‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 435 sur 527 · BRETELLES — BRETON · texte numérisé non relu

BRETELLES — BRETON

peler ministère des cent heures. On sait les immenses événements qui s’accomplirent alors : le baron de Breteui} dût se retirer; il émigra à Soleure. Louis XVI avant son départ lui remit des pleins pouvoirs tels qu'aucun ministre n’en avait jamais reçu : il était autorisé, « à traiter avec les cours étrangères et à proposer au nom du roi tous les moyens propres à rétablir l'autorité royale en France. » Bertrand de Molleville l’accuse, dans ses mémoires, d’avoir abusé de ces pouvoirs en en faisant usage après leur révocation. En 1792 il renonça complétement à la politique, et se retira à Hambourg. 11 rentra en France en vertu du sénatuseonsulte de floréal an vi : il était dans un état voisin de l'indigence; mais Joséphine obtint pour lui une pension : Napoléon lui accorda 12,000 francs sur sa cassette. Bientôt une riche succession vint ajouter aux bienfaits de l’empereur. Le baron devint l’un des plus assidus courtisans de Cambacérès. Un ministre de Louis X VI faisant antichambre chez un conventionnel , qui dans le procès du roi avait déclaré l'accusé coupable, cela se voyait pourtant alors! Le baron de Breteuil mourut en 1807, ne laissant qu’une fille.

BRETIGNY ( Traité de ). Le roi de France Jean, fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers, avait signé un traité qui faisait passer sous la souveraineté directe de l'Angleterre un tiers de la France, Si grand que fût alors l'épuisement de notre malheureuse patrie, l’esprit publie se souleva contre cette làächeté du monarque, et les états générauxserefusèrent à démembrer leroyaume. Aussitôt le prince Noir repassa sur le continent. Dans l’état où se trouvaient les finances et les ressources publiques le meilleur système de défense était d'éviter soigneusement toute bataille rangée et de laisser l'Anglais guerroyer contre les places fortes : ce système eut bientôt les conséquences que l’on s’en promettait, N’obtenant aucun résultat sérieux, et voyant croître chaque jour la haine des populations françaises , exaspérées par le brigandage de ses soldats, Édoua rd I LI, qui manquait aussi d’argent, se décida à accepter la médiation du pape Innocent VI. Ce fut à Brétigny, près de Chartres, que s’ouvrirent les conférences, le 1 mai 1360. La Guyenne tout entière, la Gascogne, le Poitou, la Saintonge, le Limousin, l’'Angoumois, avec Calais et le comté de Ponthieu, furent cédés au roi d'Angleterre, riche dédommagement de l’abandon de ses droits à la couronne de France, qui fut la seule concession stipulée en échange. La rançon du roi fut fixée par le même traité, Après sa délivrance, le roi Jean acquiesça à Calais au traité de Brétigny. Mais les provinces cédées se refusèrent à devenir anglaises ; et leurs plaintes amenèrent de nouvelles hostilités, en 1370. Le traité fut d'autant plus facilement rompu, qu’on avait omis une formalité importante : un des articles portait que renonciation serait faite publiquement par les deux princes aux droits ou territoires qu'ils se cédaient mutuellement, et cet échange de renonciations n’eût pas lieu.

BRETON (Jean-Barriste-Josepn ), longtemps le doyen des journalistes et des sténographes de France, mort à Paris, le 6 janvier 1852, était né dans la même ville, le 16 novembre 1777. Son père était fils du lieutenant général civil et criminel de Pont à Mousson. On ne peut se défendre d’une sorte de sentiment superstitieux en se rappelant qu'il était né en même temps et qu’il est mort en même temps que le gouvernement parlementaire en France. Cette longue existence, si bien remplie par le travail, se trouve comprise entre deux dates célèbres : entre le 10 août 1792, où la force passe des mains d’un seul homme dans les mains d’une assemblée, et le 2 décembre 1851, où elle passe des mains d’une assemblée dans celles d’un seul homme. Breton assistail, comme sténographe, à la séance du 10 août, et il était encore à son poste le 1°" décembre 1851. Nous ne croyons pas qu'il ait été donné à aucun autre contemporain d'ouvrir et de fermer un pareil cycle.

Breton a été le compagnon fidèle et constant de la tri.

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