‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 397 sur 527 · BOYER-PEYRELEAU — BOYNE · texte numérisé non relu

BOYER-PEYRELEAU — BOYNE

champ de bataille de Saint-Dizier en 1814, et ses concitoyens l’élurent leur représentant à la chambre des députés sous le règne de Louis-Philippe. Le général Boyer a publié en 1823 trois vol. in-8°, ayant pour titre : Des Antilles françaises , et particulièrement de la Guadeloupe jusqu'au 1* novembre 1816. Il est mort en 1856, à Alais,

BOYLE (Rosgnr). Le grand Bacon venait de mourir. Son génie indépendant avait brisé le sceptre d’Aristote, invoqué l'expérience où l'autorité faisait loi, et placé le point d'appui des sciences dans l'étude, trop longtemps négligée, de la nature. La philosophie des sciences, qu’il avait mise en marche, ne devait plus s'arrêter. Boyle, né en 1626, l’année même où l'Angleterre perdit le chevalier de Vérulam, hérita de sa mission et de ses talents. Fils d’un pair d’Irlande, il avait voyagé pendant plusieurs années de sa jeunesse en France, en Suisse et en Italie. Rappelé dans son pays par la mort de son père et le désir d'employer sa fortune à l’étude de la physique et de la chimie , il se réunit à quelques amis des sciences et de la paix pour former la société des Invisibles, noyau de la Société royale, constituée sous Charles IT. La ville d'Oxford leur offrit un asile respecté contre les orages politiques qui grondaient alors sur l'Angleterre, et c’est là que Boyle soumit à un sévère examen les doctrines systématiques des physiciens. Là il porfectionna la machine pneumatique, inventée par Otto de Guericke, et, par de nombreuses expériences, renversa la théorie des chimistes, qui ne reconnaissaient comme principes essentiels des corps que trois éléments : le sel, le soufre et le mercure. Pour lui, la matière n'avait que des propriétés mécaniques, et il pensait qu’il existe une matière indifférente à tout , uniforme et capable de toutes les formes, dont les différentes combinaisons constituent tous les corps. Cette opinion, qu’a partagée Newton, reposait sur une expérience mal comprise. Boyle ayant fait tenir longtemps de l’eau dans une cornue à un feu égal, et n'ayant trouvé qu’un résidu terreux, en conclut à tort que l’eau s'était changée en terre; elle s'était simplement évaporée.

Il avait remarqué l’augmentation de poids des métaux par la calcination , et dit lui-même que l’air extérieur entrait avec violence dans la cornue lorsqu'il l’ouvrait, ce qui lui indiquait l'absorption de l'air intérieur ; cependant il attribua l’augmentation de poids à la fixation du feu , et admit, par une conséquence forcée de cette erreur, que le feu est pesant. Il établit, avec plus de raison, que l'air calciné est impropre à la respiration ; et l’on trouve dans l’immense recueil de ses œuvres, imprimé en 1680, à Genève, la notion certaine, quoique imparfaite, du gaz produit par la fermentation, que nous nommons acide carbonique, et des propriétés de l'air inflammable dans les mines (hydrogène carboné).

Au total, si Boyle a droit au souvenir des hommes , ce n’est pas qu’il ait doté les sciences d'importantes découvertes ; l’histoire de ses travaux est même bien souvent celle de ses erreurs : mais tel est le privilége du génie, lorsqu'il s’allie à l’esprit philosophique, que ses erreurs sont encore un progrès pour la science. En effet, Boyle se trompait dans ses déductions, parce que la science était sans antécédents qui pussent le guider dans l'interprétation de ses expériences; mais en faisant adopter par l’ascendant de son génie une opinion nouvelle, il détruisait d’absurdes préjugés; mais en disciplinant sonsiècleàsuivre avec rigueur la voieexpérimentale, il assurait Le triomphe de la vérité dans l'avenir. Sa véritable gloire est d’avoir été le plus illustre continuateur de Bacon.

On ne connaîtrait pas Robert Boyle tout entier si l’on ne savait qu’il mit autant d’ardeur à rechercher la vérité en matière de religion qu’en fait de science. Cette double tendance tenait à la rare alliance d’un esprit juste et méthodique avec une imagination vive et inquiète. Tourmenté de doutes cruels sur les dogmes de la religion, et trop philosophe pour les admettre sans examen , il résolut de remonter aux sources, étudia les langues orientales , et se fit aider dans ses investi-

gations par les plus savants théologiens de son temps. S'il ne parvint pas à une conviction complète, du moins est-il certain qu’il voulut épargner à d’autres les tourments qu'il avait subis, en aidant de tous ses moyens à leur donner la raison pour base de leur croyance. I1 publia plusieurs ouvrages de morale religieuse, fit servir ses connaissances en histoire naturelle à démontrer la toute-puissance de Dieu, fonda, pour le développement des preuves de la religion chrétienne, des leçons publiques, où Clarke prononça ses célèbres discours sur l'existence de Dieu , fit traduire et imprimer à grands frais, en plusieurs langues, la Bible et les Évangiles, contribua de ses deniers à l'établissement des missions destinées à prê

cher l'Évangile aux Indiens, et par la pureté deses mœurs, sa rare modestie, son désintéressement et sa bienfaisance, donna toute sa vie l'exemple des vertus chrétiennes qu’enseignaient ses écrits. Trois rois, Charles II, Jacques IX et Guillaume, voulurent s’honorer en l'appelant près d’eux et: le comblant de faveurs. Mais il se crut assez récompensé par leur seuleintention, et refusa les plusbrillantes dignités qu’un citoyen pût réunir dans sa personne : la pairie et la présidence de la Société royale de Londres. Génie et vertu, voilà Boyle. Il mourut à Londres, le 30 décembre 1691, et fut enterré à Westminster. A. Des GENEVEZ.

BOYLE (Liqueur fumante de), nom donné au sulfhydrated’ammoniaque sulfuré à l’état de dissolution aqueuse. Boyle l’obtenait par la distillation de 100 parties de sel ammoniac, de 100 parties de chaux, avec 50 parties de fleur de soufre. I1 mélangeait le tout, puis distillait en chauffant fortement, et recueillait le produit dans un récipient refroidi convenablement. C’est la vapeur de cette composition quecertains diseurs de bonne aventure emploient pour faire paraître une écriture noirâtre sur du papier blanc où l’on a tracé d’avance des caractères avec une dissolution d’acétate de plomb.

BOYLEAU (Érrnne). Voyez BolLEAU.

BOYNE (Bataille de la). Quoiqu'à proprement parler l’action qui eut lieu sur les rives de la Boyne ne fût qu’un combat où la totalité des armées opposées ne fut pas engagée, l'importance de ses résultats, qui firent définiti-vement perdre la couronne d’Angleterre à Jacques II, l’a toujours fait désigner sous le nom de bataille.

En 1689, le roi Jacques, qui s'était réfugié en France ,. après avoir été détrôné par son gendre Guillaume, prince d'Orange, ayant reçu de Louis XIV l’assurance d’un secours. de la France dans la tentative qu’il voulait faire pour reconquérir son royæme, s’embarqua à Brest sur une flotte française, et débarqua le 17 mars à Kinsale, dans le sud-ouest de l'Irlande, d’où il se rendit à Dublin, afin de tâcher d’y faire réunir un parlement qui pût donner de la consistance: à son gouvernement. Quoiqu'il résultât des espérances qu’on avait conçues qu’un soulèvement général suivrait de près son arrivée, ces espérances furent en grande partie déçues, et il s’écoula un laps de temps considérable avant qu’on pût réunir des troupes assez nombreuses pour former une armée. Une tentative que fit le roi Jacques pour se rendre maitre de la ville de Londonderry, dont il se vit obligé de lever le siége le 28 juillet, ayant échoué, il fut contraint, à l’arrivée d’une armée anglaise commandée par le général Schomberg, de se retirer à Dublin, où il reste tout l'hiver, n'ayant pu réunir qu'environ 20,000 recrues, assez mal armées. Schomberg l'y suivit, et s’établit vers Dundalk, au nord de la Boyne.

Au printemps de 1690, le roi Guillaume, ayant débarqué dans le nord de l'Irlande, s’avança vers Dublin. A cette nouvelle le roi Jacques marcha en avant jusqu’à Dundalk, où, ne se jugeant pas bien placé pour combattre avec des forces inférieures, il se retira derrière la Boyne. Le 29 juin les deux armées se trouvèrent en présence, séparées par la Boyne : celle de Jacques, à la rive droite et à gauche de Drogheda, était forte de 23,000 hommes ; celle de Guit-laume, en face, en comptait 45,000. Le 1° juillet le roi.

Guillaume , décidé à forcer le passage de la Boyne, s’étendit en portant sa gauche à Sloine, où il comptait passer cette rivière, tandis que sa droite attaquerait le gué qui se trouve à Old-Bridge, et qui était défendu par la gauche de l’armée franco-irlandaise. Jacques, voyant le mouvement de son adversaire, le suivit avec son aile gauche , afin de s’opposer au passage de l'ennemi à Sloine; mais lorsqu'il arriva, ce passage avait déjà été forcé, après un combat assez vif, et Guillaume se déployait en potence, couvert par une ligne de marais, sur le flanc gauche de son antagoniste, menaçant de lui couper la retraite sur Dublin, Jacques, qui avait également déployé ses troupes, marcha alors à l'ennemi pour lattaquer et le rejeter au délà de la Boyne ; maïs les marais dont le roi Guillaume s’était couvert ne permirent pas aux Franco-Iriandais d'aborder l'ennemi, et les efforts pour y parvenir furent inutiles. Cependant Guillaume, profitant de la supériorité de sa cavalerie, s’étendait toujours par sa droite vers Duleck; en même temps, le gué d’Old-Bridge était forcé par le général Schomberg, qui y trouvait la mort. Jacques, se voyant au moment d’être enveloppé par ses deux ailes et par un ennemi supérieur en forces, crut devoir ordonner sans retard la retraite, qui se fit sur Dublin, De là les troupes irlandaises marchèrent sur Limerick, sous les ordres du duc de Tirconnel ; les Français, commandés par le brigadier de Zurlauben , se dirigèrent vers Cork et Kinsale, afin de se rembarquer pour la France. Jacques, ayant également quitté Dublin, s’embarqua d’abord près de Duncannon pour gagner Kinsale, et de là revint à Brest, d’où il était parti. L'affaire de la Boyne ne coûta qu’un millier de morts à chaque armée. G%1 G. DE VAUDONCOURT.

BOYRON (Micue). Voyez BARON.

BOZ, pseudonyme sous lequel Dickens a publié une grande partie de ses ouvrages.

BRA (Tuéopnize), sfatuaire, est né à Douai, le 24 juin 1797. Élève de Story et de Bridan, un bas-relief représentant l'exil de Cléombrote, qu’il présenta au concours de 1818, lui valut le 2° grand prix. Ce morceau, comme lous ceux qu’a produits depuis le ciseau de cet artiste, se faisait remarquer par la composition sévère et correcte du dessin, par la large et habile disposition des groupes, par l'irréprochable pureté des lignes. En 1819 il exposa Aristodème au tombeau de sa fille, donné par le roi à la ville de Douai, et qui lui valut une médaille d’or. Depuis il a successivement exposé Sainé Pierre et Saint Paul, qu'on voit à l’église Saint-Louis en l'Ile; Ulysse dans l’ile de Ca- Typso; Jean de Bologne; Pierre de Francqueville; Philippe de Comines; le sire de Joinville; le baron Dubois ; le duc d'Angoulême ; le duc de Berry; Saint Marc, à Saint-Philippe du Roule; Sainte Amélie; le maréchal Mortier, à Cateau-Cambrésis; le général MNégrier, à Lille, etc. Outre ces statues, on doit à M. Bra un grand nombre de bas-reliefs et de bustes , entre autres les bustes du général Foy, des docteurs Pinel et Broussais, de Jouy, de M, Guizot, etc. Décoré en 1825, M. Bra se retira à Douai, dont ildirigea l'école de dessin, Il y est mort en 1863.

BRABANCÇONNE (La), nom que les Belges ont donné à une chanson patriotique qui fut faite au mois de septembre 1830, à l’occasion de la révolution qui relégua sur le trône de Hollande la maison d'Orange. L'auteur des paroles était un jeune comédien français, nommé Jenneval, qui faisait partie du théâtre de Bruxelles au moment de l'insurrection, et qui fut emporté par un boulet à Berchem en combattant les Hollandais, Chaque couplet de la Brabançonne , dont la musique avait été composée par M. Campenhout, que nous avons vu jouer à l’Odéon dans Robin des Bois, se terminait par un jeu de mot que nous traiterions de calembour sans le respect dû à une œuvre consacrée par l'enthousiasme d’une nation : s »

La mitraille a brisé l'orange Sur l'arbre de la liberté,

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