‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 432 sur 527 · BREST — BRET · texte numérisé non relu

BREST — BRET

pendant qu’au quatorzième siècle que l’histoire commence à en faire sérieusement mention. En 1341 Jean de Montfort, qui disputait à Charles de Blois l'héritage du duc de Bretagne Jean HIT, prévint son rival en s’emparant de'Rennes, de Vannes et du château de Brest. Dans la guerre que fit le roi de France Charles V, au duc Jean IV, Duguesclin assiégea, en 1373, la ville de Brest, défendue par l’Anglais Robert Knolle. La vigoureuse résistance des habitants et de la garnison obligea Duguesclin à convertir le siége en blocus; bientôt les chances de la guerre l’obligèrent à se retirer pour se porter sur d’autres points où les armes de la France éprouvaient des désavantages. Les Anglais, que le duc Jean de Montfort avait appelés à son secours, et qu’il avait été obligé de faire entrer dans Brest pour défendre la place, convoitaient déjà alors la possession de ce point important, et chercha'ent à en rester les maîtres. En 1378 le duc Jean IV ne put acheter la protection dés Anglais qu’en consentant à ce qu'ils gardassent la ville de Brest jusqu'à la paix, et leur en assurant le domaïne absolu s'il mourait sans postérité. Les Anglais se refusèrent, en effet, à la restituer après la paix conclué dans l’année 1381 entre la France et la Bretagne, et ne consentirent à s’en dessaisir qu’en 1395, pour la somme de 120,000 francs d’or.

Dans la guerre maritime qui s’alluma, en 1512, entre la France et l’Angleterre , la duchesse Anne de Bretagne fit équiper dans le port de Brest une flotte dont le principal vaisseau, appelé La Cordelière, portait, dit-on, cent canons et douze cents hommes. L’amiral Primauquet, Breton, qui le montait, battit avec une vingtaine de vaisseaux la flotte anglaise, qui comptait cependant plus de quarante voiles. Pendant le combat le feu prit à La Cordelière; Primauquet, désespérant de la sauver, accrocha l'amiral ennemi et les deux vaisseaux sautèrent ensemble.

Pendant la guerre de la Ligue, Brest resta fidèle au parti royaliste, et résista aux efforts du duc de Mercœur, dont le projetétait de conquérir la Bretagne pour son propre compte. Après la mort de Henri IT, les ligueurs de la Bretagne appelèrent les Espagnols à leurs secours, et leur livrèrent Hennebond. Henri IV se vit obligé, de son côté, de recourir à l’alliance des Anglais. Ces derniers envoyèrent cinq à six mille hommes en Bretagne; mais, fidèles à leur système d’envahissement, ils demandèrent la place de Brest en nantissement. Henri IV eut le bonheur d'échapper à cette exigeance en gagnant du femps. En 1597, à la sollicitation du duc de Mercœur, les Espagnols dirigèrent une flotte de cent vingt voiles sur Brest pour y faire un débarquement. Le gouverneur, averti de l'approche de cet armement, réunit ce qu'il put de troupes et d'habitants sur la plage du Conquêt pour s'opposer au débarquement. Le 1° novembre la flotte était en vue, et on s’attendait le lendemain à la voir arriver à la côte ; mais la nuit suivante une tempête affreuse la dispersa, et détruisit un grand nombre de ses bâtiments.

En 1694 la flotte combinée d'Angleterre et de Hollande débarqua dans le voisinage de Brest une troupe qui espérait enlever cette place d’un coup de main. Les habitants, accourus sur le rivage, l'empêchèrent de s'avancer et l'environnèrent. Alors, une tempête ayant forcé les vaisseaux à s'éloigner, les troupes débarquées, privées de leur protection, furent attaquées et presque toutes passées au fil de l'épée. Les armateurs de Brest et de Saint-Malo se vengèrent des Anglais en détruisant les établissements de la Gambie et de Terre-Neuve.

L'importance du port militaire de Brestne date que de 1631, époqueoù le cardinal de Richelieu fit commencer les fortifcations et les travaux qui ont été achevés sous Louis XIV et sous Napoléon.

BRET ( Axroixe }, auteur dramatique et fils d'un célèbre avocat, naquit à Dijon, en 1717, quitta le barreau pour les lettres, et vint se fixer à Paris, où il mourut le 25 février 1792

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