‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 449 sur 527 · BRIÈVETÉ — BRIGADE · texte numérisé non relu

BRIÈVETÉ — BRIGADE

tact, et dont ja compagnie était recherchée dans les salons ‘ du noble faubourg.

BRIG. Voyez Bricx.

BRIGADE. Ce mot, qui paraît avoir la même origine que les mots brigue et brigand, a longtemps signifié une agrégation tactique d'hommes de guerre, quelle que fût sa force. Ce terme générique, et non spécial, a été depuis Henri IV un de ceux que l’art militaire a employés le plus diversement, puisqu'il à exprimé tout à la fois un ensemble de deux ou trois hommes et un corps d'armée. Ainsi, la gendarmerie de Henri IV se décomposait en brigades de vingtcinq maîtres ; ainsi, Louis XIII défendait en 1635 aux maréchaux de Brézé et de Châtillon de partager l’armée en deux brigades, pour s’en faire à chacun un commandement exclusif. Suivant de La Fontaine, le mot brigadese prenait pour lignes tactiques. « L'armée, dit-il, est divisée quelquefois en deux brigades : avant-garde et bataille ; et quelquefois en trois : avant-garde, bataille, et arrière-garde. Chaque brigadeest composée d'artillerie, cavalerieetinfanterie. » Ailleurs ce même écrivain prend le mot en un sens tout différent, « Quelquefois, dit-il, on sépare les batailles en deux brigades, on les espace de trois à quatre cents pas : l’une est appelée brigade de l'aile droite, l’autre brigade de l’aile gauche. L’aile droite est commandée par le général et ses maréchaux de camp; l’autre par les autres maréchaux de camp. A présent, on donne à chaque brigade un autre officier, appelé maréchal de bataille. »

D'Espagnac prétend, sans s'appuyer sur aucune preuve et sans prendre le soin de nous éclairer par des dates, que quand la force des compagnies de cavalerie variait de cinquante à deux ou trois cents maîtres, elles se partageaient en brigades, et celles-ci en sous-brigades et quadrilles; de même que les compagnies d'infanterie se partageaient en brigades subdivisées en biges, en terses, en escouades. Le mot brigade prit dans la milice suédoise un sens plus fixe à partir de Gystave-Adolphe; mais dans la milice française il resta longtemps indéterminé. Depuis Louis XIV il continua à s’employer quelquefois comme synonyme de fraction quelconque: il en était ainsi dans les gardes du corps ; quelquefois il prenait une acception bien plus étendue. La grande brigade était celle que commandait le brigadier ( sorte de général). Montécuculi nomme brigade, ou grand membre d'armée, une association de bataillons ou d’escadrons.

Puységur, qui servit sous Louis XIV et sous Louis XV, est celui qui le premier donne de la précision dans notre langue au mot brigade : il la comprenait dans l'infanterie comme une agglomération de huit bataillons, dans la cavalerie comme un ensemble de huit escadrons. D'après Dupain de Montesson, ce terme signifierait l’accouplement de deux compagnies de cavalerie, L'Encyclopédie méthodique dit qu’une brigade est une division. Le mot brigade dans les régiments de cavalerie de Maurice de Saxe signifiait compagnie; ailleurs le mot brigade de boulangers donnait l’idée de trois pétrisseurs et de leur chef enfourneur ; le mot brigade de maréchaussée exprimait un poste de deux cavaliers; la brigade des grenadiers à cheval était un escadron ou le tiers d’une compagnie ; la brigade des grenadiers de France était un bataillon de douze compagnies; la brigade d'artillerie indiquait un ensemble de vingt bouches à feu avec leur matériel et leurs servants ; enfin Les brigades du génie, les brigades de la maison du roi, et les brigades de mulets, offraient un sens non moins disparate, Le général de Cessac dans l'Encyclopédie s'élève énergiquement contre une pareille aberration, sans que les législateurs se soient souciés de purger de ces taches la langue militaire.

Le sens commun voulait que les mots brigade et brigadier découlassent l’un de l’autre ; mais, tandis que le mot brigade (escouade ) tombait en désuétude, alors qu’on maintenait pourtant le mot brigadier (caporal ), la grande brigade (agrégation taclique) prenait force, alors même qu’on sup-

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