L. LAURENT
BOUSIN ou BOUZIN, matière première et limoneuse des, pierres en carrière. Le bousin est, pour ainsi dire, aux pierres dures ce que l’aubier est au bois. C’est, en un mot, une pierre imparfaite; mais on entend plus ordinairement par ce mot le dessus des pierres qui sortent de la carrière, espèce d'enveloppe ou de croûte de terre non pétrifiée, que l’on enlève en équarissant les pierres, opération que l’on nomme ébousiner.
Ce mot s'emploie encore trivialement dans le sens de bouge, et se dit des mauvais lieux que hante le rebut de la société.
BOUSINGOT. Nous avons cherché des bousingots, et nous n’en avons pointrencontré ; nous avons demandé à droite, à gauche, à tous les partis, ce qu’ils étaient devenus? Les bousingots ont complétement disparu de l'horizon politique ; il ne reste plus d’eux qu’un beau caractère tracé dans 1e roman d’Horace, par M"° Sand; leur Journal de: la liberté dans les arts est introuvable, et le Figaro de 1832, leur plus mortel ennemi, manque au national cabinet de lecture de la rue Richelieu. A ces divers symptômes, à cette absence à peu près absolue de documents , nous avons reconnu que le temps était arrivé d’esquisser leur histoire.
Nous ouvrirons pour eux le chapitre des chapeaux, chapitre beaucoup plus important et plus sérieux qu’on ne pourrait le croire. Tout homme qui de notre temps imprime à son chapeau un cachet historique est un grand homme, témoin Frédéric, Napoléon et Bolivar. Louis XVIII a failli toucher ce but; mais ce n’était qu’un homme d’esprit, et il la manqué. Les bousingots ont essayé trois fois d'atteindre au sublime par leur coiffure. Ils ont d’abord inauguré sur la terre ferme le chapeau marin de cuir verni, que l’on appelle vulgairement un bousingot, et le nom leur en est resté, On prétend que ce nom servait à lui seul de texte à leurs hymnes patriotiques, ct qu’ils le psalmodiaient en parties, avec le plus grand charme, sur l'air de Frère Jacques. A leur premier couvre-chef se rattachaient de grands principes d'égalité, de frugalité et de loi agraire. Quand ils abandonnèrent le bousingot, ils essayèrent d'un. chapeau en pyramide, qui fit sensation au quartier latin .
vu le moyen âge éfait encore en vigueur et Notre-Dame de Paris dans toute sa gloire. Les Augolätres donnèrent la main aux bousingots. Ce fut leur beau temps , le temps du long espoir et des vastes pensées, de la barbe de chèvre, des cheveux plats , de la cravate rouge, du gilet à la Marat, et du Journal de la liberté dans les arts. Is charmèrent tout le Paris des estaminets et des bals publics, par l’excentricité de leur costume, leur crânerie vis-à-vis de l’autorité , et leur aplomb de personnages politiques. La earicature alors les aperçut , les poursuivit, et, pour s’esquiver, ils se réfugièrent sous un troisième chapeau , d’assez noble origine, sous le chapeau gris que Louis-Philippe avait arboré en juillet 1830. Malheureusement, le jour où ils choisissaient ce feutre auguste pour abri, la royauté le quittait, et les coups de bâton pleuvaient dessus. Cette averse dispersa les bousingots. ;
Ils se fondirent presque aussitôt, suivant leurs convictions, leurs passions , leurs rancunes, dans diverses sociétés populaires qui livrèrent à la monarchie bourgeoise de rudes assauts; alors on les vit combattre avec une valeur dont l'héroïsme ne le cédait en rien à celui des républicains les plus sérieux et le plus profondément convaincus de la bonté de leur cause, se faire massacrer sur plusieurs points et expier à la française leur frivolité par leur sang. On ne leur en tint aucun compte, on n’alla pas chercher si loin; et ils restèrent dans la mémoire publique comme des types d’émeutiers de première année et de casse-lanternes. Quand est venue la République, les anciens bousingots ont fait à la queue des partis républicains et socialistes exactement la même figure que les chauvins au dernier rang du bonapartisme et les voltigeurs de Louis XV à la suite des émigrés,
BOUSSAC, ville de la Creuse, pittoresquement sifuée sur un rocher escarpé, qui domine le confluent du Véron et dela Petite-Creuse, à 40 kilom. de Guéret; c'est la plus petite des sous-préfectures de France : on n’y compte que 1,062 âmes. Jadis place très-forte, elle conserve encore sa vieille enceinte flanquée de tours. On y fait commerce de cuirs et de bestiaux. La sous-préfecture a été installée dans les restes d’un château féodal reconstruit en partie au quinzième siècle; les salons en sont décorés de tapisseries de haute-lisse qui orpaient, dit-on, l'appartement du prince Zizim dans sa prison de Bourganeuf, Boussac était au moyen âge une baronnie.
BOUSSINGAULT (Jean-Baptiste - Josepg - DieupoxNÉ ). A l'exemple d'Alexandre de Humboldt, aujourd’hui son ami, autrefois son protecteur, vous le voyez,
“fort jeune encore, et à peine sorti de l’école des mineurs de Saint-Étienne, accepter les offres qui lui furent faites par une compagnie anglaise pour diriger l'exploitation de quelques mines d'Amérique. On venait de lui préparer une carrière lucrative : son incessant besoin d'apprendre la lui fit adopter avec amour, avec enthousiasme. Aussi se livrat-il à d’infatigables observations de température et de barométrie dans un pays où tout était encore à étudier pour l'Europe savante. Analyses chimiques, mesure des hauteurs des montagnes, géologie, botanique, magnétisme terrestre, M. Boussingault a tout étudié, tout embrassé avec la plus haute distinction. Vous savez tous les dangers des climats équatoriaux pour Jes natures européennes ; vous connaissez les saisons pluviales de ces régions si bizarres , les phénomènes météorologiques qui viennent périodiquement se ruer sur une végétation trop puissante, et qui écrasent les tempéraments les plus robustes... Eh bien! M. Boussingault brave les maladies contagieuses, escalade les cimes les plus élevées, traverse les courants d’eau les plus rapides, affronte Ja soif, la faim, les attaques des peuples incivilisés de cette partie du Nouveau Monde, et tout cela au profit de la science, qui a si bien fait de compter sur lui, Son herbier s'enrichit, ses calepins deviennent les confidents des notes les plus précieuses, et dans ses récits le savant n'ou-
BOUSINGOT — BOUSSOLE i
bliera qu’une chose, le détail des dangers qu’il aura bravés, | Pendant la guerre de l'indépendance, il fut attaché comme” colonel à l'état-major du général Bolivar, auprès duquel” il jouissait d’un grand crédit et d'une grande considération.4 En sa double qualité de militaire et de savant, il parcourut" non-seulement la province de Vénézuéla et celles placées” entre Carthagène et l'embouchure de l’Orénoque, mais en core le Pérou et la république de l’Équateur. lei se déroulé à une immense série de travaux de {ous genres, sccopls a milieu des plus rudes fatigues et des périls les plus immi= nents : vous diriez un Institut en masse voyageant au profit. de la science et de l'humanité.
A son retour en France, M. Boussingaull remplit les fonc: tions de doyen de la Faculté des Sciences de Lyon et de pro fesseur de chimie, fonctions qu’il abandonna ensuite, afin d’avoir plus de loisir pour s’occuper de ses études spéciales. La récompense ne devait pas se faire longtemps attendre, car en 1839 il fut nommé membre de l’Institut, en rempla= cement de M. Huzard, dans le section d'agriculture. Il était déjà professeur d'agriculture au Conservatoire des Arts & Métiers. Jacques ARAGO.
Avant son entrée à l'Académie et depuis, M. Boussin=# gault a publié un grand nombre de mémoires remarquables sur la chimie agricole. On lui doit un excellent Traité d'économie rurale (1844, 2 vol. in-8°), réimprimé et aug= menté sous le titre d'Agronomie, chimie agricole et phy= siologie (1860 64, 3 vol, in-8°); des Mémoires de chimie agricole (1854, in-8°), et La Fosse à fumier (1858, in-8°); Ajoutons que c'est à M. Boussingault qu’on doit en partie l'appréciation comparative des engrais par le dosage de l’a zote. Il a fixé, avec M. Dumas, les proportions exactes des principes constituants de l'air atmosphérique, et s’est livré à d’excellentes recherches sur le rôle des différents végétaux dans l’alimentation des herbivores, et sur l'engrais= sement des bestiaux. On lui doit aussi une méthode très= simple de préparation de l'oxygène au moyen de las baryte.
En 1848, M. Boussingault, directeur co-propriétaire.de l'usine de Béchelbronn, située dans le Bas-Rhin, fut en-h voyé par ce département à la Constituante, où il votait avec les républicains modérés. Il fut ensuite élu per la même assemblée membre du conseil d'État , et y fit partie de la section de législation jusqu’au 2 décembre 1851. M. Boussingault est né à Paris, le 2 février 1802. BOUSSOLE. La pièce principale de cet instrument est une lame d’acier ordinairement en forme de I6sange, et qui: ayant été aimantée, jouit de la propriété remarquable de se tourner constamment vers un même point de l'horizon dans un même temps et dans un même lieu; c’est-à-dire que cette aiguille, étant librement suspendue , si on l’écarte à droite ou à gauche de la position dans laqueile: elle était en repos, elle y reviendra, et s'y arrêtera après quelques 0s cillations. Voyez AIMANT. | Dans les boussoles dont on fait usage à la mer, on place l’aiguille dans une boîte de cuivre appelée cuvette; cette boite, de forme cylindrique, est recouverte d’une glace L’aiguille, posée sur un pivot pointu et poli, est chargée d’un cercle de falc ou de carton que, dans son mouvement, alle est obligée d'entraîner, ce qui modère la trop grande fac lité qu’elle aurait à vaciller. Une rose des vents est {raoée sur ce cercle, dont le centre coïncide avec le point de s pension de l'aiguille, et celle-ci est dirigée suivant la ligne Nord et Sud de la rose. Un cercle gradué est fixé à la boite concentriquement à celui de la rose ; il sert à faire connaitre les angles formés par la direction de l'aiguille et celle du vaisseau, et permet en même temps de tenir exactemenl compte de la déclinaison. La boite qui renferme l'aiguil est supportée par deux cercles à pivot dans lesquels elle balance de manière à rester horizontale, malgré le tangagl et le roulis du navire,
… Tout porte donc à croire que pendant les croisades