BRANDEBOURG
possession des villes de Kæpnick et de Mittenwald, Tempelhof ou Templow près Berlin fut fondé en 1241, par les Templiers, qui quarante-sept ans plus tard acquirent également Zielenzig. Par son second mariage, avec Hedwige de Poméranie, Jean fit revenir formellement à sa maison l’Uker-Marche, déjà gagnée par la force des armes, en même temps que son frère Othon recevait en dot de sa femme Béatrice, princesse de Bohême, les villes de Bautzen, Gærlitz, Lauban et Lœbau.
Les deux frères se firent en outre donner, en 1248, par lanti-roi Guillaume de Hollande l’expectative du duché de Saxe, et en 1250 ils acquirent, moyennant argent, du duc Boleslas de Liegnitz les droits de souveraineté sur Lcbus. Jean enleva aux Polonais le pays riverain de la Warthe, où il fonda, en 1257, la ville de Landsberg. En 1258 les deux frères opérèrent le partage de leurs possessions, et Stendal et Salzwedel devinrent les siéges de gouvernements distincts constitués par les deux lignes. Brandebourg, la capitale, de même que la suzeraineté des évêchés de Brandebourg et de Havelberg, restèrent communes. Le gouvernement des-deux frères fut des plus prospères. Ils fondèrent un grand nombre de villes nouvelles, telles que Francfort sur l'Oder, Neubrandenburg, Bærwalde, Friedland, Kœænigsberg dans la Nouvelle Marche, etc. Sous leur règne, Berlin prit aussi de grands développements ; et dès 1238 il est mention de Cologne sur la Sprée, qui en forme la partie principale.
Jean I‘, mort en 1266, fut le fondateur de l’ancienne maison Ascanienne de Brandebourg-Stendal; Othon IIF, mort en 1267, celui de la ligne de Brandebourg-Salzwedel. Mais ces deux lignes ne tardèrent pas à s'éteindre ; la cadette en 1317, l’aînée en 1320. Jean I°° avait commencé déjà à prendre insensiblement le titre d’électeur. Les souverains les plus remarquables de cette dynastie, sous laquelle la souveraineté de la Pomérélie fut acquise en 1269, et la Marche de Landsberg achetée en 1291 au landgrave de Thuringe Albert le Dégénéré, furent Æermann et Othon IV, à la flèche, célèbre aussi comme minnesænger (troubadour), qui en 1303 acheta la Basse-Lusace au margrave Diezmann de Misnie, et, après la mort d’Othon, le belliqueux Waldemar, qui régna de 1308 à 1319. Ce dernier agrandit le Brandebourg du côté de la Saxe; mais de son règne date un point d’arrêt dans la prospérité du Brandebourg. Le dernier prince de cette dynastie fut Henri Le jeune, qui mourut sans s'être marié, en 1320, peu après la déclaration de la majorité de l’empereur.
Pendant les troubles sanglants qui éclatèrent alors, l'ordre civil, à peine fondé dans le pays, périt complétement, Le brave Waldemar ne fut pas plus tôt descendu dans la tombe que, dès 1319, Jean de Bohème s’empara-de la Haute Lusace, et les ducs de Poméranie de diverses parties de l'Uker-Marche. La confusion générale augmenta encore quand, en 1322, l'empereur Louis IV, dit aussi Le Bavarois, donna le margraviat de Brandebourg en fief à son fils, encore mineur, Louis, qui ne put s’en mettre en possession qu'après de longues luttes avec les princes voisins et d’orgueilleux vassaux. En 1331 il fut battu par les Poméraniens, de sorte qu'en 1338 force lui fut de renoncer à exercer tous droits de suzeraineté sur ce pays, jusqu’à la mort des princes indigènes. Dès 1324 les chroniques lui donnent le titre d’électeur et d’archi-chambellan de l'Empire; mais son mariage avec Marguerite de Maultasch, qui lui apporta en dot le Tyrol, le rendit tellement indifférent aux intérêts du Brandebourg, qu’en 1352 il céda complétement les Marches à son frère Louis le Romain, que dès l’année 1349 il s'était donné pour co-régent. Ce qui l'y détermina surtout, ce furent les troubles provoqués par le jaux Waldemar, qui se fit passer pour le défunt margrave Waldemar, et qui vraisemblablement serait demeuré tranquille possesseur de la Marche Électorale, si l'empereur Charles IV, après l'avoir d'abond soutenu , ne l'avait ensuite abandonné. 11 mourut en 1855, à Dessau,.
BRANDEBOURG — BRANDETS
Louis le Romain, à son tour, prit pour co-régent son frère Othon VII, dit le Fainéant, qui plus tard devint seul électeur, et qui en 1363 conclut avec l’empereur Charles IV et avec la maison de Luxembourg une convention d’hérédité réciproque, en vertu de laquelle l'empereur obtint le droit de succession dans la Marche Électorale, et plus tard participa directement au gouvernement en mettant à profit la paresse d’Othon et ses goûts de dissipation. En 1368 Othon vendit la Basse Lusace à l’empereur, qui la réunit à la Bohème ; et dès l'année 1373, époque à laquelle Charles IV résidait souvent dans la Marche, par exemple à Mittenwald sur la Notte, ville à laquelle il avait accordé d'importants priviléges , il était forcé de céder entièrement à ce prince la Marche Électorale, que l’empereur promit de lui payer 200,000 florins d’or, outre une pension annuelle et la jouissance de divers châteaux dans le Haut Palatinat.
Par suite de cette convention, Charles IV donna en fief, d'abord à son fils Wenceslas, roi de Bohême, puis, quand celui-ci fut devenu roi des Romains, à son second fils Sigismond, la Marche Électorale de Brandebourg, qui sous le règne de ce prince, âgé de onze ans seulement, fut en proie aux plus affreux désordres. La noblesse, qui le méprisait, se livrait à des guerres continuelles de seigneur à seigneur ; et entre toutes les familles qui commirent alors les plus grands excès, o1 remarqua surtout celle de Quitzow. Les princes voisins se permettaient d’incessantes incursions, jamais réprimées, et toute sécurité publique disparut. Sigismond finit par se trouver tellement accablé de dettes qu’en 1388 il dut engager la Marche Électorale à son cousin le margrave Jodocus ou Jobst de Moravie. Mais Jobst, pas plus que son lieutenant, ne put remédier aux désordres intérieurs du pays. A sa mort, arrivée en 1411, la Marche Électorale fit retour à l’empereur Sigismond , qui à la même époque obtint la couronne impériale.
Dès 1402 Sigismond avait vendu la Nouvelle Marche à l’ordre Teutonique; et il établit alors le burgrave de Nuremberg, Frédéric VI, de la maison de Hohenzollern, en qualité de gouverneur dans la Marche Électorale. Celui-ci, en récompense des services qu’il avait rendus à l'empereur, notamment d’un prêt de 400,000 florins d’or qu’il lui avait fait, reçut de lui, en 1415, la Marche de Brandebourg, la dignité d’électeur et la charge d’archichambellan de l’Empire, et obtint en 1417, au concile de Constance, la confirmation de cette inféodation; ensuite de quoi il prit dès lors, comme électeur de Brandebourg, lenom de Frédéric 1€. C’est à proprement parler du règne de ce Frédéric 1° d’'Hohenzollern que commence l’histoire du développement de la Prusse, dont la Marche Électorale et plus tard ce qu’on appela la province de Brandebourg a toujours déterminé depuis les destinées, non pas qu’elle exerçât une suprématie extérieure quelconque sur les autres parties de la monarchie, avec une organisation particulière et indépendante, mais parce qu’elle se trouvait dans le voisinage immédiat des souverains, constituant ainsi le véritable point de centralisation de la Prusse.
En 1838 une société s’est formée pour l'étude de l’histoire du Brandebourg, et les quatre volumes de Mémoires qu’elle a publiés de 1841 à 1849 témoignent de l’activité qu’elle a apportée dans ses investigations.
BRANDEBOURG (FRÉDÉRIC-GUILLAUME, comte DE), général et ministre prussien, né à Berlin, le 24 janvier 1799, était fils du roi Frédéric-Guillaume II, et issu de son mariage morganatique avec la comtesse de Dœnhoff. Le 28 avril 1794 il fut créé comle en même temps que sa sœur Julie, morte, le 28 janvier 1848, duchesse d’Anhalt-Kæthen, était élevée au rang de comtesse. Entré de bonne heure dans l’armée, le comte de Brandebourg, quoiqu'il se fût distingué dans les campagnes de 1813 à 1815, n’obtint qu'un avancement assez lent; et ce ne fut qu’en 1848, époque où il commandait le premier corps d'armée en Silésie avec le
grade de lieutenant général, qu’une importance politique s’attacha tout à coup à son nom. Dès l'été de 1848, quand tout annonçait en Prusse un conflit prochain entre l’assemblée nationale et la cour, ce fut sur le comte de Brandebourg que celle-ci jeta les yeux pour servir d’exécuteur à ses volontés; et c'était bien moins sa capacité comme homme politique qui le désignait pour jouer un tel rôle, que les liens étroits de parenté qui l’unissaient à la famille royale. Le 3 novembre, après la retraite du ministère Pfuel, il fut nommé chef du nouveau cabinet, que l’on désigna sous le nom de ministère Brandebourg-Manteuflel. Il suivit dès lors avec une loyauté et une fidélité inébranlables les directions diverses prises par la politique prussienne, de sorte que son nom se rattache à toutes les mesures importantes adoptées par ce cabinet (voyez Prusse). Étranger aux exigences du gouvernement constitutionnel, son apparition dans la chambre trahissait toujours un certain embarras. Au mois de novembre 1849, quand le conflit survenu entre la Prusse et l’Autriche fut soumis à l'arbitrage de la Russie, le comte de Brandebourg fut envoyé à Varsovie comme négociateur. Si, outrepassant ses instructions, il fit alors des concessions à l'Autriche au sujet de la renonciation à l’Union et à l'entrée de tous les États de cet empire dans la Confédération germanique, d n’agit ainsi que parce qu’il supposait qu’à l’avenir la Prusse et l’Autriche auraient chacune alternativement la présidence de la diète, et que le droit d'Union resterait garanti. Aussi fit-il de nouveau mention de ces conditions à Vienne alors que, après la sortie de M. de Radowilz du cabinet, M. de Manteuffel parlait de faire ces concessions sans équivalents. Dans la séance du conseil des ministres tenue le 2 novembre le comte de Brandebourg avait voté à la vérité contre la proposition faite par M. de Radowitz de mobiliser l’armée ; mais son cœur de vieux soldat prussien se sentit profondément blessé quand il vit la Prusse entrer toujours davantage dans la voie des concessions vis-à-vis de l’Autriche. On assure également que les impressions personnelles qu’ilavait rapportées de Varsovie et les vives discussions qui en résultèrent au sein du cabinet exercèrent une puissante influence sur le développement de la maladie dont le comte de Brandebourg ne tarda point à être atteint. Dans les paroxismes de son état fiévreux, il se croyait au milieu du tumulte et de la confusion des batailles, combattant pour sauver l’honneur de la Prusse. Le comte de Brandebourg mourut le 6 novembre 1850, d’une fièvre cérébrale, après quatre jours de maladie. Il a laissé cinq filles et trois fils, dont les deux afnés, frères jumeaux, sont officiers dans l’armée prussienne.
BRANDEBOURG (Technologie). Lorsque l'électeur de Brandebourg Frédéric-Guillaume, dit le Grand Électeur, entra en Alsace, en 1674, les gens de sa suite portaient une espèce de casaque qui allait jusqu'à mi-jambes et qui avait des manches plus longues que les bras. Cette mode passa en France sous son nom, qui fut conservé à tous les vêtements qui avaient plus ou moins d’analogie avec le premier modèle, et devint plus tard celui d’une sorte de boutons faits en olive et ornés d’une espèce de galon ou de frange, dont la mode existe encore. :
BRANDEIS (en langue bohème, BRANNY HRAD ), ville du cercle de Kaurzim, en Bohême, située sur la rive gauche de l’Elbe, dans une plaine fertile, compte 2,800 habitants, qui s'occupent principalement d'agriculture. Cette ville, siége d’un doyÿenné, possède nn gymnase et un vieux château fort, construit, en 941, par le duc Boleslas le Furieux Pendant la guerre de trente ans la ville eut beaucoup à souffrir. Elle fut occupée en 1631 par les Saxons, et en 1639 par les troupes suédoises, qui le 30 mai mirent sous ses ruurs les limpériaux en complète déroute. En 1775 un incendie la détruisit presque entièrement. Sa position sur la route de la Silésie et de la Lusace en fait le centre d’un com merce assez actif, qui est cependant déchu depuis l’établissement du chemin de fer.
Il y a encore en Bohême un autre Brandeis, bourg de 2,500 habitants environ, appartenant au cercle de Kœnigsgrætz, et dépendant de la seigneurie de Trautmansdorf. II s’y tisse beaucoup de toiles de lin. Ce bourg était autrefois un des principaux établissements des frères moraves ou
ohêmes.
BRANDES (JEan-CurÉriEN), comédien et poëte dramatique allemand, célèbre par ses aventures, naquit à Stettin, le 15 novembre 1735. 11 y apprenait le commerce, orsqu'une action contraire à la probité l’obligea de s’enfuir et de traverser la Prusse en mendiant son pain, Arrivé en Pologne, il entra d’abord comme apprenti chez un menuisier; puis la faim et la misère le contraignirent à se faire successivement gardeur de pourceaux, bateleur au service d’un dentiste ambulant, marchand de tabac et enfin domestique d’un gentil-homme du Holstein, qui lui fit donner quelques leçons, et par qui il eut occasion d’assister à quelques représentations théâtrales. Elles produisirent sur lui une si vive impression qu'il résolut dès lors de se consacrer à la profession de comédien et de s’y préparer de son mieux par des travaux assidus. En 1757 il fut admis dans la fameuse troupe de Schænemann à Lubeck, où ses débuts furent peu heureux. Il entra alors dans la troupe de Koch. Après avoir été ensuite employé pendant quelque temps dans les bureaux de la Gazelte d’Allona, puis domestique du général Schenk en Danemark, il remonta sur les planches en 1760, à Stettin, dans la troupe de Schuch; et le public accueillit cette fois avec plus de bienveillance. Plus tard il joua alternativement à Munich, à Leipzig, à Hambourg, à Hanovre, à Dresde et dans d’autres villes. La mort prématurée de sa femme (1786 ) et de sa fille (1788) le rendit inconsolable.
Sa femme, née en 1746, en Lithuanie, était une actrice consommée et l’idole du public. Excellente épouse et mère, c’est pour elle qu’il composa son Ariadne à Naxos, pièce dans laquelle elle obtint un succès encore sans analogue. Sa fille, née à Berlin en 1763, était une cantatrice de premier ordre.
Brandes vécut dès lors dans la retraite à Stettin, puis à Berlin, où il se lia avec Lessing, et où il mourut, le 10 novembre 1799, dans un complet état de misère et d’abandon, Comme acteur il ne s’éleva guère au-dessus de la médiocrité; mais comme écrivain dramatique il fit preuve d’une grande fécondité. Ses pièces sérieuses, telles que son drame Miss Fanny, sont dépourvues de mérite ; en revanche, dans ses comédies il fait preuve d’une grande entente de la scène. L'action en est toujours vive, les caractères vrais et bien tracés, le dialogue facile et naturel; toutes qualités qui le distinguent de la plupart des auteurs comiques ses contemporains. Seus ce rapport nous devons surtout mentionner sa comédie intitulée Trau, schau, wem, qui obtint à Vienne un prix offert au meilleur ouvrage nouveau en ce genre; L'Enlèvement, Le Marchand anobli; et Le comte Olsbach. Son mélodrame Ariadne à Naxos, imitation de l’Ariadne de Gernstenberg, dont la musique fat faite une première fois par Benda (1778) et une seconde fois par Reichardt (1780), obtint le plus éclalant succès sur toutes les scènes de l'Allemagne.
Brandes publia lui-même une édition complète de ses œuvres dramatiques (8 vol. ; Hambourg, 1790). Peu de temps avant sa mort il écrivit avec autant de naïveté que de sincérité son autobiographie, ouvrage aussi amusant qu’instructif (3 vol., Berlin, 1800) qui a été traduit en français par M. Ph. Le Bas et compris dans la collection des Mémoires dramatiques.
BRANDIS (Joacmm-Diernicn), médecin du roi de Danernark , né à Hildesheim, le 18 mars 1762, mort à Copenhague, le 28 avril 1846, lit ses études à l'université de Gœttingue. Reçu docteur en 1785, il fut bientôt apres appelé à y occuper une chaire; mais dès la fin de l’année suivante