‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 431 sur 527 · BREST · texte numérisé non relu

BREST

1847. Son fils avait été créé par la reine d'Espagne grand de première classe, avec le titre de duc de Sainte-Isabelle, à l'occasion des mariages espagnols.

BRESSUIRE, autrefois Bersuria, depuis Bersuire, etenfin Bressuire, ville de l’ancien bas Poitou, aujourd’hui chef-lieu d'arrondissement dans le département des Deux- Sèvres, serait, d’après quelques écrivains, l'antique Segora, mentionnée dans l’Ilinéraire d’Antonin, Elle est située à 55 kilumètres nord de Niort, sur le Dolo, et sa populs= tion est de 3,369 âmes (1872). On y fabrique des lainages, des cotonnades , des mouchoirs façon Chollet, et il s’y fait un grand commerce de bestiaux et de grains.

En 1371, époque où les Anglais en étaient mattres, cette ville était considérable, par le nombre et la richesse de ses habitants, par la force de ses fortifications et surtout par son château, Elle avait un gouverneur, une garnison, et du Guesclin fut obligé d'en faire le siége. Il la prit d'assaut, eten passa la garnison au fil de l'épée; le château capitula, la ville fut pillée par la soldatesque victorieuse, qui y fit un riche butin. Avant la révolution de 1789, les guerres de religion et plusieurs autres causes avaient déjà réduit Bressuire à un état complet de décadence. Son enceinte ne seivait plus qu'à assurer la perception de l'octroi.

Tel était l’état de cette ville, lorsqu'elle se vit assiégée, en août 1792, par plus de dix mille Vendéens. Elle n'avait pour la défendre que quelques compagnies de grenadiers et de chasseurs ; mais Chollet, Parthenay, Angers, Nantes, Tours, La Rochelle, Rochefort, Saumur, Poitiers, etc., envoyèrent à son secours de nombreux défachements de gardes nationaux. Les deux partis en vinrent aux mains au pied de l'enceinte. Le combat ne fut pas long : les Vendéens, mal armés, pressés de toutes parts, furent entamés, mis en déroute, et se sauvèrent dans le plus grand désordre, laissant six cents hommes sur le carreau. Chaque armée prit plus fard sa revanche ; mais la guerre civile n'en consomma pas moins la ruine de Bressuire.

Cette ville, enfermée au moyen âge dans une double enceinte, qui a subsisté jusqu’à nos jours, possède une belle église du douzième siècle, en granit, avec un hardi clocher de la renaissance ; et les restes de l’ancien château, flanqué de 48 tours, et remarquable par ses proportions grandioses. Un chemin de fer l’unit à Niort et Angers ; un autre, en construction, doit la relier à Poitiers et à la Roche-sur-Yon (Napoléon-Vendée).

BREST, place forte de 1°° classe, port militaire le plus important de la France, à 623 kil. ouest de Paris et à 80 kil. de Quimper, est située presque au fond d’une rade immense, qui s'étend à plus de 22 kilomètres de profondeur dans les terres, et dont la plus grande largeur est d'environ 11 kilomètres. L'entrée, qui en est assez étroite, est défendue sur les deux rives par de nombreuses batteries. Le port proprement dit comprend le port militaire et l’ancien port marchand : il peut contenir seize vaisseaux de ligne et plus de

. cinquante autres bâtiments de guerre toujours à flot. La

rade, qui a 36 kil, de circuit, pourrait abriter toutes les flottes de l’Europe.

Brest, situé à l'embouchure de la rivière de Penfel qui le traverse, est une des plus grandes préfectures maritimes de la France; il y a un très-bel arsenal et de vastes magasins de fous les objets nécessaires au service de la marine. Sa population était de 79,847 âmes en 1866; le recensement de 1872 la fait descendre à 66,272. Malgré son importance et sa population, Brest n’est pas cependant le chef-lieu du département du Finistère. Il n’a qu’une sous-préfecture et un tribunal de première instance; mais les autorités de terre et de mer y résident. Les établissements de la marine militaire envahissant la presque totalité du port, le commerce de Brest est loin d'être aussi important qu'il pourrait le devenir.

Brest est le chef-lieu du 2° arrondissement maritime,

de la 3+ subdivision de la 16° division militaire, d’une direction d'artillerie de marine, d’une direction d'artillerie de ligne, d’une direction de douanes. Elle possède un tribunal maritime, un tribunal de commerce, une bourse, une école de médecine, chirurgie et pharmacie de la marine , une école navale à bord d’un bâtiment en rade, un lycée (470 élèves), une école nationale d'hydrographie , une école de maistrance pour les ouvriers du port, trois bibliothèques, dont une contient 25,000 volumes, un jardin botanique, un observatoire de la marine, un entrepôt réel, u mont-de piété, l’ancien bagne fermé en 1858, d'importants chantiers et arsenaux de construction pour la marine militaire et marchande, quelques fab.iques de toiles vernies, chandelles, chapeaux cirés, toiles, bonneterie , et plusieurs tanneries. Le commerce y a presque exclusivement pour but les approvisionnements de la ville et du port, et consiste en vins, eaux-de-vie, sardines, denrées coloniales, bois du Nord, houille, chanvre, fers, huiles, armements pour la pêche de la morue. Toutefois il prend chaque jour de l'accroissement, et semble appelé à un brillant avenir lorsque le nouveau port sera terminé; le mouvement Ce la navigation a donné, en 1866, les résullats suivants : entrée, 397 navires, jangeant 101,196 tonneaux; sortie, 180 navires, jangeant 34,770 tonn. Le cabotage, à la même date, comptait 3,791 navires (112,943 Lonn.), à l'entrée, et 3,524 (79,812 lonn.), à la sortie. Le nouveau port, dit de Commerce, situé à l’est du château, est en voie de construction : il comprendra, avec un développement de quais considérable, un vaste bassin à flot et des Dbassins d’échouage, et s’étendra sur une longueur de 12 kilomètres; c'est là que mouilleront les paquebots fransatlantiques.

Brest, à part les établissements de la marine, n’est pas riche en monuments. Citons cependant l’église Saint-Louis, qui contient, outre un beau maitre-autel, les mausolées du brave du Couédic et de l’évêque Graverand, mort en 1858 ; la citadelle ou le chdteau, type remarquable de l’architecture militaire au moyen âge, approprié par Vauban à la defense du port et qui a subi encore depuis de grands chan-

gements ; le magnifique cours d’Ajot, décoré de deux statues”

allégoriques, par Coysevox. Le monument le plus intéres- -sant de la vil'e, c’est le pont tournant, construit en granit et en fer, et jeté en 1861 sur l'embouchure de la Penfel. Afin de donner passage aux vaisseaux du plus haut bord, il s'ouvre par le milieu en deux paities; chaque côté tourne sur une couronne de galets en fonte reposant sur la plateforme d’une tour qui lui sert de pile, La manœuvre se fait à l'intérieur des tours par deux ouvriers seulement pour chacune; en dix minutes la passe est ouverte. La largeur de cette passe entre les deux tours est de 106 mètres. En 1852, on a créé à Brest l'école dite des pupilles de la marine. Depris 1866 cette ville est relice par un chemin de fer au réseau intérieur français.

La situation de Brest et la beauté de la rade indiquent que ce lieu a dû être habité depuis longtemps. En effet, Ptolémée place chez les Osismiens un lieu appelé Brivales ou Brivates portus. Or les Osismiens habitaient l'extrémité de la Bretagne, le Finistère; aussi les géographes et les commentateurs s’accordent-ils à reconnaître Brest dans le Brivates portus des anciens. On trouve dans la carte de Peutinger l'indication d’une voie romaine qui, partant de Poitiers, aboutit à un lieu maritime appelé Gesocribales, et silué au-dessous d’un long promontoire qui représente le Finistère. Il estévident qu'il faut lire ici Gesobrivales , ainsi que l'ont fait les commentateurs ; en gallique Geis-Briogach ou Briovach signifie la grande rade.

Brest n’était encore qu’un bourg au dixième siècle, Fortifié en 1065 par le duc de Bretagne Conan Mériadec, qui y fit construire un château très-fort , il devint une place de gucrre considérable dans les siècles suivants. Ce n'est ce-

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