BRESCIA
cial élevé sur l'emplacement même où on découvrit le temple d’'Hercule enfoui au centre de la ville.
[Brescia s'appelait autrefois Brixia, et était le chef-lieu de la peuplade des Gaulois Cénomans, passés en Italie environ 600 ans avant l’ère chrétienne, et qui s'étaient établis entre les Alpes et le Pô, l'Oglio et l'Adige. On attribue communément aux Cénomans la fondation de Brescia, qui serait ainsi postérieure d'environ deux siècles à celle de Rome, attribuée à Romulus. Le nom de Brixia est effectivement gaulois, et on peut, sans être obligé à des suppressions ou permutations de lettres, le dériver de brighseach, qui signifie, en erse ou gallique, au-dessus ou dominant la plaine. Telle est en effet, comme on la vu plus haut, la situation de Brescia ; mais les Gaulois qui s’y établirent peu après Bellovèse en chassèrent les Étrusques, autre nation gauloise taurisque ou cisalpine. Les Étrusques, qui euxmêmes avaient expulsé des plaines du Pô les Ombriens, autre peuple d’origine gauloise, avaient fondé un empire puissant, et qui comptait plusieurs villes considérables sur les deux rives du PÔ. Il est donc assez probable que nonseulement Brescia, mais Vérone, Bergame, Vicence, etc., existaient déjà sous la domination étrusque, et peut-être, avant elle, sous les Ombriens.
Pendant les longues guerres entre les Romains et les Gaulois cisalpins, et plus tard sous la domination romaine, Brescia ne fut le théâtre d'aucun évènement historique qui mérite d’être rapporté. Ravagée par les barbares qui vinrent successivement piller l’Italie, elle fit ensuite partie du royaume des Lombards, dont elle partagea les vicissitudes. Elle s'était rattachée à la ligue des villes lombardes confédérées contre l'empereur Frédéric Barberousse, et entra dans toutes les guerres fomentées par l’ambition et la rivalité des empereurs et des papes. Agitée elle-même par les factions qui se divisaient l’Italie, elle arbora tour à tour l'étendard des guelfes et des gibelins. L'empereur Henri VI la détruisit presque entièrement, et la démantela vers le commencement du treizième siècle. Elle passa ensuite sous la domination des princes de la Scale, seigneurs de Vérone, auxquels elle fut arrachée par le duc de Milan, Galeas Visconti, dans la guerre allumée en 1378 contre les Vénitiens, dont Galéas fut l’allié. En 1402, Adolphe Malatesta s’en était emparé pendant la minorité du fils de Galéas. Enfin en 1421 Philippe-Marie Visconti l’avait recouvrée.
En 1496, les Vénitiens s'étant alliés aux Florentins contre le duc de Milan, leur généralissime, counu sous le nom de Carmagnola, songea à ouvrir la campagne par la prise de Brescia, où il avait pratiqué des intelligences, et s’approcha de cette ville avec son armée. En effet, le 17 mars, les conjurés, au nombre desquels étaient des Avogadores, jui livrèrent les portes de la ville basse. Mais le gouverneur de la ville conserva la ville haute, les quatre forts qui l’entouraient et la citadelle. Carmagncla se fortifia dans la partie de la ville qui lui était soumise, et lorsque le général milanais, Ange de la Pergola, parut devant Brescia avec une armée au moins aussi forte que celle des Vénitiens, il n’osa les attaquer, et se retira quelques jours après son arrivée. ‘Une seconde tentative pour jeter du secours dans Brescia fut également inutile ; les quatre forts et la citadelle se rendirent enfin du 13 octobre au 20 novembre, et la paix conclue peu après assura la possession de Brescia aux Véñnitiens.
La guerre s'étant rallumée pour la quatrième fois, en 1437, entre la république de Venise et le duc'de Milan, la ville de Brescia souffrit un nouveau siége, qui fut l’occasion de quelques faits d'armes qui mériteraient d'occuper une place qu'on ne leur « pas encore accordée dans les ouvrages destinés à développer les principes de la stratégie, car ils prouvent que la guerre de position était déjà connue en Italie dès le quinzième siècle, et que ce pays possédait des généraux capables de la bien faire, ressemblant assez peu au portrait ridicule que les écrivains étrangers se sont
DICT, DE LA CONVERS. — T, I
plu à faire aes condottieri italiens, On retrouve en eftet dans leurs opérations quelque chose du génie qui a dirigé les immortelles campagnes de 1796 en Italie; et le théâtre est à peu près le même.
Après la bataille d'Agnadel (14 mai 1509), les habitants de Brescia s’'emparèrent des portes de leur ville , et la livrèrent aux Français. Le 4 février 1512, pendant que Gaston de Foix, qui commandait l’armée française en Jalie, faisait lever le siége de Bologne, le général vénitien André Gritti se porta à l’improviste sur Brescia, et, ayant fait brusquer un assaut sur trois points différents, enleva la place. Dès le lendemain il commença le siége de la cidadelle et la battit si vivement qu’il y eut bientôt une brèche ouverte. Mais Gaston avait deviné les projets du Vénitien sur Brescia , et s'était préparé les moyens d'arriver promptement au secours de la garnison, en faisant jeter un pont sur le PÔô. Dès le 5 février, assuré que les confédérés, qu’il avait repoussés de Bologne, se retiraient en Romagne, il se mit en marche, et le 14 février, il arriva devant Brescia. Ayant laissé une partie de son armée en dehors de la ville, devant la porte Saint-Jean, qui seule n’était pas murée, il entra avec le reste dans la citadelle. II en ressortit presque aussitôt, rangea ses troupes en bataille sur l’esplanade du château, et attaqua l’armée vénitienne, qui s'était également déployée devant lui. L'attaque fut vive et la défense assez molle ; les Vénitiens se mirent bientôt en retraite de rue en rue, protégés par les habitants, qui faisaient feu des maisons. Pendant ce temps, la partie de l’armée française qui était hors de la ville, ayant enfoncé la porte Saint-Jean, y entra et atfaqua les Vénitiens à dos. Leur défaite fut entière et le carnage affreux. 15,000 soldats ou habitants périrent les armes à Ja main ; le provéditeur Gritti, le podestat Giustiniani et les principaux chefs furent faits prisonniers; la ville fut livrée à toutes les horreurs de la guerre et pillée pendant sept jours avec toute l'avidité et la férocité qui caractérisaient encore les guerriers de ce siècle. Le seul Bayard, grièvement blessé, sauva non-seulement les habitants de la maison où on l'avait transporté, mais refusa même le cadeau qu’on voulut lui faire à titre de rançon ou de rachat du pillage. Cette action fut beaucoup louée et méritait de l'être eu égard au siècle où elle s’est passée.
Dans cette journée, un enfant de dix à douze ans, fils d’une pauvre femme du peuple, reçut cinq blessures, dont une lui fendit les deux lèvres. Il devint bègue, et on l’appela du nom de Turlaglia, qui exprimait ce défaut. Cet enfant fut le célèbre restaurateur des mathématiques, qu’on ne connaît pas sous un autre nom.
Après la mort de Gaston de Foix, malheureusement tué à la bataille de Ravenne, l’armée française fut obligée d’évacuer l'Italie par la mauvaise conduite de ses généraux. Brescia fut assiégée , au commencement de 1513, par les Véñnitiens et les Espagnols. Le gouverneur français capitula avec ces derniers, qui gardèrent la place pour leur compte. Lorsque les Yénitiens furent abattus par les efforts réunis des princes signataires de la ligue de Cambrai, coalition dans laquelle notre Louis XII s'était laissé entraîner par les intrigues du cardinal d’Amboise, les alliés de Louis le quittèrent et se réunirent aux Vénitiens contre lui, Puis, quand l’armée française, victorieuse à Ravenne, eut été obligée, par l’ineptie de ses généraux, la lâächeté d’une noblesse incapable de soutenir de longues fatigues, et la trahison des Suisses, de quitter l'Italie, les coalisés reprirent le projet de dépouiller à leur tour les Vénitiens. Le plus ardent dans cette nouvel:e perfidie, Jules IT, plus fait pour être flibustier que pape, poussa les choses au point que les Vénitiens se trouvèrent obligés de se jeter dans les bras de la France : cette puissance ouvrit les yeux à ses vrais intérêts, et le traité de Blois, signé le 14 mars 1513, sanctionna l'alliance entre la France et Venise.
Peu après leur al'iance avec Ka France, le roi d'Espigue
ayant retiré ses troupes dans le royaume de Naples, les Vénitiens rentrèrent à Brescia. La même année, après le désastre de notre armée à Novare, ils la perdirent de nouveau. En 1515, après la bataille de Marignan (13 septembre), les Vénitiens, appuyés par une division française , assiégèrent Brescia; mais ils furent bientôt obligés de lever ce siége. Enfin, en 1516, Théodore Trivulzi, général des Vénitiens, soutenu par une division française sous les ordres de Lautrec, reprit le siége de Brescia. La place, battue par quarante-huit pièces de grosse artillerie, capitula en peu de jours (24 mai), et rentra sous la domination vénitienue.
Elle y resta jusqu’à la dissolution de la républiqne de Venise. Chef-lieu du département du Mella sous les républiques cisalpine et italienne et leroyaume d’Italie, elle tomba en 1814 sous la domination autrichienne. G*! G. ne Vaunoxcourr.]
Les Brescians prirent la part la plus vive au soulèvement de 1848. Dès le mois de mars, à la première nouvelle des événements dont Milan venait d’être le théâtre, ils coururent aux armes, et contraignirent la garnison autrichienne à capituler. Mais complétement antipathiques aux républicains de Milan, ils appelaient de tous leurs vœux une réunion avec le Piémont. Après la bataille de Custozza et la capitulation de Milan, Brescia partagea le sort des autres villes lombardes. Quand, dans les premiers jours de mars 1849, la guerre éclata de nouveau avec la Sardaigne, elle fut la seule des grandes villes de la Lombardie qui osa se soulever contre la domination autrichienne. Malgré la défaite essuyée par l’armée sarde sous les murs de Novare, les Brescians refusèrent de capituler. Le général Ha ynau vint attaquer leur ville le 30 mars à la tête d’un corps de 3,800 hommes, et la citadelle, qui était toujours demeurée au pouvoir des Autrichiens, commença en même temps un bombardement terrible sur Brescia. Les habitants se défendirent héroiquement jusqu’au 2 avril à midi, au milieu des ruines fumantes de leur cité à moitié détruite. De toutes les conditions moyennant lesquelles Haynau consentit à accorder aux Brescians la vie sauve et à garantir leurs propriétés de tout pillage, la plus dure ne fut pas une contribution de plus de six millions de francs.
Dans la guerre de 1859, les Autrichiens évacuèrent Brescia après leur défaite à Magenta, et Victor-Emmanuel y fit son entrée le 18 juin. Le traité de Villafranca la réunit à la Sardaigne,
BRESCOU, tlot situé vis-à-vis d'Agde, dont il n’est éloigné que de 4 kilomètres, près de l'embouchure de l’Hérault. Un château fort, assez considérable, domine ce rocher; Festus Avienus en fait mention dans son poème intitulé Ora maritima. En 1632, le roi Louis XIII en avait décidé et ordonné la démolition; mais, grâce à la sage intervention de Richelieu, on revint sur une décision prise à la légère, et une forteresse complétant l’ensemble du système de défense de cette partie si importante de nos côtes, fut conservée. Le grand ministre avait même entrepris la jonction de l'ilot de Brescou à la terre par une chaussée, dont les préoccupations de l’époque ne permirent pas d'achever la construction, mais dont les débris sont encore visibles aujourd’hui,
BRÉSIL. Cet empire, composé des anciennes colonies portugaises transatlantiques, est le plus vaste du globe après la Russie, la Chiné et l’empire Britannique. C’est la contrée la plus favorisée de la näture parmi toutes celles du Nonveau-Monde. Elle comprend les deux cinquièmes de l'Amérique du Sud, avec quelques petites iles de l'Océan Atlantique, et s'étend depuis l'embouchure de l'Oyapoco, par 4° 17° de latitude nord, jusqu’au lac Mirim, sous le 33° degré de lat'tude sud, et depuis l'Océan, sous le 37° jusqu'au 74° de longitude occidentale, non compris les tles. Elle est bornée au nord par les Guyanes française, hollandaise, anglaise, et par la république de Vénézuéla ; à l’ouest par celles de la Nouvelle-Grenade, de l'Équateur, du Pérou, de Bolivie,