‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 398 sur 527 · BOYNE — BRABANT · texte numérisé non relu

BOYNE — BRABANT

Le 23 septembre , pendant qu’on se battait encore à Bruxelles, M. Campenhout électrisait par ses accents les patriotes qui se pressaient autour de lui à l’estaminet de l’Aigle, Après la victoire, la nation décerna une pension de 2,400 fr. à la mère de Jenneval. M. Campenhout reçut du roi Léopob? : une fabatière d’or et la place de maître de chapelle, # BRABANCÇONS. On donnait ce nom dans le moyer âge à des aventuriers appelés aussi coftereaux, rous tiers, cantatours, écorcheurs , etc., qui parcouraient le France, {uant, pillant, ét vendant leurs services au plus of: frant. Le nom de Brabançons leur était donné sans doute parce que les plus redoutables étaient du Brabant, ou que le plus grand nombre en provenait. C'est le sentiment du père Daniel , historien de la milice française, et tout se réunit pour le confirmer, M. Mone a publié en 1833 en Belgique un fexfe latin et original du Roman du Renard, lequel appartient évidemment au neuvième siècle, et où le mot brabas est déjà pris dans cette acception défavorable ; et l'abbé de Cluni écrivait à Louis VII qu’il était difficile de décider si C’était le Brabant qui dévorait ses habitants, ou les habitants qui dévoraient le pays. « 11 en est sorti, dit-il, des hommes plus cruels que des bêtes sauvages, qui se sont rués sur nos terres, n’épargnant ni âge, ni sexe, ni conditions, ni églises, ni villes, ni châteaux. » L'histoire nous a conservé les noms de quelques chefs de Brabançons, C'éfaient d’abord, au service de Jean sans Terre, Zupicaire et Martin Areas, et, au service de Philippe-Auguste, Cadoc, qui en recevait pour lui et sa bande mille livres par jour, somme exorbitante pour l’époque. ” BRABANT, le Pagus Bracbatensis des anciens ( de bruch ou brac, boisé, et bant ou band, terre limitée : contrée couverte de bois), pays formant le centre du bassin hollando-belge et occupant une superficie de 204 myriamètres carrés , depuis la rive gauche de la Waal jusqu'aux sources de la Dyle, et depuis la Meuse et les plaines du Limbourg jusqu’à l’Escaut inférieur. 11 formait au moyen âge un duché particulier, relevant de la basse Lorraine, et auquel fut incorporé en 1107 le marquisat d'Anvers, et pendant quelque temps, à partir de 1347, la seigneurie de Ma- | lines avec celle de Liége, son annexe. Partagé aujourd'hui entre la Hollande et la Belgique, il forme trois provinces : 1° le Brabant septentrional ou hollandais, avec une superficie de 92 myriamètres 1/2 carrés et une population de 423,421 habitants; 2° la province d'Anvers, appartenant à la Belgique, avec une superficie de 2,832 kilomètres carrés et 492,482 habitants; et 3° le Brabant méridional ou belge, dans une superficie de 3,283 kilomètres 1/2 carrés, sur laquelle se presse (1870) une population compacte de 879,814 âmes. Cette contrée forme une plaine s'inclinant doucement dans la direction du nord-ouest, remplie au nord de landes et de marais, s’élevant au sud avec les petites collines qui servent de transition à la forêt des Ardennes, et où la forêt de Soigne, située au sud de Bruxelles, est la plus vaste étendue de terrain boisé qu’on y rencontre. Elle comprend 8,000 bonniers ( arpents du pays). Le sol en est abondamment arrosé par la Meuse au nord et par l’Escaut au sud. Des canaux , notamment le canal de Guillaume et celui de Bréda, contribuent à activer au nord le commerce intérieur, dont les transactions sont puissamment secondées au sud par un réseau de chemins de fer ayant Malines pour centre. Sous l'influence d’un climat humide sans doute au nord, mais en général sain et tempéré, une extrême fertilité du sol y favorise admirablement l’agriculture et l'éducation des bestiaux , qui forment la principale oecupation de la population. À ces causes premières de richesse et de bien-être, il faut ajouter une industrie exercée partout avec le plus grand soin, st dont la prospérité , particulièrement dans le sud, date déjà de fort loin; industrie source d’un commerce des plus actifs et des plus étendus, et fournissant à la consommation de remarquables produits

BRABANT — BRABEUTES

en toiles, dentelles , cotonnades, draperies et cuirs. Au nord la population est de race hollandaise, au centre de race flamande, et au sud de race wallone. C’est à quelques lieues au sud de Bruxelles, aux villages de Braine, l’Allend, Waterloo, Wavre et Jodoigne, que s'effectue la séparation des langues, et que l’idiome d’origine germaine remplace l'idiome français (wallon ). - É

C’est au temps de César que les Romains entendirent pour la première fois parler du Brabant , pays dont la population provenait du mélange d'éléments germains et celles. Parmi les différentes peuplades dont elle se composait, celle des Ménapiens, fixée entre le Rhin, la Meuse et l'Escaut, la plus puissante et la plus belliqueuse de toutes, opposa une résistance aussi opiniâtre qu'inutile aux projets de conquête des Romains, qui finirent par incorporer à la province de la . Gaule Belgique cette partie de la basse Germanie. Au cinquième siècle les Franks s’emparèrent du Brabant. Au sixième siècle, lors du partage de l'empire Frank, il fut adjugé au royaume d’Austrasie. Au neuvième siècle, il fut réuni à la Lorraine, et après que celle-ci eut été partagée, en 870, la possession en fut attribuée à la France. Mais au commencement du dixième siècle il en fut encore une fois détaché, et réuni alors de nouveau à la Lorraine par Henri 1°"; en 959 il fut adjugé à la basse Lorraine, et fit ainsi partie de l'Allemagne, Au commencement du cinquième siècle il se sépara de la Lorraine, quand le duc Othon, fils de Charles le Gros, à qui l'empereur Othon avait donné en fief la basse Lorraine, mourut sans laisser d'enfants. Après avoir été possédé par plusieurs comtes des Ardennes jusqu’à l’année 1076 et par Godefroi de Bouillon, l’empereur Henri V le concéda à titre de fief à Godefroi le Barbu de la famille des comtes de Louvain et de Bruxelles, dont la dynastie s’y maintint jusqu’au milieu du quatorzième siècle. Le titre de duc de Brabant apparaît dans les chartes et les documents ‘dès l’année 1190, et finit par remplacer complétement celui de duc de basse Lorraine ( Lothier ). Sous l'autorité de ses dues particuliers , le Brabant fit de rapides progrès en puissance et en indépendance ; cependant il eut à soutenir une foule de querelles avec les États ses voisins, ballotté et hésitant toujours entre les intérêts de la Franee et ceux de Allemagne.

Parmi les six ducs qu’a eus le Brabant, Henri 1°", IL et IH, et Jean 1° IT et ILT, les plus remarquables furent Jean 1°, qui, par la mémorable victoire de Wæringen (1288), réunit le Limbourg au Brabant, et célèbre aussi en Allemagne comme Minnesænger ; il publia en 1290 les lois pénales connues sous lenomde Zand-Karten ou Land-Keuren. Jean LI, qui donna en 1312 la fameuse charte de Cortemberg , fondement de la constitution brabançonne ; enfin Jean IIL, qui, en 1349, obtint de l’empereur Charles IV, sous le nom de Bulle d'Or Brabantine, l'important privilége par lequel ce prince accordait au Brabant, en forme d’édit perpétuel, une organisation judiciaire complétement indépendante de toute juridiction étrangère. La descendance mâle des comtes de Louvain s’éteignit en 1335, en la personne de Jean I]; et en vertu du testament de sa fille Jeanne, qui régna jusqu’en 1406 et épousa Wenceslas de Luxembourg, la souveraineté du Brabant passa à la maison de Bourgogne, et en premier lieu au pelit-neveu de cette princesse, Antoine de Bourgogne, fils cadet de Philippe le Hardi. L’acte inaugural de Jeanne et de Wenceslas, du 3 janvier 1356, est la première inauguration proprement connue sous le nom de Joyeuse entrée, charte constitutive du Brabant, qui se renouvelait à peu près dans les mêmes termes par tous les souverains de ce pays. Antoine ayant été tué à la bataille d'Azincourt (1413), et ses deux successeurs, Jean IV et son frère Philippe, comte de Saint-Pol, étant venus à mourir sans laisser de postérité, l’un en 1427 et l’autre vers 1430, le Brabant fut formellement reconnu appartenir à la maison de Bourgogne, à titre d’héritage de Philippe le Bon. Mais cette

maison ne le conserva pas longtemps , attendu qne par le mariage de Marie de Bourgogne avec l’empereur Maximilien il passa à la maison d'Autriche, par conséquent à Charles-Quint , et de celui-ci à son fils Philippe II roi d’Espagne. Le Brabant ne tarda point à se révolter contre l’édit de Religion de ce prince et contre les cruautés du duc d’Albe; toutefois, il n’y eut que la partie septentrionale de la contrée ( Boïs-le-Duc ) qui réussit à conquérir son indépendance et qui fut incorporée à l'union des Pays-Bas sous la dénomination de Pays de généralité, tandis que le Brabant méridiona] resta jusqu’en 1714 à la ligne austro-espagnole. A l’extinction de cette ligne, il fit retour avec les autres provinces méridionales des Pays-Bas à la maison impériale d'Autriche,

Le Brabant autrichien était divisé en trois quartiers , qui prenaient leurs noms de leurs principales villes, Bruxelles, Louvain et Anvers.

Le quartier de Bruxelles était partagé en pays Flamingant et en pays Wallon , selon la langue qu’on y parle. Le Brabant flamingant comprenait Bruxelles, capitale de tout le pays, Vilvorde et Malines , seigneurie enclavée dans le Brabant, et qui, avec son territoire, formait une province particulière. Dans la partie wallonne se trouvaient Nivelle, Genape, Gembloux, Jodoigne, Wavre et Hannat, le marquisat de Trazégnies, le comté de Tilly, les baronnies de Rèves et de Sombreffe.

Le quartier de Louvain renfermait les villes de Louvain, Tirlemont, Arschot, Diest, Sichem, Leeuwe et Landen.

Le quartier d'Anvers se composait du marquisat du Saint-Empire, qui, comme Malines , formait aussi une province particulière. 11 comptait pour villes principales Anvers et Lierre. La Campine brabançonne, qu’il faut distinguer des Campines hollandaise et liégeoise, était comprise dans le quartier d’Anvers, et avait pour villes principales Hoogstraten, Herenthals et Turnhout.

La maison d'Autriche ne conserva pas longtemps la {ranquille possession du Brabant. Sous le règne de l’empereur Joseph IL, de vives discussions s’élevèrent à propos de l’interprétation à donner aux droits provinciaux que le pays possédait dans sa Joyeuse entrée. Les états du Brabant et du Limbourg ayant été supprimés à la suite de ce conflit, les Brabançons se réunirent sans l’autorisation du pouvoir, et dans cette assemblée)on ne craignit pas d’agiter hautement la question de se soustraire à la souveraineté de la maison d'Autriche. À la mort de Joseph II Léopold II termina ce différend en rendant aux Brabançons leurs anciens priviléges.

En 1746 les Français avaient conquis le Brabant autrichien, mais ils avaient dû le rendre, aux termes du traité d’Aix-la-Chapelle de 1748. Ils s’en emparèrent de nouveau en 1794, et le traité de Campo-Formio le réunit à la France. Le Brabant septentrional autrichien devint alors le département des Deux-Nèthes, chef-lieu Anvers; et le Brabant méridional , le département de la Dyle, chef-lieu Bruxelles. Quand en 1810 Napoléon réunit aussi le Brabant hollandais à l'empire français , on y adjoignit une partie des Gueldres pour former le département des Bouches-du-Rhin. En vertu des stipulations du traité de paix conclu à Paris en 1814 et des résolutions du congrès de Vienne, le Brabant devint la principale partie du royaume des Pays-Bas, et forma les {rois provinces : le Brabant seplentrional, Anvers, et le Brabant méridional. Cette dernière province, ainsi que Bruxelles, capitale de tout ie Brabant, devint en 1830 le foyer de l’insurrection belge, et par suite le théâtre d'événements mémorables et de luttes sanglantes, en même temps que le berceau du nouveau royaume de Belgique, tandis que le Brabant septentrional restait sous les lois de la Hoilande,

Letitre de duc de Brabant est affecté en Belgique à l'héritier présomptif de la couronne. Il a été porté d’abord par le fils aîné de Léopold I, qui a succédé le 10 décembre 1865 à son père, puis au fils unique de ce dernier,

Léopold - Ferdinand - Elie - Victor-Albert, né le 12 juin 1859, et mort le 22 janvier 1869, au château de Laeken,

BRABEUTES, mot grec formé de Boaxëebs, arbitre, et qui désignait les officiers présidant aux jeux solennels, et surtout aux jeux sacrés. Cette charge où magistrature était tellement en honneur, que les rois ne dédaignaient pas de l'exercer eux-mêmes. Philippe, voi de Macédoine, après s’en être fait attribuer la qualité, ayant commis ses fonctions à un officier un jour qu'il ne pouvait siéger lui-même, Démosthène en fit contre lui l’objet d'une accusation. Cette magistrature était dévolue à une seule personne; mais elle élait ordinairement le partage de sept ou neuf membres, choisis parmi les familles les plus considérables, et nommés athlothètes-époptes, juges des athlètes.

BRACCATA et BRACCATI, surnoms qui avaient été donnés à la Gaule Narbonnaise et à ses habitants, et qui leur venaient de l’espèce de vêtement ou br aie qui était en usage chez eux. .

BRACCIO DE MONTONE (AnDré), l’un des plus grands généraux de l'Italie, né le 1°* juillet 1368, dans la république orageuse de Pérouse, issu de la famille patricienne et puissante des Fortebracci, fit ses premières armes sous le comte de Montefeltro , puis dans la compagnie de Saint- Georges , sous le fameux Albéric de Barbiano. Une révolution démocratique ayant privé sa famille de sa patrie, de ses biens et de ses titres, Braccio, forcé par la jalousie d’Albéric de s'évader de son camp, fit la guerre avec peu de gloire pour le compte de plusieurs souverains, et dans la vie aventureuse de condottiere apprit à connaître tous les défilés et tous les vallons de l’Jtalie ; mais Ï lui fallait pour rentrer dans sa patrie un champ de bataille plus vaste, une guerre contre le pape, allié des démocrates de Pérouse. Aussi servit-il avec ardeur contre le souverain pontife et les Florentins, Ladislas, roi de Naples, qui le trahit et menaça ses jours : entré dans Pérouse par les victoires de Braccio , il promit aux habitants de n’y laisser entrer ni Braccio ni son parti. Le condottiere passa alors au service des Florentins et de Jean XXII , et profita de la mort de Ladislas et de la déposition du pape au concile de Constance pour fondre avec son armée sur Pérouse, dont une victoire lui ouvrit les portes, le 7 juillet 1416. Maître et sage réformateur de son pays, Braccio, auquel les travaux de la paix ne pouvaient suffire, s’empara de Rome, en fut chassé par Sforza, son rival en gloire et en talents militaires; eut à lutter contre Martin V , élu par le concile de Constance ; vainquit Sforza près de Viterbe ( 1420), et força le pape à demander la paix par l'entremise des Florentins. Braccio vainquit encore Sforza dans une guerre nouvelle, où il combattait pour Jeanne II de Naples, et son fils adoptif, Alfonse d’Aragon, contre le pape et Louis d'Anjou, qui renoncèrent à toute prétention . sur Naples.

Mais la paix semblait impossible en Italie comme entre les deux rivaux : en vain Sforza vint dans le camp de Braccio lui demander son amitié, en vain Braccio le réconcilia avec Jeanne, qui lui donna le commandement de ses troupes ; à peine Braccio, devenu prince de Capoue , comte de Foggia, et grand connétable du royaume de Naples , était-il parti pourson gouvernement d’Aquila et des Abruzzes, que Jeanne, brouillée avec Alfonse d'Aragon , et soutenue par Sforza, remettait les deux rivaux aux prises. Braccio assiége Aquila, dont les habitants, excités par Martin V, avaient refusé de lui ouvrir les portes ; Sforza vient délivrer eette ville, et meurt au passage du fleuve Pescara, regretté de son rival. Jacques Caldora succède à Sforza , avec une armée quatre fois plus nombreuse que celle des assiégeants, et, secondé par une sortie des habitants , met en déroute Braccio , qui, vaincu pour la première fois et blessé, se laisse mourir, en 1424. Sa perte fut pleurée dans. toutes les armées d'Italie, Ses soldats, les hracceschi, qu'il avait eu l’art d'attacher à sa rtune, laissèrent croître leur barbe et leurs cheveux, décou-

BRABEUTES — BRACELET

pérent leurs habits en signe de deuil, et longtemps après sa mort conservèrent une haine implacable aux sforzeschi leurs rivaux.

Après sa mort, son comté de Montone fut possédé par son fils Oddo, qui lui survécut quelques mois seulement , et qui périt au service des Floreutins; son armée fut commandée par ses deux élèves, Nicolas Fortebraccio et Nicolas Piccinino. Ce dernier, qui devait un jour être si célèbre, avait contribué à la défaite et à la mort de son maître par une fausse manœuvre qui permit aux habitants d’Aquila de faire une sortie. La vie de Braccio de Montone a été écrite, en latin du quinzième siècle, par Jean Antoine Campani, évêque de Teramo. T. TOUSSENEL.

BRACCIOLINI (François), célèbre poëte italien, né à Pistoja, le 26 novembre 1566, mort le 31 août 1645. Le pape Urbain VIII le combla de bienfaits. Il a laissé entre autres œuvres : la Croce racquistata, poëme héroïque , que Tiraboschi consent à voir placer le premier après celui du Tasse, pourvu que ce soit à une longue distance; le Scherno degli Dei, poëme dans le genre plaisant, qui fut regardé comme le meilleur après /a Secchia rapita de Tassoni.

BRACELET, sorte d'ornement, fort ancien, que l’on portait au bras, comme l'indique l’étymologie de son nom, et dont l’usage s’est conservé jusqu’à nous.

Les bracelets furent en usage en Égypte à une époque

très-reculée. Ils étaient de différentes couleurs; il y en avait

beaucoup en or bientravaillé, et où l’on enchâssait des pierres précieuses de diverses espèces, et des émaux de couleurs trèsfines et très-vives. Plusieurs de ces bracelets remontent à une époque qui précède de plusieurs siècles les plus anciens monuments grecs. Les bracelets furent plus tard queles bagues en usage chez les Grecs. Ce tut sûrement le costume dorien qui donna l’idée de cette élégante parure. Les brillantes solennités d’Olympie purent inspirer aux belles Éléennes, l'envie de se distinguer par ce nouveau genre d'ornement,

que les autres femmes grecques ne tardèrent pas sans doute

à imiter, L'invention et l’usage des bracelets n'ont dû avoir lieu que chez les peuples qui avaient les bras nus. Les Grecs tenant en grande partie leurs costumes de l’Ionie et de l'Orient, et portant des tuniques à manches longues, n’eurent probablement l’idée de se parer de bracelets que quand ils abandonnèrent leur ancienne manière de se vêtir.

Les hommes les adoptèrent aussi bien que les femmes. On voit dans la Vie de Maximin, successeur d’Alexandre- Sévère, écrite par Capitolinus, que cet empereur, dont la taille était, dit-il, de huit pieds un pouce, avait les doigts si gros, qu’il se servait du bracelet de sa femme en guise d’anneau. Les filles n’en portaient jamais, du moins avant d’avoir été fiancées. 11 y en avait d’or, d'argent et d’ivoire pour les personnes d’un rang distingué, de cuivre et de fer pour la populace ct les esclaves : car c'était tout à la fois un signe d’honneur ou une marque d’esclavage. On en donnait aux gens de guerre en récompense de leur valeur. Une inscription ancienne, rapportée par Gruter, représente la figure de deux bracelets, avec ces mots : L. AnronIUs L. F, FABius QUADRATUS DONATUS TORQUIBUS ARMILLIS AB TIBERIO CÆ- SARE BIS.

Le bracelet ancien a eu différentes formes. Les femmes en portaient qui avaient la figure d’un serpent, ou bien la forme d’un cordon ou d’une tresse ronde terminée par deux têtes de serpent. Tantôt ces bracelets entouraient la partie supérieure du bras, et tantôt ils étaient placés sur le poignet : ces derniers étaient appelés par les Grecs pericarpia. On en voit un à trois tours sur une statue de Lucile, femme de l'empereur Lucius Verus. Les Sabins, au rapport de Tite-Live, en avaient de fort pesants, qu'ils portaient au bras gauche, On trouve le bracelet appelé deux fois dextrocherm dans Capitolinus; dans la grande inscription d’Isis , il est nommé lucialium.

Le bracelet a été la parure des deux sexes, non-seulement

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