BOYER — BOYER-PEYRELEAU
comprimant la révolte et la trahison, faisait respecter notre drapeau aux ennemis extérieurs. Dans maints combats, les Arabes furent terriblement battus, et certes, tout en déplorant la sévérité par trop systématique du commandant supérieur d'Oran , il n’en est pas moins prouvé que la province eût peu à peu regagné toute sa tranquillité s’il avait été maintenu à son poste. Le général Desmichels, qui remplaça le général Boyer, rappelé en France par suite de sa mésintelligence avec le duc de Rovigo, détruisit en quelques jours les efforts de la vigoureuse administration de son prédécesseur. Sa bénignité, sa mansuétude envers les Arabes donna naissance à ce déplorable traité du 26 février 1834, auquel le traité de la Tafna devait servir de pendant. Admis en 1839 sur le cadre de réserve , le général Boyer est mort en 1851.
I ne faut pas le confondre avec le général de division Pierre-Paul Boyer, né le 1 septembre 1787, ancien aïde de camp du duc de Nemours, ancien membre du comité de Ja cavalerie , grand officier de la Légion d'Honneur, mis à la retraite par le gouvernement provisoire le 17 avril 1848, et rappelé à l’activité par le décret de l’Assemblée législative du 14 août 1849. 11 est mort le 19 mars 1858, à Auxerre, après avoir été nommé grand-officier de la Légion d'honneur,
BOYER FONFRÈDE. Voyez FoNFRÈDE.
BOYER-PEYRELEAU (Evcène-Épouar», baron }, né à Alais ( Gard ), en 1776 , a fait toutes les campagnes de la révolution. Entré au service comme simple soldat en 1793, il conquit tous ses grades, le titre de baron et la décoration de la Légion d'Honneur sur les champs de bataille. Aide de camp, puis chef d'état-major de l'amiral Villaret-Joyeuse, il le suivit à la Martinique, qui fut attaquée, peu de temps après, par les Anglais avec des forces bien supérieures. Chargé de leur enlever le rocher du diamant qui ferme l'entrée de la baie du fort Royal, et auquel ils avaient donné le nom de Gibraltar des Antilles, le chef d’escadron Boyer, à la tête d’une petite colonne de deux cents braves, se renditmaître de la place en moins de cinquante-six heures. Mais la garnison française de la Martinique fut obligée de céder au nombre et de capituler. Villaret-Joyeuse, malgré la vigueur de sa résistance, fut accusé de n’avoir pas fait tout ce qu’il aurait dû. Boyer ne balança pas. Après avoir partagé la fortune de son général, il voulut partager sa disgrâce; il le suivit en France , et l’accompagna ensuite à Venise.
Cependant en 1812 Boyer-Peyreleau reçut l’ordre de rejoindre l’armée en Russie, et devint adjudant commandant, puis chef d'état-major de la garde impériale. Il entra ensuite dans le corps de cavalerie du général Latour-Maubourg, protégea la retraite des troupes françaises de Leipzig à Mayence, et fut un des officiers qui déployèrent le plus de bravoure dans les sanglantes affaires des plaines de Champagne, Nommé par l’empereur général de brigade après le combat de Saint-Dizier (26 mars 1814 ), il ne put recevoir son brevet par suite du changement de gouvernement. Il fût néanmoins employé à la fin de la même année à la Guadeloupe, comme commandant en second, et y arbora le drapeau tricolore à la nouvelle du retour de l'ile d’Elbe. Impliqué pour ce fait dans le procès intenté à l’amiral Linois, il fut ramené en France et traduit devant un conseil de guerre à Paris. Il se défendit lui-même, montra durant les débats le plus noble caractère, etn’usa pas même du droit d’opposer à ses délateurs les plus justes récriminations. 11 fut condamné à mort,
11 s'attendait à subir sa peine dans les vingt-quatre heures; huit jours s’écoulèrent dans cette incertitude. On lui apprit enfin la commutation de sa peine en un empnisonnement de vingt années. II fut peu de temps après remis en liberté , mais laissé sans emploi et à la demi-solde. Ce ne fut qu'après la révolution de 1830 qu'il reprit dans l’armée le grade que lui avait conféré l'empereur Napoléon sur le: