apostèmes, et avec plus de succès, pour cicatriser les plaies des végétaux. On s’en sert dans l'Inde, comme dans une foule d’endroits et même dans plusieurs de nos départements, pour faire du feu, et cette coutume paraît fort ancienne en Asie, puisque Tite-Live en fait mention. Mais le plus grand emploi de la bouse est comme engrais, C’est à tort que l’on dit communément que c’est un engrais froid, il faut dire que c’est un engrais frais, très-utile dans les terrains sces et sablonneux, parce qu'il s’y décompose plus lentement que le famier de cheval, et qu'il contient plus d’eau. L'un et l'autre, du reste, sortis du monceau et jetés sur le sol ou enterrés, donnent une chaleur égale, ce dont il est facile de s'assurer au moyen du thermomètre, Nous disons sortis du monceau, parce que les excréments que les animaux répandent sur les prés sont en partie perdus ; ils sont bientôt desséchés par l’action du soleil, qui volatilise, dissipe les sels et le principe huileux qu’ils contiennent, et ne laisse plus que la partie terreuse ; tandis que la bouse, rassemblée en masse, ne perd aucun de ses principes. Si l’on veut lui donner plus d’activité, il faut y méler de petites couches de chaux réduite en poudre lorsqu'on la met en monceau pour fermenter.

On emploie aussi la bouse de vache dans la teinture des toiles peintes (voyez BousaGE). Pour pouvoir expliquer l’action qu’exerce la bouse de vache dans cette opération, Penot en a fait une analyse qui lui a donné, pour 100 parties : eau, 69,58; matières biliaires, 0,74; matières sucrées, 0,93 ; chlorophylle, 0,28 ; matière albumineuse, 0,63; fibres végétales, 0,39; chlorure de sodium, 0,08 ; sulfate de potasse, 0,05; sulfate de chaux, 0,25 ; phosphate de chaux, 0,46; carbonate de chaux, 0,24; carbonate de fer, 0,09; silice, 0,14; perte, 0,14.

BOUSHIR. Voyez ABOUSCHEBR.

BOUSIER. Dans le langage ordinaire, on désigne sous ce nom des insectes qui vivent dans les bouses de vache. En entomologie, on s’est d’abord servi de ce terme vulgaire pour l’appliquer à quelques espèces de coléoptères de la tribu des scarabéides , famille des Zamellicornes. Mais le très-grand nombre d’espèces bien distinctes de ces habitants des bouses, qu’on a déterminées au fur et à mesure des progrès de la science , a forcé les entomologistes à constituer plusieurs genres, et à les grouper sous des noms particuliers.

Les bousiers, qui formaient d’abord un seul genre, ont été subdivisés par Fabricius en trois, savoir : le genre bousier proprement dit, le genre c{euchus, ct le genre onite. M. Duméril a conservé le genre bousier, et le subdivise en trois sous-genres, savoir : les coprides, les ateuches , et les oniles. Ces trois genres ou sous-genres renferment un très-grañd nombre d'espèces, qui ont nécessité de nouvelles divisions et subdivisions.

Lorsque les excréments ont été déposés, soit par des bœufs ou par des chevaux, ces insectes, attirés par l'odeur, mème de fort loin, arrivent de toutes parts en bourdonnant,. Ils s’y cachent et y trouvent à la fois leur nourriture et une habitation. Quelques espèces roulent en boule des portions d’excrément après y avoir déposé un œuf. Ils traînent en marchant à reculons cette boule ou pilule ( d’où le nom de pilulaires, qu’on leur a aussi donné ) jusqu’à ce qu’elle soit arrondie et assez consislante pour être déposée dans des trous propres à la recevoir.

Les espèces de bousiers les plus grosses étaient autrefois employées en médecine. Elles entraient dans la composition de l’huile de scarabée, de la pharmacopée de Paris.

Deux espèces de bousiers étaient adorés par les Égyptiens. L'une est le scarabée sacré de Linné ou l’ateuchus d'Olivier. On la trouve dans toute l'Égypte, dans les contrées méridionales de France, en Espagne, en Italie, et en général dans tout le sud de l'Europe. L'autre (l’ateuchus des Égyptiens, Latreille ) est de couleur verte, avec une teinte dorée, tandis que la première est noire. Ces bousiers, ou scarabées sacrés, ont été considérés par les Égyptiens comme des symboles du monde, à cause de leur habitude de rouler une boule. IIS faisaient partie de leur culte religieux et de leur écriture hiéroglyphique. Ils sont représentés sur tous leurs monuments sous diverses positions, dans des dimensions variables, souvent gigantesques. On formait avec diverses matières portant leur efligie, des cachets, des bagues et des amulettes que l’on suspendait au cou, et que: l’on ensevelissait avec les momies. L’insecte lui-même a été trouvé quelquefois renfermé dans les cercueils égyptiens.

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