BOWLES — BOXER
il ne renonça qu'après la révolution de Juillet. En 1828 à visita la Hollande, et fit une série d’articles curieux relatifs à ce pays, qui parurent dans le HMorning-Herald.
. L'année suivante, il se rendit à Copenhague pour y recueillir les matériaux d’une anthologie scandinave. Des voyages qu’il entreprit ensuite par ordre du gouvernement dans plusieurs États continentaux, pour s’y livrer à des recherches utiles au commerce, eurent une importance toute politique.
Les rapports qu'il rédigea passent pour des chefs-d'œuvre dans leur genre, en raison de l’énorme quantité de faits utiles et exacts qu’ils contiennent, entre autres :"ReZations commerciales entre la France et l'Angleterre (1834-35, 2 vol. in-fol.}), avec M. Villiers; Commerce et fabriques de la Suisse (1836, in-fol.); l'Égypte, Candie et statistique commerciale de la Syrie (1840, 2 vol. in-fol.), et l’Union douanière allemande (1840, in-fol.).
Membre du parlement de 1835 à 1837 et de 1841 à 1849, ilseconda de tous ses efforts l'établissement du libre échange, En 1844 il plaida la cause des habitants de l’île de Man et réussit à faire abolir les antiques priviléges qui les courbaient sous la tyrannie de quelques familles nobles. En 1849 il accepta le consulat de Canton et la surintendance du commerce en Chine. Créé chevalier en 1853, il devint en 1854 gouverneur de Hong-Kong. Une insulte au drapeau anglais fit prendre à sir John une attitude énergique vis-à-vis des autorités chinoises (novembre 1856) : sans consulter son gouvernement, il intima l'ordre à l'amiral Seymour de bombarder Canton et d'occuper les forts. Sa conduite provoqua en Angleterre une crise ministérielle ; le parlement lui infligea un bläme publie, etil donna sa démission (mars 1857). Deux ans auparavant il avait conclu avec le roi de Siam un traité de commerce et visité ce pays.
Bowring a été nommé en 1860 député-lieutenant du Detonshire. H a encure publié : Ze Système décimal (1854), le Siam et ses habitants (1857, 2 vol. in-8°), Le Travail dans les prisons (1865, in-4°), une traduction des Poésies hongroises de Petæfñ (1866, in-8°), et de temps à autre il fournit des articles à l'Afhenæum. En 1863 il a fait don au British museum de sa vaste collection d'insectes d'Orient.
BOXER {art de), espèce de pugilat, qui fait, pour ainsi dire, partie intégrante du earactère national des Anglais , et qui a des règles et des usages dont l’observation est regardée comme sacrée par les individus que leurs mœurs ou leur position sociale infime portent plus particulièrement à se faire justice eux-mêmes des injures ou des sévices dont ils croient avoir à se plaindre. Considéré sous ce point de vue, l'art de boxer peut être mis sur la même ligne que l’aré de tirer la savate, autre genre de pugilat fort en honneur parmi la populace de la plupart des grandes villes de France.
La dissemblance immense des deux arts apparaît toutefois dès qu’on compare dans les deux pays la position sociale des individus qui les protègent, et la considération dont sont environnés ceux qui les pratiquent. Depuis quelques années nos dandys parisiens ont essayé d'établir en principe que des leçons de savate ne sont pas moins nécessaires au complément d’une éducation à la mode que des leçons de danse ou d'escrime. Mais quoiqu'il y ait en ce moment à Paris tel professeur de savale qui ne donne pas de leçons à moins de cinq francs le cachet, et qui, avec son brillant cabriolet, éclabousse et quelquefois même écrase le modeste professeur de philosophie s'en allent à pied enseigner pour quinze sous l’art, si difficile , de mépriser les richesses, nous doutons que jamais maître en fait de savate réussisse à devenir parmi nous un personnage tellement important que nos grands seigneurs en fassent leur commen sal, et que nos journaux de toutes couleurs (si enclins cependant à la louange, moyennant 2 fr. la ligne) entretiennent la cour et la ville de ses faits et gestes et annoncent à l'avance, et avec fracas, chacune de ses séances académiques.
BOXER — BOYAUDERIE Ÿ
De l’autre côté de la Manche, au contraire, un boxeur de quelque talent, s’il est adroit, s’il se porte bien, et s’il est heureux , ne tarde pas à avoir des admirateurs aussi fanatiques, aussi dévoués que peut en compter en {talie tel maestro ou tel ehanteur. Dans le Journal de sa vie, lord Byron a grand soin de mentionner les leçons de boxe que lui donna le célèbre Jackson. En un mot, en Angleterre le grand boxeur est considéré au moins autant que le grand artiste. 11 y a plus même : c’est que, la passion du jeu $tant un autre trait distinctif du caractère anglais, il arrive toujours que le jeu s'engage de part et d’autre sur les chances de succès plus ou moins grandes du boxeur préféré, et que des sommes considérables sont quelquefois perdues ou gagnées par ses admirateurs , selon qu'il a été heureux ou malheureux, selon qu’il est sorti de la lutte respirant encore ou qu’il y a perdu ‘a vie. Trop souvent en effet c’est là le triste résultat d’une stupide coutume que la raison et la philosophie ne sauraient trop flétrir, car son moindre inconvénient est d’entretenir dans les masses une froide insensibilité en présence des souffrances les plus aiguës, et d’habituer le peuple à voir couler le sang sans émotion.
En vain les lois anglaises défendent expressément les combats de boxeurs ; tous les jours elles sont éludées, parce que l'esprit national, plus fort qu’elles en ce point, ne peut s’habituer à leur obéir. Le ministère public ne pouvant pas en Angleterre poursuivre d'office, ni connaître légalement d’un délit, lorsqu’il n’y a pas eu dénonciation expresse, signée par un certain nombre de citoyens recommandables, les feuilles publiques annoncent journellement qu’à tel endroit, à tel jour, à telle heure, il y aura assaut entre deux boxeurs célèbres , et jamais la police n'intervient pour empêcher ce scandale, parce que, de mémoire d'homme, le cas de dénonciation ne s’est présenté. Preuve nouvelle que partout les mœurs sont plus puissantes que les lois,
« On parle de la barbarie des temps reculés, disait un auteur de Lettres sur l'Angleterre, on la cite avec effroi, en désirant ne pas y revenir. Les lois anglaises, qui font l’'admiration de toute l’Europe, imparfaites cependant, n’atteignent pas tous les crimes et ne répriment pas tous les abus : je veux parler d’une coutume atroce, d’un plaisir fait pour des sauvages, qui ne sont satisfaits qu’en voyant des lambeaux de chair et des ruisseaux de sang. Des seigneurs, l’élite de la nation, élèvent chez eux des hommes qu'ils destinent à des combats à coups de poing. Des viandes succulentes et choisies, un régime ordonné, rendent ces hommes gras, forts, et en état de soutenir ce pugilat. Calcul inhumain! horrible sang-froid! Quand ils on£ acquis le degré de force convenable, on en met deux dans une enceinte, et on les excite à se battre presque jusqu'à ce que la mort s’ensuive. Tout ce que Londres a de brillant en hommes assiste à ces boucheries réglées. Il y à des paris considérables, Le petit maître et l’homme sérieux poussent des cris de joie lorsqu'un coup bien asséné fait jaillir du sang (en argot de boxeurs, du claret, vin de Bordeaux ). On complète une somme pour le malheureux qui peut succomber dans cette lutte, ou pour sa veuve. Des hommes font quelquefois quinze à vingt lieues pour être témoins de ce spectacle; il va de pair avec les courses de chevaux. L'art de boxer s’apprend en Angleterre comme chez nous on apprend l'escrime : ce combat a ses règles, que l’on ne peut enfreindre. »
Le grand art du boxeur consiste à se tenir constamment couvert, et à porter d’estoc à son adversaire des coups de poing à la figure, et surtout à la poitrine. Ordinairement les boxeurs combattent nus jusqu'aux hanches. Une règle, dont l'inobservation est presque sans exemple, c’est de ne point frapper l'adversaire qu’un coup aura jeté à terre, et d’attendre, pour lui asséner de nouveaux coups, qu’il se soit relevé. Celui des deux combattants qui exprime le premier le désir de cesser la lutte s’avoue par cela même vaincu,
DICT, DE LA CONVERS. — T, MI
S'il était possible que les traditions de l’art de boxer s’effaçassent un jour de la mémoire du peuple anglais, les règles savantes n’en seraient pourtant pas perdues pour la postérité. Un certain Pierce Egan les a soigneusement colligées et consignées dans son ouvrage intitulé Foxiana, ou Esquisse du pugilat ancien et moderne (4 vol. ornés de gravures, Londres, 1824).
BOYACA , département le plus oriental et le plus considérable de la république de la Colombie, touchant à l'est au département de Cundinamarca, appartenant, dans sa partie nord-ouest, aux Cordillères orientales et au ter. ritoire du fleuve de Magdalena, dans tout le reste, à Ja grande plaine, et arrosé par la Meta, le Guaviare et d’autres affluents de l’Orénoque, qui le borne à l’est. Sa superficie est évaluée à environ 3,190 myriamètres carrés, sa population à 500,000 âmes. Tunja, chef-lieu de ce département, est située à 51 kilomètres au nord-est de Bogota, sur un plateau du versant occidental des Cordillères orientales. C’est une ville bien bâtie, qui compte 12,000 habitants et possède une magnifique église ornée de beaux tableaux, quelques couvents, un collége et d’autres écoles. Bolivar, appelé au commandement de l’armée par le congrès assemblé à Tunja, le 22 novembre 1814, défit les Espagnols, le 1°* juillet 1819, sous les murs de la vile, puis auprès de Sogamoso, à 44 kilomètres au nord-est, et enfin, le 7 août, près du village de Boyaca, situé au sud de Tunja, sur la route de Bogota. Cette dernière victoire délivra la Nouvelle- Grenade de la domination espagnole. C’est en mémoire de cette bataille décisive que le département a reçu le nom de Boyaca.
BOYARD. Voyez Boïar.
BOYAU. Voyez INTESTIN.
BOY AUDERIE, BOYAUDIERS. L'industrie a su tirer parti des intestins des animaux, qui sont préparés, soit pour la fabrication descordes dites à boyau et des cordes d'instruments, soit pour la confection de la baudruche; que les batteurs d’or emploient pour réduire les métaux en feuilles d’une ténuité extrême. Tels qu’ils sont habituellement tenus, les ateliers des boyaudiers sont certainement ce que l’on peut jamais imaginer de plus horrible : des intestins d'animaux en putréfaction complète jetés çà et là dans des baquets autour desquels travaillent des hommes, des femmes et des enfants, qui passent et repassent à plusieurs fois dans leurs mains les boyaux pour les vider, enlever unemembrane qui lesrendrait impropres aux usages auxquels on les destine, et les souffler; les déchets de ces diverses opérations et les matières fécales séjournant avec des eaux infectes sur le sol de l’atelier présentent le spectacle le plus dégoûtant que l’on puisse supposer. Ces ouvriers mangent au milieu de ce cloaque ; de jeunes enfants jouent aux pieds de leurs parents; et le nourrisson est souvent déposé auprès de sa mère, occupée à ce travail rebutant, et les uns et les autres jouissent généralement d’une bonne santé. Les personnes qui entrent pour la première fois dans une boyauderie ne peuvent qu'avec peine résister à l’odeur infecte qui en émane.
Les petits intestins d'animaux apportés dans l’atelier sont jetés dans des baquets avec de l’eau, et un ouvrier les dégraisse avec un couteau ; il les remet dans l’eau, où ils restent quelque temps, et les retourne en les passant entre les doigts dans toute leur longueur. 11 les abandonne ensuite à la putréfaction dans des baquets pendant six à huit jours l'hiver, et deux à trois l'été; une odeur infecte se dégage dans cette opération, et de grosses bulles viennent erever à la surface ; cependant si la putréfaction avance trop, on l’arrête en jetant dans le baquet un verre de vinaigre : dans tous les cas, des femmes prennent l’un après l’autre chaque boyau, et le ratissent avec l’ongle sur les deux surfaces ; on les lave tous ensuite avec soin , et après les avoir attachés par l’une de leurs extrémités, on les souffle, et on les fait sécher à l'air. Pour les transporter facilement, on y fait un petit trou qui
permet à l’air d’en sortir, et on les expose à la vapeur du soufre qui brûle, pour les blanchir, leur ôter leur odeur et les rendre moins attaquables aux insectes.
Une très-simple modification dans la manière d’opérer permet au boyaudier de faire disparaître l’infection du travail dont nous n’avons donné qu’une bien faible idée ; il lui suffit de jeter dans ses baquets une petite quantité d’une substance éminemment désinfectante, le cAlorure dechaux, qui détruit si complétement l’odeur repoussante des boyaux que l’on peut entrer dans un atelier où ce procédé particulier est suivi sans s’apercevoir du genre d'opérations auquel on s’y livre. Cette heureuse application est due à La:barraque, qui a rendu un grand service en s’occupant de porter dans cette industrie de notables améliorations; mais on sera sans doute étonné d'apprendre que l'introduction d’un moyen si simple, si facile, et en même temps si peu Aispendieux, éprouve les plus grands obstacles de la part des boyaudiers, et que l'administration parvient avec peine à le leur faire adopter.
Les boyaux de mouton, qui servent plus particulièrement à fabriquer les cordes à boyau et les cordes d'instruments, sont préparés à peu près de la même manière, seulement on en sépare avec soin une membrane qui adhère à leur surface extérieure, et qui sert à faire du fil et des cordes pour raquettes. On les fait tremper dans une faible dissolution de potasse, et on les ratisse dans toute leur longueur. Pour les conserver, on les sale. On les file ensuite sur un métier convenable, et la seule différence que présente le travail des diverses espèces de cordes consiste dans les précautions particulières que l’on prend pour celles qui sont destinées aux instruments. Les cordes de Naples conservent toujours une réputation de supériorité, qui n’est plus vraie que pour les chanterelles ; on peut obtenir celles-ci aussi bonnes que celles de Naples en se servant d’intestins de très-petits moutons. F H. GAULTIER DE CLAUBRY.
BOYAU DE SIÈGE, Ce mot a été employé, depuis moins de deux siècles, par analogie avec les boyaux des animaux, et pour donner une idée d’une tranchée étroite, longue, tortueuse, dirigée vers une place assiégée. Jusqu’au siége de Maëstricht, en 1673, les attaques des siéges offensifs ne cheminaient qu’à l’aide de venel:es presque impraticables par leur défaut de largeur. Les tranchées se sont élargies ; les parallèles et demi-parallèles ont été inventées; et les boyaux sont devenus des branches en zig-zags, qu'on a surtout perfectionnées de 1716 à 1774. En somme, les boyaux sont des brisures qui établissent une communication entre la première et la troisième parallèle; ils servent à lier les attaques du front de la place et se dirigent sur la capitale d’un bastion par la ligne la plus droite possible, mais de manière à éviter, par des crochets de retour, les lignes du feu de ennemi, et à rester libres, conformément aux règles générales du défilement des ouvrages , c’est-à-dire à étre à l'abri des commandements d’enfilade. Si les boyaux sont voisins de l’enceinte attaquée, si elle les domine surtout, on les blinde afin de les garautir de l'effet des pierriers et des projectiles à tir courbe. Ils doivent n’être obstrués par rien durant la nuit, pour le service des travailleurs et pour la
facilité du transport des matériaux ; en conséquence, les gardes, à la réserve des détachements qui protègent les {ravailleurs, s’établissent jusqu’au jour sur le revers de la tranchée, Gi Banni.
BOYAUX DU DIABLE, nom vulgaire aux Antilles de la salsepareille.
BOYDELL (Joux), célèbre marchand de gravures el d'objets d'art, né en 1719, à Dorrington, commença par exercer l’art du graveur, puis se fit collectionneur et mar- Chand d’estampes, Le muséum artistique qu'il avait établi dans Cheapside était l'une des merveilles de Londres. 11 mourut le 11 décembre 1804, remplissant les fonctions de lord maire de cette capitale, La plus importante de ses en-
BOYAUDERIE — BOYER
treprises fut la Skakespeare-Gallery, à laquelle travaillèrent les dessinateurs et les graveurs les plus célèbres, et qui ft en même temps de lui l’un des plus riches marchands d’ob. jets d’art de l’Europe. Parmi ses autres collections de gravures on distingue surtout sa Joughton-Gallery, dont tous les originaux furent achetés par l’impératrice Catherine. On lui est aussi redevable du Ziber veritatis (2 vol., Londres, 1777), fac-simile du précieux ouvrage dans lequel Claude Lorrain déposait les dessins de tous ses tableaux. Les deux premiers volumes de sa Collection of Prints engraved after the most capital paintings in England (19 vol., Londres, 1772 et années suivantes), sont les plus remarquables de tous. En 1779 il fit paraître le catalogue de son riche magasin. BOYER de Nice (Guirnezm), troubadour, né à Nice et mort vers l’an 1355 dans une grande vieillesse , ne nous est connu que par ce que nous en dit Nostradamus, le moins véridique de nos historiens, Ii nous apprend que Boyer de Nice, amoureux d’une jeune demoiselle de la maison de Berr, composa en son honneur plusieurs chansons galantes ; qu'il fut attaché au service de Charles IT, roi de Sicile et comte de Provence, et à celui de son fils Robert; enfin, qu’il dédia à ce dernier, qui l'avait nommé podestai de Nice, un Recueil de poésies, ainsi qu'un Trailé d'Histoire naturelle. BOYER (Arc), auteur d’un Dictionnaire anglais-
français, dont on ne compte plus les éditions, était né, en
1664, à Castres. Il sortit de France à la révocation de l'Édit de Nantes, et se retira d’abord à Genève, puis en Angieterre, où il mourut, en 1729, après un séjour de quarante ans. BOYER (Czaune), abbé, né à Alby, en 1618, vint de bonne heure à Paris, et y prêcha avec peu de succès, à ce qu’il paraît, Furetière assure que personne ne pouvait dre avoir dormi à ses sermons, parce qu’il n'avait point trouvé de lieu pour prêcher. Après avoir donné au théâtre plus de douze tragédies ou tragi-comédies, il fut reçu à l’Académie Française en 1666, et continua à travailler pour le théâtre. Il mourut le 2 juillet 1698. Une de ses pièces, Judith, qui a été immortalisée par l’épigramme de Racine , fut représentée pour la première fois pendant le carême, et eut assez de vogue. Quand on la reprit après pâques, elle fut sifflée ; la Champmeslé s’étonnant de l’inconstance du publie, Racine répondit : « Les sifflets étaient à Versailles aux sermons de l'abbé Boïleau; ils sont revenus. » Cependant Boyer a été loué par Boursault et par Chapelain, qui voit en lui « un poëte de théâtre qui ne le cède qu’au seul Corneille en cette profession. » Despréaux semble plutôt dans le vrai lorsqu'il dit : Boyer est à Pinchène égal pour le lecteur,
Content de lui-même, rarement du publie, Boyer avait toujours une ingénieuse raison à donner du peu de succès qu’obtenaient ses ouvrages. Ce travers lui valut l’épigramme suivante de Furetière :
Quand les pièces représentées
De Boyer sont peu fréquentées,
Chagrin qu'il est d'y voir peu d’assistants,
Voici comme il tourne la chose *
Vendredi la pluie en est cause
Et dimanche c’est le beau témps,
Parmi ses pièces de théâtre on cite : La lorcie romaine, tragédie, 1646; la Générosilé d'Alexandre, 1647; Aristodème, 1647; Ulysse dans l’ilede Circé, 1648; Clotilde, 1659; La Mort de Démétrius, 1660; Jupiter el Sémélée, 1666; La Fêle de Vénus, 1669; Policrate, 1670; Démarate, 1673 ; Oresle, 1681; Jephté, 1692; Méduse, opéra, 1697.
BOYER (Jean-François), évêque de Mirepoix, place qu'il obtint en 1730 par le crédit du cardinal de Fleury, était né'à Paris, le 12 mars 1675, et y mourut, le 20 août 1755. Reçu membre de l’Académie des Sciences en 1736, et admis cinq ans après à remplacer le cardinal de Polignac à celle des Inscriptions et Belles-Lettres, ce fut lui surtout qui empêcha l'élection de Piron ; ce qui lui valut les sarcasmes et la haine de plusieur: gens de lettres, entre autres de Collé,