‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 4 sur 527 · BÉRARD — BERBICE · texte numérisé non relu

BÉRARD — BERBICE

plus vanté les opinions de Barthez, de Bordeu, de Sauvages, etc. Pour mettre à couvert sa modestie dans ses éloges quelquefois excessifs, il avait coutume de dire qu’il vantait les æuvres de l’École de Montpellier avec autant d’abnégation qu'un tambour racontant les prouesses guerrières de son régiment. Son second ouvrage, traitant de L'Homme physique et moral, fut fait en haine des opinions de Cabanis, et dut paraître aussi exagéré dans le sens spiritualiste que l'ouvrage de Cabanis dans le sens opposé. Bérard allait jusqu'à dire et peut-être jusqu’à croire qu’un homme pourrait encore penser sans tête et sans cervelle. Il convient de remarquer que ses opinions furent malheureusement influencées par les instigations d’une ambition trop mal servie par sa santé pour lutter et pour attendre. Les passions et l'étude avaient fait de Bérard un squelette ambulant, quela seule controverse avait de temps en temps le don d’animer et de rajeunir. A considérer la finesse de son regard et la douceur de sa voix, personne ne se serait imaginé qu'il fût sourd à ne plus rien entendre. Cette surdité radicale donnait à ses discussions une apparence rétive et despolique : aucune réplique ne pouvait le convertir ni le déconcerter , car aucun mot ne parvenait à son oreille. Sans aïmer les jésuites, il avait appuyé sa fortune sur leur pouvoir. Nommé professeur à l’époque de leur plus grand crédit, il perdit son reste de vie vers le moment de leur renvoi, Faible caractère autant qu’esprit puissant! intelligence admirable, homme à plaindre! F. Bérard est mort le 16 avril 1828.

BÉRARD (Pierre Honoré), docteur en médecine, est né à Lichtenberg ( Bas-Rhin ) en 1797. Élu au concours professeur de physiologie à la Faculté de médecine de Paris (1831 ), il devint doyen de cette faculté en 1848, et fut enfin appelé par le président de la république, au mois de mars 1852, à la place d’inspecteur général des écoles de médecine, avec entrée dans le nouveau conseil supérieur de l'instruction publique. On lui doit des Notices historiques sur Broussais et sur Haller, et il a revu, corrigé et augmenté la dixième édition des Nouveaux Éléments de physiologie de Richerand. Ila en outre publié un Cours de Physiologie (1848-1857, 5 vol. in-8° ) et fait à l'Académie de médecine d'excellents rapports. 11 est mort d’apoplexie le 12 décembre 1858, à Char: nton ( Seine ).

BÉRARD (AuGustEe ), fière du précédent, comme lui élève de Béclard, était né en 1802. Professeur de clinique

chirurgicale à la Faculté de Paris, membre de l'Académie de médecine, chirurgien de l'hôpital de la Pitié, il est mort à Paris, le 14 octobre 1846. D' Isid, Bournon.

BERAT (Fnénénic), compositeur, né en 1810, à Rouen, a laissé un grand nombre de romances dont il écrivait les paroles et la musique; elles ont été réunies en un volume (1853). La plupart sont devenus populaires, par exemple Ma Normandie, le Départ, Mon petit Pierre, la Liselle de Béranger, le Marchand de chansons, Bérénice. Ses chansons n'avaient pas fait sa fortune; il n'avait d’autres moyens d'existence qu'un petit emploi dans la compagnie parisienne du gaz, Bérat est mort d’un affection de la moelle épinière, le 2 décembre 1855, à Paris.

BERBERINE, principe colorant de l'épine-vinette ; a racine de colombo en&ontient une grande quantité.

BERBERIS, genre de plantes qui sert de type à la fahille des berbéridées. L'espèce la plus connue est l’épinevinette., Les berberis reçoivent aussi le nom de vinetliers.

BERBERS ou BERBÈRES. Les Européens désignent exclusivement aujourd’hui sous ce nom diverses parlies de la population aborigène de la Barbarie, sur les côtes septentrionales d'Afrique. Mais quelques historiens et géographes arabes étendent cette dénomination aux peuplades qui occupent toutes les oasis du désert. Gibbon, Volney, Saint- Martin, pensent avec bien d'autres que ce nom de Berbers est une corruption de la qualification}, ,,; pures { 849-

Gxçot) que les Grecs donnaient aux peuples qui parlaient un autre idiome qu'eux, et que les Romains avaient également adoptée. Hodgson, de son côté, s'appuyant de l'opinion d’Hérodote, fait remonter jusqu'aux Égyptiens l’épithète de $ép6apot, d'où l’on pourrait conclure que le mot est égyptien, et que les Arabes Pont pris dans leurs pérégrinations à travers l'Égypte. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'appellation de Berbers ne désigne pas un corps de nation homogène, mais un mélange confus de populations diverses qui devaient être appelées Les Barbares par les dominateurs romains et byzantins, lors de l'invasion des Arabes musulmans. Le contraste des caractères physiques et des traits du visage , qui frappe encore l'observateur le moins attentif, témoigne hautement de cette hétérogénéité chez le peuple qu’on désigneet qui se range lui-même sous la dénomination commune de Berbers. D'un autre côté cependant, chose à remarquer, les dialectes de ces peuples présentent une identité des plus évidentes, à laquelle fait exception la seule tribu des Tibbous, identité qui prouve à elle seule le lien commun des peuplades appartenant à cette race.

Voici le relevé de tous les rameaux hétérogènes qui composent la famille berbère;

Les Amazighs, mot qui dans la langue veut dire noble, libre, et que les Maures appellent Schellouhh (pluriel de Schillahh), sont ceux qui habitent l’ouest de la contrée, et sont répandus dans les montagnes du Maroc.

Dans les montagnes des trois régences , les Berbers sont désignés par les Arabes sous la simple dénomination de Kabyles ou Kabaïl (pluriel de Xabileh , tribu).

Ceux qui vivent entre le Fezzan et l'Égypte sont connus sous le nom de Tibbous ; leur idiome est radicalement différent de celui des autres tribus, et ces hommes, au teint noir cuivré, aux traits saillants, au nez épaté, aux lèvres épaisses, ne possèdent aucun des points de similitude qui semblent relier entre eux les autres Berbers.

Il y a enfin les Touareks (pluriel de Terka, tribu). Ils habitent cette partie du Sahara qui est comprise entre le Maroc, le Fezzan et le Soudan, et passent pour être les plus farouches de cette race.

Le Berber Ebn Khaldoun, écrivain arabe, a écrit dans le quatorzième siècle une histoire de son pays, dans laquelle, résumant et corrigeant les indications des explorateurs précédents, il classe les principales tribus berbères sous deux grandes divisions, qu’il ramène à une seule et même souche, à Berr, père de la race entière. Ainsi, deux lignes portant, l'une le nom des Berdnis, et l’autre celui des Botar, descendant des deux fils de Berr, embrassent, suivant lui, la tolalité des tribus.

11 n’en est pas moins vrai que jusqu’à présent la question du noyau primordial des populations berbères est demeurée insoluble, Des investigations les plus sûres et les plus vraisemblables, il résulte et demeure acquis néanmoins qu’au temps de Iarbas, contemporain de Didon et roi des Mazikes Gétules, les Bérânis avaient déjà établi leurs pénates dans la Libye; mais quant à savoir s'ils étaient réellement autochthones, ainsi que Salluste et Hiempsal l'ont cru, c'est ce qui est encore incertain.

BERBICE, l’un des trois districts dont se compose le gouvernement de la Guyane anglaise, dans l'Amérique méridionale, sur les bords du fleuve du même nom, forme un comté avec les deux autres districts, Demerara, et Essequibo, et, sur une superlicie de 99 myriamètres carrés, comprend une population de 28,251 habitants, non con:pris les indigènes.

Les Hollandais fondèrent des colonies en 1626 dans ces contrées ; aussi la plupart des blancs y sont-ils d’origine hollandaise, et c'est la langue hollandaise qui y est encore en usage dans les tribunaux et dans les chaires, En 1799 les Anglais s'emparèrent de ce pays; puis ils le rendirent en 1803, mais pour s'en rendre maitres de nouveau dès

BERRICE — BERCHET 1

l'année suivante ; et aux termes de la paix de Paris la Hollande dut la leur abandonner en 1814 avec Demerara et Essequibo.

A l’embonchure du Berbice s'élève, dans une charmante situation, la Nouvelle-Amstlvrdam, chef-lieu de tout le gouvernement et siége des autorités centrales, avec un bon port etun commerce des plus actifs. Les voyages et les explorations de R. Schomburgk ont jeté un jour tout nouveau sur la connaissance du Berbice et des autres principaux cours d'eau de la Guyane anglaise, et justifient les brillantes espérances qu'on peut fonder sur l’avenir de cette colonie.

BERCE, genre de plantes de la famille des ombellifères, dont l'espèce la plus répandue est aussi connu sous le nom de fausse branche-ursine (heracleum sphendylium). Cette berce est vivace. Elle croît dans les bois et dans les prés de l’Europe; elle est très- commune dans le nord. Sa racine est longue, pivotante, blanchâtre, et l’écorce en est douceâtre; de son collet naissent quelques feuilles d’un vert foncé, amples, velues, découpées profondément en plusieurs segments étroits et refendus , et plus souvent crénelés sur leurs bords. Le segment qui termine sa feuille est ordinairement divisé en trois parties. La tige est haute d’un mètre, velue, cannelée, creuse. Son extrémité et celles de ses branches sont couronnées par des ombelles de fleurs blanches fleurdelisées.

Le bétail mange les jeunes pousses de la berce ; maïs ses tiges sont dures et ne peuvent par cette raison être mangées en sec : il faut donc avoir l'attention, lorsqu'on veut l'employer comme fourrage, de la couper près de terre, au moment où elle va fleurir. On empêche en même temps par là sa trop grande reproduction , qui finit par devenir nuisible aux prairies.

Les Russes , les Lithuaniens et les Polonais retirent de ses semences et de ses feuilles, par le moyen de la fermentation, une liqueur alcoolique très-enivrante, qui leur tient lieu de bière; mais c’est à tort qu’on a prétendu que les Polonais employaient la berce contre laplique.

BERCEAU, lit des enfants, ordinairement assez mobile et assez léger pour permettre de les y bercer. Ce mot vient, selon Ménage, de versus, versullus, dirivé de vertere, dont on a fait d’abord bers par abréviation et par la transformation du v en b.

La forme des berceaux a varié selon les pays et les modes : tantôt ce fut un petit lit ou un vase, tantôt un bouclier concave ou unenacelle, que les Grecs appelaient scaphé (cxäpn). Aujourd'hui, les berceaux sont faits de planches, d'osier, de barres de bois, de fils de fer, ou de cerceaux artistement arrangés. Cette forme, du reste, et la nature des matériaux dont on les fabrique, sont d’une faible importance; mais il importe beaucoup qu’un berceau soit assez large pour que l'enfant, en se remuant ,ne se heurte point aux parois, et assez creux pour qu’il ne puisse en tranchir les bords.

L'étymologie du mot berceau prouve assez que l’usage de bercer les enfants est aussi ancien que le lit lui-même, dont il a déterminé la forme. Toutefois, l’observation attenfive a dû montrer combien l’abus de cette pratique est pernicieux , et l’on ne saurait trop appeler l’attention des mères sur ce sujet. On conçoit jusqu’à un certain point que les enfants, après leur naissance, puissent éprouver de temps en temps le besoin d’un: mouvement doux, analogue à celui auquel ilsétaient habitués dans le sein maternel ; mais autant ce mouvement peut être agreable et utile aux enfants lorsqu’il est unifonne et modéré, autant il devient nuisib'e et même dangereux lorsqu'il est brusque et sans mesure. Le cerveau, dans les Jeunes enfants, est encore si taible et si impressionnable que la moindre secousse peut y porter les plus grands et les plus funestes désorares.

On appelle berceau , en architecture, une voñte cylindrique, dont le cintre est formé par une courbe quelconque et dont les naissances portent sur deux murs parallèles.

Ces voûtes se construisent en pierres de taille, en moellons ou en briques. Une voüte en berceau prend le nom d’are toutes les fois que sa longueur est moindre que le diamètre de la courbe dont elle fait partie. Comme les arcs, les voûtes en berceau sont susceptibles de diverses modifications, c’est-à-dire qu’elles peuvent être surhausstes, surbaissées, en plein cintre, biaises, rampantes , ete.

Un berceau, en jardinage, se fait ordinairement de treillages, qu'on soutient par des montants de traverses, cercles, arcs-boutants et barres de fer. On forme ce treillage avec des lattes de bois de chêne ou de châtaignier, bien planées et bien dressées, dont on fait des mailles de 5 à 7 décimètres carrés, qu'on lie avec du fil de fer. Ces sortes de berceaux n'ont de rapport avec l'architecture que parce qu’on leur donne volontiers des élévations où l’on figure, avec les treillages, des voûtes, des arcades , ornées de colonnes, de frises et d’entablements, On les entoure de plantes grimpantes, vivaces ou annuelles, telles que la vigne, la cobée, la vigne vierge, le houblon, la clématite, le chèvrefeuille, le jasmin, etc.

Une allée de jardin peut devenir un berceau naturel, si l'on dispose les branches des arbres qui la forment de manière à la couvrir entièrement : le marronnier d'Inde, l’ormeau, le platane, le chêne, le hêtre, le noyer, se prêtent plus ou moins à ce dessein ; mais le tilleul, et surtout le tilleul de Hollande, est l’arbre le plus favorable à une pareille opération, qui exige du reste beaucoup de soins , de temps et de patience. La première et la principale attention à avoir pour cette sorte de construction consiste à ménager les branches qui sont les plus propres à former l’arcade, et à couper toutes celles qui sont du côté opposé, en sorte que l'on élague l'arbre perpendiculairement, comme on fait pour une palissade, mais en dehors seulement, tandis qu'en dedans de Pallée on taille seulement les branches en cintre pour opérer avec méthode. On oblige ensuite les principales branches, les plus droites et celles qui forment pour ainsi dire le corps de l'arbre, à se pencher par une courbure insensible, ce que l’on fait au moyen de cordes ou de jets de vigne sauvage. I1 faut aussi avoir soin de conserver les proportions dans une construction de ce genre, qui doit avoir en hauteur au moins le double de sa largeur, c'est-àdire qu’une allée de 10 mètres de largeur doit en avoir 20 de hauteur dans le milieu de son arcade, et pour cela on doit laisser les arbres s'élever à 5 ou 6 mètres avant de songer à leur faire former leur courbure.

BERCEAU DE LA VIERGE, nom vulgaire de la clématite des haies.

BERCHEM ( Van). Voyez BERQUEN.

BERCIHIET (Giovanni), l’un des poëtes éminents de l'Italie contemporaine, et de plus prosateur et critique distingué, naquit à Milan, vers 1790. Sa famille , originaire de France, était depuis plusieurs générations établie dans la Lombardie. Le poëte, enfant, vit la belle terre sur laquelle il était né réunie sous un même sceptre avec la France, et grande fut sa douleur lorsqu’au lieu de la gloire, sinon de l'indépendance absolue qu'il avait rêvée pour son pays, il vit sa patrie retomber en 1814 sous le joug autrichien. Non content de pleurer sa liberté, Berchet, devenu homme, consacra toute sa vie, toutes les hautes facultés dont le ciel l'avait doué , à relever son pays de l'oppression étrangere.

Né pour les lettres comme pour la liberté, il se fit remarquer de bonne heure parmi la jeune pléiade romanticolibérale italienne, au milieu de laquelle Manzoni brillait de l'éclat du génie, Silvio Pellico de lauréole du malheur. En 1820 cette école fonda à Milan le journal Ze Conciliateur, dont le but était à peu près celui que cinq années plus tard tenta d'atteindre chez nous le journal le Globe, Berchet prit une part active à la rédaction de cette feuille, à laquelle il fournit d'excellents articles de critique littéraire,

8 BERCHET —

particulièrement sur la lits‘râture allemande, qu'il contribua plus qu'aucun autre à faire connaître à l'Italie. Au bout de quelque temps, fatiguée de censurer et de mutiler les articies destinés au Conciliateur, la police autrichienne frappa personnellement ses rédacteurs, dont quelques-uns furent jetés en prison, d'autres condamnés à mort et forcés de s'exiler. Berchet dut quitter l'Italie. ;

Bientôt le journal français Le Globe imprima sans nom d'auteur deux petits poemes italiens reuarquables par la forme, par la pensée, surtout par l’énergie et la profondeur du sentiment. Ces poëmes, divisés en strophes, que tous les patriotes italiens répètent encore, soit sur la terre d’exil $ soit tout bas, dans la terre natale où règne PAutrichien, avaient reçu de leur auteur le modeste titre de romances : c'étaient Le Remords (il Rimorso) et L'Ermite du Mont- Cénis (il Romilo del Cenigio); tous deux étaient une énergique protestalion contre la domination étrangère. Berchet s’y révélait comme poëte national. Aussi fut-il salué du nom de Béranger ilalien.

Né dans cette belle Lombardie, qui, plus rapprochée du nord que les autres parties de lV’Italie, plus française aussi, a su se faire une langue qui n’a ni la mollesse du toscan, ni la grâce enfantine et coquette du doux parler vénitien, mais plutôt une sorte de vigoureuse senteur que semble lui communiqner le vent sain et parfois âpre des Alpes, Berchet a su tirer tout le parti possible du bel idiome milanais, comme l'atteste un petit volume publié à Paris, en 1841, dans la Biblioteca Poelica Italiana. Outre l’Ermile et Le Remords, ce recueil contient six autres poëmes : les Fugitifs de Parga, œuvre véritablement grande, malgré des dimensions peu étendues, et traduite par M. Fauriel; Clarina, Mathilde, et Le Troubadour, romances d'amour, où s’entend, plis haut que la voix de la tendresse, le cri de l'indépendance nationale; Julia, la plus belle pièce du recueil peut-être, la plus douloureusement patriotique, et enfin les Fantaisies, poëme de sept cents vers, que les Italiens considèrent comme le chef-d'œuvre de la poésie lyrique et patriotique moderne, et qu'ils placent à côté, sinon audessus des chants de Tyrtée.

Berchet planta ensuite sa tente à Genève, d’où venaient au noble poëte les doux souffles de l'Italie, Il est mort le 23 décembre 1851, à Turin.

BERCHINY , ou BERCHENY, nom d’une famille originaire de Transylvanie, qui, en 1633, s'établit en Hongrie, où elle fut connue sous le nom de Berc’seny.

Son rejeton le plus remarquable, Nicolas Berchiny, né en 1664 , après s’être brillamment distingué dans une guerre contre les Turcs, ce qui lui avait valu de grandes faveurs de l'empereur Léopold, concerta avec le prince Ragotzky, son parent, le soulèvement de la Hongrie. Obligé de fuir en Pologne, il ne tarda pas à revenir, soutenu par la France, à la tête d’un corps de troupes, et fut nommé grand général du royaume et des armées des confédérés. Sourd aux offres séduisantes que lui fit l'empereur Joseph 1°", il refusa la dignité de prince de l’Empire, et fut en revanche investi, par les Hongrois, du titre de lieutenant-ducal. Mais, par la suite, la confédération ayant éprouvé de nombreux revers fut obligée de se dissoudre, et Berchiny , après avoir été ambassadeur en Pologne et en Russie, se retira en Turquie dés que son parti eut succombé, Il mourut à Rodosto, le 6 novembre 1725.

Son fils, Ladislas-Iynace Bencmny, né à Épéries, en Hongrie, le 3 août 1689, servit en 1708, 1709 et 1710, dans lo compagnie des gentils-Lommes hongrois qui faisaient partie de la maison du prince Ragotzky. En 1712 il vint en France, où il obtint de grandes dignités, 11 y reçut même le bâton de maréchal, et un régiment de hussards franais a porté son nom jusqu'en 1790.

BERCHOUX (Josern ) naquit en 1765, dans la petite

ville de Saint-Symphorien de Lay, voisine de L , , où il |

Page 1