‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 43 sur 527 · BERTHIER DE SAUVIGNY — BERTHOLLET · texte numérisé non relu

BERTHIER DE SAUVIGNY — BERTHOLLET

de son zèle monarchique, ainsi que par sa haine instinctive | pour tous les intérêts nés de la révolution. Nous ignorons | l'époque de sa mort. Son fils fut accusé, en 1831, d’avoir voulu écraser le roi Louis-Philippe, sur la place du Carrousel. Il écrivit ensuite dans les journaux légitimistes; puis, rallié à la royauté de Juillet, il devint directeur des affaires civiles à Bone, et mourut dans cette ville, en novembre 1849,

BERTHOLD , le deuxième apôtre du christianisme | parmi les Livoniens , était abbé d’un couvent de l’ordre de Citeaux , établi à Loceum , dans la Basse-Saxe, lorsqu'il fut chargé par l'archevêque de Brème et de Hambourg d'aller | porter la parole de l'Évangile aux populations encore païennes de la Livonie, au milieu desquelles Meinhard, premier missionnaire qui eût encore pénétré dans ces contrées , venait de souffrir le martyre. À son arrivée à Ixkull sur la Duna, siége des premiers chrétiens de la Livonie, il s’efforça | de gagner les naturels par la douceur, mais ne tarda pas cependant à être expulsé par eux de leur pays. Il y rentra ensuite avec des croisés venus de la Basse-Saxe, essaya d'opérer par la force des armes des conversions qui avaient résisté aux moyens ordinaires de la prédication, et périt dans un combat livré aux païens, en 1198. La croisade n’en réussit pas moins, et les Livoniens embrassèrent le christianisme , mais pour retourner aux pratiques du paganisme dès que eurs vainqueurs se furent éloignés. Albert, successeur de Berthold, réussit seul, avec le secours des chevaliers de l’ordre Teutonique, à opérer la conquête de la Livonie et la conversion de ses habitants au christianisme.

BERTHOLLAGE. Voyez BERTHOLLET et BLANCHÎMENT.

BERTHOLLET (CLaupe-Louis) naquit à Talloire, près d'Annecy en Savoie , le 9 décembre 1748. Ses études , commencées à Chambéry, se continuèrent au collége des Provinces de Turin. À même, comme ses camarades, de choisir parmi des carrières dont plusieurs pouvaient le conduire aux plus hautes dignités de l'Église et de l’État, Berthollet s’en tint à la plus modeste. Il s’attacha à la médecine, moins encore pour les avantages qu’elle pouvait lui offrir que par l'attrait irrésistible qui l’entraînait déjà vers les sciences sur lesquelles elle repose. Ce même attrait, aussitôt qu’il eut pris ses degrés, le fit accourir à Paris, seule ville où il crût pouvoir satisfaire à son aise la passion qui le dominait. 11 n’y avait ni connaissances ni recommandations; mais le célèbre médecin génevois Tronchin y jouissait au plus haut degré de la faveur publique, et le jeune Savoisien pensa que, né si près de Genève, ce voisinage l’autorisait à se réclamer de ce demi-compatriote. Son assurance ne fut pas trompée : prévenu par son air franc et sa tournure réfléchie, s’attachant à lui à mesure qu’il le connut davantage, Tronchin en fit en quelque sorte son enfant d'adoption, et pour lui assurer d’abord une existence tranquille, il engagea le duc d’Orléans, Louis, près duquel il pouvait tout, à le prendre pour l’un de ses médecins. Bien convaincu qu’il n’aurait pas besoin des moyens ordinaires dans les cours pour conserver la faveur que son ami venait de lui procurer, il se livra aussitôt, et tout entier, aux travaux dont la succession a rempli cinquante années de la vie la plus active.

Vers cette époque avait commencé dans la chimie l’espèce de fermentation qui en a changé le système et le langage. Lavoisier, excité par les observations nouvelles sur les airs, et les rapprochant de faits anciennement constatés sur les calcinations, s’était convaincu de la nécessité d'abandonner la théorie dominante, Il en cherchait une meilleure; et enfin en 1775 il saisit presque subitement dans quelques experiences de Bayen et de Priestley le point précis que depuis longtemps il cherchait, et il prononça contre le phlogistique un arrêt qui a été 1rrevocable. Mais pendant plusieurs années encore Lavoisier fut seul de son avis, et nous en avons des preuves remarquables dans les rapports mêmes qu'il fit à l'Académie sur les premiers mémoires que lui présenta Ber-

thollet. Le jeune chimiste n'y avait suivi que ses propres idées, comme il le fit toujours; il adaptait encore à ses expériences ou les théories vulgaires, ou quelques vues isolées que lui suggéraient les faits qu'il observait. Lavoisier de son côté ne le combattait qu'avec réserve, et ne proposait que dans des termes modestes ces explications simples qui ressortaient de sa théorie. Peut-être aussi ne voulait-il pas rebuter par trop de rigueur un esprit dont il mesurait déjà la portée, et ne se croyait-il pas bien assuré que parmi ces explications hasardées et ces faits mal éclaircis il ne se trouvât quelques germes de vérités qui se développeraient plus tard. En effet, il s’y en trouvait qui lui servirent à lui-même à compléter sa théorie,

C'est en 1785 que Berthollet prit un rang incontestable parmi les premiers chimistes en découvrant que l’alcali volatil est un composé d’un quart à peu près d’azote et de trois quarts d'hydrogène, et surtout que le caractère des substances animales est d’avoir l'azote pour l’un des principes essentiels de leur composition. Celte découverte, jointe à celle de Cavendish sur l’acide nitreux, compléta le système de la nouvelle chimie dans tout ce qui paraissait alors nécessaire pour satisfaire aux phénomènes connus.

Avec un pareil titre, Berthollet ne pouvait manquer d’être appelé à ce congrès où l’on essaya de fixer pour la chimie une nomenclature qui représentât méthodiquement les faits qu’elle avait constatés. Comparé au langage extravagant que la chimie avait hérité de l’art hermétique, ce nouvel idiome fut un service réel rendu à la science, et contribua à accélérer l'adoption des nouvelles théories. Berthollet était académicien avant cette époque; il avait été élu , en 1781, à la place de Bucquet, et de préférence à Fourcroy, à Quatremère d’Isjonval et à d’autres concurrents, qui furent admis plus tard. Il avait eu moins de succès dans un autre concours. Buffon, en 1784, lui avait préféré Fourcroy pour la chaire vacante, au Jardin du Roi, par la mort de Macquer. Buffon et l’Académie firent chacun ce qu’ils devaient. Berthollet fut porté à l’Académie parce qu'il enrichissait la science par des recherches profondes, et Fourcroy fut nommé professeur, parce que le charme inexprimable attaché à son élocution le rendait plus capable qu'aucun autre d’en inspirer le goût et d'en propager l'étude. Berthollet, peu méthodique dans ses mémoires, peu disposé à se mettre à la portée des commençants, et qui n'avait aucune facilité à parler, servait la chimie dans son laboratoire, mais ne l’aurait jamais répandue. On en eut la preuve en 1795, lorsqu'il fut chargé de l’enseigner à l’Ecole Normale,

Cependant Berthollet obtint l’une des places qu'occupait Macquer, celle de commissaire du gouvernement pour les. teintures. 11 s’occupa aussitôt d'appliquer au perfectionnement de l’art les progrès récents de la chimie, et dès son début il l’enrichit d’un procédé dont les avantages ont été incalculables. Scheele avait observé que l'acide muriatique déphlogistiqué, comme on le nommait alors, ou le chlore des chimistes d'aujourd'hui, jouit de la propriété de détruire les couleurs végétales. Berthollet pensa à tirer parti de cette expérience pour le blanchiment des toiles en y appliquant simplement cet acide, La toile blanchissait à la vérité, mais sa blancheur ne se conservait point. 11 dut donc se livrer à des études et à des expériences plus approfondies. Réfléchissant que les procedes ordinaires du blanchiment , ces alternatives de lessives et d’exposition à l'air et à la lumière, ne pouvaient avoir pour but que de rendre solubles et d'enlever les substances qui brunissent les fils, il conçut l'idée que l’acide muriatique déphlogistique, qui agit à le fois comme l'air et comme la lumière, pourrait taire en peu de temps ce que ces agents naturels ne font qu’en plusieurs mois, Mais que pour compléter son effet il élait nécessaire de combiner son action avec celle des lessives; el c'est alors seulement que naquit un art tout nouveau et d’un produit iminense. Aussi, en peu d'années, l'emploi du chlore devint

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