BRÊME
l'Allemagne, verroteries, objets de quincaillerie, grains, comestibles, spiritueux, etc. En 1850 le commence maritime donnait les résultats suivants : 62,087,372 fr. à l'entrée, 63,134,405 fr. à la sortie. Favorisé par une prospérité exceptionnelle, il s'élevait, en 1866, à 371,763,800 fr. à l'entrée, et 334,705,475 fr. à la sortie; il fléchit dans les années suivantes et reprit un grand essor en 1871, où l’importalion atteignit une valeur de 526,639, 841 fr., et l’exportation monta à 484,914,416. Le nombre des navires arrivant à Brême avec une cargaison varie, année commune, entre 3,000 et 3,400. Mentionnons en outre que depuis 1827 c'est Brême qui est devenue le grand point d’embarquement pour l’émigration allemande. Dans ces dernières années le chiffre des émigrés pour l'Amérique s’est élevé, en 1854 : à 76,875; en 1855, à 31,550 ; de 1861 à 1865, à 20,000 en moyenne par an; en 1866, à 61,877 ; en 1867, à 73,971; en 1871, à 60,516. L'activité industrielle de la ville a pour cause son commerce maritime; elle a pour objet principal la fabrication des accessoires de la navigation, ou la construction des navires, à laquelle sont consacrés de nombreux chantiers. Elle consiste aussi en préparations de matières premières exotiques, ou en fabrication d'objets destinés à l'exportation maritime, comme machines et moulins à vapeur, etc., en distillation de genièvre, fabrication de ditférentes sortes de bière, etc., deux industries qui y sont exercées dans de vastes proportions. Maïs de tous les genres de fabrication, c’est celle des cigares qui s’y fait aujourd'hui sur la plus large échelle, car elle n’occupe pas moins de 4,000 ouvriers.
Aux termes de l’acte constitutif de la confédération germanique , la ville de Brême possédait avec les autres villes libres la dix-septième voix dans la diète fédérale. Elle a à Lubeck, en commun avec celte autre ville libre, un tribunal supérieur d'appel; et jusqu’en 1866 elle a constitué, au point de vue mililaire, une association encore plus étroite avec les villes de Hambourg et de Lubeck, en tant que faisant partie intégrante de la 2° brigade de la 2° division du 10° corps de l’armée fédérale, Outre cette union créée par la Confédéra tion germanique, il existe toujours entre les trois villes de Brême, Hambourg et Lubeck, surtout en ce qui touche le commerce extérieur, l'unité d'intérêts formée autrefois par la Hanse, C'estainsi qu’elles possèdent en commun le S{ahthof (maison d'échantillons ) à Londres et la maison de la Hanse a Anvers, qu’elles passent des traités de navigation en commun, qu'elles entretiennent des consuls communs, etc. Aux termes de la constitution, un sénat de trente membres , dont font partie deux bourgmestres alternant tous les ans pour la présidence, et huit ministres, y est à la tête des affaires publiques. Ce sénat partage l'autorité avec la bourgeoisie et des comités particuliers, En 1871, les recettes de Brême étaient de 9,318,698 fr., et les dépenses de 10,771,548 fr. La dette publique s'élevait à 48 millions en 1872.
L'histoire primitive de la ville de Brème remonte à l’année 788, époque où Charlemagne y fonda un évêché qui
plus tard fut réuni à l’archevêché de Hambourg, institué seulement en 834. Les titulaires de cet archevêché ayant ensuite transféré leur résidence à Brême, son évêché fut à son tour érigé en siége archiépiscopal. Les immunités accordées à ce siége favorisèrent de bonne heure parmi les habitants le développement de l'esprit de commune et de cité qui, avec l'appui de l'Éghse, put même aller jusqu’à les faire se déclarer indépendants; et en dépit des luttes continuelles que la ville eut à soutenir depuis le commencement du treizième siècle contre ses archevèques, elle parvint toujours avec plus de succès à conserver son indépendance; de sorte que dès la tin du quatorzième siècle elle était reconnue sans conteste en qualité de ville libre impériale, Pendant ce temps-là, après avoir déjà obtenu par elle-même des priviléges particuliers dans toute l'étendue de ce qui composait alors le domaine
‘ de sa navigation, c’est-à-dire depuis les côtes de la Flandre
BRÊME — BREMERHAVEN
jusqu’à celles de la Norvège, et depuis l'Angleterre jusqu’à la Livonie, de même qu’en 1158 elle avait fondé Riga et contribué également à la fondation de l'Ordre Teutonique, elle était devenue membre de la Hanse, et avait pris part, un peu mollement d’abord, mais ensuite très-activement, à tous ses plans et à toutes ses entreprises.
Sortie de plus en plus puissante des luttes civiles du moyen âge et de guerres continuelles qu’elle eut à soutenir contre les princes et les seigneurs ses voisins, mais surtout contre les Frisons, peuple adonné au brigandage et à la piraterie, maîtresse du Weser inférieur et pendant plus ou moins ongtemps de vastes étendues de territoire sur les deux rives je ce fleuve, Brême embrassa de bonne heure et chaleureusement la cause de la réformation. De toutes les villes maritimes saxonnes qui prirent fait et cause pour la ligue de Smalkade, c’est elle qui déploya le plus de zèle et d’ardeur; et par la courageuse constance dont elle fit preuve après la bataille de Mubhlberg elle ne contribua pas peu à sauver le protestantisme d’une ruine complète. Mais c’est de cette époque aussi que date sa décadence politique, qui eut pour résultat d'empêcher son commerce de prendre de nouveaux développements. De fréquents troubles ayant la religion pour cause, et par suite desquels cette ville, qui sympathisait avec les idées et les principes de Mélanchthon, fut obligée d’embrasser le calvinisme, ruinèrent sa prospérité et lùi aliénèrent ses voisins et ses alliés parmi les princes et les villes, tous fermement attachés aux doctrines de Luther. Ajoutez à cela qu'à l’époque où elle jouissait en fait de sa complète indépendance, elle avait négligé de se faire représenter aux diètes impériales, et que si elle s’était soustraite ainsi à la nécessité de contribuer pour sa part aux charges de l’Empire, elle avait en revanche perdu le droit d’invoquer formellement les priviléges et la protection assurés aux membres de l’Empire. Aussi, quand au commencement du dixseptième siècle l’archevêché de Brême passa en des mains plus puissantes, et lorsque, aux termes de la paix de Westphalie, elle finit par être érigée en duché t:mporel sous la souveraineté de la Suède, les Suédois menacèrent ses libertés et les comtes d’Oldembourg entravèrent son commerce, notamment en établissant une douane à Elsfleth. Le Hanovre hérita des prétentions de la Suède, et ne consentit enfin à la reconnaître en qualité de ville libre impériale qu’en 1731. Ce ne fut même qu’en 1803 qu’il cessa de lui contester le droit de complète souveraineté sur son propre territoire, déjà singulièrement restreint par diverses cessions antérieures.
Après avoir vu, grâce à la paix de Versailles de 1783, son commerce et sa prospérité reprendre un nouvel essor, elle eut bientôt à supporter les misères de la domination et de l’occupation françaises , puis finit par être complétement incorporée (1810-1813) à l'empire français. Redevenue libre au mois de novembre 1813 , elle se hâta alors de prendre part à la grande lutte nationale contre l'étranger ; et obtint d'être rétablie en possession de son ancien titre de ville libre.
Après 1866 cette ville, qui manifestait de vives sympathies pour la Prusse, fit partie de laConfédération de l’Allemagne du Nord,et depuis 1871 de l'empire d'Allemagne.
BREMER (FRÉDÉRICKA), Suédoise, qui s’est fait un non par la publication d’un certain nombre de romans remarquables, est née en 1802, près d’Abo, en Finlande, d’autres disent dans cette ville même. Elle avait à peine trois ans, que son père était réduit, par de mauvaises affaires, à vendre ses propriétés et à aller se fixer en Scanie. Plus tard, elle passa plusieurs années en Norvège, chez la comtesse de Sonnerhjelm, et elle est aujourd’hui attachée comme institutrice à un établissement d’instruction publique pour les jeunes personnes, à Stockholm. Ses occupations ne l’ont pas empêchée de faire des voyages en Allemagne, en Angleterre et dans l'Amérique du Nord. L'étude de la littérature de l'Allemagne, la constante lecture de ses poëtes et surtout
dont les productions manquent peut-être de maturité, maïs qui témoignent d’un talent remarquable sous plusieurs rapports. Depuis quelque temps elle a beaucoup écrit, et c’est peut-être à cette fécondité qu’il faut attribuer le peu de succès de ses dernières productions, quoiqu’on y remarque encore les qualités qui distinguent ses autres ouvrages. Tout ce qui jusqu’à ce jour est sorti de sa plume brille par une sagesse et une pureté vraiment féminines de pensées, par une rectitude de jugement qui souvent m’exclut point une douce ironie, par une connaissance approfondie du cœur humain, par des idées justes et vraies sur le monde, par un rare talent d'exposition, qui souvent devient dramatique, et qui reste toujours merveilleusement simple et lucide. Frédéricka Bremer excelle surtout dans la peinture des scènes de la vie de famille; et ses tableaux , quelquefois un peu minutieux, sont extrêmement attrayants.
Le premier roman qu’ait publié Frédéricka Bremer produisit tout aussitôt à Stockholm une vive sensation ; il était intitulé Za Fille du Président ; les Voisins, qui parurent après, mirent le comble à sa réputation. Vinrent ensuite La Famille H. et Nina, dont le succès ne fut pas moindre. On reproche à ses romans les Voisins et La Maison de manquer l'originalité et d'invention; on adresse la même critique à Combat el Paix, à Hertha, au Foyer domestique, à un Journal, au Voyage de la Saint-Jean, œuvres dans lesquelles on rencontre cependant des descriptions animées, des scènes touchantes, des sentiments pleins de noblesse. Les romans de M! Bremer ont obtenu, non-seulement en Allemagne, mais en France, en Angleterre, en Hollande, les honpeurs de la traduction. :
Une collection complète de ses romans a paru à Stockholm en sept volumes (1835-1843), sous le titre de Teckningar ur Hvardagslifvet (Esquisses de la vie de tous les jours). A cerecueil'ée rattache Nya Teckningarur Hvardagslifvet (4 vol., 1844-1848), recueil qui comprend Un journal, En Dalécarlie, Vie de frères et sœurs. Dans son Morgan- Vækter (1842), l’auteur a déposé sa profession de foi religieuse. Elle a publié de charmantes impressions de voyages dans Lif i Norden (1849), Midsommar-Resan (1849), Hemman à nya Verlden (la Famille aux États-Unis ; 1853- 1854, 3 vol.), et la Grèce et la Terre Sainte (1862-64). M'e Frédérique Bremer est morte le 31 décembre 1865, à Stockholin.
BREMERHA VEN, port construit en 1827 à l'endroit où la Geeste se jette dans l'embouchure du Weser, à 52 kilomètres au-dessous de Brème , sur un territoire cédé à cette vüle par le Hanovre, et qui, n'étant pas encore protégé par des digues était a:ors sujet à toutes les inondations causées par les tempêtes. En 1830 on y creusa un bassin de 620 mètres de long sur 62 de large, mum d’une écluse Je 11,47, et susceptible de recevoir et de mettre à l'abri des navires jaugeant jusqu’à 1500 tonneaux. Dès que ce port fut ouvert au commerce, il s'établit sur ses bords une population qui comptait en 1871,11,000 habitants; et Bremerhaven reçut une organisation ainsi que des institutions municipales. Depuis cette époque, la progression toujours croissante du commerce maritime de Brême a nécessite la construction d’un second bassin long de 496 mètres avec une largeur de 124 mètres, pourvu d’une écluse de 23°,56 de large et 7,75 de protondeur, capable dès lors de recevoir les plus grands navires. 1ndépendamment de ces deux bassins, on trouve encore à Bremerhaven un grand nombre de chantiezs de construction étobhs le long des rives de la Geeste, ainsi que deux vastes docks, où les navires peuvent eutrer à la marée montante. Dansla Maison des Emigrants, fondéeen 1850, trois mille individus trouvent le gite et la nournture. Deptus 1847 un service régulier de bateaux à vapeur créé entre New-York et Bremerhaven a établi de-rapides et faciles communications entre l'Amérique du Nord et l'Allemagne,
du Don Carlos de Schiller, développèrent en elle un talent | C'est aussi à Bremerhaven que, pendant sa courte existence,
Bremerhaven a obtenu en 1368 le privilège de rester port franc à la condition de payer au Zollverein une taxe pro- ,portionnelle à son commerce,
BRENNE (la), peut pays de France. Voyez INDne.
BRENNER ( Mons Brennius), nom donné à la pointe des Alpes Rhétiennes dans le comté du Tyrol, entre Inspruck et Sterzing, et entre l'Inn, l'Aicha et l'Adige. Élevé de plus de 1,984 mètres au- dessus du niveau de la mer, le Brenner sépare le bassin de l’Adige de celui de l’Inn. Il est traversé à une hauteur de 1,348 mètres par une route de 17 kilomètres , qui relie Vienne à Inspruck et à Venise. La montagne porte un village du même nom, connu par ses sources minérales. Comme tous les passages qui conduisent à travers le Tyrol et les Alpes Rhétiennes, le Brenner était aussi désigné par les anciens écrivains sous le nom de Hons Pyrenæus. Dans la guerre de 1809, le Brenner a été la principale position pour la défense du Tyrol.
BRENNUS, nom ou plutôt titre de plusieurs chefs gaulois, et qui s'est conservé encore jusqu ’a nos jours dans le mot gallois brennin, qui veut dire roi. Le plus célèbre de tous ceux qui le portèrent est Brennus, chef des Sennones, peuplade gauloise de la Haute-ltalie, qui, vers l'an 390, envahit le territoire romain. Les Romains furent complétement battus sur les bords de l'Allia, et Brennus arriva lentement sous les murs de la ville éternelle. Pendant ce temps là les trésors et les objets sacrés avaient été déposés au Capitole, où la population jeune et en état de porter les armes s'était retirée, tandis que les autres habitants avaient pris la fuite. Brennus ne rencontra dans la ville déserte que les femmes, les enfants et les vieillards. Ceux-ci avaient mieux aimé mourir que d'abandonner leur patrie. Brennus les trouva assis sur leurs chaises curules , quelques-uns'revêtus de leurs ornements sacerdotaux en signe de leur dignité, et d’autres avec le costume de consuls., Ils furent égorgés, en même temps que la ville était livrée aux flammes et au pillage. Cependant une formidable armée romaine se réunissait sur les derrières des Gaulois, tandis que le Capitole assiégé continuait à opposer, sous les ordres du tribun Sulpicius, une vigoureuse résistance. Brennus tenta de le prendre d'assaut Une nuit il en fit escalader les rochers par ses soldats; et déjà quelques Gaulois étaient parvenus au sommet sans que les sentinelles eussent rien aperçu. Maïs alors les oies sacrées qu’on nourrissait dans le temple de Junon, poussèrent de grands cris et réveillèrent ainsi la garnison qui repoussa les assaillants, Toutefois les Romains, privés de toutes communications avec les leurs, désespéraient d’en être secourus, tandis que de son côté Brennus, dont la peste décimail l’armée, se fatiguait d’un siége long et inutile, Les deux parties résolurent en conséquence d’en venir à un accommodement. Brennus promit de se retirer si on lui donnait mille livres pesant d'or. Déjà on pesaïl l’or, Brennus venait de jeter encore son épee dans la balance, en s’écriant : Væ viclis! (Malheur aux vaincus!}), mot qui a passé en proverbe, quand Camille, rappelé d’exil et créé dictateur, survint 4 la tête de l'armée romaine, chassa les Gaulois de la ville et les tailla en pièces dans la plaine voisine. II est vraisemblable que Brennus périt dans cette déroute; du moins les historiens romains ne font-ils plus dès lors mention de lui. Il est évident d’ailleurs que toute cette histoire de Brennus ne nous est parvenue que fort cmbellie par la poésie. Nous avons -donné le récit de Tite-Live; mais la critique moderne ne l’adimet pas sans restriction. Voyez notre article ALLta, USD UPS
Un autre Brennus envah't avec Psychorius, l'an 280 av. J-C., la Macédoine à la tête d'une ininense armée gauloise, é\ aluée à 150,000 fantassins et 30 où 40,000 cavaliers. 1 battit et tua le roi Ptolémée Céraunns, puis Sosthènes ; raversa la Thessalie, pénetra en Grece par les Thermupyles, et marcha sur Delphes pour piller le temple de la ville,
BREMERHAVEN — BRENTANO Ê
Un effroyable ouragan ayant assailli ses soldats, les Grecs se jetèrent sur eux et les taillèrent en pièces. Brennus, blessé, s'empoisonna.
BR ENT A, rivière d'Italie, qui prend sa source près de Trente (Tyrel) et se jette dans l’Adriatique, après un cours très-rapide de 180 kilon. Elle donna son nom, de 1810 à 1814 à un département de l'empire frauçais dont le chef-lieu était Padoue.
BRENTANO (Ccémenr), frère de Bsttina d’Arnim, ué à Francfort sur le Mein en 1777, fit ses études à léna, et résida ensuite alternativement à léna; à Francfort, à Heïdelberg, à Vienne et à Berlin. En 1818, mécontent à la fois et de lui-même et des hommes, il renonça complétement au monde, et choisit pour séjour l’abbaye de Dulmen, dans le pays de Münster. Dans les derniers temps de sa vie, il vécut à moitié comme un anachorète, résidant tantôt à Ratisbonne, à Munich et à Francfort, où la nature ironique de son esprit le fit toujours beaucoup remarquer.- 11 mourut à Aschaffenbourg , le 28 juin 1812. Brentano publia ses premières poésies sous le pseudonyme de Maria, duquel il signa ses Satires el Délassements poctiques (Leipzig, 1800) et son Godwi, ou l'Image de pierre de la mère (2 vol., Francfort, 1801 ), livre qu’il désigna lui-même en sous-titre par la qualification de Roman sauvage. Le fait est que ce roman est passablement échevelé et pousse un peu loin les bizarreries que se permettait à cette époque la nouvelle école romantique, On y remarque cependant quelques belles pages et de ces passages auxquels on reconnaît aïsément le poétique contemplateur. Ses productions dramatiques, tantôt originales, tantôt bizarres, brillent quelquefois par un genre d’esprit éminemment disposé au sarcasme, et quelquefois aussi par de nobles accents lyriques, Ce sont Les Musiciens joyeux, opéra (Francfort, 1803); Ponce de Léon (Gættingue, 1804), comédie qui offre les plus heureux incidents; Victoria et ses frères et sœurs aux étendards flottants et aux mêches allumees (Berlin, 1804), où une ironie parfois un peu recherchee s'unit à une gaieté merveilleusement baroque. Sa Fondation de Prague (Pesth, 1816) est un ouvrage dans lequel la profondeur de la pensée et la force du style répondent à l’esprit poétique de l'inspiration première, quoique la bizarrerie des pensées et l’irrégularité de l’ensemble nuisent à leffet général. Brentano écrivit aussi quelques ouvrages de circonstance, parmi lesquels nous mentionnerons la cantate Universilalis lillerariæ (Berlin, 1810), et son Passage du Khin, ronde populaire (Vienne, 1814). Le genre dans lequel il semble avoir le plus complétement réussi est celui des petites nouvelles, et on regarde généralement comme son chef-d'œuvre l'Histoire du brave Gaspard et du bel Annerl (2° édit, Berlin, 1851). Son dernier ouvrage, intitulé Gokel, Hinkel und Gakeleia (Francfort, 1838), est une amusante et spirituelle satire, dans laquelle il a flagellé avec une impitoyable ironie les ridicules de son siècle. On doit aussi citer avec éloge la nouvelle édition qu’il a donnée de l'ancienne histoire de George Wickram de Colmar, sous le titre : Le Fil d'Or (Heïdelberg, 1809), ouvrage dont Lessing désirait la réimpression, bien qu'il se soit perinis des changements arbitraires dans le texte. Ses Contes ont été publiés par Guido Gwrres (2 vol., Stutigard, 1848).
Sa feinme, Sophie Scauparr, née le 27 mars 1761, à Altenbourg, avait épousé en premières noces le professeur Mereau de Jéna. Un divorce lui ayant rendu sa liberté, en 1804, elle se remaria avec Clément Brentano, qu'elle suivit à Francfort et à Heidelberg, où elle mourut le 31 octobre 1806. Outre ses traductions et beaucoup d'articles insérés dans des almanache et des Journaux, elle a laissé des Poésies (2 vol., Berlin, 1500-1802), ainsi que plusieurs romans, tels que Calathiscos (2 vol., Berlin, 1801-1802), et Amande et Edouard (Francfort, 1803 ), en forme de lettres. On a aussi d'elle une Suite variée d'Opuscules (Francfort, 1805). Tout