‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 443 sur 527 · BRIAL — BRIC-A-BRAC · texte numérisé non relu

BRIAL — BRIC-A-BRAC

infatigable, se chargea de poursuivre seul la publication du recueil de nos historiens, et en mit au jour les quatorzième, quinzième, seizième, dix-septième et dix-huitième volumes , laissant même, à sa mort, des matériaux pour le dixneuvième, 11 succéda, en 1805, à Villoison dans la classe d'histoire de l’Institut national, qui reprit plus tard son nom d’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Quoique presque exclusivenient occupé de rassembler des matériaux pour le recueil de nos historiens, il ne laissa pas de coopérer aux volumes treize à seize de la continuation de l'Histoire Littéraire, commencée par dom Rivet, ainsi qu'aux Notices et extraits des Manuscrits de la Bibliothèque du Roi. I payait encore son tribut à l’Académie par de savantes dissertations, car nul n’était plus versé que lui dans l’histoire du moyen âge. Après avoir fondé deux écoles gratuites dans les communes de Baixas et Pia, près de Perpignan, lieux de naissance de son père et de sa mère, ilmourut à Paris, le 24 mai 1828, à l’âge de quatre-vingtcinq ans.

Dom Brial était membre de la Légion d'Honneur. Il avait formé une bibliothèque curieuse, riche en histoire ecclésiastique et littéraire, en histoire des villes et des provinces de France, et oùse trouvaient bon nombre de manuscrits, avec une précieuse collection de chartes des onzième, douzième et treizième siècles. Ce monument national a été dispersé par suite de la vente publique qui en fut faite en août 1828.

BRIANÇON, ville de l’ancien Dauphiné, aujourd’hui chef-lieu de sous-préfecture dans le département des Hautes- Alpes, à 57 kilomètres nord-est de Gap, avec une population de 4,169 âmes âmes, en 1872, sur la rive droite de la Durance, qu’on y traverse sur un pont d’une seule arche de 40 mètres d'ouverture. Elle est défendue par sept forts commandant les vallées par lesquelles on peut lapprocher, et communiquant entre eux par des chemins et des voies souterraines. L'art et la nature rendent cette position inexpugnable, et en font l’une des places de guerre les plus importantes que nous ayons en France. Cette ville, fort irrégulièrement bâtie, est, après l’hospice du mont Saint-Bernard et l'auberge construite sur le Faulhorn, le lieu constamment habité le plus élevé de l’Europe; le fort l’Infernit n’est pas situé à moins de 2,458 mètres au-dessus du niveau de la Méditerranée. Les habitants de Briançon fabriquent quelques mepus objets de quincaillerie et de clouterie, une espèce de résine connue sous le nom de manne de Briançon, et font avec l'Italie un commerce de transit assez actif. Les environs de la ville offrent les points de vue les plus pittoresques et les plus romantiques. Quant à la stéatite connue sous le nom de craie de Briançon, elle provient de Fenestrelles en Piémont.

Appelée Brigantium sous la domination romaine, la ville de Briançon, pendant le moyen âge, par suite de sa position, resta longtemps indépendante, puis elle se rattacha au Dauphiné. La paix de 1697 l’adjugea au duc &e Savoie; en 1709, les Impériaux y furent complétement battus par les Français ; enfin , en 1713, la Savoie dut la restituer à la France. En 1815, elle refusa, bien que sans garnison, de se rendre aux Piémontais, et soutint un blocus de trois mois ; cette résistance sauva le matériel de guerre de la place. Briançon avait pour devise : Petite ville et grand renom.

BRIARE (Canal de). Les travaux de ce canal, commencés sous Henri IV, qui y employa 6,000 hommes de troupes, furent terminés en 1642, par Louis XJIL , et coùtèrent 10 millions de francs. C’est, suivant la remarque de M. de Humboldt, le plus ancien canal à point de partage. Sa lon gueur folale est de 56,250 mètres.Il commence à Montargis, sur le Loing, l’un des affluents de la Seine, passe à Ouzouer, Rogny, Châtillon, Conflans, et aboutit à Briare sur la Loire, mettant ainsiles deux fleuves en communication directe au moyen du canal de Loing. Ses écluses sont, dit-on, les premières que l’on ait construites en France. On

en compte douze jusqu'au bief de partage, et 28 sur l'autre pente. Le produit annuel de ce canal est évalué à 400,000 fr. Une loi du 20 mai 1863 a décidé le rachat des droits attribués en 1638 à la compagnie du canal de Briare; ce rachat a été effectué au prix de 5,264,839 fr. convertis en trente annuités à payer par l'État,

Briare, sur la rive droite de la Loire, et à l'embouchure du canal, est un gros bourg du Loiret, qui fait un assez grand commerce de vin. Sa population est de 4,775 àmeg (1872). 11 y a quelques fabriques de poterie et de faïence commune. Le 14 janvier 1871, une colonne d'Allemands, commandée par le général Rantzow, fut attaquée près de Briare par un détachement français, et mise en déroute avec de grandes pertes. P. Louis.

BRIAREE, géant célèbre, fils de la Terre et de Titan ou Cœlus. Les poëtes nous le représentent avec cent bras, opposant à ses ennemis autant d’épées et de boucliers , cinquante têtes et autant de bouches enflammées, Cependant il fut vaincu deux fois : la première par Neptune, qui le précipita dans la mer d’un coup de son trident ; et la seconde, lors de la révolte des Titans, auxquels il s'était uni, par Jupiter lui-même, qui l'emprisonna sous l’Etna. Plus tard, Jupiter lui pardonna.

BRIBE se dit familièrement des restes d’un repas, et dans le sens figuré, de choses décousues, de peu d’importance. Par bribes de latin ou de grec on désigne vulgairement des passages tirés d’auteurs qui ont écrit dans ces deux langues, passages souvent tronqués par ceux qui leur font ces emprunts.

BRIC-A-BRAC, très-vieille expression, quines’emploie plus que dans cette locution vulgaire : marchand de bricà-brac, c’est-à-dire celui qui achète dans les ventes publiques, et débite en détail aux amateurs, sur les quais de Paris, ou dans des boutiques sombres et pleines de poussière, de vieux tableaux, de vieux cuivres, de vieilles ferrailles, mille choses sans nom, qui n’ont plus de formes, qui n’en ont peut-être jamais eu; des objets de hasard, des scu)ptures en ivoire, des bronzes pompadours, des porcelaines de Saxe, de Chine, du Japon, des madrépores, des stalactites, des singes et des oiseaux empaillés. Il suffit qu’une chose date ou vienne de loin pour exciter sa convoitise et celles de ses clients habituels. Prouvez qu’une pantoufle a chaussé Agrippine ou Montézuma, et il vous l’achètera argent comptant pour l’exposer sous verre avec étiquette dans sa boutique, où elle fera un excellent effet. Balzac, dans son roman de La Peau de Chagrin, a inventorié d’une façon très-originale une boutique de bric-à-brac.

Le goût du bric-à-brac n’est pas, au reste, nouveau dans ce bas-monde. Denis le Tyran achetaitles tablettes d'Eschyle. On se disputa la flûte de Timothée, qui l’avait achetée luimême sept talents à Corinthe. Le fils du tyran Pittacus gagna les prêtres du temple d’Apollon à Lesbos pour échanger contre une lyre vulgaire celle d'Orphée, qu'on y conservait et qui avait eu jadis la puissance de se faire suivre processionnellement par les animaux, les arbres et les pierres Un contemporain de Lucien paya trois mille drachmes Ja lampe de terre d’Épictète. On a tour à tour recherché le bâton que le philosophe Peregrinus déposa en montant sur san bûcher, celui sur lequel s’appuyait Olden Barnevelt en marchant au supplice, et la canne historique de M. de Voltaire. On a montré les os de Géryon à Thèbes, la peau du sanglier de Calydon chez les Tégéens et les cheveux d’Isis à Memphis. Maintenant, pour peu que là foi vous sauve , vous pourrez vous procurer, en y mettant le prix, la robe de Rabelais, celle de Jean-Jacques quand il adopta le costume arménien, le coffre dans lequel se sauva Grotius, le sabre de Pierre le Grand, les cruches façonnées par Jacqueline de Bavière, la chaine de diamants et le fauteuil de Rubens , la plume de Juste Lipse et le gobelet de bois dans lequel fut portée la première santé des gueux.

Denon, le plus grand amateur de bric-à-brac du globe, montrait à ses visiteurs une écritoire de Voltaire, des momies d'Égypte, des raretés de la Chine et du Japon, l’imitation en cire d’une des belles mains de la princesse Pauline, des os du Cid et de Chimène, d’Héloïse et d’Abailard, de Molière et de La Fontaine, des cheveux d’Inès de Castro, d’Agnès Sorel et du général Desaix, une partie de la moustache de Henri IV, un fragment du linceul de Turenne, un morceau ensanglanté de la chemise de Napoléon mourant à Sainte-Hélène; souvenirs précieux pour les amateurs, amas de bric-à-brac pour le vulgaire. A ce propos on citera toujours le spirituel concierge du château de Fontainebleau vendant successivement à plusieurs milliers d’Anglais la véritable plume dont Napoléon s’était servi en 1814 pour signer son acte d’abdication.

BRICK ou BRIG. C’est par abréviation que cette dénomination a été employée pour désigner l’espèce de bâtiments à laquelle elle s'applique. Le mot primitif était brigantin, d’où l’on a fait d’abord le mot brig, puis brick. La dénomination de brick entraîne avec elle l’idée d’un genre particulier de gréement et de mâture, plutôt que l’idée d’une espèce particulière de construction, On appelle brick un navire pourvu de deux mâts perpendiculaires ou à peu près, et d’un beaupré gréé comme celui des trois-mâts ; ou, pour donner une définition plus complète de ce genre de navires, on pourrait dire qu’un brick est un trois-mâts auquel on aurait retiré son mât d’artimon.

Une des voiles principales des bricks a conservé le nom qui rappelle la dénomination sous laquelle les bricks étaient connus primitivement ; c’est la brigantine, grande voile que l'on grée sur l'arrière du grand mât, et dont la partie inférieure s'étend sur la bome ou le guy. A bord des trois-mâts, cette voile, beaucoup plus petite, porte le nom d’arlimon, qu’elle emprunte au mât sur lequel elle se trouve établie.

Les bricks sont généralement plus petits queles trois mâts, En France même on ne grée en bricks que des navires d’assez médiocre tonnage. Il est peu de bricks de trois cents tonneaux chez nous. Chez les Anglais et les Américains , il n’est pas rare d’en trouver de cinq cents tonneaux et plus ; mais la difficulté de manœuvrer des bricks de cette capacité, où les parties du gréement sont moins divisées qu’à bord des trois-mâts, tend à diminuer de jour en jour le nombre de ces bricks immenses. On nomme corvetles-bricks dans la marine militaire les grands bricks de guerre. Mais aujourd’hui on emploie plus généralement le nom de corvelle pour désigner les bâtiments de l’État à trois mâts au-dessous des frégates. Le mot brick s'emploie seul pour indiquer l'espèce des navires de guerre à deux mâts.

Les bricks-goëlettes sont les navires dont le gréement participe à la fois de celui des bricks par leur mât de misaine, qui supporte une hune, et de celui des goëélettes par leur mât de hunière , qui n’a que des barres au lieu de hune.

Par suite de l'extension de la marine à vapeur, le brick paraît destiné à disparaître de la marine militaire. A la fin de 1872, notre flotte n'en comptait plus que 7, portant ensemble 26 canons.

BRICOLE. Ce mot exprime, dans le sens propre, la réflexion d’un corps solide à la rencontre de quelque autre corps dur. Il est surtout d'usage à la paume et au billard : à la paume, quand la balle s’écarte de la ligne droite pour aller frapper la muraille ; au billard, quand une bille ne toucheuneautre bille qu'après avoir été renvoyée par la bande,

Dans l’acception la plus habituelle, on appelle bricole la partie du harnais d’un cheval de trait contre laquelle s’appuie son poitrail, lorsqu'il va en avant. On doit avoir soin qu’elle soit toujours soutenue à une hauteur telle, qu’elle ne puisse gêner sa respiration,

Par analogie, on donne le même nom à un morceau de cuir très-épais qui sert aux porteurs à soutenir leur fardeau ou à s'atteler à une voiture à bras, C’est enfin un filet en forme de bourse

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