BRACELET — BRACONNAGE
dans plusieurs régions de l'Orient, mais chez diverses peuplades sauvages de l'Océanie, qui emploient à la fabrication des leurs l'écorce de certains arbres, les plumes, les coquilles, la verroterie. Les femmes turques et africaines en portent souvent aux jambes. Enfin l’usage de cet ornement est indiqué dans plusieurs endroits de la Bible.
En France, ce n’est que sous le règne de Charles VII que les femmes adoptèrent la mode des bracelets, avec celle des pendants d’oreilles et des colliers. Cet ornement, -qu'on ne porte plus guère aujourd’hui qu’à l'extrémité inférieure du bras, a reçu des formes aussi variées que la matière dont on le compose. Tantôt on y voit briller l'or, les diamants, les perles, ou d’autres pierres précieuses, tantôt ce sont des camées non moins précieux; souvent ils sont ornés d’un portrait ou de gracieuses peintures ; quelquefois ils se composent d’un simple velours, d’un ruban ou d’une tresse de cheveux. Enfin il y en a de faux, c'est-à-dire qui sont faits avec des matières simples et communes ; l’art moderne est parvenu en effet à l’imitation la plus parfaite des riches métaux et des pierres les plus fines.
BRACHIAL (du grec Bsxyiwv, bras), ce qui appartient au bras ou ce qui en dépend. Plusieurs parties du corps humain ont reçu ce nom en anatomie; tels sont : l’aponévrose brachiale, l'artère brachiale, les muscles brachiaux, le plexus brachial et les veines brachiales.
L'aponévrose brachiale forme une sorte de gaîne fibreuse, fine, transparente, celluleuse dans quelques endroits, qui provient des tendons des muscles grand dorsal, grand pectoral et deltoïde, et descend le long du bras , qu’elle enveloppe exactement.
L’artère brachiale est placée à la partie interne et antérieure du bras, où elle occupe l’espace compris entre le bas du creux de l’aisselle et la partie moyenne du pli du bras.
Les muscles brachiaux sont au nombre de cinq, savoir : deux antérieurs (biceps et brachial antérieur), qui fléchissent l’avant-bras; un interne (coraco-brachial), qui rapproche le bras de la poitrine ; un externe (deltoïde), qui élève et porte le bras en dehors ; et un postérieur (é#r'iceps brachial), qui étend l’avant-bras sur le bras.
Le pleæus brachial est formé par la réunion et l’entrelacement des branches antérieures des quatre derniers nerfs cervicaux et du premier dorsal; large en haut et en bas, mais rétréci dans son milieu, il s'étend depuis la partie latérale et inférieure du cou jusque sous le creux de l’aisselle, où il se partage en plusieurs branches qui vont se distribuer au bras.
Les veines brachiales, au nombre de deux, accompagnent l'artère du même nom; elles reçoivent un assezgrand nombre de branches, et se terminent à la veine axillaire.
BRACHINE, genre d’insectes de l’ordre des coléoptères pentamères, de la tribu des carabiques. Toutes les espèces de ce genre (dont une seule, le brachinus crepitans, est commune aux environs de Paris) se trouvent ordinairement sous les pierres. Elles ont la propriété singulière de lancer par l’anus, lorsqu'elles sont inquiétées, une vapeur blanchâtre ou jaunâtre, qui laisse après elle une odeur pénétrante analogue à celle de l’acide nitrique. On a reconnu, en effet, que cette vapeur est très-caustique, rougit le bleu de tournesol, et produit sur la peau la sensation d’une brülure, Les faches rouges qu’elle y forme passent promptement au brun et durent plusieurs jours, malgré de fréquentes lotions.
BRACHION, genre d'animaux infusoires , qu’on ne voit qu’à l’aide du microscope, et qui vivent dans les eaux stagnantes.
BRACHIOPODES (de Boayiwv, bras, et roÿs, pied }), . Classe de mollusques qui comprend des animaux sans tête, munis d’une coquille à deux valves, fixée, qui par conséquent ne leur permet pas dese mouvoir, et dont les pieds, en forme de bras ou de tentacules, sont ciliés et rentrent dans l’intérieur de la coquille.
DICT, DE LA CONVERS. — T, II
BRACHISTOCHRONE (de Boxyioros, le plus court, et yp6vos, temps). Ce nom fut donné par Jean Bernoulli à la cycloïde, parce que cette courbe jouit de la propriété d’être la route que doit suivre dans le vide un corps soumis à la seule action de la pesanteur, pour arriver dans Ze temps le plus court d’un point à un autre (pourvu que ces deux points ne soient pas sur une même verticale ).
BRACHMANES. Voyez BRAHMANES.
BRACHYCATALEPTIQUE (de Bpsxoe, court, et xaraentlyoc, laissant), terme des poésies grecque et latine, désignant proprement un vers trop court ou auquel il manque quelque partie, tel, par exemple, que ce vers latin de trois pieds au lieu de quatre :
Musæ Jovis gnatæ,
cité par Lacroix, dans son Art de la Poésie latine. Les Latins appelaient encore ce vers mulilus.
BRACHYCEÈRE (de Bouyüs, court, et xépus, corne ), terme d’entomologie, par lequel on désigne un genre d’insectes coléoptères tétramères, dont les antennes sont fort courtes. Les brachycères ne fréquentent pas les fleurs : on les rencontre toujours à terre, ou grimpant avec peine contre les murs et les rochers.
BRACHYCOME ou BRACHYSCOME (de Boyd, court, et xôpn, chevelure, aigrette), genre formé par Cassini pour plusieurs plantes dela Nouvelle-Hollande, qui ont le port des pâquerettes, I] fait partie des composées-astéroïdées. Les brachycomes sont des herbes vivaces, portant des feuilles pinnatilobées, et des capitules à disque jaune et ornés de rayons blancs.
BRACHYGRAPHIE (de Bpayéc, court, et ypégw, j'écris), art d'écrire par abréviation. Voyez STÉNOGRAPHIE, ABRÉVIATION, TIRONIENNES (Notes ), etc. ,
BRACHYNE. Voyez BRACHINE.
BRACHYPTERES (de Boayx6:, court, et xrepèy, aile), Dans la classification de Cuvier, c’est une tribu d'oiseaux plongeurs, à pieds palmés, ou palmipèdes, qui ont les ailes fort courtes : tels sontles plongeons ou grèbes, les pingouins etles manchots. Dans celle de M. Duméril, les brachyptères forment une famille qui répond à celle des brévipennes, de Cuvier.
BRACHYSEÈME (de Boaydc, court, et cfa, signe, étendard), genre de la famille des légumineuses, qui renferme quelques arbrisseaux de la Nouvelle-Hollande. On en cultive dans les jardins deux espèces, dont l’une (brachysema latifolium , Brown) atteint 1°,30 à 1°,60 de hauteur. Ses rameaux grêles et sarmenteux, dont les feuilles sont larges, alternes, ovales et entières, donnent en avril et en mai des fleurs latérales d’un beau rouge, groupées au nombre de deux ou trois.
BRACHYURES (de Boayüc, court, et op, queue), nom spécial d’une famille de crustacés à dix pattes, dont la queue est très-courte.
BRACONNAGE, BRACONNIER. Le braconnier est celui qui chasse sans droits et furtivement sur le terrain d'autrui. Ce mot qui a entièrement perdu sa signification originaire, désignait dans le principe celui qui s’appliquait à dresser pour la chasse les chiens braques.Toujours en guerre avec les grands propriétaires voisins , le braconnier, pour un intérêt minime, mène la vie aventureuse du contrebandier, qu’il surpasse en ruse, en adresse et en audace. Il n’agit, comme lui, que dans les ombres de la nuit, ef trop souvent aussi il arrive qu'une rencontre avec le garde détesté est suivie d’un assassinat. Les moyens que le braconnier emploie pour exercer sa coupable industrie sont innombrables : au fusil, dont il se sert rarement, parce qu’il n’est point assez destructeur, il joint les lacs, les lacets, les tirasses, les tonnelles, les traîneaux, les bricolles, les rêts, les collets, les aïlliers, les filets, les bourses , les panneaux, et tous autres engins propres à prendre le gibier.
La loi ancienne condamnait au fouet, à l'amende, à la flétrissure, au bannissement et même aux galères pour six ans, non-seulement les braconniers d'habitude, mais ceux qui leur achetaient du gibier, et que l’on considérait comme leurs complices. A la révolution de 1789, on passa de cet excès de rigueur à un excès de mansuétude. Le braconnage ne fut plus considéré que commeun simple délit dechasse; mais, à cause de cette impunité même, il était arrivé à un point d’audace extraordinaire, lorsque fut promulguée la loi du 3 mai 1844. Abrogeant toutes les lois et ordonnances antérieures, même en ce qui concerne les domaines de l’État, cette loi prononce une amende de cinquante francs à deux cents francs contre ceux qui auront chassé pendant la nuit ou à l’aide d’engins et instruments prohibés, d’appeaux, d’appelants, de chanterelles, etc. ; ils peuvent, en outre, être punis d’un emprisonnement de six jours à deux mois. Si à ces circonstances vient s’ajouter encore celle que le terrain sur lequel le délit a été commis, est attenant à une maison habitée ou entouré d’une clôture, l'amende est de cent francs à mille francs et l’'emprisonnement, toujours facultatif, de trois mois à deux ans. S'il y a récidive, c'est-à-dire condamnation déjà prononcée pour le même délit dans les douze mois précédents, les peines édictées peuvent être portées au double. :
BRACONNIÈRE, BRAGONNIÈRE ou TONNELET, arme offensive du moyen âge, On nommaïit ainsi la partie de l’armure attachée au bas de la cuirasse des chevaliers, et qui servait en même temps, comme les bandelettes des Romains, de défense et d’ornement. La braconnière formait une espèce de jupon ou de panier évasé, ayant beaucoup de ressemblance avec les tassettes; elle était à plusieurs lames , couvrait toute la partie du corps depuis le défaut de la cuirasse jusqu’à mi-cuisses : quelques-unes descendaient même jusqu'aux genoux. Les braconnières séparaïent Ja cuirasse des cuissards. La bordure en drap écarlate, qui garnit le bas de la cuirasse des carabiniers et des cuirassiers, paraît être une réminiscence des braconnières.
BRACTEATES (du latin bractea, feuille de métal), nom moderne d’une espèce de monnaie consistant en une feuille d'argent généralement très-mince, et ayant eu cours en Allemagne depuis la fin du onzième siècle jusqu’à la fin du quatorzième. Cette monnaie s'appelait alors denier ou pfennig. I est diffcile d'admettre qu’elle ait été frappée sur le modèle des monnaies byzantines, qui dans les derniers temps étaient excessivement minces; il est plus simple de croire qu'on a successivement diminué le poids des deniers. Au onzième et au commencement du douzième siècle, les bractéates portaient une double empreinte assez peu distincte, à cause du peu d’épaisseur du métal; plus tard, les pièces devinrent si minces qu'on ne put les frapper que d’un côté. On accorde en général une très-faible valeur artistique à cette monnaie; mais c’est une injustice, car beaucoup de bractéates du douzième et du treizième siècle indiquent une grande habileté et beaucoup de délicatesse de burin. Depuis longtemps on a rejeté l'opinion que les bractéates avaient été frappées avec des coins de bois. A partir du milieu du treizième siècle, l'empreinte devient si grossière qu’on se figure à peine avoir sous les yeux une monhaie informe.
La grandeur du module varie beaucoup depuis celle d’une pièce de un franc jusqu’à celle d’une pièce de cinq francs, selon les pays. Cette monnaie était toujours d'argent, plus ou moins fin, jamais de cuivre, et l'on n’en a trouvé quelques pièces d’or que dans le Danemark. L'opinion la plus vraisemblable est que les bractéates ont été frappées d’abord dans le Thuringe. On n’en fit guère usage que dans l’Allemagne moyenne, dans PAllemagne du nord-est et en Pologne, On en rencontre moins fréquemment dans l’Allemagne méridionale, rarement en Danemark, en Suède, etc. ; on ne les connut ni en Italie, ni en France, ni en Espagne.