BRAS
loureuse; de là encore la douleur et l’engourdissement que l'on éprouve souvent après un léger choc au coude.
Le bras et l’avant-bras ne sont pas sujets à des maladies spéciales : ils peuvent être, comme d'autres parties du corps , le siége d’éruptions cutanées, d’ulcères, d’abcès, ete. Les membres thoraciques, par la longueur des os qui les composent , sont, ainsi que les membres abdominaux, plus fréquemment exposés aux fractures et aux luxations que les autres pièces de notre charpente osseuse. Mais, dans les cas qui peuvent nécessiter l'amputation, l’avantbras offre l'avantage que cette opération se fait le plus bas possible, tandis que pour la jambe on est obligé de sacrifier le membre entier. C’est sur les bras que se font communément les piqûres du vaccin. Ces membres sont aussi le siége ordinaire des vésicatoires dérivatifs et des cautères.
Quelque nombreux et variés que soient les phénomènes physiologiques du bras et de l’avant-bras, nous pouvons les réduire à quatre principaux, savoir : la sensation, la protection, les mouvements et la nutrition. En effet, la peau, plus dense et pourvue de poils plus ou moins nombreux en arrière et en dehors, plus fine, plus délicate ét nue en dedans et en avant, protège les parties soujacentes. La délicatesse de son tissu, qui la rend plus sensible sur les faces de flexion, est en harmonie avec la direction des mouvements dans le phénomène de l’embrassement, et réciproquement la densité du tissu et les poils plus nombreux des faces d’extension la rendent plus propre à la protection contre l’action des corps extérieurs. La couche fibreuse ( aponévrose du bras et de l’avant-bras ), subjacente à la peau, enveloppe immédiatement les chairs ou muscles, les protège et les bride dans leurs mouvements, tant au dehors qu’au dedans, au moyen des cloisons nombreuses qui vont s’insérer jusqu'aux os. Les chairs ( corps charnus des muscles et leurs tendons } forment aussi des couches qui enveloppent les os, et les garantissent des chocs des corps étrangers. Les os, qui sont les organes les plus solides et qui fournissent à un très-grand nombre de musclesleurs points d'insertion, concourent à produireles mouvements dont ils sont les organes passifs, tandis que les muscles en sont les agents ou organes actifs. Les jointures ou articulations du bras avec l’épaule, du bras avec l’avant-bras, et des os de l’avant-brasentreeux, réunissent toutes les conditions pour l’étendue et la variété de ses mouvements. La diversité, la multiplicité de ces mouvements, 1° d’élévation, d’abaissement, d’abduction, d’adduction, de rotation et de cireumduction, exécutés par lebras ; 2° de flexion, d'extension, de supination, de pronation de l’avant-bras; leur combinaison, leur succession, leur alternative et leur simultanéité, enfin leur rapidité et leur énergie plus ou moins grandes, toujours appropriées aux besoins de l'intelligence, sont les vrais éléments de la force, de la vigueur et de l'adresse du bras et de l’avant-bras, en faisant ici abstraction de la main. Si l’on y joint la sensibilité de la peau des bras, dont l’habitude perfectionne l’exercice, on ne sera nullement étonné des travaux exécutés par des manchots, soit de naissance, soitaprès l’amputation de la main ou de l’avant-bras, ou même de la partie inférieure du bras. Le balancement des membres supérieurs pendant la marche, leurs mouvements combinés avec ceux de tout le corps dans les gestes, leur situation fixe dans diverses attitudes pendant qu'on fait des eflorts, soit pour sauter, soit pour repousser, pour retenir ou résister, leur participation au phénomène de la préhension des corps, enfin la combinaison de tous ces actes ou résultats de la locomotion et de la sensibilité du bras et de l’avant-bras, secondés par l’action de la main, et dirigés par le génie àes arts, sont les phénomènes physiologiques par lesquels se maniteste la puissance mdustrielle de l'espèce humaine.
Les mouvements que nous venons d'énumérer exercent une influence remarquable sur la nutrition des deux parties que nous étudions. L'observation nous apprend qu'en général les maîtres d'escrime, les boulangers, les gabiers ( ma-