‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 425 sur 527 · BRERA · texte numérisé non relu

BRERA

A l’âge de vingt et un ans, Brera, qui avait été reçu docteur en philosophie, en médecine et en chirurgie, était déjà au nombre des médecins du grand hôpital de Milan. Il alla ensuite à Vienne (1794) avec le titre de chirurgien militaire ; puis, ayant quitté le service, il voyagea en Allemagne, en Hollande, en Belgique, en Écosse et en Suisse, visitant partout les hôpitaux, suivant la pratique des plus habiles médecins, et se liant d’amitié avec les hommes les plus célèbres. De retour en Italie (1796), nous le trouvons médecin et chirurgien des hôpitaux militaires de Milan. Nommé en 1798 professeur de clinique à Pavie, des dissidences scientifiques avec Rasori le forcèrent de renoncer à sa chaire et de se contenter de la place de médecin de l'hôpital de la ville. En 1806 il fut appelé à occuper la chaire de patLologie à Bologne, et en 1808 il obtint celle que la mort de Roïdioli rendait vacante à Padoue. Après les événements de 1814 il avait été nommé premier médecin des États vénitiens, puis conseiller d’État de l’empereur d’Autriche. En 1830 le grand-duc de Toscane l’appela à sa cour pour y donner des soins à la grande-duchesse. En 1832, Brera reçut le titre de professeur honoraire à l’université de Padoue. Retiré à Venise, il fonda un journal scientifique, intitulé Antologia medica, qui ne parut qu’un an. Sa santé élait déjà affaiblie depuis quelques années, quand il mourut, le 4 octobre 1840.

BRESCHET (Girgerr), naquit à Clermont-Ferrand, le 7 juillet 1784. S'étant livré de bonne heure et avec zèle à l'étude de l'anatomie, c’est à ses travaux multipliés plutôt qu'originaux dans cette science qu’il a dû d’être tour à tour chef des travaux anatomiques de la Faculté, chirurgien en second de l’'Hôtel-Dieu de Paris, membre de l’Institut et professeur à l’École de Médecine. Cette dernière et fructueuse place ne lui fut octroyée qu'après concours, et Breschet put éprouver à cette occasion combien peu sont compatibles avec Ja maturité de l’âge et de l’esprit les concours universitaires, qui n’ont été institués que pour la jeunesse, toujours sûre d’y briller. Un de ses compétiteurs, M. Broc, professeur aimé du public enthousiaste, éclipsa tous ses rivaux par son élocution chaleureuse, par la sûreté de sa mémoire et la vivacité de ses ripostes et de ses allures. Il en résulta que les applaudissements et la place n'échurent point à la même personne, et que l'enthousiasme des opposants alla jusqu’à l’émeute, dont l'esprit factieux d'alors saisissait avidement tous les prétextes. Breschet n’en fut pas moins professeur, malgré les clameurs, ni professeur moins utile pour manquer d’éloquence. Il y a plus, l'embarras de sa diction et la répulsion de quelques élèves le rapprochèrent de plus en plus de Dupuytren, qui lui montra en toute occasion un bon vouloir dont le grand chirurgien n'était pas prodigue, qui l’agréa comme adjoint et quelquefois même comme conseiller.

Excellent anatomiste et travailleur plein de zèle, en correspondance assidue avec l'Allemagne universitaire et irformé des premiers des progrès des sciences naturelles, Prescliet a mis au jour, pendant vingt ans, beaucoup de bons travaux. Ses recherches sur les veines du rachis, sur l’organe de l’ouïe des oïseaux et des poissons , sur les vaisseaux lymphatiques, sur les anévrismes, sur l’ovologie comparée des mammifères , et plusieurs autres travaux, méritent et ont obtenu beaucoup d’estime. Personne ne connaissait mieux que Breschet les productions de l'Allemagne, et il est de ceux qui ont tiré un utile parti de ce commerce intellectuel entre les deux peuples. Peut-être même l'a-t-on trouvé quelquefois trop allemand, soit par une érudition inopportune ou excessive, soit pour l'édification de ses propres ouvrages, où l'originalité ne tient pas toujours assez de place, soit même pour l'ordonnance de son plan où se fait péniblement remarquer une certaine confusion d'arguments,

Breschet a concouru à de nombreuses publications; luimême avait fondé un recueil estimé qui portait le litre de

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