‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 418 sur 527 · BRAVO — BRAVO-MURILLO · texte numérisé non relu

BRAVO — BRAVO-MURILLO

qui a ébranlé le globe, n'ont pu le faire sortir de la retraite qu'il s’est choisie, Le général Bravo est mort le 22 avril 1854, à Mexico,

BRAVO-MURILLO ( Don Juan), homme d’État espagnol, né en juin 1803, à Frejenal de la Sierra, dans la province de Badajoz. Ses parents, qui n'avaient qu’une fortune très-médiocre, le destinèrent à l’état ecclésiastique, et l’envoyèrent étudier la théologie à Séville et à Salamanque. N'ayant pas de vocation pour cet état, Bravo-Murillo abandonna la théologie pour la jurisprudence. En 1825 il se fit recevoir avocat à Séville, dont le barreau comptait alors parmi ses membres les avocats les plus célèbres d’Espagne ; aussi eut-il beaucoup de peine à se faire remarquer. Renonçant à cette ingrate carrière, il obtint une chaire dans l'université, et fut en même temps chargé des cours de philosophie; cependant il pe tarda pas à reparaitre au : barreau, vers lequel son goût l’entrainait. Ses talents lui acquirent bientôt uneréputation, qu’accrut considérablement son habile défense du colonel Bernardo Marquez, en 1831. Après la mort du roi Ferdinand VII, le ministre de la justice Garelly lui offrit la place de fiscal près de l’audiencia de l’Estramadure à Cacères. Bravo-Murillo l'accepta ; c'était un premier pas dans l'administration publique. Dans ses nouvelles fonctions , il se montra ami d’un progrès sage et modéré; aussi, lorsque les progressistes arrivèrent aux affaires, en 1835, le ministre de la justice Gomez Becerra voulut-il l'envoyer à Oviedo ; mais il donna sa démission, et redevint avocat.

Comme il avait l'intention de fonder un journal de droit, il se rendit à Madrid, et, en collaboration avec son ami Pacheco, il entreprit, en 1836, la publication du Bulletin de Jurisprudence. Son ancien professeur Barrio Ayuso étant entré comme ministre de la justice dans le ministère Isturitz, Bravo-Murillo accepta la place de secrétaire de ce département; puis, la révolution de La Granja ayant renversé ce ministère au bout de trois mois, il donna sa démission, avec l'intention de ne plus s’aventurer sur le terrain de la politique; mais son état d'avocat, qu'il exerçait avec le plus brillant succès à Madrid, l’y ramena forcément. De concert avec Donoso Cortès, Gonzalez Llanos et Dionisio Galiano, il fonda le journal d'opposition £L Porvenir, dont il fut un des plus actifs collaborateurs. En 1837 la province de Séville l’envoya aux Cortès. Ofalia lui offrit la place de ministre de la justice; mais il la refusa. Dans l'assemblée il ne prit guère la parole que quand on débattait des questions de droit; cependant l’occasion ne lui manqua pas de faire admirer son talent et de mettre au jour ses principes modérés. En 1838 Ofalia l’engagea de nouveau à entrer dans le ministère; et lorsque le duc de Frias fut chargé d'en former un nouveau, le portefeuille de la justice lui fut offert; mais il refusa d'entrer dans un cabinet qui était sous l'influence d’Espartero.

Les Cortès ayant été dissoutes bientôt après, Bravo-Murillo, en sa qualité de modéré, ne fut pas réélu. Adversaire du parti dominant, il l’attaqua vigoureusement dans le Pi- Loto, qu’il publiait avec Donoso Cortès et Alcala Galiano le père; mais il se sépara de ses deux collaborateurs à l'avénement du ministère Arrazola, dont il n'attendait rien de bon et qu'il ne voulut pas soutenir. Sur ces entrefaites, les Cortès furent dissoutes de nouveau et remplacées par une assemblée plus modérée, où Bravo-Murillo entra comme député de la province d’Avila, Dès lors il ne se contenta plus de discuter les questions de droit ; il prit une part active aux débats politiques. Le discours qu'il prononça au sujet de l'abolition des dimes, mesure qu'il traita d'injuste et d'impolitique, lui fit beaucoup d’ennemis, D'un autre côté, le courage avec lequel il défendit les principes d'une réforme modérée, lui gagnèrent la confiance du parti conservateur, qui le fit entres dans toutes les commissions, même dans celles des finances.

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