BRANICKI — BRANTOME
dans leurs murailles, tous les matelots, debout et immobiles, menacés de la mort, mais incertains du moment précis où elle viendra les atteindre, attendent dans une apparente impassibilité le signal qui leur permettra de renvoyer letrépas à l'ennemi, é
Dans cet instant de silence, le commandant fait ordinairement une allocution courte, et qui manque rarement deproduire un grand effet. Gloire, honneur et patrie! voilà les mots qui réveillent au cœur des matelots des sentiments héroïques. Qu'il est sublime ce signal de Nelson à Trafalgar au moment où toute l’armée était préparée au combat : « L’Angleterre compte qu’aujourd’hui chacun deses défenseurs fera son devoir! » Et ces paroles furent écoutées avec un religieux recueïllement,
Les ténèbres rendent encore le branle-bas plus imposant : au milieu d’une nuit sombre, deux bâtiments se rencontrent ; l’un d’eux ignore la présence de l’ennemi dans les parages où il croise; il s'approche, et le hêle dans la langue de son pays; soudain l’autre navire laisse tomber ses mantelets de sabords : il est prêt à combattre; tous les canonniers sont à leurs pièces; deux longues lignes de fanaux éclairent les batteries, et jettent sur l’eau un lugubre reflet, et une horrible décharge de quarante pièces de canon réveille cruellement le premier navire de son erreur. C’est dans la Manche que s’est passée cette scène.
Le mot branle-bas vient de ce qu’à ce commandement, tous les hamacs, autrefois nommés branles , sont décrochés et mis dans les filets de bastingage. Théogène PAGE.
BRANNOVICES, BRANNOVIENS ou AULERQUES, peuples des Gaules qui, selon César, habitaient la première Lyonnaise, vers l’ouest, le long de la Loire. Il les cite parmi les clients des Éduens. Davies, qui a donné une belle édition de César, remarque dans une note qu’il n’est fait ailleurs aucune mention des Aulerques-Brannovices. Il ajoute que tous les manuscrits distinguent ces mots par des virgules, Aulercis, Brannovicibus et Brannoviis ; le grec les distingue de même, en sorte qu'il paraîtrait que ce sont trois peuples différents.
BRANTÔME (PIERRE DE BORDEILLE ou ne BOUR- DEILLES, seigneur de l’abbaye de), naquit en Périgord, vers 1527. J1 obtint très-jeune l’abbaye de Brantôme, un des plus riches bénéfices du Périgord. Rien de plus ordinaire alors que de voir des abbayes données à des hommes d'épée, et même à des dames. Les grands bénéfices ecclésiastiques étaient considérés comme des seigneuries amovibles à la disposition du roi, plutôt que comme des charges et des dignités essentiellement religieuses. Homme d’épée et courtisan par état et par goût, Brantôme ne cessa point de suivre les armées et la cour ; il fut souvent employé dans des missions diplomatiques, et fut gentil-homme de la chambre des rois Charles IX et Henri III, décoré de leurs ordres et de plusieurs ordres d'Écosse et d'Italie. « Il avoit beaucoup d’esprit et de bonnes lettres, dit Le Laboureur; il estoit fort gentil dans sa jeunesse; maïs j'ai appris de ceux qui l'ont connu que le chagrin de ses vieux jours luy fust plus pesant que ses armes et plus déplaisant que tous les travaux de la guerre etles fatigues, tant de mer que de terre, en tous ses voyages. Il regrettoit le temps passé, la perte de ses amis , et ne voyoit rien qui approchast de la cour des Valois, où il avoit esté nourry. »
Brantôme a lui-même esquissé sa biographie en écrivant celle de Duguat : « Dès lors que je commençai, dit-il, de sortir de sujétion de père et de mère et de l'école, je me mis à voyager aux voyages que j’ay faits aux guerres et aux cours, dans la France, lorsque la paix y estoit, pour cher. cher adventure, fust pour guerre, fust pour voir le monde ; en Italie, en Écosse, en Espagne ou en Portugal, dont j'emportai l’Aabito (décoration) do Christo, duquel le roi de Portugal m'honora, qui est l'ordre de là. Estant tourné du voyage du Pignon de Velez en Barbarie, puis en Mtalie, même