BRAVADE
La bravade est un propos de Gascon, une hyperbole, à laquelle on n’ajoute pas foi.
C’est encore le nom d’une fête instituée en Provence, en l'année 1256, par Charles d'Anjou, à son retour de la Terre Sainte, Elle consistait en un tir à l'oiseau, suivi d’une procession où figuraient l'élite de la bourgeoisie et le parlement. La cérémonie se terminait par un feu de joie allumé par le vainqueur sur la place publique.
BRAVE (du grec Boaéeiov, prix du combat). C’est celui qui affronte le danger, court à sa rencontre, ou l’attend sans crainte, celui qui s'expose à la mort par devoir, par générosité. Parmi les braves, les uns le sont par fermeté d'esprit, les autres, et c’est le grand nombre, par tempérament. Ces derniers ne se montrent pas braves tous les jours : subjugués par l'imagination, qui exalte ou énerve leurs facultés , ils paraissent fermes ou timides sans mesure, Que de guerriers , intrépides sur le champ de bataille, ont tremblé devant l'échafaud ! C’est qu’alors le péril est imminent, inévitable, tandis qu’au milieu du feu, le plus brave ne désespère pas de son salut, même en voyant tomber tous ses compagnons. « Montrez-moi un danger que je ne puisse éviter, disait l’intrépide comte de Peterborough, et vous verrez que j'aurai peur comme un autre, » Toutefois, dans les crises les plus terribles de la guerre, on a vu de grands capitaines s’isoler si complétement, qu’ils ne songeaient plus au péril, mais au résultat qu’ils poursuivaient. On demandait au maréchal Ney si dans le cours de sa carrière militaire il avait connu la crainte : « Non, répondit-il, je n’en ai jamais eu le temps. »
Brave comme un César, ou comme son épée, expressions proverbiales, qui signifient un homme éminemment brave, par opposition au substantif dépréciateur jaux brave. Un brave à trois poils est un brave déterminé, qualification qui vient de ce que les hommes qui aspiraient à la mériter avaient l'habitude de porter la moustache à la royale , à trois pointes, bouquelée, comme on la portait du temps de Louis XII.
Brave veut dire aussi par extension vêtu avec recherche, paré de ses plus beaux habits. Brave comme un bourreau qui a fait ses Päques est un dicton proverbial, sans application aujourd'hui, mais qui signifiait jadis qu'on n'avait pas coutume d’être si bien vêtu, par allusion sans doute à l'obligation imposée aux bourreaux de porter toujours sur leurs habits quelque marque de leur profession, comme une échelle, une potence, hors le jour de Pâques, où il leur était licite d’endosser le costume des autres manants ou vilains.
Ce mot a vieilli dans ces diverses acceptions, mais il a conservé toute sa fraîcheur dans la signification familière d’honnèête ou de probe : C’est un brave homme, dit-on; C’est une brave et digne femme.
BRAVO, nom qu’on donnait jadis en Italie, à Venise surtout, à un spadassin , à un bandit, à un esfafier à loyer, à un so/durier domestique, qui faisait métier de tuer pour de l'argent, et qui ne reculait pas, esclave de sa parole, devant ies entreprises les plus périlleuses pour satisfaire celui qui l'avait pris à sa solde, « A la fin du quinzième siècle, dit un auteur italien ( Pier-Angelo Fiorentino ), les bravi, armés jusqu'aux dents, une arquebuse en main, un coutelas en poche, coiffés d’une résille espagnole, masqués par une barbe épaisse et d'énormes moustaches à crochets, n'avaient, quand il leur fallait redoubier de précaution, qu’à rabattre une longue tresse de cheveux qu’ils portaient d'habitude sur le devant de la figure. » Le bravo est une des meilleures productions du romancier Americain Fenimore Cooper.
Ce mot avait la même signification en espagnol; il n’exprimait même pas autre chose en France du temps de Louis XIII et sous la minorité de Louis XIV. Bon nombre de grands seigneurs entretenaient alors chez nous des bravi , toujours prêts à maltraiter, à tuer même quiconque
DICT. DE LA CONYERS, — T. Il.