‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 424 sur 527 · BRENTANO — BRERA · texte numérisé non relu

BRENTANO — BRERA

ce qu’elle a écrit se distingue par la pureté et la délicatesse du style, par une grande richesse d'imagination , mais aussi par les défauts qui caractérisent l’école romantique.

BRENTANO (Lorenz), connu par la part qu'il a prise à la révolution dont le grand duché de Bade fut le théâtre en 1848 et 1849, est né en 1810, à Mannheim. Brentano fit ses études en droit à Heidelberg, et depuis 1837 il fut attaché successivement au barreau de Rastadt, de Bruchsal et de Manheïm. Mêlé de bonne heure aux luttes des partis politiques, il fut enfin, grâce à l'appui d’Itzstein, élu député par sa ville natale, en 1846, après avoir vu sa candidature échouer auparavant à maintes reprises; toutefois il ne commença à jouer un rôle important qu'à l'époque des troubles de 1848. Sans posséder des talents éminents, Brentano a tout au moins lhabileté à l’aide de laquelle on parvient à dominer les masses en temps de révolution. Comme membre de lPAssemblée nationale allemande, il ne se fit remarquer qu’une seule fois, dans une séance du mois d'août 1848, où ses paroles imprudentes soulevèrent le plus furieux tumulte. La révolte de Hecker ayant échoué, Brentano devint le chef du parti révolutionnaire à Bade ; il se montra l’orateur le plus fougueux de la chambre, organisa les clubs, et répandit partout une agitation qui donna fort à faire au gouvernement badoïs en 1848 et au commencement de 1849. 11 resta cependant étranger aux émeutes de 1848; mais il se fit le défenseur des émeutiers devant les tribunaux , à la chambre et dans la presse.

Lorsque, au mois de février et de mars 1849, la majorité du parti radical quitta la chambre, il en sortit aussi, et il se constitua le défenseur de Struve devant les assises de Fribourg. Sur ces entrefaites, l’agitation qu’il avait semée porta ses fruits. L'assemblée d’Offenbourg amena une catastrophe plus terrible que Brentano ne l’eût désiré. Un ministère Brentano était dans les vœux d’un grand nombre de radicaux; une régence ou une dictature Brentano les consterna. Ce fut, au reste, avec un médiocre sentiment de satisfaction que Brentano prit, le 14 mai, le gouvernement du pays de Bade, car des cet instant il fut en butte aux attaques les plus furibondes. M se déclara contre ceux qui appelaient le règne sanglant de la terreur, condamna les actes de brigandage commis par des aventuriers étrangers, et entra ainsi en lutte ouverte avec Struve et son parti, lutte qui dégénéra presque en un conflit sanglant, le 5 et le 6 juin.

La révolution ayant succombé, il fut, en conséquence de l'attitude qu’il avait eue au pouvoir, accusé par les exaltés de l'avoir trahie. Il est certain qu’il gouverna plutôt avec des éléments du parti contraire qu'avec ses anciens amis politiques. Il conserva, il est vrai, jusqu’à la fin du résime révolutionnaire la direction suprême dans la commission exécutive, dans le gouvernement provisoire, dans la dictature; maïs à mesure que les défaites se succédèrent, le mécontentement s’accrut, et, après la déronte de Fribourg, Struve lança le 28 juin, au milieu de l’assemblée constiluante une proposition que Brentano considéra comme un vote de méfiance. Au milieu de la nuit, il s’enfait à Schaffhouse, et l’assemblée l’ayant proclamé traître, il fit paraître un manifeste qui contenait la critique la plus amère de son propre parti. En se défendant d’avoir pillé le trésor public, en se vantant d’avoir empêché le sang de couler, il accusait la plupart de ses anciens amis d'incapacité, et leur reprochait de n'être conduits que par des motifs d'interêt personnel. Ce manifeste écrasa son parti; mais il lui ferma en même temps la carrière politique, en lui attirant la haine des révolutionnaires, sans lui gagner la sympathie de leurs adversaires. De la Suisse Brentano s'enfuit en France, d’où 1 passa en Amérique. Il y publiait une feuille allemande et s’occupait d’affaires contentieuses, lorsqu'il mourut en 1853,

BRÉQUIGNI (Louis-GEORGES-Ounarp FEUDRIX pe), néà Granville, en 1716, mort à Paris, en 1795, chez son amie Me du Boccage, fut reçu en 1759 à l’Académie des Ins-

criptions et Belles-Lettres, et enrichit les Mémoires de cette savante société d’un grand nombre «le dissertations curieuses et importantes. Toute sa vie fut consacrée à l'étude de l'histoire et de l'antiquité. Après la paix de 1763, Bréquigni fut envoyé par le gouvernement en Angleterre, pour y faire le dépouillement des titres relatifs à la France, dont le catalogue avait été donné par Thomas Carthe, et que l’on conservait à la Tour de Londres. Bréquigni partit en 1764. 11 devait rechercher et examiner les pièces originales qui ne se trouvent point dans les recueils de Cambden, de Rymer, Huane et de Morthon, et transcrire celles qui avaient rapport à la France. A son arrivée à Londres , il fut conduit dans un vaste grenier, où il trouva une immense quantité de papiers entassés sans ordre ; on le mena ensuite dans un cabinet obscur, où il en trouva une égale quantité, couverts d’une couche épaisse de poussière infecte et humide. Il travailla trois mois à les classer , puis il examina les titres renfermés dans les coffres de l’échiquier, et y recueillit beaucoup de p'èces authent ques relatives à nos anciens rapports avec l'Angleterre. Il revint en France au bout de trois ans.

Nous ne parlerons pas de son Histoire de l'établissement de l’empire et de la religion de Mahomet, de son Zssai sur l'Histoire de l’ Yémen, de sa Table chronologique de rois et chefs arabes , de son Histoire des Révolulions de Gênes, deses Vies des anciens Orateurs grecs, ni du premier volume d’une édition de Strabon; mais nous devons insister sur ses travaux relalifs à l'histoire de France. Depuis 1754 il continua, d’abord avec de Villevaut , puis seul, la Collection des Lois et ordonnances des rois de La troisième race, immense recueil, dont il publia successivement cinq volumes à partir du neuvième , où Secousse s'était arrêté. Bréquigni y joignit des préfaces qui donnent une histoire exacte de notre législation. Secousse, Foncemagne et Sainte-Palaye avaient projeté un recueil de tous les titres, chartes et diplômes qui n'avaient point été imprimés :ils moururent avant d’avoir accompli cette œuvre. Bréquigni fut chargé d'exécuter ce plan, et s'associa M. Mouchet. Ils publièrent trois volumes de la Table chronologique (1569-1783). Une partie du quatrième volume a été imprimée, mais n’a pas été miseen vente,

En 1791 Bréquigni publia avec Laporte du Theil,en 3 vol. in-fol., Diplomata, chartæ, epistolæ, et alia monumenta ad res francicas spectantia. Il avait encore été chargé par le ministre d'État Bertin d’achever la collection commen cée par Batteux, sous le titre de Mémoires sur les Chinois, des pères Amiot, Bourgeois, etc. A la mort de Sainte-Palaye, en 1781, ce savant académicien , encore de concert avec M. Mouchet, s’occupa de la continuation du Glossaire des vieux mols français; mais leur travail est resté manuscrit. Bréquigni avait été reçu à l'Académie Française en 1772. j A. SAVAGNER.

BRERA ( VaLÉrien-Louis }, né le {5 décembre 1772, à Pavie, professeur de thérapeutique et de clinique médicale à l’université de cette ville, a laissé une longue suite d’ouvrages et de mémoires originaux sur les différentes parties de l’art de guérir. Il s’est en outre attaché à enrichir la littérature médicale de son pays d’une foule de monographies et de traités spéciaux, choisis parmi ce que les littératures étrangères offraient de plus généralement estimé. Mais ce qui contribna surtout à populariser son nom parmi les médecins français, ce sont ses beaux et importants travaux sur les versintestinaux. Les savantes recherches auxquelles il se livra à ce sujet, les precieuses observations qu’elles lui donnèrent lieu de recueillir, sont consignées dans un volume in-4°, publié en 1803, et intitulé : Lezioni medico-pratiche sopra à principali vermi del corpo umano vivente, e le cause delle malattie verminuse. Ce précieux ouvrage à élé traduit en français, en anglais, en allemand et en russe. Bartoli et Calvet en avaient enrichi dès 1804 notre littérature médicale par une traduction qui a eu les honneurs de plusieurs éditions,

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