BRIENNE
Vosges. Macdonald, débordé par Blucher, se retira en toute bâte par les Ardennes, afin de gagner Chälons, indiqué par l'empereur pour point de concentration de toutes ses forces. Quelques renforts avaient porté notre armée, non compris le corps de Maison, à près de 73,000 hommes, qui furent placés sous les ordres de Mortier, Victor, Marmont, Macdonald et Ney. Le 27, Napoléon, ayant réuni les corps de Victor, Marmont et Ney, marcha sur Saint- Dizier, où il espérait prévenir Blucher, et empêcher la jenction des deux grandes armées des alliés. Il en chassa facilement l'ennemi; mais il apprit que Blucher était déjà à Brienne et Schwartzenberg à Bar-sur-Aube, et que la jonction qu'il voulait empêcher avait eu lieu. Il comprit dès lors la nécessité de couvrir Paris, et résolut de marcher sur Troyes pour se réunir à l'aile droite, commandée par Mortier. k
Le 28 done, laissant Marmont à Saint-Dizier, il s'avança par Vassy sur Montierender, avec les corps de Victor et de Ney. Blucher se concentra autour de Brienne; Schwartzenberg entre Bar sur Aube et la Marne. Le 29 l'empereur se dirigea de Montierender sur Brienne avec les corps de Victor et de Ney : Marmont étendit sa cavalerie du côté de Vassy. Vers midi, la cavalerie légère du général Piré rencontra devant Mézières un corps de l’armée de Blucher, qui l’arrêta. Grouchy déploya peu après à la gauche de Piré les divisions Lefebvre-Desnouettes, Briche et Lhéritier, La cavalerie russe de Pahlen , vigoureusement chargée, fut alors obligée de se replier sur Brienne, sous la protection des carrés de son infanterie. Traversant le bourg à toute bride, elle rejoignit à trois heures le gros de l’armée de Blucher, qui était en position dans Brienne et autour. Une demi-heure après, le corps de Victor étant arrivé, la division Duhesme attaqua le bourg. Au bout d'une heure, le corps de Ney arrivant aussi, la division Decouz appuya l'attaque de Ja division Duhesme. Nos forces s’élevaient à 27,000 hommes, celles de l’ennemi à 40,000, et pourtant Ney allait le forcer à évacuer Brienne, quand une faute grave nous fit reperdre nos avantages,
La cavalerie de Grouchy était restée derrière l'infanterie, au lieu de couvrir sa gauche. Blucher s’en aperçoit, et fait charger la division Duhesme par 44 escadrons, qui la culbutent et lui enlèvent une batterie. Cet échec oblige Ney à rétrograder. Blucher, croyant l'affaire terminée avec le jour, donne ordre d'évacuer Brienne à minuit, el se met à table, ‘Tout à coup, vers huit heures du soir, le général Château, chef d'état-major de Victor, pénètre dans le château, par le pare, avec deux bataillons, et Blucher a juste le temps de s'enfuir. Puis les Français descendent rapidement dans la ville, tandis que deux brigades accourent soutenir leur attaque. Les Russes, serrés de près, mettent le feu à Brienne. Enfin, l'ennemi, rebuté de ses pertes qui s'élèvent à plus de trois mille hommes, évacue la ville à onze lieures du soir, pour se retirer sur les hauteurs de Trannes, tandis que nous restons en position derrière Brienne, en occupant le château. Nous avions à regretter les généraux Baste et-Decouz et un nombre d'hommes à peu près égal, Tel fut le combat de Brienne. Passons à la bataille.
Le 30, l’empereur, voulant couvrir le corps de Marmont, qui devait le rejoindre, fitun mouvement en avant , chassant les alliés devant lui et déployant sa petite armée de Dienville à Chaumesnil. Schwartzenberg, inquiet, suspendit sa marche sur Troyes. Le 31 Napoléon s'arrêta pour attendre Marmont. Enfin Marmont rejoignit le 1°° février au point du Jour ; 1l avait pris la route la plus longue, courant risque de se faire envelopper par des forces supérieures, Mais le but de Napoléon était atteint, il avait donné signe de vie et réussi à masser ses forces. Dès lors il fit commencer la retraite de l'armée par les deux divisions du maréchal Ney. Mais, vers midi, les rapports de ses avant-postes lui ayant annoncé de grands mouvements parmi les coalisés, il re