BRESSE
éloignement, se partagèrent cette province sous le règne de l’empereur d'Allemagne Henri HI. Les principaux furent les sires de Baugé, de Coligni, de Thoire et de Villars.
Les sires de Baugé ou de Bagé furent les véritables seigneurs de la Bresse, et y exercèrent des droits de souv raineté, Leur État tirait son nom de la capitale, et renfermait, outre cette ville, celles de Bourg, de Châtillon, de Saint-Trivier, de Pont-de-Vesle, de Cuiseri, de Mirbel, et tout le pays qu'on appela depuis la basse Bresse, ainsi que le pays de Dombes , depuis Cuiseri et Baugé jusqu'à Lyon. Le dernier des sires de Bresse, Gui, affranchit les habitants de Baugé, de Bourg et de Pont-de-Vesle, En 1255, se voyant infirme, il fit son testament, par lequel il institua pour son héritier l'enfant qui naîtrait de sa femme alors enceinte. Elle accoucha d’une fille, nommée Sybille, qui recueillit la succession de son père, mort en 1268.
Sybille porta ces biens dans la maison de Savoie par son mariage avec Amédée, prince de Piémont, qui devint comte de Savoie en 1285, C’est ainsi que la basse Bresse fut réunie au comté de Savoie. Des acquisitions successives furent faites par les comtes de Savoie, qui en 1402 se virent maîtres de toute la Bresse. Ce fut seulement en 1601 que, par un traité conclu à Lyon entre Henri IV et Charles Emmanuel, duc de Savoie, la Bresse fut rendue à la France, avec le Bugey et la baronnie de Gex, en échange du marquisat de Saluces. Depuis , elle fut enclavée dans le gouvernement militaire de Bourgogne, et fait maintenant partie du département de l'Ain. Voyez CHALONNAIS.
BRESSON ( CnarLes, comte), diplomate français , né à Paris en 1798, fut dès son enfance destiné à la carrière diplomatique par son père, chef de division au ministère des affaires étrangères sous Napoléon. Sous la Restauration, Hyde de Neuville le chargea d’une mission auprès de la république de la Colombie. Après la révolution de Juillet, il fut envoyé en Suisse en qualité d’ambassadeur extraordinaire pour notifier à la diète l’avénement au trône de Louis-Philippe, et, à son retour, il fut nommé premier secrétaire de légation à Londres. A la fin de 1830, il fut chargé, avec le secrétaire de légation Cartwright, de communiquer au gouvernement provisoire de la Belgique les résolutions de la Conférence de Londres, et dans cette circonstance il déploya beaucoup d'habileté pour faire accepter xux différents partis les décisions de la diplomatie eurcpéenne, Le gouvernement français eut recours encore à ses talents en diverses circonstances, notamment lorsque le trône de Belgique fut offert au duc de Nemours et à l’époque du mariage de la princesse Louise d'Orléans avec Léopold. Au commencement de 1833 il fut élevé au rang d’envoyé de première classe et nommé chargé d’affaires à Berlin, où en véritable élève de Talleyrand, il mit beaucoup d'adresse, dans des circonstances fort difficiles, à rétablir les relations amicales qui avaient existé entre les deux puissances, et surtout à empêcher une alliance trop étroite entre la Prusse et la Russie. Louis-Philippe lui en témoigna sa reconnaissance en l’appelant, le 12 novembre 1834, au ministère des affaires étrangères ; mais Bresson ne voulut point accepter le portefeuille qui lui était offert. Le voyage des princes français à Berlin, dans l’année 1836, doit être regardé comme le premier résultat du rétablissement de la bonne harmonie entre la Prusse et la France, L'année suivante eut lieu le mariage du duc d'Orléans avec une princesse alliée à la maison de Brandebourg. À cette occasion Bresson fut créé comte et pair de France. Défenseur zélé de la politique du gouvernement, il appuya avec chaleur, en 1841, le projet des forti. fications de Paris. Que'ques années après, il fut envoyé en ambassade à Madrid, et il eut une grande part à la conclus‘on des fameux mariages espagnols, le 28 août 1846. Rappelé la même année, il obtint, dans l'été de 1847, après un court séjour à Londres, l'ambassade de Naples ; mais à peine arrivé il se coupa la gorge ayec un rasoir, le 2 novembre