‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 389 sur 527 · BOUVART — BOUVIER · texte numérisé non relu

BOUVART — BOUVIER

le son malheureux client, dont la prompte guérison ne témoigna pas moins de la perspicacité que de la générosité de V'Esculape. D' SAUGEROTTE.

BOUVERIE , étable à bœufs. Voyez ÉTABLE.

BOUVET , outil de menuisier, dont on se sert pour former des rainures et des languettes. Le bouvet se compose d’un fût de 2 à 3 décimètres de long, plus ou moins, et d’un fer. 11 y a trois sortes principales de bouvets : le bouvet à fer simple, et qui sert à creuser les rainures ; le bouvet à fer fourchu, propre à former les languettes, et le bouvet dit de deux pièces , destiné à creuser des rainures de plusieurs largeurs et à des distances plus ou moins grandes du bord de la planche. Chacun peut se convaincre de Putilité des bouvets, en examinant le très-grand nombre des joints des ouvrages de menuiserie. TEYSSÈDRE.

BOUVET (Joacurm), savant jésuite, né au Mans, envoyé en Chine par Louis XIV avec mission d'étudier ce pays, s'embarqua à Brest, en 1685, en même temps que cinq autres missionnaires, et atteignit en 1687 le but de son voyage. Appelés bientôt après à Péking, les zélés soldats du Christ obtinrent, à l'exception du P. Bouvet et du P. Gerbillon, qui durent rester à la cour de l’empereur , l'autorisation de parcourir tout l'empire chinois. Les deux missionnaires demeurés à Péking ne tardèrent pas à mériter la confiance de Pempereur, l’illuggre Kan-Hi, qui les chargea de la direction d'importants travaux de construction, et leur permit d'élever dans l’intérieur même deson palais une église et un presbytère, qui furent tous deux achevés en 1702. L'empereur se trouva tellement satisfait de leurs services, qu’il renvoya Bouvet en France avec ordre de lui ramener autant de missionnaires qu’il pourrait en décider à entreprendre ce périlleux voyage. Le P. Bouvet revint à Paris en 1697, et présenta à Louis XIV environ cinquante ouvrages en langue chinoïse, qui furent déposés à la Bibliothèque du Roi. Ilrepartit alors pour la Chine avec dix autres missionnaires , au nombre desquels se trouvait le savant Parennin, et y arriva en 1699. 11 mourut à Péking en 1732, après avoir, pendant cinquante ans, travaillé avec une infatigable ardeur au progrès des sciences dans ces lointaines contrées. On a de lui quatre différentes Relations de Voyage et un ouvrage intitulé: Étaé présent de la Chine, avec figures gravées par Greffart (Paris, 1697, in-folio). On dit que la bibliothèque publique du Mans possède de nombreux manuscrits inédits du P. Bouvet, dont un précieux dictionnaire de la langue chinoise.

BOUVIER , celui qui conduit ou qui garde les bœufs et en prend soin dans l’étable. Cet homme doit être fort, vigoureux même, adroit, patient et doux. S’il brusque ses bœufs, s’il les maltraite, s’il les bat, il aigrit leur caractère, les rend méchants, intraitables et souvent dangereux pour ceux qui les approchent. Les devoirs du bouvier sont à peu près ceux que le comte Français de Nantes exige du erger; voici cependant, d’après Rozier, les soins auxquels il convient d’astreindre plus spécialement les bouviers.

Chaque matin le bouvier doit éfriller ses bœuf, les bouchonner et leur laver les yeux. Il doit également se lever de grand matin pour leur donner à manger, cribler l’avoine avant de Ja leur présenter, les conduire à l’abreuvoir avant de les mener aux champs, examiner au moins une fois par semaine si les jougs, les courroies, les paillassons sur lesquels portent les jougs contre la tête de l’animal sont suffisamment rembourrés. Au retour des champs, après le travail du matin , il leur donnera une nourriture suffisante pour un repas , et les mènera boire. Ce n’est point assez de les faire boire une fois par jour , même en hiver, quoique le temps ne leur permette pas de sortir de l’étable, et à plus forte raison pendant l'été. A l’approche des chaleurs, et pendant leur durée, il leur donnera de temps à autre des seaux remplis d’eau rendue légèrement acidule par Paddition de vinaigre, et quelquefois d’eau nitrée. C’est le moyen le plus sûr de prévenir les maladies putrides et inflamma-

toires auxquelles les bœufs sont sujets plus que les autres animaux. L'eau rendue blanche par l'addition du son leur est encore très-utile, S'ils reviennent des champs le matin ou le soir couverts de poussière ou de sueur, il doit les bouchonner jusqu’à ce que la poussière ait disparu ou que la sueur soit dissipée, en ayant soin de ne point les tenir exposés à un courant d’air frais pendant ce temps-là. Chaque soir , il doit remplir les râteliers, afin que l’animai ait suffisamment de quoi se nourrir pendant la nuit, et lui faire une litière avec de la paille fraiche et propre. Deux fois par semaine , le bouvier doit faire enlever toute la vieille litière, et la porter au tas de fumier : il serait mieux encore de la sortir chaque jour de l’écurie pour lui en substituer une toute fratche. Laisser accumuler la litière ou plutôt le fumier sous l'animal est le plus grand des abus que l’on puisse tolérer. 11 s'élève de ce fumier une chaleur humide qui est très-nuisible à l’animal, dont la corne se ramollit aussi par son contact prolongé. C’est enfin à cette pratique pernicieuse que sont dues la plupart des maladies qui se jettent sur les jambes du gros bétail.

Tous les bouviers en général s’imaginent que les bêtes confiées à leurs soins doivent pendant l'hiver être renfermées dans une espèce d’étuve. Presque toujours les étables ne prennent de jour que par des larmiers ( ouvertures ou fentes ) si étroits et en si petit nombre qu'il est impossible qu'ils laissent l'air y pénétrer, On en voit souvent où le thermomètre monte à 24° de chaleur, quand il fait à l’extérieur un froid de 8 à 10°. Si l'animal sort de son étable, il éprouve ainsi un changement de température de 32 à 34°; comment n’éprouverait-il pas alors des suppressions de {ranspiration? Ces remarques s'adressent encore plus aux maîtres et aux architectes qu'aux bouviers (voyez ÉraBLE ).

Dès que les bœufs sortent pour aller aux champs ou pour travailler, le bouvier doït ouvrir les portes et les fenêtres, afin de renouveler l’air, et lorsque l’animal est rentré, laisser encore une fenêtre ou deux ouvertes, suivant leur grandeur, à moins que la rigueur du froid ne soit excessive, En été, suivant la chaleur du pays, il convient de laisser entrer le moins de clarté qu’il sera possible; l’étable en sera plus fraiche, et les animaux ne seront pas persécutés par les mouches. Il convient aussi dans cette saison, surtout dans les provinces méridionales, que les animaux passent la nuit dans les pâturages, et que le bouvier, logé dans sa cabane près d’eux, ne les quitte pas un instant. La chaleur et les mouches sont les deux plus grands fléaux de ces animaux : les mouches les fatiguent souvent au point de leur ôter l'envie de manger; la chaleur les accable, et l'une et l’autre causes réunies produisent leur maïigreur dans cette saison.

Quoique les araignées ne soient point venimeuses, un bouvier qui aime la propreté aura soin, au moins une fois par mois, de passer le balai sur tous les murs de l’étable et sous tous les planchers. C’est encore au bouvier à veiller sur le fourrage distribué chaque jour. Il examinera sa qualité, fixera sa quantité, et verra s’il n’est pas mêlé avec des chardons et autres plantes épineuses qui puissent piquer la bouche et le palais de l'animal. Si l’on est dans la louable coutume de donner du sel, c’est à lui à en régler la quantité, suivant la nature de l’animal, ct surtout suivant la saïson. Dans les temps humides et pluvieux, lorsque l'herbe des pâturages est trop imbibée d’eau, le sel diminue ou détruit sa qualité trop relâchante. Dans les chaleurs , au contraire, il faut en user avec modération. ,

Un bouvier doit savoir saigner et donner au besoin un lavement à ses animaux. Cependant, méfiez-vous de ces hommes qui ont toujours mille recettes toutes préles pour tous les cas, et qu'ils administrent le plus souvent sans connaissance de cause. Une légère indisposition peut souvent devenir une maladie grave par suite d’un remède donné à contre-temps. Il serait fort à désirer que tout bouvier eût

une connaissance exacte des symptômes des maladies, de leur marche, de leur terminaison, etc. : un pareil bouvier serait un trésor pour une grande métairie; mais où pourraitil acquérir toutes ces lumières, dans l’état d’imperfection où est encore l'éducation en général? Aucune classe de la société ne devrait être privée d'instruction, et chacune d'elles devrait en trouver, dans des établissements particuliers, une qui fût appropriée à ses devoirs et à sa destination dans le monde.

BOUVIER ou BOOTÉÈS ( Astronomie ). C’est une constellation boréale, qui dans le firmament simule à peu près un pentagone au nord-est de la queue de la Grande Ourse ; elle vient après cette dernière constellation en descendant du pôle. Le catalogue de Ptolémée fixait à 23 le nombre des étoiles qui la composaient, Flamsteed le porta à 55, et depuis on le fit monter à 70. Cette constellation est remarquable par une étoile magnifique, Arcturus, c'est-à-dire, la queue de l’Ourse. On y admire encore une des étoiles appelées doubles en astronomie, parce qu’en apparence elles sont si rapprochées qu’elles semblent jumelles : la plus grande des deux est d’un rouge écarlate, et la plus petite d’un bleu mourant ravivé par une teinte lilas. Anacréon se montre excellent observateur lorsqu'il s'exprime ainsi dans son Amour mouillé: « C’était l’heure de minuit , lorsque l’Ourse tourne déjà autour de la main du Bootès. » N'est-ce pas là montrer aux yeux avec la plus grande précision, en des vers harmonieux , la main supérieure du Bouvier formée de trois étoiles de quatrième grandeur, touchant presque à la queue de l’Ourse? Le poëte ici ne peint-il pas admirablement bien les petits parallèles que ces constellations voisines décrivent ensemble autour du pôle?

Quoique fort septentrional, le Bouvier descend sous notre horizon et se couche pour nous. Son coucher cosmique, c’est-à-dire le temps où il se couche au soleil levant, est, selon Ovide, que Lalande ne contredit pas, au quatrième jour de mars. La belle étoile d’Arclurus nous menace de passer dans l’hémisphère australe, car elle a un mouvement propre de quatre minutes par siècle vers le midi; il n’y a aucune étoile dans le firmament dont le déplacement soit plus sensible; Aycturus est au nombre des étoiles, telles qu’Aldébaran et Sirius, qui ont changé de latifude en un sens contraire au changement de toutes les autres.

Aussi connue que redoutée des anciens , cette constellation fut une de celles qui guidèrent les premiers nochers sur les mers. Job et Amos, dans la Bible, en font mention sous le nom de Hasch, qui veut dire assemblage en hébreu, nom parfaitement adapté aux astérismes. Homère, Pline, Horace, Properce, lui donnent de concert l’épithète de sinistre, parce que son lever et son coucher soulèvent les tempêtes. Les Arabes appellent je Bootès 4/4’ oua et Arcturus 4/-rameh. I1 a beaucoup de noms dans les mythes grecs : nous re citerons ici que le plus connu parmi leurs poëtes, celui d’Arcéophylax (gardien de l’Ourse.)

Dans liconographie égyptienne, le Bouvier tient une faucille de moissonneur, parce qu'il se levait au temps où les peuples du Nil faisaient la moisson , époque qu’a changée la précession des équinoxes, Les Grecs, qui formulaient la physique et l'astronomie dans les moules si variés de leur imagination, disaient tantôt que le Bouvier était Arcas, fils de Calisto et de Jupiter, et placé dans le ciel par la faveur de ce dieu; tantôt que c'était Icare, le père d’Érigone et l'inventeur de la vigne; tantôt que c'était Atlas, géant dont la tête touchait au pôle, Volney pense que le Bootès n'est autre qu'Osiris. DENNE-BaroN.

BOUVIER ou BOUVIÈRE ( Zchthyologie ). C’est un nom vulgaire du cyprinus amarus, petit poisson de rivière du genre cyprin, plat et de la longueur de trois centimètres à peu près. Il est couvert de grandes écailles de couleur argentine , et se tient toujours dans la boue,

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