BOUTEILLE DE LEYDE — BOUTER
ensuite chaque armure séparément, on verra, en-les repla +
çant, que la bouteille n’a pas perdu sensiblement de sa force.
S'il y a dans larmure intérieure un excès d'électricité, …
qui n’est maintenü que par la pression atmosphérique; on devra tirer de cette armure une étincelle électrique, quand
on la touchera sans toucher en même temps, bien entendu,
l’armure extérieure. L’électricité qu’on n’enlèvera point ne restera qu’en vertu de l'attraction de l'électricité opposée de l’'armure extérieure. 11 faut qu'il y aït sur celle-ci un excès d'électricité négative; on pourra donc en tirer une étincelle, puis une nouvelle étincelle de l’armure intérieure, et ainsi de suite, en sorte qu’on déchargera de cette manière la bou-
teille par une série d’étincelles, et sans éprouver de com-
motion.
Le carreau fulminant et le condensateur ne sont que la bouteille de Leyde sous une autre forme.
Une batterie est une réunion de plusieurs grandes bouteilles, dontlesarmures intérieures communiquent ensemble, ainsi que les armures extérieures. Chaque bouteille prend
alorsle nom de jarre. Les effets des batteries sont ceux dela …
bouteille de Leyde plus ou moins agrandis : c’est par la décharge d’une batterie puissante qu’on fond et.volatilise les métaux, qu’on enflamme la poudre, qu'on tue des animaux ; c’est en un mot avec cet instrument qu’on donne une idée des effets de la foudre. C. DEsPreTz, de l'Acad. des Sciences. BOUTEILLER ( Grand ). C'était autrefois la charge d’un des cinq grands officiers de la couronne, remplacé depuis par legrandéchanson, qui hérita d’une partie de ses fonctions, mais non deses priviléges. En effet, le grand bouteiller signait les chartes des roïs, siégeait à la cour des pairs et exerçait, en vertu de son office , l’une des deux présidences de la chambre des comptes. Il prélevait aussi cent sols de France sur tous les siéges et bénéfices ecclésiastiques de fondation royale, quand les nouveaux titulaires prêtaient leur serment de fidélité. En l'hôtel du roi, ilenvoyait ses gens traire au tonnel où l’on trayait pour le prince, qui défrayait aussi sa table et son luminaire. Aux festins d’apparat, la coupe ou le Aanap du monarque lui revenait de droit, ainsi que les pièces de vin entamées pour le banquet. Il prenait encore chaque année vingt livres en la chambre des deniers pour payer ses manteaux. Le premier grand bouteiller de France fut Herbert de Serans, qui vivait au commencement du onzième siècle. Parmi ses successeurs figurent un Hervé de Montmorency, quatre Guy de Senlis, un Robert de Courtenay, un Étienne de Sancerre, un Guy de Châtillon, un Jacques de Bourbon, un Valeran de Luxembourg, des sires de Coucy, de Tancarville, de Saint-Pol, de Croï, de Soissons, de Beaumanoir, etc. Un différend qui s'éleva en 1317 entre le sire de Sully, grand bouteiller , et le sieur la Bovyne de Soiecourt , échanson de France, nous apprend que ce dernier office existait alors, mais ne tenait sans doute que le second rang. Un grand bouteiller, Pierre des Essarts, fut décapité en 1413. Antoine de Châteauneuf, sieur du Lau, occupait cette charge sous Louis XI; elle a dù être abolie après lui, car il n’en est plus question dans nos annales. Depuis cette époque , le grand échanson fut investi des fonctions attribuées précédemment au grand bouteiller,
‘sans autres prérogatives que de vains honneurs attachés à
un vain titre.
BOUTER. Ce verbe, synonyme de mettre, que le Dielionnaire de Trévoux qualifie déjà de vieux et très mauvais, a donné naissance à plusieurs mots qui sont restés en usage depuis qu’on l'a lui-même abandonné, On dit, en termes de marine, bouter de lof, pour dire bouliner, venir au vent, prendre l'avantage du vent, et bouter à l'eau, quand on fait sortir un bateau du port. En termes de vénerie, bouter la béte, c'est la lancer. Bouter, en termes d'és pinglier, c'est mettre, attacher des épingles sur un papier pour les exposer en vente; on appelle bouteuses les ou» vrières chargées de ce soin.
ne
BOUTEROLLE -— BOUTIQUE
BOUTEROLLE. Les graveurs en pierres fines appellent ainsi un instrument en cuivre, dont ils enduisent la tête de poudre d’émeri ou de diamant, et qui, monté sur l'arbre d’un fouret, use par le frottement la pierre qu’on lui présente. Les metteurs en œuvre nomment bouterolle un morceau de fer arrondi par un bout, qu'on applique sur lès pièces qu’on veut restreindre dans le dé à emboutir. Les orfévres donnent le même nom à un outil de fer terminé par une tête convexe, et qui a la forme que l’on veut donner à l’ou vrage sur lequel on frappe cet outil; les serruriers, à une sorte de rouet posé sur le palatre (la botte) de la serrure, à l'endroit où porte l'extrémité de la clef qui le reçoit, et sur lequel celle-ei tourne. Bouterolle est enfin une pièce d’armoirie qui représente la garniture qu'on met au bout du fourreau d’une épée.
BSOUTERWER ( Frépéric ), né le 15 avril 1766, à Oker, près Goslar, dans le royaume de Hanovre, est connu par plusieurs ouvrages philosophiques et littéraires. La philosophie n'avait pas été sa première étude; la lecture des romans et des œuvres de quelques beaux esprits de l’époque avait d’abord égaré quelque peu ses idées; puis, voulant revenir à des travaux plus sérieux, il entreprit l'étude du droit ; mais au bout de deux années de travail, il y renonça, convaincu que la poésie était sa véritable vocation. A cette première période de sa vie, que plus tard il reconnut luimême avoir été un temps d'erreurs et d'illusions, se rattache la publication d’un assez grand nombre de poèmes et d’un roman intitulé : Le comte Donamar (3 vol., Gætfingue , 1791-93). Dans ce roman Bouterwek avait décidément pris parti pour la littérature sensuelle, et quelquefois si obscène, de Voltaire, ravivée par Wieland, et semblait avoir déserté les traces du mâle génie de Klopstock.
Quoiqu'il ait déploré le premier ce qu’il appelait les égarements de son jeune âge, il faut reconnaître que cetie aberration passagère d’un esprit supérieur réagit fortement sur la composition de son célèbre ouvrage intitulé : Histoire de la Poésie et de l'Éloquence modernes (12 volumes, 1801-1825 ). Il est, à la vérité, facile de s’apercevoir qu’après les premiers volumes l'esprit de l’auteur, devenu plus ferme et plus philosophique, imprime aux jugements qu'il émet plus de justesse et de profondeur ; mais on ne peut nier
non plus que ses appréciations des grands monuments de la
littérature ne soient très-superficielles , tandis que d’autres parties de la littérature ont trouvé en Jui un appréciateur habile et judicieux. La littérature qu'il a jugée avec le plus de bonheur est sans contredit la littérature espagnole.
Maïs ce n’est pas seulement comme littérateur que Bouterwek s’est rendu célèbre : l’histoire de la philosophie moderne en Allemagne doit le compter parmi les écrivains qui déployèrent le plus d’ardeur à combattre la philosophie dont les bases avaient été jetées par Schelling, et qui, après plusieurs transformations, est victorieusement sortie de la lutte qu’elle avait à soutenir. Lorsque Bouterwek eut obtenu , en 1796, une chaire de philosophie à l’université de Gœttingue, le premier système qu’il y enseigna fut celui de Kant; plus tard ilembrassa lesidées de Jacobi, penseur qui voulait baser tout sur un sentiment immédiat, et qui attaquait tous les systèmes par lesquels on prétendait fonder la philosophie sur le savoir et la science, et même sur une science absolue. L’idéalisme de Fichte avait déjà été l’objet de quelques attaques de la part de Bouterwek; ces attaques devinrent plus violentes, et sortirent même des convenances d’une lutte philosophique, lorsque Schelling essaya de pousser l’idéalisme de Fichte encore plus loin, ou plutôt de lui donner pour base son système de l'identité absotue. Sans doute Schelling alla un peu trop loin dans l’exposition de ce système de l'identité et de l'identification ; jamais pourtant il ne confondit Dieu avec le monde, l’esprit avec la matière; il prétendait seulement que l'esprit et la nature sont deux faces analogues de l'absolu, et que,
comme rien n’est en dehors de Dieu, toute véritable existence (le mal n'existe pas en soi ), par conséquent la nature, doit.être regardée comme quelque chose de saint et de divin. Il établissait ensuite une analogie et un parallélisme ingénieux entre la nature et l'esprit ; et tous les rapports de l’homme avec la nature, avec le corps, prenaient ainsi un aspect supérieur, Or, c'est précisément ce point de vue, celui qui sanctifiait jusqu'aux rapports naturels de l’homme, et même ceux des sexes, qui porta Bouterwek et d’autres à accuser le système de Schelling d’immoralilé, de matérialisme et d’athéisme. Après être longtemps demeuré impassible en présence de ces graves inculpations, Schelling rompit enfin le silence, en 1812, à l’apparition de l'ouvrage de Jacobi Sur Les choses divines, dans lequel les accusations élevées contre sa philosophie se trouvaient formulées avec plus de vivacité que jamais. Le livre qu'il publia, intitulé : Monument de l'écrit de Jacobi sur les choses divines, restera toujours pour réfuter les suphismes des penseurs qui croient servir Dieu en l’excluant de son œuvre éternelle, et qui n'arrivent ainsi qu’à perpétuer l’athéisme dans la société et le monde, en mettant Dieu en dehors des choses de ce monde. Le coup avait frappé fort et juste : aussi depuis lors le combat alla-f-il en s’affaiblissant de plus en plus; il cessa même dans le champ-clos de la publicité, et ne se continua que dans les auditoires des différents adversaires. Bouterwek n’en continua pas moins à attaquer la nouvelle philosophie dans ses cours, très-assidûment suivis par la jeunesse des écoles; la vérité est cependant que ses attaques, quoique toujours vives, ne dépassèrent plus jamais les bornes d’une exacte politesse.
Dans son Apodiclique, dans son Manuel des Sciences philosophiques, et dans sa Religion de la Raison, Bouterwek rejette l’idée de la foi absolue pour défendre la croyance de la raison en elle-même. On a aussi de lui une Esthétique (2 vol., 3° édit., 1824), dans laquelle on trouve beaucoup de remarques judicieuses sur les différentes parties de l’art, quoique la première partie du livre qui traite des principes du beau et de l’art soit restée vague et superficielle. Bouterwek mourut le 9 août 1828, H. ABRENS.
BOUTE-SELLE, vieux terme de guerre que nous a légué le moyen âge, avec l’éclatante sonnerie qui le traduit : c’est le signal que la trompette donne pour avertir les cavaliers de seller leurs coursiers de bataille et de se tenir prêts à chevaucher pour voler de rechef à la gloire.
Il y a quelque chose de magnifique dans l’excitation fébrile que ce signal inattendu jette dans une caserne et surtout dans un bivouac, une grand’-garde, un avant- poste d’armée, quand tous ces soldats, tous ces chevaux , endormis au pied de leurs piquets, se réveillent en sursaut aux premiers feux du jour, les chevaux implorant déjà une toilette qui doit faire ressortir leur valeur, les kommes bouchonnant leurs camarades, leur passant le mors aux dents, ramassant brides et bridons, disposant fontes , selles, schabraques, étriers, sangles et croupières. Mais à cette agitation , qui n’est pas bruyante, succèdent bientôt un calme, un ordre, un silence complets dans ces rangs belliqueux de carabiniers , de dragons, de cuirassiers, de hussards, de chasseurs, de lanciers..... Tous ces naseaux brûlants de quadrupèdes interrogent l’espace; toutes ces figures martiales d'hommes aspirent la poudre, Hommes et quadrupèdes, n’attendent plus que le mot magique : En avant!
BOUTEVILLE. Voy. Montmorency (Fr. de).
BOUTIQUE, BOUTIQUIER. On appelle boutique un lieu où les marchands étalent leurs marchandises en vente. L’arrière-boutique est une pièce qu'on trouve immédiatement après la boutique. Aujourd’hui Paris n’a plus une seule boutique, et cependant, excepté dans quelques quartiers reculés, tous les rez-de-chaussée, et même bon nombre de premiers, sont ce qu’on appelait autrefois des boutiques ; le mot seul à été changé. Le terme générique maintenant est
magasin , et chaque boutique a un nom particulier, selon la marchandise qu'on y débite. Si une boutique en renferme un grand nombre d’autres, on l'appelle bazar ;#i le bazar s’ouvre à ses deux extrémités, et si on y circule librement, Ï prend le nom de passage.
Le mot boutique à pris en France une acception nouelle; on dit {a boutique pour dire Les boutiquiers. La boutique, c'était sous le dernier règne la puissance du jour, c'était cette partie de l’industrie, souvent bouffie d’orgueil et d’ignorance, qui ne voyait que soi et le présent.
Le boutiquier, garde national fanatique et ami à tout prix de ce qu’il appelle l’ordre public , voulait autrefois élever lui et sa famille au rang des autres classes de la société plus instruites , mieux éduquées, comme il lui échappait souvent de dire. Un écrivain spirituel s'était moqué de cet amour mesquin du confortable, de cette manie d’artiste qui le dominaient alors, par un vers devenu proverbe :
Et l'on trouye un piano dans l’arrière-boutique.
Maintenant, au contraire, il voudrait voir tout le monde descendre jusqu’à lui, Il est vrai que de nos jours il a une certaine instruction, et qu’il parle un peu de tout; mais c’est justement le moyen quelquefois de déraisonner sur tout. Le boutiquier est avare, peureux, souple, partisan de tous les gouvernements présents et futurs qui auront l'air de le compter pour quelque chose; il a tenu ou a cru tenir le pouvoir, et il se complaît dans cette idée; aussi tous les gouvernements nouveaux attachent-ils un grand prix à se concilier ses bonnes grâces. En 1848 le Provisoire lui-même ne dédaigna pas ses suffrages, et réussit un instant à lui faire accroire que la république n’était qu’une boutique bien menée. BOUTO ou BUTO , dans le système mythologique des Égyptiens, l’une des huit divinités du premier ordre, fut identifiée par les Grecs avec leur Zé£o, et par les Romains avec leur Zatone; et il est fort probable que dans la suite des temps les traditions grecques de Lêto se confondirent souvent avec celles de la déesse égyptienne. Bouto représente l'éternité, la nuit primordiale, qui précéda le débrouillement du chaos , et encore l’eau ou l'humidité primitive, le limon du Nil, la matière fécondée ou propre à être fécondée, la mère de toutes choses. Elle passe généralement pour la nourrice d’Horus (Apollon) et de Bubastis (Artémise }, les deux enfants d’Osiris. Tandis que Typhon multiplie les piéges autour du bienfaisant Osiris , le tue, le mutile, profane sa tombe et persécute sa famille, Isis confie son jeune fils à Bouto; celle-ci le cache et le nourrit dans une île flottante appelée Chemmis, dans le lac et au voisinage de la ville d'Égypte qui porte son nom. Comme déesse de la nuit, Bouto avait près d’elle, dans ses temples, la mygale ou musaraigne, qui, comme la taupe, était censée aveugle, parce que ses yeux, très-petits, sont presque entièrement cachés par les replis de la peau. L’ichneumon aussi lui était consacré, ainsi qu’à Hercule. Chaque année, on venait dévotement en pèlerinage à l’oracle et au temple de Bouto ou Boulos, située sur la rive méridionale du lac du même nom, à l'embouchure du Nil Sébennytique. Hérodote, qui donne une description très-détaillée de cette ville populeuse, capitale d’un nome de la Basse-Égypte, vante surtout le temple magnifique qu’on y avait élevé à Bouto , et outre lequel il existait encore des temples consacrés à Horus et à Artémise, notamment le Portique et une chapelle d’une seule pierre qui avait quarante coudées de hauteur. BOUTOIR. Lorsque, comme dans le cochon, le sanglier, le phacochoère, le babiroussa, ies pécaris, la partie antérieure de la cloison des narines est prolongée par un 08 élargi; lorsque la peau qui recouvre ce nez est plus ou moins nue et reçoit une grande quantité de nerfs; lorsqu'enfin cette peau, soutenue par l'os élargi de la cloison et par les pièces solides des ouvertures nasales , l’est encore par une couche de tissu cellulaire dense et élastique, toutes