BRAY — BRAZIER
une plante de l’Abyssinie, vermiluge qui, jusque alors inconnu, tue immanquablement le tænia. Kunth l’a dédiée au savant qui nous l’a fait connaître (voyez BRAYÈRE ).
BRAYERE, arbre d’Abyssinie, appartenant à la famille des rosacées, ainsi appelé du médecin Brayer, qui le premier l’a fait connaître en France, avec ses propriétés anthelmintiques particulièrement applicables à la destruction du tænia. Cet arbre, qui atteint jusqu’à vingt mètres de hauteur, a pour caractères botaniques : fleurs pédicellées, entourées de bractées membraneuses; calice tubuleux persistant, rétréci à son orifice; limbe à dix lobes, dont les cinq extérieurs plus grands; cinq pétales très-petits, linéaires, insérés au limbe du calice, de douze à vingt étamines insérées au même endroit, à filets libres; anthères biloculaires, deux ovaires cachés au fond du calice parfaitement libres, uniloculaires, monospermes; ovules pendants, deux styles terminaux, stigmates élargis , légèrement lobés.
BRAYETTE. Voyez BRAGuETTE et BRAIEs.
BRAZIER (Nicocas), auteur dramatiqueet chansonnier, naquit à Paris, le 17 février 1783. Son père tenait une école d'enfants; Brazier ne s’y montra pas assidu : aussi fut-il placé dans une fabrique de bijouterie. C'était, disait-il, une chaîne, et, quoique dorée, il ne la supporta pas longtemps. Plus libre de ses mouvements dans l'administration des droits réunis, où il obtint un modeste emploi, il fit comme l'oiseau auquel on ouvre la cage, il déploya ses ailes, sa poitrine se dilata, et il se prit à fredonner de joyeux refrains. Armand Gouffé, l'ayant entendu dans une réunion bachique, applaudit à sa verve; mais il eut la franchise de lui dire que, même en chansons, il faut non-seulement du bon sens et de l’art, mais un peu d'orthographe et de grammaire. Combien Brazier ne regretta-t-il pas alors de n’avoir pas même ouvert une seule fois le Traité analytique de la Langue Française de son père? Mais aussi le voilà s’armant d’une grande résolution, achetant des livres élémentaires; et ayant le courage, lui homme déjà, lui chansonnier applaudi, lui auteur joué, d’aller tous les jours en classe dans une pension de la rue Saint-Antoine.
Nous venons de dire que Brazier était auteur joué; en effet en 1803, à peine âgé de vingt ans, il avait fait représenter sur le petit théâtre des Délassements une espèce de monologue dramatique, comme on en faisait dans ce temps-là. Le Caveau moderne l'ayant accueilli, il se trouva en rapport avec des auteurs déjà connus, qui ne dédaignèrent pas de s’associer sa gaieté bouillante, son imagination fraîche, sa facilité à tourner le couplet; et plus d’un ranima de la sorte sa verve épuisée. Il faut le dire à sa louange, ses succès ne lui firent pas d'envieux, et ses collaborateurs devinrent et restèrent ses amis. Deux cents pièces pleines de gaieté, trois cents chansons remarquables par un naturel charmant , par une malice pleine de bonhomie, des applaudissements sur tous les théâtres de vaudevilles pendant trente ans, et dans les sociétés chantantes les plus renommées, rendirent assez populaires son nom, son talent et ses ouvrages.
Auteur dramatique, Brazier avait besoin de collaborateurs; il n’avait pour travailler seul ni assez de patience ni assez de goût. Certes, il ne manquait pas d'idées, mais il ignorait l'art de les coordonner. En ce sens, Merle lui fut extrêmement utile, Il n'avait pas, non plus, l'observation populaire au même degré que Dumersan, avec lequel il travailla longues années; mais il égaya toujours le dialogue de ses collaborateurs par des mots francs, par des saillies bouffonnes ; et ses couplets, bien tournés et chaleureux, arrachèrent souvent des applaudissements au publie. Les refrains de Brazier chansonnier ont trouvé des échos dans toutes les réunions bachiques, aux veillées du bivouac, dans les ateliers, chez les grisettes ; mais rarement ils ont pénétré dans les salons. La gaudriole le provoque, le vin l'inspire et la gaieté le soutient,